Genévrier

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Le genre botanique des genévriers, également appelé poivre du pauvre, nom scientifique Juniperus, famille des Cupressacées, comporte un grand nombre d'espèces, des variétés « rigides » aux aiguilles piquantes et des variétés « souples » au feuillage en écailles.

D'origine américaine, asiatique, africaine et européenne, cet arbre atteint couramment 4 à 15 m de haut dans la nature, et même 25 à 30 m pour certaines espèces. Il supporte les sols pauvres, éventuellement très calcaires (il est souvent associé aux coteaux calcaires en France), sablonneux et secs, jusqu'à 4 500 m d'altitude.

Certaines espèces de genévrier peuvent vivre plus de 1 000 ans.

Origine du nom : du latin juniperus, lui-même étymologiquement peu clair. Une hypothèse le ferait venir du celte gen (« buisson »), et prus (« âcre »)[réf. nécessaire]. Selon une autre hypothèse[1] le nom se composerait des mots latins 'junior' (plus jeune) et 'parere' (apparaître) en référence au fait que deux générations de baies existent en même temps (les plus jeunes apparaissent avant que les baies mûres tombent).

Caractéristiques botaniques[modifier | modifier le code]

Le genre Juniperus est caractérisé par des cônes très particuliers, appelés « galbules », comportant des écailles plus ou moins complètement soudées entre elles. Beaucoup d'espèces sont dioïques, au printemps, les pieds mâles portent des petits cônes à l'aisselle des feuilles de l'année précédente. Les trois ovules, à l'aisselle des écailles supérieures du rameau, émettent une goutte micropylaire captant le pollen.

Les fleurs se présentent sous la forme de très petits chatons à l'aisselle de feuilles vers le milieu de jeunes rameaux.

Les feuilles caractérisent deux sortes de genévriers :

L'écorce est filandreuse grise brunâtre. Les branches partent dès le pied du tronc.

Les genévriers produisent des baies vertes (« galbules ») qui virent au bleu, au brun ou au noir à maturité.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Juniperus occidentalis var. australis.

Le genévrier était une plante appréciée des Grecs anciens et des Romains. Ces derniers utilisaient l'huile de cade, obtenue en chauffant le bois de genévrier : elle servait à la toilette des morts.

Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, le genévrier était utilisé comme panacée, ses fumigations étaient réputées désinfectantes (notamment utilisées dans les rues pour combattre les épidémies de peste et de choléra) et le « vin de genièvre » avait des vertus diurétiques.

Une légende prétend que celui qui croquera chaque jour une baie de genévrier sera épargné par la maladie[réf. nécessaire].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Dans l'alimentation[modifier | modifier le code]

Les tanins que les baies contiennent forment une épice appréciée par certains car elle facilite la digestion des gibiers et viandes grasses et relève la choucroute et le fumet de poisson.

Les baies entrent aussi dans la composition de l'alcool de genièvre, et dans celle du gin anglais et de l'aquavit.

En cuisine, les baies de genévrier écrasées entrent dans la composition des "rognons de veau à la liégeoise". Ajoutez également quelques baies lors de la cuisson de la choucroute, vous en affinerez ainsi le goût.

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

Seuls le genévrier commun (Juniperus communis) et le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) sont comestibles.

Les baies, les jeunes pousses mais surtout les cônes, préparées en infusion, ont des effets diurétiques, stomachiques et digestifs. Ils auraient été utilisés contre l'asthme.

Plus qu'un traitement des digestions très difficiles et des gaz intestinaux, les baies de genièvre sont ajoutées préventivement lors de la préparation des plats un peu lourds afin de faciliter leur digestion.

Un usage excessif du genévrier peut provoquer des troubles rénaux, de ce fait il ne doit pas être utilisé en cours de grossesse.

Ennemis[modifier | modifier le code]

Les papillons de nuit (hétérocères) suivants se nourrissent de genévrier :

Musée[modifier | modifier le code]

À Hasselt en Belgique, il est possible de visiter le Musée national du genièvre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le genévrier, de Nicolas Montès et Valérie Bertaudière-Montès, Actes Sud.
  • Mémoires d'un herboriste, de Didier Lanterborn, Équinoxe (ISBN 2-84135-423-7)
  • Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner, Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé (ISBN 2-603-00952-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Hüsstege G. (1976). Zakflora voor bos en heide. Helmond/Antwerpen: Uitgeverij Helmond/Standaard Uitgeverij (comme cité dans http://nl.wikipedia.org/wiki/Jeneverbes).
  2. Clé de détermination des conifères, SEVE de Nantes