Sphaigne
Sphagnum squarrosum
Sphagnum sp.
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Embranchement | Bryophyta |
| Sous-embr. | Musci |
| Classe | Sphagnopsida |
| Ordre | Sphagnales |
La sphaigne (nom latin botanique Sphagnum) est un genre de mousses bryophytes, le seul de la famille des Sphagnaceae. Elle regroupe environ 285 espèces à travers le monde et recouvre 1 % des terres émergées.
Les Sphagnaceae et les Ambuchananiaceae sont considérées comme les deux seules familles de l'ordre des Sphagnales par certains auteurs. Pour d'autres, les Sphagnaceae sont l'unique famille de l'ordre, les Ambuchananiaceae étant placées dans l'ordre des Ambuchananiales[1].
Sommaire |
Description [modifier]
Gamétophyte [modifier]
Chez Sphagnum, comme chez les autres bryophytes, le gamétophyte est le stade dominant. Au contraire du sporophyte, décrit ci-bas, le gamétophyte est persistant. À l'apex, que l'on nomme capitulum, on trouve le bourgeon apical, par lequel la sphaigne croit indéfiniment. Les capitula collés les uns aux autres forment la partie visible du tapis de mousse. Ils sont portés sur une tige feuillée. À la base, la tige meure, laissant de 10 à 40 cm de portion vivante prenant assise sur la tourbe, issue de la décomposition partielle du matériel végétal accumulé. Rappelons que les sphaignes sont des végétaux invasculaire, et que la tige ne présente pas de vaisseaux.
La tige porte des feuilles caulinaires et des rameaux disposés en faisceaux, qui portent à leur tour des feuilles raméales. Ces deux types de feuilles n'ont pas la même forme et servent largement à l'identification des espèces de sphaignes. Deux types de cellules forment les feuilles: les cellules chlorophylliennes, ou chlorocystes, et les cellules hyalines, ou hydrocystes. Ces dernières ne sont pas vivantes ; elles sont vides de contenu cellulaire et servent à contenir de l'eau. Leur paroi est souvent renforcée par des anneaux cellulosiques, appelés fibrilles, pour éviter leur déformation par l'eau.
Sporophyte [modifier]
Le sporophyte est une petite capsule rouge à brun-noir portée sur un pseudopode d'origine gamétophytique. La capsule est obturée par un opercule déhiscent. Quand la capsule arrive à maturité, elle se déshydrate et de sphérique, elle devient cylindrique. La pression interne de l'air peut monter jusqu'à 5 bars[réf. souhaitée]. La capsule expulse alors, avec une vitesse d'éjection comprise entre 10 et 30 m/s, 20 000 à 250 000 spores qui parviennent à atteindre plus de 10 centimètres[2] au-dessus du sol car elles s'organisent en un anneau tourbillonnaire. Cet anneau existe déjà pour le déplacement des méduses et des calmars, mais c'est la première fois qu'il est découvert chez des végétaux[3].
Écologie [modifier]
Les sphaignes forment des tapis plus ou moins denses, dans les milieux gorgés d'eau (tourbières à sphaignes). Elles n'ont pas de tissu conducteur ou de soutien (tels que xylème et phloème) ; leur port dressé est donc dû à la turgescence et au support découlant de leur densité. Ces bryophytes sont à l'origine de la formation de plusieurs types de tourbières par accumulation de leur matière organique. Les sphaignes ont une croissance indéterminée par leur extrémité apicale alors qu'elles meurent par leur base. Lorsque la production de biomasse végétale est supérieure à sa décomposition à la base, il y a accumulation de la matière organique. Les parties mortes, à la base des coussins, constituent la tourbe.
Les sphaignes s'allongent rapidement (environ 3 cm par an[réf. souhaitée]).
Une sphaigne peut stocker jusqu'à 90 % de son poids en eau.[réf. souhaitée]
Les sphaignes possèdent une grande capacité d'échange cationique, c'est-à-dire qu'elles sont efficaces pour absorber les sels minéraux présents dans le milieu (Ca+, Mg+, K+, Na+) par des échanges avec des protons H+. Ce phénomène leur permet l'absorption efficace des éléments nutritifs[4],[5]. En sécrétant des protons, la sphaignes abaissent le pH et contribuent à l'acidité des tourbières.
Utilisation "détournée" [modifier]
Les sphaignes sont parfois utilisées en lieu et place de la tourbe blonde pour fabriquer l'hypertufa.
La sphaigne est aussi utilisée pour la réalisation de structures végétales, toitures ou murs végétaux ainsi que pour la culture de plante carnivore. Des entreprises spécialisées[6] utilisent plus particulièrement la sphaigne du Chili, extraite sur l'île de Chiloé et possédant des propriétés intéressantes pour la culture des plantes à la verticale.
Liste d'espèces [modifier]
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
Sphagnaceae [modifier]
- Référence Flora of North America : Sphagnaceae (en)
- Référence Moss Flora of China : Sphagnaceae (en)
- Référence FloraBase (Australie-Occidentale) : classification Sphagnaceae (en)
- Référence Catalogue of Life : Sphagnaceae (en)
- Référence ITIS : Sphagnaceae (fr) ( (en))
- Référence NCBI : Sphagnaceae (en)
Sphagnum [modifier]
- Référence Flora of North America : Sphagnum (en)
- Référence Moss Flora of China : Sphagnum (en)
- Référence FloraBase (Australie-Occidentale) : classification Sphagnum (en)
- Référence ITIS : Sphagnum L. (fr) ( (en))
- Référence NCBI : Sphagnum (en)
Notes et références [modifier]
- Référence NCBI : Sphagnopsida (en)
- Phénomène rare pour une plante non vasculaire qui ne peut pousser suffisamment haut.
- (en) Dwight Whitaker, « Sphagnum moss disperses spores with vortex rings », Science, vol. 329, no 5990, 23 juillet 2010, p. 406 [texte intégral (page consultée le 1er août 2010)]
- (en) R.S. Clymo, « Ion exchange in Sphagnum and its relation to bog ecology », Annals of Botany, vol. 27, 1963, p. 309-324 [texte intégral (page consultée le 13 décembre 2012)]
- (en) J.M. Glime, R.G. Wetzel et B.J. Kennedy, « The effects of bryophyte on succession from alkaline marsh to Sphagnum bog », American Midland Naturalist, vol. 108, octobre 1982, p. 209-223 [texte intégral (page consultée le 13 décembre 2012)]
- comme Vertikaldesignou Cerise