Stanislas Leszczynski

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Stanislas Ier
Portrait de Stanislas Leczinski par Jean Girardet.
Portrait de Stanislas Leczinski par Jean Girardet.
Titre
Duc de Lorraine et de Bar
9 juillet 173723 février 1766
(28 ans, 7 mois et 14 jours)
Prédécesseur François III
Successeur Annexion des Duchés de Bar et de Lorraine par la France
Roi de Pologne et grand-duc de Lituanie
1er septembre 17048 juillet 1709
(4 ans, 10 mois et 7 jours)
Prédécesseur Auguste II
Successeur Auguste II
Biographie
Dynastie Leszczyński
Nom de naissance Stanisław Leszczyński
Date de naissance 20 octobre 1677
Lieu de naissance Lwów (Pologne)
Date de décès 23 février 1766 (à 88 ans)
Lieu de décès Lunéville (France)
Père Rafał Leszczyński
Mère Anna Jabłonowska
Conjoint Catherine Opalińska
Enfant(s) Anne Leszczynska
Marie Leszczinska

Stanislas Leszczynski Stanislas Leszczynski
Monarques de Pologne
Monarques de Lituanie
Monarques de Lorraine

Stanislas Leszczynski ou Leczinski[1] (prononcé [lɛɡzɛ̃ski]), en polonais, Stanisław Leszczyński, dit « Stanislas le Bienfaisant », né en Pologne le 20 octobre 1677 à Lwów (actuelle Lviv, en Ukraine) et mort le 23 février 1766 à Lunéville, est un aristocrate polonais, roi de Pologne de 1704 à 1709 sous le nom de Stanislas Ier (Stanisław I) et simultanément Grand-duc de Lituanie dans le cadre de la République des Deux Nations, beau-père de Louis XV (1725), duc de Lorraine et de Bar de 1737 à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issu d'une grande famille originaire du duché de Bohême, installée en Pologne depuis le Xe siècle, Stanislas Leszczyński, héritier du palatinat de Grande-Pologne, reçoit une éducation soignée : formé à la littérature et aux sciences, il parle et écrit le polonais, l'allemand, l'italien, le français et le latin. Il complète sa formations en faisant le tour des grandes capitales européennes (Vienne, Rome, Paris...).

À vingt et un ans, il épouse Catherine Opalińska, fille d'un magnat polonais. De ce mariage naissent deux filles :

Grandeurs et misères du trône de Pologne[modifier | modifier le code]

En 1697, la diète de Pologne élit le prince électeur de Saxe Frédéric-Auguste Ier, roi de Pologne sous le nom d'Auguste II. La même année voit l'avènement de Charles XII de Suède, âgé de 15 ans.

Le tsar Pierre Ier de Russie et le roi Auguste II de Pologne déclarent la guerre à la Suède, alors première puissance d'Europe du Nord. Mais Charles XII réagit avec énergie. Montrant son génie militaire, il repousse les Russes et envahit la Pologne ; il fait élire Stanislas le 12 juillet 1704.

Mais Charles XII est battu par le tsar en 1709 à Poltava et emprisonné à Bender en Bessarabie (aujourd'hui Tighina en Moldavie), possession ottomane. Stanislas est chassé du trône de Pologne et rejoint chevaleresquement son protecteur.

L'exil[modifier | modifier le code]

En 1714, Charles XII lui confère la jouissance de sa principauté de Deux-Ponts (Zweibrücken), à la frontière de la Lorraine. Stanislas peut y cultiver la musique et les arts, la philosophie et les sciences dans le palais baroque « aux allures orientales » qu’il fait construire et qu'il baptise « Tschifflick » ("maison de plaisance" en turc), en souvenir de son séjour à Bender. Lors de son séjour dans la principauté, il perd sa fille aînée Anne.

À la mort de Charles XII, en 1718, Stanislas et sa famille trouvent refuge auprès du duc Léopold Ier de Lorraine, beau-frère du régent, puis (mars 1719) après la médiation réussie du baron Stanislas-Constantin de Meszek, à Wissembourg, en Alsace, sur des terres du roi de France.

Il loge d'abord au château Saint-Rémi puis dans un hôtel plus spacieux mis à sa disposition par le bailli de Weber qui le tenait de son beau-père, le receveur de l'ordre teutonique Jaeger (aujourd'hui maison de retraite). La famille vit de manière modeste, grâce à une pension de 1 000 livres par semaine octroyée par le Régent. Stanislas s'y ennuie ferme, entouré d'un cercle de courtisans de plus en plus réduit. Son entourage domestique se partage honneurs et titres de cour, désormais vides, et ne cesse pourtant de se chamailler pour des questions de préséances.

C'est par un hasard étonnant que le mariage de Louis XV avec sa fille chérie Marie Leszczyńska sort la famille de son triste exil et propulse l'ancien roi déchu Stanislas sur la scène européenne.

Un mariage royal[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, en France, à la mort du Régent, Philippe d'Orléans, le 2 décembre 1723, le duc de Bourbon (Monsieur le Duc) obtint de Louis XV la charge de Premier ministre. Le Régent avait prévu que Louis XV, qui allait sur ses treize ans, épousât une infante d'Espagne, alors âgée de six ans. Cette perspective lointaine inquiétait fort le duc de Bourbon car, si Louis XV venait à disparaître avant de s'être marié et d'avoir engendré un héritier mâle, la couronne reviendrait au fils du Régent, le jeune duc d'Orléans. En effet, Louis XV avait toujours été de santé fragile. Nombreux étaient ceux - notamment parmi les politiques et les diplomates - qui pensaient qu'il n'atteindrait pas l'âge adulte. À sa mort, son cousin, le jeune duc d'Orléans devrait lui succéder. Le duc de Bourbon, membre d'une branche cadette rivale des Orléans, prince du sang et premier ministre, ne voulait pas perdre le pouvoir. Il existait en effet, entre les branches d'Orléans et de Condé de la maison de Bourbon, une opposition apparemment irréductible. Monsieur le Duc, devenu Premier ministre, eut donc une obsession : marier le Roi et lui faire faire des enfants le plus vite possible. Un malaise dont fut pris le roi en février 1725 le convainquit de précipiter le mouvement : l'infante d'Espagne fut renvoyée à Madrid et un Conseil, tenu le 31 mars 1725, examina les différents partis possibles pour la remplacer. Poussé par sa maîtresse, l'ambitieuse marquise de Prie, il n'hésita à provoquer l'ire de la cour d'Espagne et, parjurant la parole de la France, rompit les fiançailles afin de chercher à marier le roi adolescent à une princesse pouvant lui assurer au plus tôt une descendance.

Statue de Stanislas Leszczyński, place Stanislas, à Nancy.

Après avoir éliminé les princesses trop âgées ou trop jeunes ou celles qui étaient liées aux Orléans (comme les filles de Léopold Ier de Lorraine), celles qui n'étaient pas d'assez haute extraction (comme la fille de Stanislas), et celles qui n'étaient pas catholiques (orthodoxes comme la fille du tsar, calvinistes ou luthériennes comme nombre de princesses allemandes), il ne resta aucune candidate.

Le duc de Bourbon tenta de proposer une de ses sœurs mais la manœuvre, trop grossière, ne fit pas long feu.

On "repêcha" alors la princesse Marie, fille de Stanislas, roi détrôné de Pologne, déjà âgée de 22 ans. Le premier ministre ainsi que sa maîtresse, la marquise de Prie, espéraient en retour une reconnaissance éternelle qui leur assurerait la conservation du pouvoir.

Monsieur le Duc, qui était veuf depuis 1720 et sans postérité, avait envisagé d'épouser lui-même la princesse polonaise et avait fait un certain nombre d'avances en ce sens.

Lorsque lui fut dépêché, en février 1725, le peintre Pierre Gobert pour faire le portrait de la princesse Marie, Stanislas fut persuadé que ce projet prenait forme. Aussi, quelle ne fut pas sa stupéfaction lorsque, le 2 avril, lundi de Pâques, un courrier lui apporta un pli, cacheté du sceau du duc de Bourbon, qui lui demandait sa fille en mariage au nom de Louis XV !

Marie Leszczyńska accepta immédiatement la proposition qui lui était faite.

Le 27 mai, à son petit lever, Louis XV fit l'annonce officielle du mariage.

Le 4 juillet, la famille vint s'installer à Strasbourg où, le 15 août, le mariage fut célébré par procuration dans la cathédrale par le cardinal de Rohan, grand aumônier de France et évêque du diocèse.

Stanislas et sa femme quittèrent Strasbourg le 22 septembre et arrivèrent le 16 octobre au château de Bourron, près de Fontainebleau, où ils retrouvèrent leur fille.

Le lendemain, Louis XV vint leur rendre visite pour la première fois.

Stanislas rendit cette visite le 17 à Fontainebleau et, le 19, il partit pour Chambord où il avait été décidé qu'il s'établirait, plutôt qu'à Saint-Germain-en-Laye. Il y résida jusqu'en 1733, venant incognito, chaque automne rendre visite à sa fille. Il s'y adonne à la chasse tout en méditant des projets de bibliothèque d'étude et d'académie qu'il mettra en application une fois devenu duc de Lorraine. Il eut aussi à son service le compositeur parisien Louis Homet (alors en place à Orléans, ville située à une quarantaine de kilomètres de Chambord).

Les relations de Stanislas avec Louis XV furent généralement assez froides. En la présence de son beau-père, Louis XV ressentait probablement assez durement qu'il n'avait pas épousé la fille d'une des premières familles d'Europe. Néanmoins, Stanislas était cultivé, spirituel, et s'intéressait aux sciences et aux techniques, ce qui fournissait un sujet d'intérêt commun.

Le 1er novembre 1749, le Roi de Pologne et Duc de Lorraine et Madame Infante tiennent sur les fonts baptismaux la fille du Comte de Bragelone[2].

La restauration manquée et la guerre de Succession de Pologne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession de Pologne.

La mort d'Auguste II, roi de Pologne, survenue le 1er février 1733, ouvrit une crise de succession. L'empereur romain germanique Charles VI et la tsarine Anne se prononcèrent en faveur de l'électeur de Saxe, Auguste III, fils du roi défunt, tandis qu'en France, mais aussi en Pologne, un important parti militait pour la restauration de Stanislas. Le cardinal Fleury, qui n'avait guère de sympathie pour cet hôte coûteux qui ne rapportait rien au trésor, le laissa partir secrètement pour la Pologne pendant qu'un sosie prenait ostensiblement la mer à Brest sur un navire français. Le 8 septembre 1733, Stanislas arriva à Varsovie et fut reconnu roi de Pologne et grand-duc de Lituanie par la diète dès le 12 septembre.

Les adversaires de Stanislas avaient déjà commencé à prendre les armes.

Dès son élection, la Russie envoya des troupes et, dès le 22 septembre, Stanislas dut se réfugier dans Dantzig (Gdańsk) pour y attendre de l'aide, pendant que le 5 octobre, Auguste III était proclamé roi à Varsovie sous la protection des armées russes.

Le 10 octobre, Louis XV, ne pouvant s'en prendre à la Russie, difficile à atteindre, déclara la guerre à son allié, l'Empereur Charles VI. Ce fut le début de la Guerre de Succession de Pologne.

Pour éviter de s'aliéner les puissances neutres, le cardinal de Fleury se garda bien d'envoyer des renforts à Stanislas, qui était assiégé dans Dantzig par les troupes russes à partir de février 1734 et soumis à un incessant pilonnage d'artillerie. Pour sauver les apparences, il se borna à dépêcher quelques bateaux portant environ 2 000 hommes qui se firent tailler en pièces au large de Dantzig à la fin mai. Stanislas, dont la tête avait été mise à prix, dut s'évader sous un déguisement le 27 juin aidé par un espion de Louis XV, le chevalier de Béla, et, après diverses aventures, trouva refuge, le 3 juillet, en Prusse, où Frédéric-Guillaume Ier l'accueillit au château de Königsberg. Il s'y lia d’amitié avec le prince héritier Frédéric, qui deviendra Frédéric II de Prusse (1740), avec lequel il entretint une abondante correspondance.

Duc de Lorraine et de Bar[modifier | modifier le code]

Portait de Stanislas Leszczynski par Jean-Baptiste van Loo, Château de Versailles

Charles VI se trouvant dans une situation militaire délicate offrit à Louis XV de négocier un traité de paix. Le cardinal de Fleury y vit l'opportunité de mettre enfin la main sur les duchés de Lorraine et de Bar qui, quoique pris en tenaille par les possessions françaises (trois évêchés : Toul, Verdun, Metz, route d'Alsace), gênaient les communications entre Paris et l'Alsace, le duc de Lorraine et de Bar étant ouvertement favorable à l'Empereur dont il devait épouser la fille aînée et héritière, Marie-Thérèse d'Autriche.

Après des négociations difficiles, le duc de Lorraine refusant d'abandonner ses sujets et son patrimoine, il fut convenu le 3 octobre 1735, dans un accord appelé « les Préliminaires de Vienne », que Stanislas recevrait en viager les duchés de Lorraine et de Bar qui reviendraient à la France à sa mort, le duc de Lorraine François III (futur Empereur François Ier) recevant à titre de compensation le grand-duché de Toscane au décès du grand-duc régnant. François III, réticent mais contraint par l'Empereur, signa le 24 septembre 1736 l'acte de cession du duché de Bar mais attendit jusqu'au 13 février 1737 pour renoncer au duché de Lorraine.

Entre-temps, le 5 mai 1736, Stanislas avait quitté Königsberg pour s'installer le 4 juin au château de Meudon.

Après avoir abdiqué officiellement le trône de Pologne, le 30 septembre, il fut contraint par les ministres de Louis XV, de signer une déclaration secrète, appelée « déclaration de Meudon », par laquelle il déclarait ne pas vouloir se « charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duchés de Bar et de Lorraine » Stanislas s'en remettait au roi de France, qui entrait en possession des duchés « dès maintenant et pour toujours ».

En compensation, Stanislas recevait une rente annuelle de 1 500 000 livres, qui serait portée à 2 millions au décès du grand-duc de Toscane. Stanislas s'engageait à nommer « un intendant de justice, police et finances ... ou autre personne sous tel titre et dénomination qu'il sera jugé à propos, lequel sera choisi de concert avec S.M. Très-Chrétienne. Ledit intendant ou autre exercera en notre nom le même pouvoir et les mêmes fonctions que les intendants de province exercent en France. » Stanislas agréa, avec le titre de chancelier, le 18 janvier 1737, le beau-frère du contrôleur général Orry, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, qui avait été proposé par le cardinal de Fleury. Celui-ci prit possession au nom de Stanislas, le 8 février 1737 du duché de Bar et le 21 mars de celui de Lorraine.

Stanislas fut fraîchement accueilli par la population lorraine, très attachée à la famille ducale et son intendant Chaumont de la Galaizière fut unanimement haï et demeure un personnage à l'image noire dans la mémoire des Lorrains.

Le 30 mars à Versailles, Stanislas et sa femme prirent congé de Louis XV, et le roi vint leur rendre visite le lendemain.

Le 1er avril, Stanislas partit pour la Lorraine et arriva dès le 3 avril à Lunéville que la duchesse douairière (sœur du défunt régent) et ses filles, (que le duc de Bourbon avait dédaignées), venaient de quitter pour Commercy dont elle recevait la souveraineté en viager.

Stanislas dut loger chez le prince de Craon, puisque François III était parti avec l'ameublement de ses châteaux et que Louis XV n'avait pas pris soin de pourvoir son beau-père.

La reine Catherine le rejoignit le 13.

Le 25 mai et le 1er juin, Stanislas promulgua les édits créant son Conseil d'État et son Conseil des Finances et Commerce, sur des bases étroitement dérivées du système en vigueur en France : il s'agissait, surtout, d'accoutumer les Lorrains à devenir français.

Stanislas n'avait donc aucun réel pouvoir politique, mais néanmoins il n'est pas resté inactif en Lorraine, en ce qui concerne notamment la fondation de la Bibliothèque Royale de Nancy, de la Société Royale des Sciences et Belles-lettres ou encore de la Mission royale, monuments...

Le bonheur d'être grand-père[modifier | modifier le code]

Chaque automne, Stanislas et sa femme rendaient visite à leur fille à Versailles. Trianon était mis à leur disposition pendant la durée de leur séjour, mais ils ne faisaient qu'y dormir et passaient le plus clair de leur temps au château.

À Nancy, Stanislas n'avait guère de pouvoir, mais il jouissait de revenus confortables. Il voulut chercher à marquer l'histoire en entretenant une cour brillante et en protégeant artistes et gens de lettres. Il créa la Bibliothèque royale de Nancy, publique (1750), et la Société Royale des Sciences et Belles-lettres, qui prit bientôt le nom d'Académie de Nancy. Cette dernière devait à la fois diffuser les connaissances, promouvoir la langue française ainsi que la tolérance religieuse et politique du siècle des Lumières.

Rappelons que la Lorraine est un vrai état administratif bien avant le rattachement définitif à la France. Le chancelier, représentant le souverain français, a pris la tête de cette administration performante et y accomplit réformes et ajustements. La langue de la haute justice et administration était le français, mais les populations parlaient surtout une variété de dialectes lorrains[3].

Favorable à la liberté et à la séparation des pouvoirs, Stanislas, quoique profondément croyant, se tint à l'écart des excès de tous les fanatismes, religieux ou athées comme le montre son essai philosophique : L'Incrédulité combattue par le simple bon sens (1760).

Dans "ses" États, il mit en place des initiatives sociales en avance sur son temps : écoles, hôpitaux, bibliothèques publiques, greniers collectifs, secours aux plus démunis, etc. Il jeta même les bases d'une cité idéale inspirée de ses propres réalisations dans l'Entretien d'un Européen avec un insulaire du royaume de Dumocala (1752). Il signa « le Philosophe bienfaisant » une série d'essais philosophiques bien dans l'esprit des Lumières, comme Le combat de la volonté et de la raison (1749).

Tombeau de Stanislas en l'église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy

Il dota sa capitale, Nancy, du magnifique ensemble édifié autour de l'actuelle place Stanislas par l'architecte Emmanuel Héré : une grande place oblongue, dite « place neuve de la Carrière », réunit la vieille ville à la ville neuve. Elle communiquait avec la place Royale (aujourd'hui « place Stanislas »), créée en l'honneur de son gendre Louis XV. Inaugurée en novembre 1757, elle est entourée d'immeubles magnifiques et close de grilles dorées, chefs-d'œuvre de ferronnerie de Jean Lamour. Le centre de la place est occupé depuis 1831 par une statue de Stanislas, qui a remplacé celle de Louis XV, enlevée sous la Révolution. Stanislas fit également édifier l'église Notre-Dame de Bonsecours, l’hôtel des Missions Royales, les places d’Alliance et de la Carrière et encore les portes Saint-Stanislas et Sainte-Catherine. Par donation de 100 000 francs de sa cassette personnelle, il participa à la reconstruction de la ville de Saint-Dié partiellement détruite par un incendie en 1757.

Stanislas installa plusieurs résidences royales (Châteaux de Commercy, La Malgrange, Jolivet et Einville) et fit transformer le château de Lunéville surnommé le Versailles lorrain. Le parc fut entièrement réaménagé par l’architecte Emmanuel Héré qui orna les jardins de fabriques : kiosque d’inspiration turque, pavillon du Trèfle au toit en forme de « chapeau chinois », maisonnettes (« les Chartreuses »), théâtres de verdure, fontaines, pavillon de la Cascade, pavillon de Chanteheux, et un Rocher qui mettait en mouvement des automates dans un décor pastoral.

Il devient le parrain de son arrière-petit-fils, le comte de Provence, le 18 octobre 1761.

Il est toujours vivant à la naissance de son arrière-arrière-petite-fille, Marie-Thérèse d'Autriche (1762-1770), fille du futur Joseph II du Saint-Empire.

Stanislas, âgé de quatre-vingt-huit ans, mourut à Lunéville le 23 février 1766 au terme d'une longue agonie. En effet, âgé et très imposant, il fut grièvement brûlé alors que ses vêtements prirent feu accidentellement devant la cheminée de sa chambre. Il est inhumé à l'église Notre-Dame de Bonsecours, à Nancy. Ses entrailles sont déposées, selon son vœu, dans un cénotaphe au sein de l'église Saint-Jacques de Lunéville.

À l'humble soubrette qui tâchait d'éteindre les flammes qui le consumaient, il aurait dit ce mot bien digne d'un prince du XVIIIe siècle : « Qui eût dit, madame, qu'un jour nous brûlerions des mêmes feux? »[réf. nécessaire]

Les titres de Stanislas en 1763 :

« Stanislas, par la grâce de Dieu, Roi de Pologne, Grand-Duc de Lituanie, Russie, Prusse, Mazovie: Samogirle, Kiovie, Volhinie, Podlachie, Livonie, Smolensko, Sévérie, Czernichovie, Duc de Lorraine et de Bar, Marquis de Pont-à-Mousson et de Nomeny, Comte de Vaudemont, de Blamont, de Sarwerden, et de Salm. »

Son décès permettait l'annexion de la Lorraine par le Royaume de France par la création du Grand-gouvernement de Lorraine-et-Barrois.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Correspondance de Stanislas Leszczynski avec Frédéric-Guillaume Ier et Frédéric II, publiée par Pierre Boyé, Paris-Nancy, 1906.
  • Entretien d'un Européen avec un insulaire du royaume de Dumocala, texte établi et annoté par Laurent Versini, Université de Nancy II, 1981.
  • Œuvres du Philosophe bienfaisant, trois tomes, 1764.
  • Les Opuscules inédits de Stanislas, présentés par Louis Lacroix, Nancy, 1866.
  • Stanislas Leszczynski, inédits, introduction de René Taveneaux, texte établi par Laurent Versini, Presses Universitaires de Nancy, 1984.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Rossinot, Stanislas : Le roi philosophe. - La Flèche : Michel Lafon, 1999. - 302 p., 23,5 cm. - (ISBN 2-84098-486-5)
  • Anne Muratori-Philip, Stanislas Leszczynski : Aventurier, philosophe et mécène des Lumières. - Paris : Robert Laffont, 2005. - 1018 p., 20 cm. - (ISBN 2-221-10091-3).
  • Frédéric Maguin et Robert Florentin, Sur les pas de Stanislas Leszczynski. – Nancy : Éditions Koidneuf, 2005. – 62 p., 26 cm. – (ISBN 2-9515687-5-4). (Ouvrage plutôt centré, dans son sujet, sur « Stanislas Leszczynski comme protecteur des beaux-arts en Lorraine »)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. La forme « Leczinski » est traditionnelle dans les textes français du XVIIIe siècle (on trouve aussi « Leczynski »
  2. (Source: Gazette de France publié par Théophraste Renaudot)
  3. en grande partie roman, c'est-à-dire de l'ancien-français, mais aussi germanique de différentes origines comme le platt (francique) ou l'alsacien du nord (alémanique rhénan). La solidarité lorraine a dès l'origine du duché dépassé ces différences traditionnelles. Les familles du pays de Gaume en Belgique et de la Sarre allemande qui connaissent l'histoire locale n'ignorent pas cet attachement séculaire. Les clivages linguistiques ont été stigmatisés plus tardivement par les acteurs nationalistes, de part et d'autre des frontières.