Lemberg (Moselle)

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Lemberg
L'ancienne cristallerie, actuel centre d'art verrier.
L'ancienne cristallerie, actuel centre d'art verrier.
Blason de Lemberg
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarreguemines
Canton Bitche
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Bitche
Maire
Mandat
Fernand Henrich
2008 - 2014
Code postal 57620
Code commune 57390
Démographie
Population
municipale
1 493 hab. (2011)
Densité 136 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 18″ N 7° 22′ 48″ E / 49.005, 7.38 ()49° 00′ 18″ Nord 7° 22′ 48″ Est / 49.005, 7.38 ()  
Altitude Min. 251 m – Max. 427 m
Superficie 10,94 km2
Localisation

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Lemberg est une commune française située dans le département de la Moselle. Le village fait partie du Pays de Bitche, du Parc naturel régional des Vosges du Nord et du bassin de vie de la Moselle-est.

Les habitants de la commune sont appelés Lembergeois et Lembergeoises, avec une prononciation à la française.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village se situe dans le Pays de Bitche, sur la frange occidentale du pays couvert, en plein cœur des Vosges du Nord. C'est donc le grès des Vosges qui constitue pour l'essentiel le sol communal, qui subit un climat continental. L'altitude du village, qui s'est développé sur le plateau, fait de sa gare la plus haute de Moselle avec plus de 400 mètres de hauteur.

Deux ruisseaux prennent leur source dans sur le territoire de la commune. Il s'agit de la Schwalb et du Moderbach. Il existe également de nombreuses autres sources qui se regroupent dans les cours d'eau de la commune et remplissent ainsi les étangs du fond de la vallée. Situé dans un écrin de verdure, la principale richesse du village est naturelle. Le Club vosgien fait un travail considérable pour entretenir et baliser les chemins. Il permet aussi à tous de découvrir ces richesses naturelles à pied, à cheval ou encore à vélo.

Une ville du même nom se trouve a environ 40 km en Allemagne à égale distance de la frontière.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • 1302/1312: Leymberg, 1544: Leimberg, 1572: Lembourg & Lamberg, 1594: Lohemberg, 1793: Lemberg, An IX: Limberg.
  • Lembärsch en francique lorrain[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue du village

Lemberg témoigne d'un présence humaine depuis la préhistoire. On retrouve en effet au Kirscheidt et au Schlossberg plusieurs vestiges tels que des pierres polies et des polissoirs datant du néolithique. Plusieurs autres civilisations se succèdent sur les terres de la commune. La période gallo-romaine laisse des traces par le biais de sculptures que l'on peut apercevoir aujourd'hui encore dans les forêts. La déesse de la Bildmühl, le rocher des Trois Figures ou la source Saint-Hubert datent de cette époque. Sur le Schlossberg, au nord du village, s'élevait le premier château de Bitche, ou Alt-Bitsch, mentionné sous la forme Bytis castrum en 1172 et qui donnera son nom à la seigneurie puis à la ville de Bitche. Le comte Eberhard de Zweibrücken, décédé en 1321, crée, dit-on, le second château de Bitche sur le rocher actuel de la ville de Bitche.

Le village est mentionné en 1302 sous la forme Leymberg. Lemberg était autrefois composé de deux villages : Unteres Dorf et Hohe First (ou Oberes Dorf), aujourd'hui fusionnés. On parle d'ailleurs toujours du quartier de la Hohfurst, correspondant à la partie haute du village. Ces deux villages font alors partie de la seigneurie de Bitche et de la commune de Bining. Il est d'ailleurs à noter que Lemberg a longtemps possédé comme écart le village de Münzthal, futur village de Saint-Louis-lès-Bitche.

Vues du village

Comme c'est le cas de l'ensemble de l'Alsace-Lorraine, la population de Lemberg change plusieurs fois de nationalité entre 1870 et 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune est évacuée le 24 mai 1940 dans le canton de Phalsbourg à Mittelbronn, Zilling, Sarrebourg, Morhange et Diemeringen. Le 23 juin de la même année, le village revient à l'heure allemande. La population regagne la commune alors que les premiers soldats allemands traversent le village. L'enseignement se fait désormais en allemand et le service militaire devient obligatoire le 29 août 1942. Les hommes du village seront enrôlés dans l'armée allemande et deviendront ceux que l'Histoire appellera les Malgré-nous.

La bataille de Lemberg, en décembre 1944, tente de libérer le village alors que l'armée américaine atteint Bitche à la fin du mois de décembre 1944 et que l'opération Nordwind, menée par l'armée allemande, faillit mettre en déroute les Alliés. Le village est bombardé du 5 décembre 1944 au 15 avril 1945 et la population vit dans les caves. Une nouvelle évacuation est donc mise à exécution le 8 février 1945 et le 15 mars 1945, la population peut enfin regagner le village. À l'issue de la guerre, vingt-huit Malgré-nous ne reviennent jamais vivants au village. De nombreux autres villageois perdent la vie dans les bombardements ou à cause des armes et des munitions laissées par les soldats.

Cultes[modifier | modifier le code]

Du point de vue spirituel, le village est succursale de la paroisse de Siersthal jusqu'en 1802 avant d'être érigé en paroisse de l'archiprêtré de Bitche. Le village de Saint-Louis, ancienne annexe de celui de Lemberg, est une succursale de la paroisse de Lemberg jusqu'en 1846.

L'église, dédiée à saint Maurice, fêté le 22 septembre, est reconstruite presque à neuf et bénie le 21 octobre 1822, en remplacement d'une chapelle mentionnée au XVIIIe siècle. Elle est agrandie en 1877 comme nous l'indique la date portée par la tour-clocher, au-dessus du cadran de l'horloge.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 mars 1995 Joseph Grebil    
mars 1995   Fernand Henrich    
Les données manquantes sont à compléter.

Du point de vue administratif, la commune est de 1792 à 1802 le chef-lieu d'un éphémère canton, avant de passer dans celui de Bitche.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 493 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
1 429 1 519 1 467 2 020 2 562 2 599 1 954 1 952 1 716
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
1 627 1 514 1 599 1 641 1 665 1 665 1 689 1 703 1 501
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 551 1 527 1 544 1 347 1 451 1 608 1 657 1 608 1 544
1990 1999 2005 2006 2010 2011 - - -
1 596 1 464 1 523 1 529 1 516 1 493 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


L'importance de la population qui compte 1 799 habitants en 1817 en comprenant celle de Saint-Louis, 1 888 en 1851 et encore 1 544 au recensement de 1982, s'explique en partie par la proximité des verreries de Goetzenbruck et surtout de Saint-Louis qui, au début du XIXe siècle, occupe 310 ouvriers originaires de Lemberg, en partie aussi par l'implantation récente d'activités artisanales et industrielles sur le site de la commune.

Avant 1845 le village de Saint-Louis appartenait à la commune de Lemberg.

Économie dans le Pays du Cristal[modifier | modifier le code]

Vue du village

Situé à proximité de Bitche, cité fortifiée par Vauban, Lemberg constitue l'un des berceaux du Pays du Verre et du Cristal.

Alors que monsieur Theodore Heitzmann, boulanger pour la cristallerie de Saint-Louis vient de perdre une grande partie de son chiffre d'affaires à la suite de la création d'une boulangerie propre à l'usine, il déclare que si Saint-Louis sait faire du pain, il saurait faire du cristal. C'est ainsi qu'est créée au cours de la première moitié du XXe siècle par Theodore Heitzmann, en marge de sa grande voisine de Saint-Louis-lès-Bitche, la Cristallerie Lorraine, qui fonctionne pendant plusieurs décennies. Elle a aujourd'hui fermé ses portes mais le passé verrier de la commune demeure très fort. De nombreux artisans locaux travaillent encore le cristal.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Outre sa très belle église, l'église Saint-Maurice, c'est en parcourant les forêts de la commune que l'on peut trouver les principaux monuments du village :

Vue du village
  • Les trois grottes de Lemberg, sises à l'est / sud-est de la commune : Hasslingerfels, Chorfels et Krippenfels.
  • Le circuit archéologique balisé par le Club Vosgien (balisé par un triangle rouge) présentant rochers sculptés et grottes.
  • Le Pompöserbronn ou source Saint-Hubert.
  • Les rochers du Dreibirrefels, datant du Ve siècle, et du Bilderfels, un relief gallo-romain d'une divinité des sources.
  • La tombe russe qui date du XIXe siècle.
  • Une vingtaine de croix et de calvaires antérieurs aux années 1875 se dressent aujourd'hui encore sur le ban du village. Au cimetière, le seul monument ancien conservé est le tombeau de la famille Neiter-Hensgen, daté 1833. Des symboles macabres tels qu'une tête de mort, des tibias croisés, un saule pleureur, des cierges brisés et un sablier, les patrons des défunts, des symboles religieux comme les cinq plaies du Christ, une providence et un cœur enflammé rayonnants ainsi qu'une couronne d'épines occupent tout l'espace disponible des deux faces.
  • Le Domino’s Bar, ancien café du cinéma paroissial de Lemberg est un bar associatif ayant ouvert ses portes en 1987. C’est en effet cette année-là que le Foyer Pour Tous de Lemberg décida de signer un bail avec la commune (propriétaire des lieux) afin de rénover ce lieu et d’en faire un bar culturel. Les intentions des bénévoles ayant œuvré pour l’ouverture de ce bar étaient de faire un lieu de consommation différent où chacun pourrait y nourrir son esprit. Une ancienne salle de spectacle (aujourd’hui fermée) jouxte ce bar. Durant une douzaine d’années, les concerts organisés par le Domino’s Rock Production (une section du Foyer Pour Tous de Lemberg) y connaissaient un véritable succès. Cette salle a notamment accueilli la Mano Negra ou Little Bob. Elle a malheureusement fermé ses portes en 1994. Aujourd’hui, ce bar associatif est avant tout un lieu de rencontre, d’échange, de convivialité, de réunion, de débat et d’expression artistique.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Les armoiries de la commune sont d'azur au cerf d'or buvant dans les flots d'argent, au chef de gueules chargé d'un vase de cristal au naturel.

Le blason s'inspire du bas-relief gallo-romain, principale curiosité du village. Le vase évoque l'industrie de la cristallerie, qui fait la prospérité de la localité.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Étienne et Philippe Oberhauser, Lemberg, son histoire, son patrimoine, ses enfants, E. et P. Oberhauser, 1999.
  • Joël Beck, Les moulins et scieries du Pays de Bitche, 1999.
  • Joël Beck, Le Pays de Bitche 1900-1939, 2005.
  • Christiane Heinrich, La Cristallerie Lorraine : Lemberg, 1925-1997, 2000 (Lemberg, impr. Neiter)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Geoplatt
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011