Münster

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Münster
Münster
Image illustrative de l'article Münster
Blason de Münster
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of North Rhine-Westphalia (state).svg Rhénanie-du-Nord-Westphalie
District
(Regierungsbezirk)
Münster
Arrondissement
(Landkreis)
Münster (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
6 arrondissements municipaux
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Dr. Berthold Tillmann CDU

21 octobre 2009, Intronisation au poste de Oberbürgermeister (bourgmestre) de Markus Lewe, maire CDU de la ville depuis le 30 août 2009.
2004-2009

Partis au pouvoir CDU
Code postal 48143-48167
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
05 5 15 000
Indicatif téléphonique +49-251

+49-2501 Hiltrup, Amelsbüren
+49-2506 Wolbeck, Angelmodde
+49-2533 Nienberge
+49-2534 Roxel
+49-2536 Albachten

Immatriculation MS
Démographie
Population 293 393 hab. (31 décembre 2011)
Densité 969 hab./km2
Géographie
Coordonnées 51° 57′ 47″ N 7° 37′ 43″ E / 51.962944, 7.62869451° 57′ 47″ Nord 7° 37′ 43″ Est / 51.962944, 7.628694  
Altitude 60 m
Superficie 30 291 ha = 302,91 km2
Localisation

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Münster

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Münster
Liens
Site web www.muenster.de

Münster est une ville allemande située dans le nord du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Mönster en dialecte local). De 1815 à 1945, Münster était la capitale de la province depuis lors disparue de Westphalie (Westfalen). La ville, étendue sur 302,91 km2 et bordée par l'Aa, se situe entre Osnabrück et Dortmund, au centre de l'actuelle province de Münster (Münsterland).

Depuis 1915, la ville a le statut officiel de Großstadt (« grande ville »). En 2008, la ville compte 273 000 habitants bien que la population réelle de la ville soit légèrement supérieure puisque les 50 000 étudiants ne sont qu'en partie enregistrés à Münster.

La ville est marquée par une forte présence des services administratifs et de justice, dont la Cour constitutionnelle régionale. De plus, Münster accueille le siège de la « communauté de communes » (Landschaftverband) Westfalen-Lippe.

Münster est aussi un évêché fondé il y a 1 200 ans par saint Ludger (Ludgerus), ce qui fait de Münster le plus vieil évêché d'Allemagne du Nord.

La ville est surtout connue pour son nombre impressionnant de cyclistes et le charme de son centre historique. Elle a reçu en 2004 le prix Liv-Com de la ville du monde ayant la meilleure qualité de vie dans sa catégorie.

Structure communale[modifier | modifier le code]

En vertu de l'article 1 des statuts municipaux, la ville de Münster est structurée en six arrondissements municipaux (Stadtbezirke) : Mitte, Nord, Ost, West, Süd-Ost et Hiltrup. Chaque arrondissement dispose d'une représentation de 19 membres chacune, élue par la population lors des élections municipales. Le président de chaque représentation d'arrondissement est appelé Bezirkvorsteher. D'après les statuts municipaux, chaque arrondissement est lui-même divisé en zones d'habitation (Wohnbereiche). Le nom de cette sous-division n'est cependant pas utilisé, et dans la pratique on parle plutôt de quartier (Stadtteil).

Liste des arrondissements et leurs quartiers :

Les différents arrodissements de la ville ; les zones sombres désignent les parties construites de la ville.

Le centre-ville est lui-aussi divisé en anciens quartiers historiques aux contours parfois flous, entre autres : Aaseestadt, Erphoviertel, Geistviertel, Hansaviertel, Kreuzviertel, Kuhviertel, Mauritzviertel, Pluggendorf, Rumphorst et Südviertel. De leur côté, les quartiers des autres arrondissements de Münster correspondent dans leur majorité à d'anciennes communes absorbées au fil du temps par la ville.

Histoire de Münster[modifier | modifier le code]

Panorama de Münster

Le ministère de saint Ludger[modifier | modifier le code]

Le lieu appelé aujourd'hui Münster, était autrefois appelé Mimingernaford quand les Bructères y avaient un fort. Puis, lorsque la région fut christianisée par saint Ludger et ses successeurs, la ville devint Monasterium et enfin Münster.

Charlemagne entreprend l’intégration de la Saxe païenne (sous l'emprise de Widukind) au royaume des Francs déjà évangélisé.

Après plusieurs échecs et de multiples campagnes militaires, Charlemagne dépêche finalement en 785 saint Ludger (Liudger en allemand), missionnaire originaire de Frise, pour christianiser les Saxons. Il réalise sa mission à merveille, si bien qu'en 805, le territoire devient un diocèse dont il est proclamé évêque… Même après sa mort, son influence persiste. De nos jours, il est célébré à Münster comme le saint patron de la ville et le fondateur de l'Église en Westphalie. La cathédrale Saint-Paul et l'école adjacente, le Gymnasium Paulinum (datant de l'an 797), ont été fondées par lui. Le Gymnasium Paulinum est l'une des écoles parmi les plus anciennes d'Europe.

La théocratie anabaptiste[modifier | modifier le code]

La ville à l'époque où elle s'appelait Monasterium.

En janvier 1534, le précheur anabaptiste Jan Matthijs envoya d'Amsterdam un certain Jean de Leyde, « apôtre » qu'il avait lui-même baptisé en novembre 1533, vers Münster. Le 2 mars 1534 (mais selon certaines sources dès la mi-février même), il lui emboîta le pas et proclama Münster «Jérusalem céleste». Bien que le nouveau conseil des échevins soit favorable aux idées des anabaptistes, l'arrivée de Matthijs déchaîna le jour même une controverse des Images en ville. Toutes les églises et monastères furent dévastés afin d’expurger les traces du passé mensonger. Le prédicateur annonça son « Programme apocalyptique[1] » :

  1. Il faut anéantir les incroyants en vue de la parousie,
  2. Le Christ instituera une théocratie terrestre,
  3. Les « émissaires apostoliques » sont invincibles et doivent annoncer l'imminence du Royaume.

Le 24 février 1534, Matthijs enjoignit aux habitants de Münster de venir se faire baptiser ; celui qui entendait s'y refuser devait quitter la ville avant minuit. On ordonna de brûler tous les livres à l'exception des Bibles. Matthijs déclara la communauté des biens et la Polygynie (une forme de polygamie).

Entretemps, l’évêque de Münster Franz von Waldeck avait fait arrêter Bernd Rothmann le 23 janvier 1534 et entreprit d'assiéger la ville dont il avait été chassé.

Le 5 avril 1534, jour de Pâques, dans un prèche sur la Place du Marché, Matthijs se présenta comme le Nouveau Gédéon. Après une ultime vision du jugement dernier, il monta à cheval, accompagné de quelques fidèles, et sortit sans armes de la ville pour réclamer la reddition des assiégeants. Il fut immédiatement jeté à bas et mis en pièce par des lansquenets[1]. Après l'exécution de Matthijs aux portes de la ville assiégée (avril 1534), Jean de Leyde se proclama « roi de Sion », confirma la communauté universelle des biens et des personnes (la polygamie). La ville de Münster, réduite par la famine et les épidémies, ne se rendit que le 25 juin 1535. Lors du dernier assaut, tous les anabaptistes qu'on put saisir furent passés par le fil de l'épée, et le carnage ne s'interrompit qu'au bout de deux jours. Quant à Jean de Leyde, il fut détenu six mois en attente d'un châtiment exemplaire puis fut torturé et mis à mort en public le 22 janvier 1536.

XVIe et XVIIe siècles[modifier | modifier le code]

Les jésuites arrivent à la fin du XVIe siècle. Ils construisent en 1588 le collège jésuite et l'église Saint-Pierre qui le dessert. C'est leur première fondation outre-Rhin.

La guerre de Trente Ans dévaste la ville.

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

L'université Frédéric-Guillaume est fondée en 1780 après la fermeture du collège jésuite de Münster due à la suppression de la Compagnie de Jésus (1773) dont elle prend les locaux.

Destruction et reconstruction[modifier | modifier le code]

Le Prinzipalmarkt lors du bombardement de 1945

Durant la dernière année de la Seconde Guerre mondiale, sous le commandement du marshal Arthur Harris, les Britanniques entreprirent une campagne de raids aériens systématiques de terreur sur toutes les villes allemandes afin d'anéantir le moral des civils en en tuant le plus possible[réf. nécessaire], de pousser ainsi les autorités à la capitulation, et terminer la guerre plus rapidement (doctrine Douet)[réf. nécessaire]. Les bombardements sur Münster furent intensifs et eurent pour effet, outre de nombreuses victimes civiles, d'irréparables destructions du patrimoine de cette vieille ville médiévale chargée d'histoire et de richesses architecturales.

Dans les premiers mois de 1945, il y eut 235 alertes aériennes, soit une moyenne de trois alertes par jour. Les mois de février et mars 1945 virent les derniers bombardements, les plus terrifiants. Sur la ville déjà massivement détruite, tombèrent encore 16 000 bombes explosives. La dernière attaque sur Münster eut lieu le 25 mars, exécutée par une flotte de 112 bombardiers quadrimoteurs. Partout dans la ville des incendies faisaient rage, qu'il n'était plus possible de maîtriser. Dans la tour sud de la cathédrale, la chaleur fut telle que les cloches fondirent. L'officier américain Reg Davis retrouvera, lors de la prise de la ville, dans le Bunker Saint François, parmi les gravas et décombres, quelques papiers déchirés : des mains courantes de la police notées au jour le jour. On pouvait y lire :

« Aujourd'hui attaque aérienne de 10h 06 à 10h 22. 1 800 bombes explosives, et plus de 150 000 bombes incendiaires[2] sont tombées. Ce qui reste de la ville est totalement détruit. Seul, émerge de cette mer de flammes le clocher en feu de la Cathédrale… » Un officier de la flotte de bombardiers ayant pris part à cette attaque se souvient :

« On met les voiles. Comme à l'exercice : en 16 minutes on a vu crépiter 441 tonnes de bombes. Sur la carte, vous pouvez mettre une croix sur Münster. »

Le centre médiéval fut presque intégralement anéanti. Les monuments historiques détruits, entre autres, sont : la salle de la paix, où ont été signés les traités mettant fin à la guerre de Trente Ans : les traités de Westphalie ; l'hôtel de ville, même si les œuvres qu'il abritait furent transportées dès 1942 dans les caves du château de Wobbel sur la Lippe ; la cathédrale ; le fronton du Prinzipalmarkt ; le château…

La reconstruction de la ville commença au lendemain de la guerre, et mobilisa toute la population. La priorité fut d'abord donnée aux infrastructures (écoles, maisons, routes…). La reconstruction des bâtiments historiques n'intervint qu'à partir de 1950… Contrairement à de nombreuses villes allemandes, les planificateurs urbains d'après guerre n'eurent pas le dessus, et ce fut la volonté de l'opinion publique qui fut suivie, à savoir une reconstruction à l'identique, comme à Varsovie. Hors du centre historique assez soigneusement restitué, les tissus mineurs sont malheureusement sommairement silhouettés par une architecture dite « d'accompagnement ». Néanmoins, de nombreuses maisons ont été assez correctement refaites, donnant au centre de Munster un aspect assez proche, sous certains angles, de son état d'avant-guerre. D'autres reconstructions, comme dans de nombreux endroits d'Allemagne, sont à l'étude afin d'améliorer le médiocre aspect « années 1950 » des villes historiques massivement bombardées.

L'histoire de la ville de Münster est détaillée et illustrée au musée municipal d'histoire

L'Oflag VI-D avait été installé dans une caserne de la ville dés mai 1940. L'Opération Market Garden en Hollande toute proche entraîna la fermeture du camp le 23 septembre 1944 et les prisonniers furent transférés en l'Oflag VI-A de Soest.

Les fortifications[modifier | modifier le code]

En 1121, la ville de Münster fut conquise par le duc Lothar von Supplinburg. La plupart des bâtiments furent très endommagés par le feu… L'évêque de Münster jugea alors nécessaire de protéger la ville par des remparts, des tours et des douves qui l'encercleraient, et non plus seulement la cathédrale. C'est donc au XIIe siècle que fut construit le premier mur des fortifications. On rejeta la terre vers la ville, afin de former un mur, sur lequel on put construire le rempart, surmonté de six tours de garde.

La Promenade

Mais leur construction n'était pas encore achevée. On les renforça trois siècles plus tard. Et les anabaptistes achevèrent la construction avec un double rempart, de nouvelles tours, des retranchements, et des ronds-points. La ville eut alors la réputation d'être imprenable.

Cependant la guerre de Trente Ans, au XVIIIe siècle démontra le contraire : les remparts ne tinrent pas debout. Le ministre du prince-évêque fit alors ouvrir les portes des remparts, et détruire les fortifications pour laisser place à une « promenade » qui entoura la ville d'un chemin de terre ombragé par des tilleuls, qui longe de temps à autre le fleuve Aa.

La cathédrale Saint-Paul[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Paul

La cathédrale Saint-Paul est le monument le plus célèbre de la ville, elle est le siège du diocèse de Münster, créé en 805.

Article détaillé : cathédrale Saint-Paul (Münster).

Présentation de la ville[modifier | modifier le code]

Le Prinzipalmarkt[modifier | modifier le code]

Grâce au développement du commerce de la Hanse, Münster devint une ville prospère. Les marchands se regroupaient sur la grande place de la cathédrale, surtout à l'occasion du Send. Dans les rues du Prinzipalmarkt, de la Salzstrasse et du Roggenmarkt, les marchés s'alignaient, puis peu à peu, à partir du XIIe siècle, s'y installèrent définitivement: les marchands les plus riches construisaient leur maison à pignons et arcades. Sous les arcades étaient exposées les marchandises, derrière des pièces pour les entreposer, et à l'étage les chambres des marchands. Certaines maisons furent les produits de cinq siècles de construction, regroupant ainsi harmonieusement les styles de cinq siècles consécutifs.

Malheureusement, les maisons du Prinzipalmarkt s'effondrèrent sous l'assaut des bombes en 1945 et seulement deux maisons originales restèrent debout. La reconstruction aurait duré beaucoup plus longtemps si les maisons du Prinzipalmarkt avaient été reconstruites telles qu'elles l'étaient avant : c'est pour cela qu'on ne reconstruisit pas les maisons avec tous leurs détails architecturaux mais dans un style plus simple en conservant la forme principale.

Le Rathaus[modifier | modifier le code]

Das Rathaus
1648

Le Rathaus est l'hôtel de ville de Münster. C'est le monument le plus célèbre du Prinzipalmarkt pour des raisons architecturales et historiques : tout d'abord, c'est un des plus beaux bâtiments d'architecture gothique civile en Europe ; ensuite, il se trouve une salle dans l'hôtel de ville appelée originellement « salle du Conseil » où furent signés les traités de Westphalie : c'est pourquoi la « salle du Conseil » fut rebaptisée « salle de la Paix ». C'est aussi dans cette salle que fut proclamée l'indépendance de la Hollande qui appartenait alors à l'Allemagne. L'épée du Send, symbole de Justice, et symbole de Münster, est exposée dans une autre salle.

Le Send et l'épée du Send[modifier | modifier le code]

l'épée du Send

Aujourd'hui, trois fois par an (en mars, en juin et en octobre), a lieu la kermesse du Send: c'est une grande fête foraine.

À l'origine, le mot Send désignait les synodes : rassemblements religieux accompagnés par des marchés. Alors que les ecclésiastiques se réunissaient, les grands marchés s'installaient dans le cloître de la cathédrale. Par la suite, ils installèrent leurs stands à l'extérieur de la cathédrale, où s'installent de nos jours et plusieurs fois par semaine, les marchés traditionnels (de fruits et légumes, pains et fromages, charcuterie et poissons…). Mais aujourd'hui, les marchés du Send se sont déplacés sur la place Hindenburg devant le château de Münster : la kermesse attire des milliers de visiteurs.

Une tradition de plus de quatre siècles veut que l'épée du Send, das Sendschwert, soit accrochée sur la façade du Rathaus pendant la durée des fêtes. À l'origine, une des fonctions du Send était de rendre la justice, et l'épée servait aux exécutions. Das Sendschwert avait alors une double valeur : elle était symbole de justice et symbole de la liberté de marché (commercer, acheter, vendre, marchander : tout cela était autorisé et libre). De plus, une trêve se devait d'être respectée pendant le Send.

Die Lambertikirche (l'église Saint-Lambert)[modifier | modifier le code]

Die Lambertikirche

La Lambertikirche est la deuxième plus grande église de Münster. Elle se situe au croisement des trois rues des grands marchés : le Prinzipalmarkt ; le Roggenmarkt ; et l’Alter Fischermarkt.

Elle fut construite par les commerçants et les bourgeois du début de la Hanse, en 1375. Ils la préféraient à la cathédrale : cette dernière était le symbole du pouvoir ecclésiastique, tandis que la Lambertikirche était le symbole de la richesse bourgeoise et marchande.

Elle est de style gothique, et fut construite selon le modèle de la cathédrale de Fribourg. Elle est composée d'une nef principale et de deux nefs adjacentes de même hauteur, soutenues par de nombreux piliers élancés. On remarque aussi la présence de nombreux grands vitraux.

Les cages de la Lambertikirche

Accrochées au clocher, il y a trois cages en fer. Au XVIe siècle, les anabaptistes voulurent instaurer le royaume millénaire de Dieu. Lorsque le dernier roi, Jan van Leyden (Jean de Leyde), et ses deux meneurs furent exécutés par l'évêque en 1536, le règne effroyable des anabaptistes cessa. Pour servir d'exemple, l'évêque fit construire trois cages dans lesquelles il mit leur cadavre et qu'il suspendit en haut du clocher.

Plus tard, en 1941, l'évêque Clemens August von Galen prononça à Saint-Lambert des prêches célèbres contre le racisme et le programme d'euthanasie des malades mentaux mis au point par les nazis. Les fidèles de l'église furent mis en garde contre le régime national-socialiste.

Les œuvres de Schlaun[modifier | modifier le code]

Il se trouve dans Münster de nombreuses œuvres de l'architecte baroque Johann Conrad Schlaun.

Das Universitätschloss[modifier | modifier le code]

Das Universitätschloss, ou Residenzschloss, ou château de Münster, est le palais baroque de Münster, qui appartient aujourd'hui à l'université (d'où son nom). C'était la résidence des princes-évêques de Münster : d'ailleurs, c'est le prince-évêque Maximilian Friedrich et son ministre von Rürstenberg qui demandèrent la construction de la résidence : elle commença en 1767, et n'était pas achevée à la mort de Schlaun.

La façade est une alternance de briques rouges et de grès, pour rompre la monotonie classique, d'autant plus que le grès était un des matériaux de prédilection de l'architecte. Les sculptures sont étonnamment fines, vue leur faible visibilité, due au fait qu'elles sont fixées au quatrième étage. L'art baroque est présent dans toutes les représentations anthropomorphiques (voir l'anthropomorphisme); dans les angelots aux formes généreuses, et dans les décorations aux lignes courbes.

Das Universitätschloss

À l'arrière, se trouve un parc botanique.

Der Erbdrostenhof[modifier | modifier le code]

Le Palais Erbdrostenhof où est née la Bienheureuse Sœur Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering.

C'est le palais le plus particulier de la région. Il est situé à un angle de rue, et sa forme légèrement arrondie permet d'exploiter d'avantage l'espace du terrain et de donner une impression différente de la conception traditionnelle des bâtiments classiques.

Sur le fronton triangulaire sont exposés les blasons de la fameuse noble famille des Droste zu Vischering qui le fit construire en 1753. On remarque là encore l'alternance brique rouge-grès. À l'intérieur sont utilisés les trompe-l’œil et les miroirs, qui donnent une impression renforcée d'espace et de grandeur.

Dans ce palais est née la Bienheureuse Sœur Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering, nommée supérieure du couvent du Bon-Pasteur de Porto, en Portugal, et personne qui inspira le pape Léon XIII à faire la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus.

Die Clemenskirche[modifier | modifier le code]

C'est la chapelle d'un hôpital qui fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. La chapelle fut construite de 1744 à 1753. Elle est dotée d'une coupole, et le style baroque de l'intérieur est largement inspiré du maître baroque Balthazar Neumann, originaire du sud de l'Allemagne. Le style baroque touche au style rococo : il y a dans la Clemenskirche de nombreuses statues très vivantes, des dorures, des couleurs turquoise et roses…

Die Rieselfelder[modifier | modifier le code]

C'est la réserve naturelle de Münster. On peut s'y promener à pied ou à vélo, elle s'étend sur des kilomètres, regroupant de nombreuses sortes d'oiseaux, telles que des martins pêcheurs, des canards ; mais aussi des taureaux, des vaches, des grenouilles, des castors…

L'écomusée Mühlenhof[modifier | modifier le code]

Le moulin du Mühlenhof

L'écomusée du Moulin a été fondé de 1959 à 1960, il regroupe une vingtaine de maisons construites à partir de vestiges venant de toute la Westphalie, et reconstitue ainsi une ville telle qu'elle pouvait l'être auparavant dans la période post-médiévale. C'était l'idée de Theo Breider d'établir ce musée.

Parmi la trentaine de maisons, il y a un moulin, une école, une taverne, et se promenant de temps en temps, un guide habillé en costume traditionnel (écharpe rouge, bâton, veste bleue).

Allwetterzoo Münster[modifier | modifier le code]

Le parc zoologique de Münster.

La vie aujourd'hui à Münster[modifier | modifier le code]

Münster est une ville qui vise une plus grande écologie : la circulation à vélo et en bus est très développée : de nombreux garages publics gardés pour vélo sont établis, en particulier dans les lieux publics les plus fréquentés.

Münster est aussi une ville à grande importance commerciale.

Un dicton populaire raconte qu'à Münster, "Soit il pleut, soit les cloches sonnent. Et si c'est les deux, alors on est dimanche".

Les Wasserschlösser des alentours[modifier | modifier le code]

Les Wasserschlösser sont des châteaux entourés d’eau, construits du Moyen Âge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Le Münsterland en compte encore 100 à ce jour.

Leur origine : les Wasserburgen[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, les seigneurs d’Allemagne, qui se battaient incessamment, eurent l’idée de construire des châteaux sur des îles entourées d’eau. Effectivement, c’était bien le seul moyen de se défendre. La région était toute plate, mais les nombreuses rivières, fleuves et affluents fournissaient une excellente défense, d’autant plus qu’on pouvait creuser des fossés autour des châteaux, remplis également d'eau.

C’est donc au XIIe siècle que ces mini-forteresses, les « Wasserburgen », sont érigées aux moyens de pierres ou de briques. Elles sont très différentes des françaises. La plupart sont construites en suivant la forme initiale de l’île (circulaire), d’autres s’étalent sur deux îles reliées par un pont-levis, mais les châteaux ne sont jamais fermés. Quelques-uns sont dotés d’une tour, qui dépasse rarement les 25 mètres de haut. Mais, à partir du XVIe siècle, l’invention des armes à feu et notamment des canons, rendit primitif et inutile ce type de défense. La plupart des châteaux furent pris, et détruits, surtout pendant la guerre de Trente Ans. C’est la fin des « Wasserburgen », et le début des « Wasserschlösser ».

Ce qu'ils sont devenus : les Wasserschlösser (ou châteaux entourés d'eau)[modifier | modifier le code]

Après la guerre de Trente Ans, la plupart des nobles décident d’acheter les terrains avec les « Wasserburgen » en ruine, et de les reconstruire pour en faire de véritables châteaux de plaisance et de vacances, où l’eau serait un élément essentiel de la décoration. Certains sont reconstruits selon les formes des anciens châteaux, en conservant parfois la tour. Certains deviennent de magnifiques palais grandioses, d’autres, de plus petits manoirs avec deux ou trois corps de bâtiments. L’art baroque se propage à ce moment-là, il influence les nobles, et se retrouve sur les grilles, les tableaux… Les nobles viennent dans leur demeures essentiellement durant l’été, car les châteaux sont très froids en hiver.

Aujourd’hui, les 3 000 châteaux se sont presque tous effondrés, sauf quelque 300 qui sont intégralement conservés. Certains sont devenus des musées et donc visitables. Des concerts et des festins traditionnels y sont parfois organisés. Ce sont aussi toujours des châteaux privés.

Quelques châteaux célèbres[modifier | modifier le code]

Le Kiepenkerl

Les traditions à Münster[modifier | modifier le code]

Une Grande roue au Send (2014)
Des visiteurs du Send (2006)

Le Kiepenkerl[modifier | modifier le code]

Der kiepenkerl, est en d'autres termes, le colporteur. Au temps où l'informatique et les médias étaient peu développés, les colporteurs, marchands amateurs, allaient de ville en ville, et racontaient à chacun ce qu'ils avaient entendus à leur arrêt précédent. Ils étaient très utiles aux habitants des régions isolées, c'est pourquoi Münster a érigé un monument en leur honneur : une statue de Kiepenkerl, personnage traditionnel dans la ville.

Le jambon de Westphalie[modifier | modifier le code]

Der Westfälische Himmel, veut dire le « ciel Westphalien » en français et se réfère à un produit local commercialisé sous le nom français de jambon de Westphalie. En Westphalie, on dit que le ciel « est rempli de jambons ». Or, on accrochait autrefois dans les maisons, les gros morceaux de jambons dans la hotte de la cheminée, qui occupait une place importante et centrale, pour les faire fumer. C'est donc cette cheminée, qui représente « le ciel rempli de jambons » et qui donne à toutes les vieilles maisons de Westphalie cette odeur si particulière du jambon fumé… En France, le jambon de Westphalie était assimilé autrefois au jambon de Mayence.

La bière brune[modifier | modifier le code]

À Münster l'«Altbier» (littéralement « la vieille bière ») est une bière traditionnelle faite de Korn. Elle était avant brassée dans de nombreuses brasseries, mais aujourd'hui il n'en reste plus qu'une où la bière est servie : Pinkus Müller.

Le Pumpernickel[modifier | modifier le code]

Le nom de ce pain noir, spécialité westphalienne vient d'un officier français, qui après en avoir mangé, avait déclaré «C'est bon pour Nickel», son cheval… d'où la traduction allemande Pumpernickel (Bon donna «pum» et Pour donna «per»). De ce pain, un humaniste néerlandais, Juste Lipse dit aussi, en 1586 : «Quand on a vu son aspect, ses couleurs, toutes ses formes, alors, on peut prétendre connaître tous les pains. » Cette explication est pour le moins étrange… Nickel ne signifiant pas grand-chose de bon ! Le nom du métal nickel provient de Kupfernickel désignant le « mauvais cuivre » ou « cuivre du diable » donc ce qui n'est pas du cuivre et que l'on rejetait autrefois dans les mines, avant d'avoir découvert les propriétés de ce métal. Il semble donc étonnant qu'un officier, français qui plus est, ait donné un tel nom à son cheval… et que ce nom se soit substitué au nom antérieur de ce pain, qui devait en toute logique exister.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Münster est jumelée depuis 1960 à la ville d'Orléans. Le serment de jumelage a été signé le 24 septembre 1960 dans la Salle de la Paix de l'Hôtel de Ville de Münster - là-même où en 1648 avait été signé le Traité de Westphalie - par Messieurs Bruno Peuss et Roger Secrétain, respectivement maires des deux cités. Ce serment a été renouvelé l'année suivante, en mai 1961, à l'occasion des Fêtes de Jeanne d'Arc, en l'Hôtel de Ville d'Orléans. Dès 1975, Münster et Orléans recevaient conjointement à Paris le prix "France-Allemagne", et en mai 1986 la Confrérie Karl Ruprecht de Münster attribuait à la ville d'Orléans la Coupe de la Paix (Pax Optima Rerum) pour les amités européennes entre les villes (cf. la plaquette "40 ans de jumelage Orléans-Münster, à la croisée des chemins, publiée en 2000 à l'occasion du 40e anniversaire par l'Association Franco-Allemande de Münster, avec le soutien du Service des Relations Extérieures de la Ville de Münster et du Bureau des Relations Extérieures, Jumelages et Action Européenne de la Ville d'Orléans). Pour le développement de ce jumelage et la richesse des actions communes entreprises par les deux Villes (parmi elles, depuis 1960, et sans interruption, un échange annuel de jeunes, organisé à présent — depuis 2001 — à Orléans par l'Association Franco-Allemande Orléans-Münster et à Münster par l'Orléans-team), on peut consulter dans le numéro de juin 2007 de la revue Documents l'article de Michel Richard, membre de la Société des Gens de Lettres, ancien directeur de Service au Sénat: "Obvervations à la jumelle, Orléans-Münster, un jumelage exemplaire".

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b D’après Claus Bernet, Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL)., vol. 21, Nordhausen,‎ 2003 (ISBN 3-88309-110-3, lire en ligne), « Jan Matthys », p. 912–916
  2. Les fameuses bombes incendiaires étaient des sortes de feux de Bengale éclairants, détournés de leur usage. Peu dangereux à l'unité, leur effet devenait redoutable en largage massif sur des constructions préalablement éventrées à l'explosif. Cette combinaison bombes explosives/torches incendiaires fut la méthode systématique pour les bombardements sur les villes allemandes à la fin de la guerre, avec des effets dévastateurs (Dresde (35 000 morts, Hambourg, 50 000 morts…) proche de ceux d'une attaque nucléaire

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]