Radon
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Le radon est un élément chimique du tableau périodique de symbole Rn et de numéro atomique 86. C'est un gaz rare, radioactif, d'origine naturelle, qui est principalement formé par la désintégration du radium. Son isotope le plus stable est le 222Rn qui a une demi-vie de 3,8 jours et est utilisé en radiothérapie.
L'importance du radon tient à ce qu'étant partout présent dans l'atmosphère, il est la principale source d'exposition naturelle des populations à la radioactivité. À fortes doses, son caractère cancérigène sur les populations exposées de mineurs est statistiquement bien établi. Son effet aux concentrations habituellement rencontrées en milieu domestique — de l'ordre de 100 Bq/m3 — est en revanche hypothétique et en cours d'étude : si l'on transpose les résultats observés sur les mineurs, il serait alors responsable de près de 5 à 10 % des cancers du poumon. Inversement, les études sur la réparation de l'ADN suggèrent que l'effet cancérigène des irradiations suit un effet de seuil (voire conduit à un phénomène d'hormèse), mais le niveau de ce seuil est inconnu. Dans les deux cas, les doses permettant de trancher les cas limites sont trop faibles et incertaines pour qu'un résultat puisse être validé de manière statistiquement significative, et confirmé scientifiquement.
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[modifier] Histoire
En 1908, William Ramsay et Robert Whytlaw-Gray isolent ce qu'ils appellent le « niton » (nitens en Latin, traduit par brillant, a le symbole Nt) et déterminent sa densité. Le radon a son nom depuis 1923.
Dès 1899, Pierre et Marie Curie observent que le « gaz » émis par le radium reste radioactif pendant près d'un mois[4]. Au cours de cette même année, Robert Owens et Ernest Rutherford relèvent des résultats variables quand ils tentent de mesurer les radiations d'oxydes de thorium[5]. Rutherford note que les composés de thorium émettent continuellement un gaz radioactif, qui conserve sa radioactivité plusieurs minutes ; il nomme ce gaz "emanation" (du latin emanare, émaner, et emanatio, expiration)[6], et plus tard, émanation de thorium (ThEm).
Le radon a été découvert en 1900 par Friedrich Ernst Dorn qui l'a appelé « émanation de radium ». Ce fut le troisième élément radioactif découvert, après le radium et le polonium. En 1900, Dorn rend compte d'expériences au cours desquelles il constate que les composés de radium émanent un gaz radioactif, qu'il baptise « émanation de radium » (RaEm)[7]. En 1901, Rutherford démontre que les émanations de Thorium sont radioactives, mais crédite les Curie de la découverte de cet élément[8].
En 1903, des émanations similaires provenant de l'actinium sont observées par André-Louis Debierne[9],[10], et il les baptise émanation d'actinium (AcEm).
Des noms furent proposés pour ces trois gaz en 1904 : exradio, exthorio, et exactinio[11]; puis radon, thoron, et akton en 1918[12]; suivis de radeon, thoreon, et actineon en 1919[13], et finalement radon, thoron, et actinon en 1920[14].
Constatant la similarité du spectre de ces trois gaz avec celui de l'argon, du krypton et du xénon, ainsi que leur inertie chimique, Sir William Ramsay suggéra en 1904 que ces émanations pouvaient correspondre à un nouvel élément de la famille des gaz rares.
En 1910, Sir William Ramsay et Robert Whytlaw-Gray parviennent à isoler le radon. Ils déterminent sa densité, et montrent qu'il s'agit du gaz le plus dense connu à l'époque. Ils notent que « l'expression l'émanation du radium est fort incommode », et proposent comme nouveau nom niton (du latin nitens, entis brillant) pour rappeler la propriété qu'a ce gaz de rendre phosphorescentes certaines substances[15]. En 1912, cette proposition fut acceptée par la commission internationale des poids atomiques.
En 1923, le comité international des éléments chimiques et l'union internationale de chimie pure et appliquée choisirent pour ces trois gaz les noms de radon (Rn), thoron (Tn) et actinon (An). Mais par la suite, quand les isotopes furent simplement numérotés et non nommés, l'élément reçu le nom de l'isotope le plus stable, c'est-à- dire le radon. L'isotope Tn devint 220Rn, et l'isotope An devint 219Rn. Mais jusque dans les années 1960, cet élément était simplement appelé émanation[16].
[modifier] Caractéristiques physiques et chimiques
[modifier] Caractéristiques physiques
Gaz inerte, le radon est le plus "lourd" (le plus dense) des gaz rares (en ne prenant pas en compte l'ununoctium). Dans les conditions normales de température et de pression, le radon est un gaz monoatomique d'une masse volumique de : 9,73 kg/m3 [17].
C'est l'un des gaz les plus "lourds" (denses) à température ambiante, pratiquement 8 fois la densité de l'air.
À température et pression standard le radon est sans couleur, mais lorsque la température est abaissée en dessous de son point de congélation (202 K ; -71 °C), il devient phosphorescent puis jaune si la température baisse encore et finalement rouge-orangé aux températures de l'air liquide (< -180 °C ).[réf. nécessaire] Quand il est dans un état condensé, le radon parait également lumineux, à cause de l'intensité des radiations qu'il dégage. Il est "autofluorescent".
Étant d'une faible durée de vie (3,8 jours), le radon est un gaz extrêmement radioactif. Son activité massique est de 5,73×1015 Bq/g.
[modifier] Isotopes
Il existe 34 isotopes de radon connus jusqu'à ce jour. Seuls 3 de ces isotopes se rencontrent dans la nature :
- L'isotope le plus stable est le radon 222 qui est le produit (produit fils) de la désintégration du radium 226 de la série de l'uranium 238. Il a une demi-vie de 3,823 jours et émet des particules alpha.
- Le radon 220 est le produit naturel de la désintégration du thorium et est appelé « thoron ». Il a une demi-vie de 55,6 secondes et émet aussi des rayons alpha.
- Le radon 219 est dérivé de l'actinium, est appelé « actinon ». Il provient de la série de l'uranium 235. Il émet des particules alpha et a une demi-vie de 3,96 secondes.
[modifier] Composés chimiques
Le radon est un gaz rare, qui entre difficilement en composition chimique.
Des expériences indiquent que le fluor peut réagir avec le radon pour former du fluorure de radon. Des clathrates de radon ont aussi été reportés.
[modifier] Radon dans l'environnement
Le radon est issu de la désintégration de l'uranium naturellement contenu dans les sols. Il est particulièrement présent dans les régions granitiques, volcaniques et uranifères. En France, les régions riches en radon sont la Bretagne, le Massif central, les Vosges et la Corse.
Les taux de radioactivité observés dans la nature correspondent à des concentrations qu'il est impossible de détecter directement par des moyens chimiques : 1000 Bq/m3 d'air (concentration largement supérieure à ce qui est habituellement observé) traduisent la présence de 0,17 picogramme de radon par m3 — soit une concentration molaire de l'ordre d'un millionième de millionième de millionième — alors qu'une concentration relative de l'ordre du millionième est déjà très difficile à détecter. Toute la radioactivité de l'atmosphère terrestre n'est due qu'à quelque dizaines de grammes de radon[18]. Un air chargé en radon ne change donc pas de composition observable ni de propriétés physico-chimiques (le changement porte sur des « traces de traces de traces »), mais se charge d'une qualité radioactive qui semble venir de nulle part.
La concentration de radon dans l'atmosphère terrestre est très faible. Ceci est lié au fait qu'il se décompose vite et ne provient que de sa faible libération par les roches ou les eaux naturelles qui les traversent. Le niveau est plus faible en zone urbaine qu'en zone rurale. La concentration du radon dans l'atmosphère est si faible que des eaux naturellement riches en radon le perdent au contact de l'atmosphère. De ce fait, les nappes d'eaux souterraines, en contact direct avec les roches où le radon est produit, sont plus chargées en radon que les eaux de surface. De même, dans les sols, la zone saturée en eau a une concentration plus forte que la zone aérée, en contact indirect avec l'atmosphère[19],[20].
[modifier] Radiotoxicité
[modifier] Histoire
Les premières études sérieuses sur la toxicité du radon se placent dans le contexte des mines d'uranium. Les premières proviennent de la région de Joachimsthal, en Bohème ; d'autres études ont été faites dans la région du sud-est des États-Unis pendant la guerre froide. Du fait que le radon est un produit de désintégration de l'uranium, les mines souterraines d'uranium peuvent avoir des concentrations élevées de radon. De nombreux mineurs de la zone des Four Corners manifestèrent des cancers du poumon suite à une exposition à des taux élevés de radon pendant les années 1950. L'incidence différentielle des cancers du poumon a été particulièrement élevée chez les mineurs indiens et mormons, parce que ces populations ont normalement des taux de cancer du poumon particulièrement bas. Les normes de sécurité imposant des ventilations performantes et coûteuses n'étaient pas imposées pendant cette période[21].
Le danger potentiel du radon dans les habitations a été mis en évidence en 1984, quand Stanley Watras, employé de la centrale nucléaire de Limerick (Pennsylvanie) déclencha les détecteurs de radioactivité en se rendant à son travail, les autorités cherchèrent pendant 2 semaines l'origine de cette contamination. Ils trouvèrent finalement que la source était un taux très élevé de radon (près de 100 000 Bq/m3, soit 2700 pCi/l) dans la cave de son domicile, sans relation particulière avec la centrale nucléaire. Il a été calculé qu'un tel taux d'exposition est aussi risqué que de fumer 135 paquets de cigarettes par jour. A la suite de cette découverte hautement médiatisée, des normes sanitaires furent définies, et la détection du radon (et sa ventilation) devinrent une préoccupation publique[22].
[modifier] Radiotoxicité biologique
Le radon est chimiquement neutre : L'atome de radon en lui-même ne se fixe pas dans les poumons ni dans l'organisme humain. De ce fait, les doses délivrées par le radon proprement dit sont négligeables. Ce sont les descendants du radon qui sont à l'origine des irradiations, et principalement ses descendants à vie courte. Les effets du radon sur l'organisme peuvent devenir significatifs si la concentration devient trop abondante.
Dans une atmosphère chargée en radon, celui-ci est très rapidement en équilibre séculaire avec ses descendants à vie courte. Par exemple, suite à sa désintégration alpha (3,824 jours), le radon 222 va donner du polonium 218 (3,1 min). Celui-ci va rapidement, par une autre désintégration alpha, donner du plomb 214 (26,8 min), qui va donner du bismuth 214 (19,7 min), puis du polonium 214 (164 µs) et enfin du plomb 210 (22,3 années), à vie relativement plus longue.
Les produits de désintégration à vie courte et surtout le plomb 210 se retrouvent sous forme libre (particules nanométriques) ou déposés sur les aérosols (micrométriques), qui pénètrent par les voies respiratoires et se fixent dans le poumon.
Ce plomb est lui-même radioactif, et se désintègre en bismuth 210 (5,01 jours), qui donne du polonium 210 (138 jours), puis du plomb 206 (stable). Ces descendants radioactifs fixés dans les poumons émettent des particules α d'énergie élevée qui irradient les tissus.
Pour un becquerel de radon, il y a alors 4 désintégrations alpha successives et 5 bêta[23].
[modifier] Maladie professionnelle
Le seul risque identifié pour l'inhalation de radon et de ses descendants est celui du cancer du poumon. Son évaluation résulte avant tout des études épidémiologiques sur les mineurs d'uranium.
L'exposition des mineurs au radon est mesurée en « Working Level Month » (WLM), c'est-à-dire le produit du nombre de « mois » de travail (170 h de présence effective) par l'activité atmosphérique, mesurée en « Working Level » (niveau de travail), par définition 1 WL est équivalent à 1,3.10^5 MeV par litre d’air en rayonnement alpha.[24] Le « Working Level » est pratiquement équivalent à une activité volumique du radon de 12 000 Bq/m3 ; 1 WLM correspond à peu près à l'exposition pendant un an à une atmosphère où l'activité du radon serait de 230 Bq.m-3.
En 1987, il a été reconnu par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) cancérigène pulmonaire pour l'homme sur la base des résultats des études expérimentales animales et des études épidémiologiques chez les mineurs d'uranium.
Le coefficient de dose efficace par unité d’exposition adopté pour le radon est issu de la publication 65 de la CIPR, il est égal à 2,46.10-9 Sv par Bq.h.m-3. Ce taux correspond à un coefficient de conversion de 1 millisievert par an pour 50 Bq/m3.[25] Respirer en permanence un air chargé de radon à 3000 Bq/m3 (ce qui est une concentration très élevée) conduit à une irradiation de 65 mSv/an, ce qui équivaudrait en termes de risque cancérigène — si l'on extrapole les données connues sur les mineurs — à fumer un paquet de 20 cigarettes par jour[26].
Le supplément de risque de contracter un cancer du poumon au cours de sa vie serait de 350 cancers par millions d'habitant pour un niveau d'exposition de un WLM[27], soit 0,035% par WLM. Cependant, ce risque est très dépendant du tabagisme, le radon apparaissant surtout comme un facteur multiplicatif du cancer du fumeur, ce qui rend les études épidémiologiques d'interprétation difficile.
[modifier] Accumulation de radon domestique
Le radon peut s'accumuler dans les espaces clos et notamment dans les maisons, dans les caves mal ventilées, à cause de la désintégration du radium, qui vient lui de la désintégration de l'uranium naturellement présent dans les briques et les roches du sol. Le radon étant à durée de vie courte, il n'a pas le temps en quelques jours de diffuser à travers un matériau continu (sol compact, mur ou dalle sanitaire). Il ne peut pénétrer en quantité significative dans des bâtiments qu'à travers des solutions de continuité le long desquelles le gaz peut migrer rapidement: failles dans le sol, fissures dans les dalles. Une fois sur place, le radon peut s'accumuler dans les lieux quand ils sont mal ventilés: « le radon s'accumule avec les odeurs. » Les moyens pour diminuer les concentrations de radon dans les maisons sont l'aération et la ventilation des maisons, l'utilisation des vides sanitaires, le colmatage des fissures au niveau du sol, etc.
De ce fait, le taux de radon dans les domiciles ou bâtiments publics est très variable. De plus, ce taux peut varier rapidement d'une pièce à l'autre, ou d'un moment à l'autre, en fonction de la circulation à l'intérieur du bâtiment.
En France, la teneur domestique moyenne est voisine de 65 Bq/m3, [28] et 92% des domiciles seraient à moins de 200 Bq/m3. Mais 1,5 % sont situés dans la limite d'intervention, entre 400 et 1000, et 0,5 % au-dessus de 1000, c'est-à-dire à des taux comparables à ceux observés dans les mines d'uranium (une fois ventilées). Dans les cas extrêmes, l'accumulation peut conduire à des valeurs très importantes (comme le montre l'exemple de Stanley Watras, à près de 100 000 Bq/m3).
Dans les régions où la concentration en uranium dans la roche est élevée, il est souvent présent dans les habitations peu ventilées, ou construites sur des sols à fort dégagement de radon (rez-de-chaussée, maisons, caves). Il entraine alors une exposition interne conséquente à cause de ses descendants à vie courte (dont fait notamment partie le polonium). La Creuse, la Lozère, le Tarn et la Corse-du-Sud ont, dans les bâtiments, des doses supérieures à 250 Bq/m3. Les taux les plus faibles sont dans les Landes (28 Bq/m3 : nature sédimentaire des sols)[28].
[modifier] Concentrations admissibles en radon
En Suisse, dans les pièces d'habitation et de séjour, la valeur limite au-dessus de laquelle il faut assainir est de 1000 Bq/m3 la valeur recommandée en dessus de laquelle, il est recommandé d'intervenir est de 400 Bq/m3 (pour autant que les investissements soient supportables).
Pour l'habitation : aux États-Unis et au Luxembourg, la valeur recommandée est de 150 Bq/m3.
Dans l'Union européenne, la valeur recommandée est de 400 Bq/m3 pour les bâtiments existants et de 200 Bq/m3 pour les nouveaux bâtiments.
En Italie, la valeur à respecter pour les places de travail et les écoles est de 500 Bq/m3.
Au Canada, la valeur recommandée pour les habitations est de 200 Bq/m3.
En France, pour les lieux accueillant du public, la limite d'intervention[29] est de 1000 Bq/m3 et la valeur recommandée est de 400 Bq/m3. L'obligation de mesure systématique ne concerne en 2008 que 31 départements, mais il est désormais obligatoire de réaliser une surveillance non seulement dans les établissements d'enseignement, les établissements sanitaires et sociaux, les établissements thermaux et les établissements pénitentiaires, mais aussi dans les locaux souterrains où certains activités professionnelles sont réalisées au moins une heure par jour[30]. Il n'y a pas pour l'instant d'obligation pour l'habitat[28].
En Suisse, pour l'habitat une valeur limite de 1000 Bq/m3 a été fixée dans la législation en 1994. Tout bâtiment qui dépasse cette limite doit être obligatoirement assaini au frais du propriétaire. Une valeur de référence de 400 Bq/m3 est à respecter pour les bâtiments neufs, transformés ou après une remédiation. La mesure du radon se fait en hiver et au moins pendant un mois.
« Si vous êtes inquiets du radon, aérez 5 minutes le matin, 5 minutes à midi, et 5 minutes le soir, et vous n’aurez pas de radon. Evidemment, les gens qui sont sur ce marché vous proposeront des solutions incomparablement plus lourdes et coûteuses. »[31]
ATTENTION : L'aération d'un logement et à considérer comme une mesure provisoire pendant le période estivale. Lorsque vous refermez la fenêtre la concentration sera la même environ 30 minutes après.
[modifier] Impact sanitaire du radon
Le ministère Français de la santé délivre deux types d'agréments aux laboratoires d'analyse du radon :
- l'agrément de niveau 1 (dépistage simple pour déterminer les niveaux d'exposition),
- l'agrément de niveau 2 (identification des sources de radon et proposition de mesures correctrices).
Le radon pose des problèmes sanitaires. Il est responsable à lui seul de la plus grande part de l'exposition humaine à la radioactivité : 42 % du total selon l'OMS[32].
Si on applique le modèle « linéaire sans seuil », la radioactivité du radon est la deuxième source de décès par cancer du poumon en France (9% des décès par cancer du poumon) juste derrière le tabac[33] (même niveau que le tabagisme passif)[34] [28]. Cependant, ce modèle reste l'objet de débats, et des études montrent au contraire qu'une exposition à des faibles doses de radon tend à réduire le nombre de cancers constatés.[35] [36]
[modifier] Applications
Puisque le radon disparait rapidement dans l'air et qu'il s'affaiblit assez rapidement, le radon est utilisé dans les recherches hydrologiques qui étudient les interactions entre l'eau du sol, des ruisseaux et des rivières. Tout changement significatif dans la concentration en radon dans un ruisseau ou une rivière est un bon indicateur qu'il y a une entrée locale d'eau souterraine.
Le radon s'accumule dans les mines souterraines et les caves. Une bonne ventilation doit alors être maintenue dans les mines.
Le radon a été utilisé pour enlever des tumeurs. Une capsule est placée sur le patient proche de la tumeur. Les radiations tuent les cellules cancéreuses. Les cellules environnantes ne sont pas affectées dues à la courte demi-vie du radon.
En climatologie, la durée de vie moyenne du radon (énergie 5,5 MeV, pour une demi-vie de 3,8 jours) dans l’atmosphère est particulièrement adaptée à l’étude de la circulation atmosphérique. Ainsi, suivant la quantité enregistrée, on pourra déterminer l’origine continentale (riche en radon) ou océanique (pauvre en radon) d’une masse d’air. Le temps de transit de cette masse d’air au-dessus d’un continent va également jouer sur les concentrations de cet élément. Le radon sert donc de traceur des masses d'air continentales.
Aux États-Unis ainsi qu'en Europe, on retrouve quelques "spas au radon" où il est possible de s'asseoir pendant quelques minutes ou heures dans une atmosphère riche en radon. Il semblerait que cette radiation du radon fortifierait les gens qui l'essaient. Cela s'applique aussi aux spas d'eau chaude de Misasa, Tottori au Japon, où l'eau est naturellement riche en radium et expulse du radon. Il n'y a aucune preuve scientifique pour supporter cette croyance autre que l’hormèse, ni aucun mécanisme biologique connu par lequel cet effet pourrait se produire.
[modifier] Dosimètres radon
La mesure du radon dans les habitations et locaux s'effectue principalement avec un dosimètre radon, sur une durée test de quinze jours à plusieurs mois, et, dans les cas où le radon vient du sol (la plupart des cas), préférablement en saison froide, car cela n'est pas significatif de mesurer le radon en été quand les fenêtres sont souvent ouvertes.
Un dosimètre radon consiste en un film plastique, sur lequel, après traitement, chaque impact de particule alpha laisse un trou microscopique. Après étalonnage, le nombre de traces et la durée de la mesure permettent de déduire la concentration de radon dans l'air.
En France, le principal dosimètre radon utilisé (et probablement le seul disponible en France), est le dosimètre radon KODALPHA (aussi appelé DOSALPHA) commercialisé par la société Dosirad.[37] Les autres sociétés proposant des dosimètres, comme Radon-France, utilisent en fait le dosimètre de Dosirad. Celui-ci peut-être envoyé au particulier, pour effectuer très simplement une mesure dans son habitation, sur une durée que l'on note ensuite sur le carton du dosimètre, que l'on renvoie par la poste à la société pour qu'elle effectue la mesure.[38]
[modifier] Notes et références
- ↑ Base de données Chemical Abstracts interrogée via SciFinder Web le 15 décembre 2009 (résultats de la recherche)
- ↑ (en) Beatriz Cordero, Verónica Gómez, Ana E. Platero-Prats, Marc Revés, Jorge Echeverría, Eduard Cremades, Flavia Barragán et Santiago Alvarez, « Covalent radii revisited », dans Dalton Transactions, 2008, p. 2832 - 2838 [lien DOI]
- ↑ (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC, 2009, 89e éd., p. 10-203
- ↑ Curie, P. ; Curie, Mme. Marie, « Sur la radioactivite provoquee par les rayons de Becquerel. », dans Comptes rendus hebdomadaires des seances de l'Academie des sciences, vol. 129, 1899, p. 714–716
- ↑ (en) E, Rutheford; Owens, R. B., « Thorium and uranium radiation », dans Trans. R. Soc. Can., vol. 2, 1899, p. 9–12: "les radiations de l'oxode de thorium n'étaient pas constantes, mais variaient de manière très capricieuse", alors que "tous les composés d'uranium donnent une radiation qui est remarquablement constante".
- ↑ (en) Rutheford, E., « A radioactive substance emitted from thorium compounds », dans Philosophical Magazine, vol. 40, 1900, p. 1–4
- ↑ Dorn, Friedrich Ernst, « Ueber die von radioaktiven Substanzen ausgesandte Emanation », dans Abhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft zu Halle, Stuttgart, vol. 22, 1900, p. 155
- ↑ (en) Rutheford, E.; Brooks, H.T., « The new gas from radium », dans Trans. R. Soc. Can., vol. 7, 1901, p. 21–25
- ↑ (de) Giesel, Fritz, « Ueber den Emanationskörper aus Pechblende und über Radium », dans Chemische Berichte, vol. 36, no 1, 1903, p. 342–347 [lien DOI]
- ↑ Debierne, André-Louis, « Sur la radioactivite induite provoquee par les sels d'actinium. », dans Comptes rendus hebdomadaires des seances de l'Academie des sciences, vol. 136, 1903, p. 446 [texte intégral]
- ↑ (en) Ramsay, Sir William; Collie, J. Normal, « The Spectrum of the Radium Emanation », dans Proceedings of the Royal Society of London, vol. 73, 1904, p. 470–476 [lien DOI]
- ↑ Schmidt, Curt, « Periodisches System und Genesis der Elemente », dans Z. Anorg. Ch., vol. 103, 1918, p. 79–118 [lien DOI]
- ↑ (en) « Radon », dans Ann. Physique, vol. 11, 1919, p. 5
- ↑ (en) Adams, Elliot Quincy, « The Independent Origin of Actinium », dans Journal of the American Chemical Society, vol. 42, 1920, p. 2205–2208 [lien DOI]
- ↑ Ramsay, W. ; Gray, R. W., « La densité de l’émanation du radium », dans Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 151, 1910, p. 126–128 [texte intégral]
- ↑ (en) Grosse, A. V., « Some physical and chemical properties of element 118 (Eka-Em) and element 86 (Em) », dans Journal of Inorganic and Nuclear Chemistry, Elsevier Science Ltd., vol. 27, no 3, 1965, p. 509–519 [lien DOI]
- ↑ Radon, 2004, All Measures. Consulté le 2008-02-12
- ↑ D'après [1]
- ↑ (en) The Geology of Radon, United States Geological Survey. Consulté le 2008-06-28
- ↑ (en) Radon-222 as a tracer in groundwater-surface water interactions, Lancaster University. Consulté le 2008-06-28
- ↑ Mould, Richard Francis, A Century of X-rays and Radioactivity in Medicine (ISBN 0750302240)
- ↑ Harrison, Kathryn; Hoberg, George, « Setting the Environmental Agenda in Canada and the United States: The Cases of Dioxin and Radon », dans Canadian Journal of Political Science, vol. 24, no 1, 1991, p. 3–27 [texte intégral]
- ↑ Chaine radioactive de l'uranium 238 ; englobant celle du radon 222.
- ↑ D'après CEA : [2]
- ↑ Cité d'après Estimation de l’impact sanitaire collectif de la contamination des terrains par la radioactivité présente à Gif sur Yvette, Institut de veille sanitaire, juin 2002.
- ↑ D'après [3].
- ↑ D'après National Research Council, Health Effects of Exposure to Radon, BEIR VI, National Academy Press, 1999, (cité par le centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail [4])
- « Les risques liés à l'exposition domestique au radon », La Revue Prescrire (ISSN 0247-7750) , no 281, mars 2007
- ↑ Fixée par l'Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public [5]
- ↑ http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019414788&dateTexte=
- ↑ Radioactivité et santé, Pr. André Aurengo novembre 2003. [6]
- ↑ Jean-Marc Jancovici : A propos de quelques objections fréquentes sur le nucléaire civil
- ↑ O. Catelinois, A. Rogel, D. Laurier et al., « Lung Cancer Attributable to Indoor Radon Exposure in France: Impact of the Risk Models and Uncertainty Analysis », dans Environmental Health Perspectives, National Institute of Environmental Health Science, vol. 114, no 9, May 2006, p. 1361–1366 [texte intégral lien PMID lien DOI (pages consultées le 2007-08-10)]
- ↑ deuxième cause de décès par cancer du poumon aux États-Unis, après donc le tabagisme
- ↑ the New York Times, September 28, 1988 : Scientist Says Low Radon Levels May Be Harmless [7]
- ↑ Bernard L Cohen : Radon exposure and the risk of lung cancer, 2001 J. Radiol. Prot. 21 64-65 [8]
- ↑ Dosimétre
- ↑ Société DOSIRAD
[modifier] Voir aussi
- Actinon
- Thoron
- Santé environnement, toxicologie, écotoxicologie
- Cancer du poumon, cancérologie
- Prévention, gestion des risques
- Pollution de l'air, polluant, Air intérieur, Renouvellement de l'air intérieur
- Granit
[modifier] Liens externes
- Radon-France
- IRSN : dossier avec notamment l'Atlas Radon, par commune (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, France)
- Tout sur le radon, brochures, exemples, etc. (Office fédéral de la santé publique Berne, Suisse)
- Le radon domiciliaire - Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec
- Le radon, un coupable pernicieux - Association pulmonaire du Québec
- Impact sanitaire du radon domestique : de la connaissance à l’action. Institut de veille sanitaire, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire 15 mai 2007 / n° 18-19.
- (en) Topics Under Debate: Does Exposure to Residential Radon Increase the Risk of Lung Cancer? Radiation Protection Dosimetry, Vol. 95, No. 1, pg. 75-81 (2001)
- (en) Correllation between mean radon levels and lung cancer rates in US counties : a test of the Linear-No Threshold theory, Bernard L. Cohen (University of Pittsburgh), 1988.
| s1 | s2 | g | f1 | f2 | f3 | f4 | f5 | f6 | f7 | f8 | f9 | f10 | f11 | f12 | f13 | f14 | d1 | d2 | d3 | d4 | d5 | d6 | d7 | d8 | d9 | d10 | p1 | p2 | p3 | p4 | p5 | p6 | |
| 1 | H | He | |||||||||||||||||||||||||||||||
| 2 | Li | Be | B | C | N | O | F | Ne | |||||||||||||||||||||||||
| 3 | Na | Mg | Al | Si | P | S | Cl | Ar | |||||||||||||||||||||||||
| 4 | K | Ca | Sc | Ti | V | Cr | Mn | Fe | Co | Ni | Cu | Zn | Ga | Ge | As | Se | Br | Kr | |||||||||||||||
| 5 | Rb | Sr | Y | Zr | Nb | Mo | Tc | Ru | Rh | Pd | Ag | Cd | In | Sn | Sb | Te | I | Xe | |||||||||||||||
| 6 | Cs | Ba | La | Ce | Pr | Nd | Pm | Sm | Eu | Gd | Tb | Dy | Ho | Er | Tm | Yb | Lu | Hf | Ta | W | Re | Os | Ir | Pt | Au | Hg | Tl | Pb | Bi | Po | At | Rn | |
| 7 | Fr | Ra | Ac | Th | Pa | U | Np | Pu | Am | Cm | Bk | Cf | Es | Fm | Md | No | Lr | Rf | Db | Sg | Bh | Hs | Mt | Ds | Rg | Cn | Uut | Uuq | Uup | Uuh | Uus | Uuo | |
| 8 | Uue | Ubn | * | Ute | Uqn | Uqu | Uqb | Uqt | Uqq | Uqp | Uqh | Uqs | Uqo | Uqe | Upn | Upu | Upb | Upt | Upq | Upp | Uph | Ups | Upo | Upe | Uhn | Uhu | Uhb | Uht | Uhq | Uhp | Uhh | Uhs | Uho |
| ↓ | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| g1 | g2 | g3 | g4 | g5 | g6 | g7 | g8 | g9 | g10 | g11 | g12 | g13 | g14 | g15 | g16 | g17 | g18 | ||||||||||||||||
| * | Ubu | Ubb | Ubt | Ubq | Ubp | Ubh | Ubs | Ubo | Ube | Utn | Utu | Utb | Utt | Utq | Utp | Uth | Uts | Uto | |||||||||||||||
| Métalloïdes | Non-métaux | Halogènes | Gaz rares |
| Métaux alcalins | Métaux alcalino-terreux | Métaux de transition | Métaux pauvres |
| Lanthanides | Actinides | Superactinides | Éléments non classés |