Maréchal-ferrant

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Maréchal-ferrant
Image illustrative de l'article Maréchal-ferrant
Un maréchal-ferrant au travail

Secteur d'activité Artisanat
Code ROME (France) A1502

Le maréchal-ferrant est un artisan dont le métier consiste à ferrer les pieds des chevaux et autres équidés et à s'occuper de leur parage. Le ferrage des bovins de trait est aujourd'hui rarement pratiqué. C'est un métier vieux de plus de 3000 ans. Il existe environ 1600 maréchaux-ferrants en France[1].

Le terme de « maréchal » provient de l'ancien français Marhskalk[réf. nécessaire], qui désignait un domestique qui soignait les chevaux. Le mot a ensuite pris deux sens différents, désignant l'artisan chargé de ferrer les chevaux ainsi que l'officier préposé aux soins des chevaux. Le mot « maréchal-ferrant » a été créé pour distinguer ces deux métiers.

Qualités requises[modifier | modifier le code]

Un maréchal-ferrant au travail (2006).

Pour être un bon maréchal ferrant,

  • Il faut connaître l'anatomie particulière du cheval, de ses membres et de ses pieds, les "défauts d'aplomb", ainsi que les différentes causes de boiteries et apprendre comment parer le pied, ou sabot.
  • Il faut apprendre à forger, car si les maréchaux ferrants ne forgent que rarement les fers qu'ils utilisent, il faut toujours "tourner", ou ajuster les fers à la forme des pieds du cheval. En orthopédie, il est fréquent de devoir fabriquer des fers que la pathologie exige et qui ne se trouvent pas forcément dans le commerce et/ou qui ne sont pas sous la main lorsque le maréchal en a besoin.
  • Il faut être patient et attentif afin de pouvoir manipuler les chevaux. Le maréchal ferrant est souvent connu pour sa capacité à se faire respecter des chevaux.
  • Avoir une bonne condition physique car le métier réclame une bonne résistance physique pour tenir les pieds et travailler pendant de longs moments en position genoux fléchis et dos courbé.
  • Et il faut aussi admettre que tous les chevaux ne sont pas forcément coopératifs, et que cela ajoute encore à la pénibilité du métier, réputé « physique ».
  • Enfin, il faut être disponible, car de même que les vétérinaires, les maréchaux ferrants sont parfois appelés pour des cas d'urgences, tels que des fourbures ou des abcès, qui requièrent des interventions rapides.

Ce métier exige des connaissances, une bonne habileté manuelle, de l'observation, de la réflexion et une grande disponibilité.

Exercice du métier[modifier | modifier le code]

After Culloden - Rebel Hunting, tableau de John Seymour Lucas représentant un atelier de maréchal-ferrant (1884).
Jeton de la corporation française des maréchaux-ferrants et éperonniers (1783).

Autrefois, le propriétaire d'un cheval le menait au maréchal-ferrant. De nos jours, ce dernier se déplace sur le lieu du travail à accomplir et dispose de tous les outils nécessaires dans une camionnette : fers, four à gaz, seaux, licols, tabliers, marteaux et autres outils… De nos jours, le maréchal-ferrant ne forge plus lui-même les fers à cheval à l'exception notable de ceux de la Garde républicaine.

Un maréchal-ferrant peut exercer en tant que salarié ou en tant qu'artisan indépendant. Il gagne généralement bien sa vie mais à condition de ne pas compter ses heures et son effort. Le métier est réputé usant avec le temps à cause de la position inconfortable qu'il impose. Par conséquent, la plupart des maréchaux-ferrants se reconvertissent après une vingtaine d'années de métier[2].

Articles détaillés : Ferrage (cheval) et Parage (cheval).

Formation[modifier | modifier le code]

En France, jusqu'en 1997, aucun diplôme n'était requis pour l'exercice du métier. Ce n'est plus le cas aujourd’hui, il faut au moins le CAPA ou le BEPA activités hippiques, option maréchalerie. L'École nationale professionnelle du Haras du Pin dans l'Orne le délivre. Cette dernière permet aussi d'acquérir une formation complémentaire en orthopédie et chirurgie du pied, ouvrant accès à une profession recherchée. La formation initiale au CAPA peut aussi se dérouler chez un maître artisan.

Le métier de maréchal-ferrant est de nouveau en essor pour accompagner l'augmentation du nombre de chevaux [contexte nécessaire].

Outils[modifier | modifier le code]

Mailloche, dégorgeoir, brochoir, tricoise, rape demi ronde, rénette, rape plate.
  • les affiloirs et affûtoirs servent à maintenir le tranchant des outils. Certains maréchaux utilisent aussi une pierre à eau.
  • le boutoir est un instrument destiné à parer la corne, bien qu'il ne soit plus guère utilisé aujourd'hui, remplacé par le rogne pied.
  • le brochoir est un marteau qui sert à brocher les clous.
  • le compas de pied sert à mesurer précisément les angles de la corne en ferrure orthopédique.
  • le dégorgeoir sert à créer une logette dans la paroi du pied pour y enfouir le rivet
  • le dérivoir est un instrument destiné à redresser les rivets des clous, afin d'enlever le fer.
  • l'enclume sert à marteler les fers et à leur donner la tournure.
  • la forge, autrefois au charbon, maintenant au gaz, sert à chauffer les fers pour les tourner c’est-à-dire les adapter à la forme du pied.
  • la mailloche est un marteau léger, souvent à tête nylon, destiné à parer le pied.
  • le marteau à étamper sert à rajouter un trou (étampure) au fer.
  • la pince à parer est une pince aiguisée, servant à couper la corne.
  • la pince à river est une pince destinée à recourber l'extrémité des clous (river).
  • la pince à sonder sert à tester la sensibilité du pied et à détecter des hématomes (bleimes) ou des abcès.
  • la râpe sert au travail de finition du parage.
  • la rénette est un instrument à lame courbe destiné à dégager les fourchettes.
  • le rogne pied est une lame droite aiguisée destinée à parer la corne.
  • le tablier de cuir protège les jambes du maréchal.
  • la tenaille de forge est une tenaille à bouts aplatis servant à manipuler les fers brûlants.
  • la tricoise est une sorte de tenaille destinée à couper les clous et est parfois utilisée dans l'étape du brochage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucier Mercier, « Maréchalerie le "savoir-fer" » dans Sports équestres, n° 21 (décembre 2007)
  2. Lucier Mercier, « L'âge du fer » dans Sports équestres, décembre 2007 (n° 21)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]