Maison

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Maison mauritanienne dans le Trarza.
Une maison fleurie en Bretagne.
Maison québécoise à Causapscal (Gaspésie).

Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné au logement d'une famille, voire de plusieurs. C'est pourquoi elle est souvent considérée comme un symbole de la famille.

Une maison est, en droit civil français, un immeuble, mot qui désigne aussi couramment un édifice de plusieurs étages divisé en plusieurs appartements occupés par diverses familles. On parle alors d'immeuble collectif.

Terminologie et définitions[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot maison vient en français du latin manere qui veut dire rester et qui a donné les mots ou les toponymes manse, manoir, manant, mesnil, mas, .. La maison est donc étymologiquement le lieu où l'on reste, où l'on revient, le lieu de sédentarisation. Dans le Midi de la France, on utilisait traditionnellement le mot hôtel, avec ses formes dialectales comme ostal, oustal en occitan, avec l'idée de recevoir, d'accueillir, le mot mas étant réservé à des constructions plus petites, et il a donné la forme française péjorative masure.

Terminologie[modifier | modifier le code]

À partir de 1801, une maison qui est agréable et confortable, agrémentée notamment d'un jardin, est souvent appelée du nom des anciennes maisons de campagne romaine : villa, en particulier lorsqu'elle est située dans un lieu de villégiature.

Une maison au 57, rue The Close, Salisbury, Angleterre. Cette maison est typique du style georgien, mais les fenêtres du toit ont probablement été ajoutées après sa construction.

Le terme d'architecture « pavillon » était traditionnellement utilisé pour désigner les maisons d'habitation isolées à un seul corps de bâtiment, avant l'apparition de la locution « maison individuelle » qu'on oppose à « immeuble collectif ».

Définitions juridiques[modifier | modifier le code]

Aux regards de l'administration fiscale française, un logement peut être dit résidence principale, si les occupants y résident plus de 183 jours par an, et résidence secondaire si elle est destinée aux périodes de repos.

Sur le plan juridique, en droit français, la maison individuelle est définie comme « un immeuble à usage d'habitation ou un immeuble à usage professionnel et d'habitation ne comportant pas plus de deux logements » pour le contrat de construction d'une maison individuelle introduit au Code de la construction et de l'habitation le 19 décembre 1990 dans l'article R 231-1[1].

Définitions fiscales[modifier | modifier le code]

En France, de 1798 à 1926, l'imposition foncière se faisait sur les portes et fenêtres.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’évolution de la maison est parallèle à l'histoire de la ville dont elle est, depuis la fondation des villes antiques, jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, en passant par la fondation des bastides, l'élément constitutif élémentaire[2].

Premiers habitats[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une hutte à Terra Amata.
Reconstitution d'une tente paléolithique à Pincevent.
Reconstitution d'une cabane dans la grotte du Lazaret.

Il faut sortir de l'image d'Épinal de l'homme des cavernes vivant dans des grottes et abris sous roche, protections naturelles contre l'extérieur. Les humains préhistoriques n'ont jamais vécu dans les parties reculées des grottes et ont habité dans des régions qui étaient totalement dépourvues de cavernes (Afrique de l'Est par exemple). Ils ont parfois mis à profit les abris sous roche et les porches de grottes pour implanter leurs habitats, mais il ne faut pas perdre de vue que les sites archéologiques se sont mieux conservés dans de tels contextes et y ont également été recherchés préférentiellement[3].

Au paléolithique, l'homme est un chasseur-cueilleur nomade qui s'installe dans des lieux proches de l'eau sous abri ou dans des campements en plein air. Il y monte des tentes et des huttes, abris temporaires en branchages ou ossements. Ces abris adaptés au milieu et aux conditions météorologiques laissent comme traces archéologiques des fonds de cabanes, des pierres plus ou moins agencées, des trous de poteaux tandis que les structures aériennes (toiture, peaux, branches) disparues ne peuvent que faire l'objet de reconstitutions hypothétiques. En Europe centrale et orientale (site représentatif : le village de Mezhyrich[4]), des vestiges de huttes avec une armature en ossements de mammouths remontent à 35 000 ans[5].

Premières maisons au néolithique et aux âges des métaux[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une maison en adobe à Çatal Höyük.
Reconstitution d'une maison néolithique en Europe.

Le début de la sédentarisation au néolithique est attesté dans le village de Mallaha, situé en milieu semi-aride, caractérisé par des constructions circulaires et semi-circulaires à demi-enterrées, qui font partie des plus anciens bâtiments permanents connus. Elles sont construites en terre avec un parement en pierre et avaient sans doute une toiture en peaux d'animaux ou en petit bois soutenue par des poteaux dont il reste des traces.

Des habitations en briques crues enduites de plâtre commencent à apparaître durant le néolithique du Proche-Orient. Adossées les unes contre les autres, elles sont couvertes de toits en terrasse et communiquent entre elles par des cours intérieures. Du fait de l'absence de rue, elles sont seulement accessibles par une ouverture pratiquée dans le toit et des échelles de bois aboutissant au « coin cuisine »[6].

En Europe tempérée, de grandes maisons à toit de chaume, allongées de 10 à 50 mètres de longueur, parfois alignées côte à côte selon la direction des vents dominants, réalisées en bois, clayonnage et torchis, abritent des « familles élargies ». Les maisons près de lacs sont de type palafitte tandis que celles de l'Europe du Sud-est ont un style hérité du Proche-Orient[7].

Aux âges des métaux (Âge du bronze et Âge du fer), les habitations présentent les caractères d’une maison individuelle (dimensions plus réduites, généralement rectangulaires, sauf dans le nord-ouest de l'Europe où elles sont circulaires) délimitée par un enclos, ce qui marque le début de la propriété privée. Elles sont constituées de charpentes plus complexes (grâce à l'outillage métallique) portées par une ossature de bois avec des poteaux fichés en terre ou parfois des semelles de fondation en pierre ou en matériaux pilés[8].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Habitation de la Rome antique.

Des vestiges de maisons à patio en pisé ou en pierre sont relevés en Mésopotamie, Égypte antique, Chine ou dans la vallée de l'Indus[9].

Reconstitution d'une maison grecque antique.

À l'époque romaine, le domaine rural des classes aisées est la villa romaine.
En ville, les milieux dominants possèdent de belles propriétés, les domus, plus ou moins grandes et luxueuses en fonction de leur fortune, qui doivent refléter le statut social et la dignitas de leur propriétaire. Les nombreuses familles plus modestes logent dans des insulae.

La maison en Grèce antique va de la simple cabane du paysan en pierre ou en torchis, sans fenêtres jusqu'aux maisons des populations plus aisées avec plusieurs pièces articulées autour d'un patio (souvent à péristyle) et de deux chambres à coucher à l'étage, les plus riches ayant des pièces réservées aux hommes et aux femmes, l'andrôn et le gynécée. Le toit est en chaume ou en tuile et des avant-toits surplombent les murs (blanchis à la chaux à l'intérieur comme à l'extérieur) en briques d'argile séchée ou en torchis sur ossature bois avec une base de pierre qui protège les éléments les plus vulnérables de l'humidité. Au nord, prédomine la maison de plan circulaire, mais l'habitat caractéristique est la maison à mégaron de plan rectangulaire[10]. Certaines ont un porche ouvert surmonté d'un pignon à faible pente ou d'un fronton.
L'architecture publique privilégie la construction de temples, l'absence de palais s'explique par le fait que les Grecs anciens n'ont pas eu de royauté[11].

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, dans un même quartier, une même rue, se côtoient des taudis bas, des logis d'artisan ou de boutiquier à un étage sous grenier, des immeubles à encorbellement de notables, des palais et hôtels particuliers de princes. L'habitat urbain est essentiellement en bois au VIIIe et IXe siècle puis la pierre devient prépondérante aux XIIe siècleXIII avant qu'elle ne soit remplacée par du pan de bois de qualité aux XIVe siècleXV[12].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Le phénomène de la villégiature naît au XVIIIe siècle dans la grande bourgeoisie dont la maison de campagne en tant que résidence secondaire est une extension de patrimoine, reprenant le modèle rousseauiste de la société de cour, les aristocrates vivant dans un hôtel particulier lors de la saison des visites appelée saison sociale (en) et retournent dans leur domaine en campagne en été. La villa, issue de la villa romaine antique et de la Villa médicéenne de la Renaissance, devient ainsi au XIXe siècle une propriété bourgeoise confortable, puis au XXe siècle synonyme de pavillon (maison individuelle de lotissement pavillonnaire, de banlieue de grande ville ou parfois s'intercalant dans le tissu urbain) des classes moyennes, entourée d'un jardin souvent modeste[13].

La révolution industrielle du XIXe siècle entraîne la création d'habitations à bon marché, notamment des petites maisons des cités ouvrières, maisons identiques à la base alignées sur rues, des maisons des cités-jardins s'inspirant des réalisations britanniques d'Ebenezer Howard et du mythe du « cottage » ou du pavillonnaire standardisé qui est privilégié lors de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.

À partir de 1975, les inquiétudes nées de la crainte d'un épuisement des ressources sur la planète conduisent l'État français à faire étudier par EdF-GdF et le CSTB pour les maisons le label haute performance énergétique, puis ceux de bâtiment durable, à énergie positive ou à basse consommation énergétique ainsi que de maisons à haute qualité environnementale.

Technique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

On distingue généralement deux types de maison :

  • la maison de constructeur, qui est souvent proposée sur catalogue et construite en série, restreignant ainsi la possibilité d'individualiser cette dernière dans une premier temps ;
  • la maison d'architecte, qui est, comme son nom l'indique, conçue par l'architecte lui-même qui essaye ainsi de répondre aux attentes du commanditaire ; l'habitation obtenue est alors une construction unique.

Environnement et énergie[modifier | modifier le code]

Si elle répond aux démarches architecturales soucieuses de l'environnement, elle est qualifiée de « maison Haute qualité environnementale » (HQE).

Si elle respecte certains critères sévères de consommation énergétique, elle est appelée maison passive.

Elle peut de plus se définir comme maison positive si elle génère de l'énergie.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Fonctions[modifier | modifier le code]

La maison a historiquement une fonction multi-générationnelle pour la famille au sens large, comprenant plusieurs générations, ainsi que des domestiques ou des personnes affiliées.

statistiques[modifier | modifier le code]

La surface de la maison en France est généralement comprise entre 11 et 150 m2, de plain-pied ou avec 1 à 3 niveaux[14].

Typologie[modifier | modifier le code]

Types constructifs[modifier | modifier le code]

Types régionaux[modifier | modifier le code]

Maison ariégeoise.

Types fonctionnels[modifier | modifier le code]

Types historiques[modifier | modifier le code]

Spécimens de maisons[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Code de la construction et de l'habitation, titre Construction d'une maison individuelle
  2. Philippe Panerai, De l'îlot à la barre.
  3. Habitat et habitation des hommes de la préhistoire - Paléolithique
  4. Mezhirich Mammoth Camp
  5. (en) Barry Lewis, Robert Jurmain, Lynn Kilgore, Understanding Humans : Introduction to Physical Anthropology and Archaeology, Cengage Learning,‎ 2008 (lire en ligne), p. 301
  6. (en) Orrin C. III Shane et Mine Küçuk, « The World's First City », Archaeology, vol. 51, no 2,‎ 1998, p. 43-47 (lire en ligne)
  7. René Desbrosse, Janusz Krzysztof Kozlowski, Les habitats préhistoriques, CTHS,‎ 2001 (ISBN 2735504875)
  8. La maison de l’Âge du Bronze (700 avant J.-C.) et de l'Âge du Fer (50 avant J.-C)
  9. [PDF]Les maisons à patio
  10. L'habitat en Grèce antique
  11. (en) Helen Gardner, Fred S. Kleiner, Christin J. Mamiya, Gardner's Art through the Ages, Thomson Wadsworth,‎ 2004 (ISBN 0-15-505090-7), p. 126-132
  12. Jean-Pierre Leguay, Vivre en ville au Moyen âge, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ 2006 (lire en ligne), p. 7-13
  13. Marc Boyer, La maison de campagne, XVIIIeXXIe siècle av. J.-C. : une histoire culturelle de la résidence de villégiature, Éditions Autrement, 2007, 144 p.
  14. Alain Jacquot, « De plus en plus de maisons individuelles », INSEE,‎ février 2003 (consulté le 23 avril 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]