Suédois

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue suédoise. Pour le peuple de Suède, voir Suédois (peuple). Pour les autres significations du mot « suédois », voir Suédois (homonymie).
Suédois
svenska
Parlée en Suède, Finlande
Région Åland (Finlande), Commune de Noarootsi (Estonie)
Nombre de locuteurs 10 500 000
Typologie SVO
flexionnelle
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Finlande Finlande
Drapeau de la Suède Suède
Régi par Conseil de la langue suédoise (en Suède)
Académie suédoise (en Suède)
La branche suédoise de l'institut de langues de Finlande (en Finlande)
Codes de langue
ISO 639-1 sv
ISO 639-2 swe
ISO 639-3 swe
IETF sv
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Artikel 1.

Alla människor är födda fria och har lika värde och rättigheter. De är utrustade med förnuft och samvete och bör handla gentemot varandra i en anda av broderskap.

Le suédois (svenska en suédois) est une langue germanique septentrionale parlée par environ 10 millions de locuteurs[1], principalement en Suède et en Finlande[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vieux norrois[modifier | modifier le code]

Pour l'histoire avant le XIIIe siècle, voir l'article sur le vieux norrois.

Vieux suédois[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, les dialectes parlés dans ce qu'on appelle aujourd'hui la Suède et le Danemark ont commencé à se distinguer l'un de l'autre, puis se séparèrent au XIIIe siècle pour former les dialectes du vieux suédois et du vieux danois. Une des différences cruciales est phonologique : en vieux danois (à la différence du vieux suédois), les diphtongues primaires æi, au et øy ont été monophtongués totalement en e et (pour les deux derniers), ø.

On donne le nom de vieux suédois à la langue suédoise parlée au Moyen Âge à partir de 1225. Parmi les documents les plus importants datant de cette période, on trouve le plus ancien code pénal régional (Västgötalagen, le code pénal du Gotland occidental), conservé par fragments remontant à 1250. La principale influence qu'a subie le suédois à cette époque vint de l'établissement de l'Église catholique, et de ses différents ordres monastiques, qui introduisirent de nombreux mots d'emprunts au latin et au grec. La syntaxe particulièrement complexe du latin influença la langue écrite. Avec l'essor que connut la Hanse, et qui fit d'elle une grande puissance économique, politique et militaire entre la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe, le bas allemand exerça une influence profonde sur le suédois et le danois. Cette influence fut telle que plusieurs villes suédoises comptèrent des ressortissants germanophones au sein de leurs commerces et de leur administrations. En plus d'un grand nombre de mots d'emprunt relevant du vocabulaire de la guerre, du commerce, de l'artisanat et de la bureaucratie, ce sont même des expressions fondamentales, telles que des préfixes ou des suffixes, ou des conjonctions qui ont été directement empruntés à l'allemand. Be-, ge- et för- que l'on trouve au début de mots suédois viennent le plus souvent des préfixes be-, ge- et vor-. L'ancien mot désignant une ouverture dans un mur - vindöga (cf. danois contemporain vindue) - fut remplacé par le mot fönster (allemand Fenster). Le mot eldhus devint kök (cuisine, allemand Küche), gälda devint betala (payer, allemand bezahlen), tunga devint språk (langue, allemand Sprache), et le mot begynna (allemand beginnen) apparut, aux côtés de son synonyme börja. De nombreux mots relevant du vocabulaire maritime furent également empruntés au néerlandais.

Le changement du suédois sous l'influence du bas-allemand fut facilité par le fait que le suédois était déjà, du fait de ses origines, une langue proche de l'allemand. Le bas-allemand partageait ainsi un grand nombre de mots avec les dialectes scandinaves. Par exemple, borgare (châtelain) est un emprunt au haut allemand, alors que borg (château) est scandinave, riddare (cavalier) est un emprunt au bas-allemand, mais rida (monter à cheval) est scandinave, köpman est un emprunt au bas-allemand, alors que köpa (acheter) et man (homme) appartiennent au fonds ancien de la langue (et la situation est la même pour förbjuda, för, et bjuda). Les emprunts au bas-allemand sont ainsi tout à fait différents de ceux qui seront empruntés plus tard à des langues bien plus étrangères.

Le suédois tel qu'il était parlé au début du Moyen Âge était bien différent de la langue contemporaine. Les différences les plus évidentes sont peut-être d'ordre grammatical : les cas et les genres formaient un système plus complexe. Les substantifs, adjectifs, pronoms et certains numéraux se déclinaient à quatre cas, qui comprenaient, en plus du nominatif et du génitif qui existent encore aujourd'hui, un datif et un accusatif. Le système des genres rappelle plus celui du suédois contemporain. La plupart des noms masculins et féminins se sont réunis en un seul genre, qu'on appelle en grammaire suédoise utrum (auparavant : reale). La conjugaison était elle aussi beaucoup plus complexe, comprenant indicatif et subjonctif, le verbe variant en nombre et en personne. Vers le XVIe siècle, la grammaire de la langue quotidienne et de la littérature profane s'était extrêmement simplifiée, et ressembla beaucoup au suédois d'aujourd'hui. Les anciennes déclinaisons s'employèrent encore cependant dans la prose solennelle jusqu'au XVIIe siècle, et subsistent encore aujourd'hui dans certains dialectes.

L'utilisation des ligatures (comme æ) en Scandinavie diffère de celle qui avait cours dans la Romania. Les suites de lettres aa et oe étaient souvent écrites avec l'une des lettres se trouvant au-dessus de l'autre. Ceci contribua à former par la suite les lettres å, ä et ö.

Il est difficile de dater exactement le moment où des dialectes comme ceux de Gotnie ou d'Älvdal ont commencé à se séparer du suédois standard. On peut cependant dire que le dialecte de Gotnie s'est séparé du suédois bien avant le danois.

Suédois moderne (nysvenska)[modifier | modifier le code]

L'état de la langue appelé suédois moderne (nysvenska) commence son histoire avec l'introduction de l'imprimerie, et la Réforme protestante. Après sa prise de pouvoir et son élection comme roi, Gustav Vasa commanda une traduction suédoise de la Bible, subissant ainsi une forte influence du chef religieux protestant Martin Luther. Une version du Nouveau Testament parut en 1526, et fut suivie d'une traduction complète de la Bible en 1541, qu'on appelle souvent la Bible de Gustav Vasa (Gustav Vasas bibel). Cette traduction fut considérée comme si réussie qu'elle fut — après plusieurs révisions — la plus utilisée jusqu'en 1917. Les personnes à l'origine de cette traduction étaient Laurentius Andræ et les frères Laurentius et Olaus Petri. La plupart des traducteurs venaient de la Suède centrale (Mellansverige), région dont les dialectes influencèrent donc profondément la langue employée.

La Bible de Gustav Vasa fut considérée comme un bon compromis entre des usages de la langue anciens et nouveaux. Même si l'usage qu'elle fait de la langue n'est pas totalement conforme à la langue parlée de son époque, cet usage n'avait rien d'extrêmement conservateur. Avec elle, un grand pas était franchi vers une graphie plus aboutie de la langue suédoise : elle imposa par exemple l'usage des graphèmes å, ä et ö, l'usage de ck à la place de kk après les voyelles courtes, ainsi que la graphie originelle de och (la conjonction et). Les traducteurs étaient censés produire une langue compréhensible par elle-même : pour ce faire, ils évitèrent aussi bien les emprunts au danois et à l'allemand que des constructions syntaxiques extrêmement lourdes calquées sur le latin. Le texte obtenu fut écrit dans une langue respectant la tradition suédoise, et qui permit l'essor du suédois moderne.

Même si la bible de Gustav Vasa marqua fortement les graphies employées, et conduisit à une stabilisation de la langue, au XVIe siècle les graphies redevinrent plus aléatoires. Les discussions sur l'orthographe à proprement parler n'eurent pas lieu avant le XVIIe siècle, après l'écriture des premières grammaires du suédois. Une loi ecclésiastique de 1686 fut lourde de conséquences pour l'aptitude des gens du peuple à lire et écrire le suédois. Elle donna aux prêtres la responsabilité de vérifier si les gens du peuple connaissaient les passages importants de la Bible et du petit catéchisme de Luther. C'est ainsi que l'alphabétisation connut dès cette époque un essor important en Suède. En Swensk Orde-Skötsel , écrit en 1680 par Samuel Columbus recommanda l'utilisation du suédois, et d'utiliser une langue écrite qui fût semblable à la langue orale. Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, les rois Charles XI et Charles XII de Suède ordonnèrent aux prêtres et aux diplomates de faire la promotion du suédois, au détriment des autres langues ainsi que des mots étrangers.

Au XVIIe siècle, le français était la langue couramment utilisée dans les familles royales d'Europe et au sein de la noblesse. Le français, par l'intermédiaire des Lumières et de l'intérêt que l'on pouvait alors avoir pour la culture, fut la source de nombreux emprunts au XVIIIe siècle : c'est à cette époque qu'ont été empruntés des mots comme möbel (< meuble), balkong (< balcon), garderob (< garde-robe), salong (< salon), parfym (< parfum), mustasch (< moustache), kastrull (< casserole), balett(<ballet) et pjäs (<pièce, uniquement au sens dramatique). C'est également à cette époque que se forma une classe moyenne cultivée et lisant le journal, permettant le développement d'une langue journalistique. Une langue scientifique apparut également, conséquence du succès de plusieurs scientifiques suédois tels que Carl von Linné et Anders Celsius. Au XVIIIe siècle parut le Code juridique du royaume de Suède (Sweriges rikes lag), dans une langue moderne. C'est à cette époque qu'apparurent également de nombreuses grammaires et recommandations qui modernisèrent la langue écrite. L'Académie suédoise fut fondée en 1786 : son but était de promouvoir « la pureté, la vigueur et la grandeur » de la langue suédoise. Au cours du XIXe siècle apparurent les vocabulaires de l'industrie, des voyages et du sport. De nombreux mots furent alors importés de l'anglais : räls, lokomotiv, station (gare), jobb, strejk, bojkott, turist, sport et rekord.

Des controverses sur les différentes graphies coururent tout au long du XIXe siècle, et ne prirent fin qu'au début du XXe siècle pour former une norme assez globalement acceptée. Par exemple, l'emploi des majuscules n'était pas standardisé, et suivait en grande partie les propensions individuelles des usagers, sur lesquels l'allemand (langue dans laquelle, encore aujourd'hui, les noms communs s'écrivent avec une majuscule) avait beaucoup d'influence. Parmi les événements du XIXe siècle les plus lourds de conséquences pour la langue, on peut mentionner le traité de Carl Gustaf Leopold (sv) sur l'orthographe, introduit dans les écoles populaires en 1842, et la liste de mots de l'Académie suédoise de 1874.

Parmi les changements de prononciation qui eurent lieu à cette époque, on compte l'assimilation progressive de groupes consonantiques en /ʃ/ (ou en /ɦ/ dans les dialectes du Sud), et la perte de sonorité des consonnes /g/ et /dʒ/ devant des voyelles d'avant.

Suédois contemporain (nusvenska)[modifier | modifier le code]

On donne le nom de suédois contemporain (nusvenska) à l'état que la langue connaît aujourd'hui, et depuis environ 1900. Avec l'industrialisation et l'urbanisation de la Suède — déjà en bonne voie dès les années 1890 — ce sont de nouvelles catégories de personnes qui commencent à faire leur entrée dans la littérature suédoise. De nombreux auteurs nouveaux, hommes politiques et autres personnages publics exerçaient une profonde influence sur la langue nationale qui se développait. Si l'on cherche un point de départ précis, on peut poser l'année 1879 (celle de La Chambre rouge), et la percée d'August Strindberg (1849-1912), un des auteurs les plus influents.

Une réforme de l'orthographe, lancée par le ministre des Affaires religieuses Fridtjuv Berg (sv) en 1906, fit une démarcation nette avec ce qu'on appellera par la suite l'ancienne orthographe : haf devint hav (radical du verbe avoir), rödt devint rött (adjectif rouge accordé au genre neutre), etc. La règle orthographique – pas si ancienne qu'on pourrait le croire – qui fait la différence entre les participes passés et les supins (huset är måladt, jag har målat : la maison est peinte, j'ai peint), fait partie des quelques-unes qui manquent encore à cette époque. La disparition de la graphie hv, par exemple en tête des mots interrogatifs hvem (qui), hvar (), ont été pointées du doigt par beaucoup, parce qu'elle éloignait le suédois du danois et du norvégien.

C'est pendant le XXe siècle qu'une langue nationale commune, standardisée, vint à la portée de la grande majorité des Suédois. L'orthographe était définitivement standardisée et presque entièrement unifiée depuis la réforme de 1906. À l'exception des formes plurielles des verbes (comme vi komma, nous venons, alors que la graphie moderne est vi kommer) et de quelques différences ponctuelles dans l'ordre des mots, en particulier dans la langue écrite (par exemple l'inversion Och beslutade styrelsen att…, où le sujet styrelsen passe après le verbe beslutade lorsque la proposition commence par une conjonction de coordination comme och), la langue était globalement identique au suédois parlé aujourd'hui. Les formes du pluriel subsistèrent, mais furent de moins en moins utilisées, et disparurent enfin en 1950, lorsque les dernières recommandations officielles à propos de leur usage furent supprimées.

Le changement le plus visible consista en un raccourcissement des usages du suédois formel, pour aller vers le plus facile à lire et à prononcer. Les exemples les plus patents sont le raccourcissement d'un petit nombre de verbes très courants : tager devint tar (prendre), ikläda sig devint klä sig i (s'habiller). Skall (auxiliaire dénotant le futur) semble revenir, mais il est encore écrit en général sous sa forme raccourcie ska. Au cours des années 1970 et 1980 apparurent des formes comme sen au lieu de sedan (adverbe ensuite, cf. anglais then), nån au lieu de någon (pronom quelqu'un, ou déterminant quelque), dom au lieu de de ou dem (pronom personnel de troisième personne du pluriel), dej au lieu de dig (cas objet du pronom personnel de deuxième personne du singulier). Ce mouvement semble s'être éteint depuis. Des conjonctions comme ehuru, därest et ity ont cédé du terrain par rapport à leurs homologues issus de la langue orale : fast, om et därför. Depuis les années 1970, le développement (et la fabrication) d'un suédois d'usage courant, compréhensible, à l'oral, a formé un des combat les plus essentiels concernant cette langue.

Un changement important dans la réalité sociale de la langue intervint dans les années 1960 avec ce qu'on a appelé la réforme du tu (du-reformen). On considérait auparavant que le mieux était de s'adresser aux personnes d'un rang social comparable au sien ou plus élevé en utilisant un titre et un nom de famille. L'usage de herr (monsieur), fru (madame) et fröken (mademoiselle) était en général restreint à la conversation avec des personnes dont la profession, les titres académiques ou le rang militaire n'était pas connu de leur interlocuteur. On se posait parfois la question de savoir s'il fallait s'adresser à son interlocuteur à la troisième personne. Pour résoudre ce problème, des expressions comme vad får det lov att vara? ou tas det socker i kaffet? (utilisation de la forme passive : Est-ce que du sucre est pris dans le café ?) étaient utilisées. Au début du XXe siècle, beaucoup essayèrent de remplacer ce système compliqué de titres par le pronom vous, à l'image de ce qui était fait en français ou en allemand. Vous (ni) fut cependant rapidement utilisé comme une variante un peu moins arrogante de tu (du, ou de la troisième personne) pour s'adresser à des personnes de rang social inférieur. Avec la libéralisation et un virage à gauche de la société suédoise pendant la seconde moitié du XXe siècle, ces différences de classes devinrent moins pertinentes et du (tu) devint le terme d'adresse habituel, même au sein des communautés les plus formelles et officielles. Ce qu'on appelle le nouveau vouvoiement ("det nya niandet") aux caisses des supermarchés, ou dans certains emplois de services, est un phénomène marginal.

Classification[modifier | modifier le code]

Le suédois est une langue appartenant à la branche scandinave du groupe germanique de la famille des langues indo-européennes.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Le suédois est parlé en Suède et en Finlande. Il est la langue principale de la grande majorité de 8 millions de personnes nées en Suède et il est acquis par environ 1 million d'immigrants.

En 2012 environ 290,000 personnes, 5,3 pour cent de la population finlandaise, parlaient suédois comme leur langue maternelle (Suédois en Finlande)[2],[3]. Jusqu’à ces dernières années, le taux de suédophones en Finlande avait diminué de façon continue pendant 400 ans[4]. Aujourd'hui, le taux semble d'être stabilisé.

De plus, une minorité suédophone, arrivée au XIIIe siècle, réside toujours en Estonie (Suédois d'Estonie)[5].

Statut officiel[modifier | modifier le code]

Le suédois est officiellement la langue principale en Suède[6],[7]. Il est utilisé depuis longtemps par les institutions officielles, mais il était sans statut de langue officielle avant 2009. En 2006, une proposition a été faite dans le Riksdag suédois pour lui donner le statut de langue officielle. Cette proposition avait le soutien du bloc de droite, ainsi que celui du parti vert, qui a voté majoritairement en sa faveur. Cependant, à cause d'une erreur dans le décompte des voix[8], le parti de gauche et les sociaux-démocrates, qui s'y opposaient, ont gagné le vote. Une proposition législative plus complète, désignant le Suédois comme la langue principale et renforçant le statut des langues minoritaires, a été soumise par un comité d'experts en mars 2008. Par la suite, cette proposition a été acceptée par le Riksdag suédois et elle est entrée en vigueur le 1 juin 2009[9].

Le suédois est aussi une des langues officielles de la Finlande (avec le finnois) ; sur l'archipel d'Åland elle est la seule langue officielle. Il y a aussi 3 municipalités en Finlande où le suédois est la seule langue officielle sur le plan municipal. L'une d'elles, Korsnäs, possède le taux le plus élevé de locuteurs natifs suédophones (98 %).

Distribution de la langue suédoise

Régie et normalisation[modifier | modifier le code]

Le conseil de la langue suédoise est l'organisme officiel responsable de la normalisation du suédois, mais il n'essaye pas de surveiller la langue aussi fort que, par exemple, l'académie française. Pourtant, plusieurs organisations et agences exigent que les règles données dans la publication du conseil Svenska Skrivregler soient suivies dans toutes communications officielles. Effectivement, le conseil est considéré comme l'organe régissant de la normalisation orthographique. Parmi les organisations qui font partie du conseil, l’académie suédoise est considérée comme la plus importante. Elle est dirigée par Peter Englund.

Autrefois, de 1526 à 1917, les traductions suédoises de la Bible ont formé la norme, mais la traduction officielle de 1917 n'a pas rattrapé le fil des développements. Pour remplacer ces traductions, l'agence de nouvelles suédoise TT a été instituée en 1922 : elle est responsable des nouvelles à la radio en 1925, et a été reconnue comme norme moderne depuis lors.

Dialectes[modifier | modifier le code]

Écriture[modifier | modifier le code]

L'exemplaire le plus ancien du Äldre Västgötalagen (Loi de la Westrogothie) à avoir été préservé, datant des années 1280, est l'un des plus anciens exemples de langue suédoise écrite à l'aide de l’alphabet latin.

Le suédois utilise l’alphabet latin, avec les lettres porteuses de diacritiques å (a rond en chef), ä (a tréma ou umlaut) et ö, qui apparaissent dans les dictionnaires à la suite de la lettre z. Pour ce qui est des langues scandinaves, le å se retrouve en danois et norvégien, mais dans ces langues les lettres ä et ö ont pour équivalents respectifs les lettres æ et ø ; en islandais, on emploie æ et ö pour ces deux derniers caractères, tandis que le å n'existe pas (son équivalent est á) et que d'autres diacritiques existent (é, í, ó, ú, ý, ainsi que les deux consonnes spéciales ð et þ). Les caractères ä et ö se retrouvent par ailleurs dans d'autres langues, certaines germaniques (comme l'allemand), et d'autres non (le finnois par exemple, qui emploie par ailleurs, bien que très rarement, le å dans certains mots empruntés au suédois).

Tableau récapitulatif
Langues
Germ. Scand. Suédois å ä ö
Islandais (á) æ ö
Danois å æ ø
Norvégien å æ ø
Allemand ä ö
Fin.-Ougr. Finnois [å] ä ö

Prononciation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prononciation du suédois.

Tableau synthétique de la prononciation du suédois[modifier | modifier le code]

Les consonnes
b c d f g h j k l
[b] [s], [k] [d] [f] [j], [g] [h] [j] [k], [ɕ]* [l]
m n p r s t v x z
[m] [n] [p] [r], [ʀ] [s] [t] [v] [ks] [s]
Les combinaisons de consonnes
ch dj gj gn hj kj lg lj ng nk rd
[ɕ], [ɧ]* [j] [j] [ŋn] [j] [ɕ]* [lj] [j] [ŋ] [ŋk] [ɖ], [ʀd]
rg rl rn rs rt sch sj sk skj stj tj
[rj] [ɭ], [ʀl] [ɳ], [ʀn] [ɕ], [ʀs] [ʈ], [ʀt] [ɧ], [ɕ] [ɧ] [ɧ], [sk] [ɧ] [ɧ] [ɕ]
Les voyelles
a å ä e i o ö u y
[ɑː], [a] [], [ɔ] [ɛː], [ɛ], [æ] [], [e], [ə] [], [ɪ] [], [ʊ] [øː], [œ] [ʉː], [ɵ] [], [ʏ]

* [ɕ] est parfois retranscrit en [ç].

Grammaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grammaire suédoise.

Le suédois est une langue germanique à la conjugaison et à la grammaire simples, ne possédant pas de cas (à l’exception d’un reste de génitif), et dans laquelle les mots peuvent être modifiés par des ajouts de préfixes, suffixes ou par simple concaténation de mots.

Dans la conjugaison, par exemple, la personne n’a la plupart du temps aucune incidence sur la forme verbale. Ainsi pour le verbe att gå (marcher) on a :

Français Présent Passé
Je marche Jag går Jag gick
Tu marches Du går Du gick
Il marche Han går Han gick
Nous marchons Vi går Vi gick
Vous marchez Ni går Ni gick
Ils/elles marchent De går De gick

L’article défini est postposé et enclitique, c’est-à-dire qu’il est soudé à la fin du nom. Il n’y a pas d’article indéfini pluriel. Ainsi, pour dag, pluriel dagar :

Indéfini Défini
un jour en dag le jour dagen
des jours dagar les jours dagarna

Lexique[modifier | modifier le code]

La majeure partie du vocabulaire suédois est d'origine germanique. On distingue le fonds germanique natif, et les emprunts faits aux autres langues germaniques par l'intermédiaire de l'allemand et du néerlandais, (en général, du bas-allemand, du fait de son statut de lingua franca dans la zone hanséatique), ainsi que quelques emprunts à l'anglais. Les mots suédois hus (maison), kung (roi) et gås (oie) sont d'origine germanique.

La plupart des termes du vocabulaire religieux ou scientifique sont d'origine grecque ou latine, le plus souvent empruntés par l'intermédiaire du français, ou, plus récemment, de l'anglais. Plusieurs de ces formations de mots sont des emprunts, tels le mot bomull (coton), de l'allemand Baumwolle (le calque trädull n'a pas été retenu). Le suédois de Finlande a parfois des termes propres proches des mots finnois correspondant, particulièrement dans le vocabulaire juridique et administratif.

On forme facilement de nouveaux mots par synthèse comme dans les autres langues germaniques. À l'image de ce qui se passe en allemand et en néerlandais, ces mots composés peuvent devenir très longs et difficiles à employer. Par exemple, produktionsstyrningssystemsprogramvaruuppdatering signifie à lui seul "mise à jour du logiciel du système de contrôle de la production". Mais il existe nombre d'exemples très courants et commodes. Une autre méthode très productive pour la construction de mots nouveaux consiste à ajouter la terminaison -a à un nom pour former un nouveau verbe, tels que bila (voyager en voiture, d'après bil, voiture) et packa (empaqueter, d'après paket, paquet). La formation inverse est également possible : on forme par exemple le mot (relativement récent) tänk, synonyme de tankesätt (pensée).

Emprunts au français[modifier | modifier le code]

Les mots suédois empruntés au français remontent principalement aux XVIIe et XVIIIe siècles siècles. Ils sont, pour la plupart, relatifs aux domaines de la culture, du théâtre et de la restauration. L'orthographe française a été adaptée à la phonétique suédoise. Exemples :

fåtölj fauteuil
byrå bureau
adjö adieu
kommod commode
evenemang évènement
kotlett côtelette
löjtnant lieutenant
parfym parfum
restaurang restaurant
ridå rideau
talang talent
scen scène
nivå niveau
teater théâtre
toalett toilette

Emprunts aux autres langues germaniques[modifier | modifier le code]

Avant ces emprunts au français, la langue suédoise a aussi été influencée par le bas allemand à l'époque de la Hanse et par le néerlandais, avec des mots relatifs au commerce et à la navigation.

La plupart des emprunts récents viennent de l’anglais, notamment avec les mots relatifs aux nouvelles techniques.

Dictionnaires[modifier | modifier le code]

  • Norstedts lilla franska ordbok, Norstedts, 1999, (ISBN 91-7227-367-4) (français-suédois et suédois-français, 70 000 mots et phrases)
  • Thekla Hammar, Norstedts svensk-fransk ordbok, Norstedts, 1993, (ISBN 91-1-925312-5) (suédois-français, 106 000 mots et phrases)
  • Birgitta Wahlman et Eugène-Pierre Davoust, Franska ordboken, Esselte studium, 1989, (ISBN 91-24-33690-4) (français-suédois et suédois-français, 81 000 mots et phrases)

Exemples[modifier | modifier le code]

  • Svenska är ett germanskt språk som också talas i Finland. : Le suédois est une langue germanique également parlée en Finlande.
  • I svenskan används också de tre bokstäverna å, ä och ö. : En suédois, on utilise également les trois lettres å, ä et ö.
  • Äkta människor : Véritables humains. (Titre d'une série TV évoquant le transhumanisme et ses conséquences sociales.)
Mot Traduction Prononciation standard Bas saxon Néerlandais Anglais Allemand
terre jord ["ju:d`] Eerd aarde earth Erde
ciel himmel ["him:El] Himmel hemel heaven Himmel
eau vatten ["vat:En] Water water water Wasser
feu eld ["Eld] Füer vuur fire Feuer
homme man ["man:] Mann man man Mann
femme kvinna ["kvin:a] Fro vrouw woman Frau
manger äta ["E:ta] eten eten eat essen
boire dricka ["drik:a] drinken drinken drink trinken
grand stor ["stu:r] groot groot great / big groß
petit liten ["li:tEn] lütt klein little / small klein
nuit natt ["nat:] Nacht nacht night Nacht
jour dag ["dA:] ou ["dA:g] Dag dag day Tag

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Suède a actuellement 9,5 millions d'habitants (SCB.se). Selon, le centre de statistique finlandais, il y a environ 290.000 personnes suédophones en Finlande (http://www.stat.fi/tup/suoluk/suoluk_vaesto_en.html).
  2. a et b voir à ce sujet l'article suédois en Finlande
  3. Statistics Finland, http://pxweb2.stat.fi/database/StatFin/vrm/vaerak/vaerak_en.asp, Language according to age and sex by region 1987 - 2012
  4. http://finland.fi/public/default.aspx?contentid=160058&contentlan=2&culture=en-US, Main outlines of Finnish history
  5. http://www.estlandssvenskarna.org/Estlandssvenskarna.php, Les Suédois de l'Estonie (Estlandssvenskarna)
  6. http://www.sprakforsvaret.se/sf/fileadmin/PDF/spraklagen_200509.pdf, Le loi de langue (Språklagen)
  7. The Local, http://www.thelocal.se/20404/20090701/, Le suédois devient 'langue principale' officielle (Swedish becomes official 'main language')
  8. http://www.svt.se/nyheter/sverige/svenskan-blir-inte-officiellt-sprak
  9. http://www.regeringen.se/sb/d/10016/a/100959

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Consulter le Wiktionnaire rédigé en suédois.