Jouy-aux-Arches

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Jouy-aux-Arches
Vestiges de l'aqueduc romain enjambant les maisons de Jouy-aux-Arches.
Vestiges de l'aqueduc romain enjambant les maisons de Jouy-aux-Arches.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Metz-Campagne
Canton Ars-sur-Moselle
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Moselle
Maire
Mandat
Patrick Bolay
2014-2020
Code postal 57130
Code commune 57350
Démographie
Gentilé Gaudassiens
Population
municipale
1 554 hab. (2011)
Densité 259 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 03′ 44″ N 6° 04′ 44″ E / 49.0622222222, 6.0788888888949° 03′ 44″ Nord 6° 04′ 44″ Est / 49.0622222222, 6.07888888889  
Altitude Min. 165 m – Max. 314 m
Superficie 6,01 km2
Localisation

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Liens
Site web jouy-aux-arches.fr

Jouy-aux-Arches est une commune française située dans le département de la Moselle. Ses habitants sont appelés les Gaudassiens, suivant l'ancienne forme gallo-romaine du toponyme Gaudiacum. La commune est aussi appelée Gaudach en allemand en raison de ses deux annexions à l'empire allemand (1871-1918) et (1940-1944)

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte de la commune.

Transports[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Gaudiacum (745); Gaudiacum (770); Gaugiacum (795); Gaugegium (933); Gaudiacum super Mosellam (1096); Joey (1242); Joy (XVe siècle); Joiey (1404); Joi (1437); Joyeyum (1544); Goy (XVIIe siècle); Jouy aux Arches (1793); Gaudach (1915–18 & 1940–44).

Le nom du village appartient effectivement à la série des très nombreux Jouy du centre et du nord de la France. Il remonte à Gaudiacum, archétype toponymique gallo-roman basé sur le nom de personne de type chrétien Gaudius « le bienheureux » (cf. latin gaudium, gaudia > joie).

On peut ajouter à cette liste les formes dialectales : normanno-picard Gouy, centre-est Jouey, forme de l'ouest Joué, formes du sud Gaugeac, Gaujac, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières fouilles archéologique à Jouy-aux-Arches ont permis de découvrir que ce versant de la Moselle était habité dès la Préhistoire par les Médiomatriques, un peuple gaulois non-sédentaire. Jouy-aux-Arches était déjà convoitée par les Romains en raison de sa situation géographique. L'axe Lyon-Metz-Trèves (Lugdunum-Divodurum-Augusta Treverorum) fut un axe très fréquenté pour les liaisons marchandes de la Gaule inférieure au reste de l'Empire romain. Importante cité gallo-romaine (construction d'un aqueduc). Mentionné dans une charte de 745 sous le nom de « Gaudiacum ». Dépendit du comté de Bar, puis fut annexé au pays messin. On y trouve les familles messines : Baudoche, Raigecourt, Gournay, Heu. Point d'appui des Français contre Metz 1444. Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Jouy-aux-Arches, rebaptisée "Gaudach", est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918.

" Le duc de Suffolk, premier amant de Marie d'Angleterre, femme de Louis XII, et la plus belle personne de son temps, avait suivi cette princesse en France, où après la mort du Roi, il l'avait épousée secrètement. Retiré à Metz, en attendant que son mariage fût reconnu par Henry VIII, il y menait une vie aussi dissipée que galante. Il avait séduit la femme d'un orfèvre en Fournirue (rue de Metz), pour laquelle il avait acheté une maison de plaisance à Jouy. Le mari informé de cette intrigue, s'en plaignit à la justice; la femme s'enfuit de sa maison et se réfugia dans la rue de la Haute-Pierre, chez le duc qui refusa de la rendre. Il s'ensuivit une rixe où le duc pensa tuer l'orfèvre d'un coup de dague. Le peuple s'ameuta; le duc fut obligé de se retirer à Toul; l'orfèvre ne voulut plus rester dans une ville où il avait reçu tant d'affronts; la femme fut enfermée à la conciergerie, mais elle trouva moyen de s'évader et d'aller rejoindre son amant, déguisée en vendangeuse. Les nommés Maugenot, tailleur à Metz, Jean Xaillet, tailleur à Jouy, qui avaient favorisé leurs amours, furent bannis à perpétuité, par une sentence du mois d'octobre 1519." [1]

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Jouy-aux-Arches est de nouveau annexée de 1940 à 1944 au Troisième Reich allemand. Lors de cette seconde annexion, le 1er octobre 1940, la commune est rebaptisée "Gaudach", et intègre le "Landkreis Metz". Lors de l’offensive des troupes alliées, au cours de la bataille de Metz en 1944, Jouy-aux-Arches fut le théâtre de dramatiques combats. Les 6 et 7 septembre 1944, la VIIe division blindée et la Ve division d’infanterie de la IIIe armée américaine attaquent en force au sud de Metz, dans le secteur allant de Ancy-sur-Moselle à Arnaville sous le feu des forts Driant sur la rive ouest, Sommy et Saint-Blaise sur la rive est de la Moselle. Les lignes allemandes sont enfoncées dans le secteur de Mars-la-Tour jusqu’à Gravelotte et dans celui de Chambley jusqu’à la Moselle, de Dornot à Pagny-sur-Moselle. Des soldats de la 5e division d’infanterie de la IIIe armée américaine traversent la Moselle, brisant ainsi la résistance allemande dans le secteur de Dornot. Une fragile tête de pont est établie sur la rive est de la Moselle. Comprenant que les défenses de Metz peuvent non seulement être contournées par le sud, mais aussi prises à revers par l’est, le Generalleutnant Krause, commandant la 462e Infanterie-Division demande l’appui des panzers de la 17e division blindée. Le 37e SS Panzer-Grenadier-Regiment arrive en hâte de Boulay, entrant immédiatement dans le feu de l'action dans le secteur de Jouy-aux-Arches et Corny, face à la tête de pont américaine de Dornot. La contre-attaque est menée simultanément sur la rive ouest, depuis Ars-sur-Moselle par le bataillon Berg, formé avec les élèves SS de l'école des transmissions de Metz et intégré à la 462e Infanterie-Division. Les combats sont sans pitié et les troupes, tant américaines qu’allemandes, ne font pas de prisonniers. Le 7 septembre 1944, l'Oberst Kurt von Einem[2], chef état-major du XIIIe SS Armee Korps, reçoit l’ordre de tenir à tout prix les positions entre Thionville au nord, et Arry au sud de Metz. Dans le feu de l'action, la destruction de l'aqueduc romain est évoquée par le SS-Standartenführer Kemper, mais ne sera pas appliquée. Le 10 septembre 1944, après 3 jours de combats acharnés, et 945 tués, blessés ou disparus, les Américains sont finalement rejetés à Dornot sur la rive ouest. La victoire, chèrement payée par les troupes allemandes, sera de courte durée. Alors que la tête de pont est évacuée, les Américains reprennent pied sur la rive ouest de la Moselle, dans le secteur d’Arnaville[3]. La commune de Jouy-aux-Arches fut partiellement détruite au cours de ces combats.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Jouy-aux-Arches marquée par la typologie urbaine du village-rue connaît un important développement, notamment de par l'implantation de la Zone Actisud, immense pôle commercial au sud de Metz.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 mars 1995 Pierre Thill    
mars 1995 mars 2008 Gérard Nutz Sans étiquette  
mars 2008 en cours Patrick Bolay    

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 554 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
684 702 730 743 841 859 960 1 041 1 015
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
984 1 014 944 944 952 1 215 1 184 1 055 863
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
926 1 018 1 013 834 1 051 1 306 1 271 1 317 1 339
1990 1999 2006 2007 2011 - - - -
1 493 1 559 1 590 1 593 1 554 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aqueduc de Gorze à Metz.
Bassin collecteur de l'aqueduc gallo-romain.

Jouy-aux-Arches est traversé par un aqueduc gallo-romain construit à partir du IIe siècle. Il servait à alimenter en eau la ville de Metz. « Les bouillons de Gorze » est la source principale d'alimentation. Cette source est aménagée en bassin. Une conduite souterraine large d'environ 1 mètre et longue de 12,7 kilomètres, relie Gorze à une altitude de 206 mètres à Ars-sur-Moselle à une altitude de 197 mètres. Cette partie souterraine de l'ouvrage est visible sur la route départementale de Gorze à Novéant-sur-Moselle. L'aqueduc aérien long de 1,2 kilomètre enjambait la vallée et la Moselle. Au cours du temps, la rivière a emporté la majeure partie du pont-aqueduc. L'ouvrage qui surplombe la ville a été restauré. Les seize arches qui demeurent culminent à une hauteur de 26 mètres. Les piles mesurent 5 mètres à leur base. Cette portion aérienne se termine dans un bassin de 6 mètres de diamètre. À partir de Jouy-aux-Arches, les canalisations, à nouveau souterraines redescendaient vers Metz. Cet ouvrage a été classé monument historique dès les années 1970. Depuis 2005, des travaux de rénovation ont été réalisés avec les méthodes anciennes des Romains sur le versant est de la Moselle (Jouy-aux-Arches).

  • Village au dix châteaux[Quand ?] : Dugoua, Schleicher, Fousse, château des Juifs, Denis, Dessales, Rolin, couvent Saint-Joseph, villa Notre Dame, Antoin[6].
  • Découverte d'objets en bronze.
  • Maison forte XIIIe siècle : bâtiment rectangulaire en calcaire jaune, deux tours d'angle.
  • Ferme de Luzéraille ; vieilles demeures.

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-André XVIIIe siècle : vitraux d'Arthur Schouler.
  • Chapelle du couvent Notre-Dame.
  • Chapelle Saint-Joseph XXe siècle.

Personnalités liées à Jouy-aux-Arches[modifier | modifier le code]

  • Henri-Joseph Paixhans, un officier d'artillerie français, il y est décédé le 22 août 1854.
  • Marie-Auguste Flameng, peintre, né à Jouy-aux-Arches le 17 juillet 1843 (fut élève de Dubufe, de Mazerolle, de Delauney, de Puvis de Chavanne ; débuta au salon de 1870 ; reçu une médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1889)
  • Jean-François Johann (né en 1950), animateur radio français ;

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la ville et du pays de Gorze, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, par J.-B. NIMSGERN (1853). (p. 206)
  2. 'XIII. SS-Armeekorps, Chef des Generalstabes sur lexikon-der-wehrmacht.de
  3. René Caboz, La Bataille de Metz. 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, 1984 (p. 222 et suiv.)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. Abbé Keller.