Saint-Quirin

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Saint-Quirin
Vue générale sur le village
Vue générale sur le village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarrebourg
Canton Lorquin
Intercommunalité Communauté de communes des Deux Sarres
Maire
Mandat
Karine Collingro
2014-2020
Code postal 57560
Code commune 57623
Démographie
Population
municipale
784 hab. (2011)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 39″ N 7° 03′ 55″ E / 48.610833, 7.065278 ()48° 36′ 39″ Nord 7° 03′ 55″ Est / 48.610833, 7.065278 ()  
Altitude Min. 282 m – Max. 897 m
Superficie 53,34 km2
Localisation

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Liens
Site web http://saint.quirin.free.fr

Saint-Quirin est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine.

Le village de Saint-Quirin, dont le nom dérive du nom latin Quirinus, appartenant à un tribun et saint martyr romain du IIe siècle, est cité pour la première fois dans un document en 966, bien que le site ait été occupé bien antérieurement, des vestiges gallo-romains (nécropole et divers objets) ayant en effet été mis au jour sur le territoire de la commune. Le village, qui fut pendant longtemps un important centre de pèlerinage, s’est développé autour d’un prieuré qu’y possédait l’abbaye de Marmoutier, lequel prieuré fut détruit lors de la Guerre de Trente Ans, mais en partie reconstruit au XVIIIe siècle.

Le village est classé parmi les plus beaux villages de France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Saint-Quirin: Godelsadis (966), S. Quirtnus et sanctus Quirinus (1120), Quirini (1179), Saint-Kurin et Saint-Quurin (1476), Saint-Curien (1483), Saint-Curin (1620), Cœurs-Francs/Vérité (noms révolutionnaires), Saint Quirin (1793). Saint Kurieng en lorrain roman.
  • Lettenbach: Letteboch en francique lorrain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site est mentionné pour la première fois en 966, il est vrai sous le nom de Godelsadis, nom d’un ermitage qui s’y trouvait alors. C’est cette année-là en effet que le comte Louis de Dabo fit don à l'abbaye de Marmoutier des terres sises entre les deux Sarres, au nord du Donon. En 1049, Gepa de Dabo, fille d'Hugues VIII, comte en Nordgau et d'Eguisheim et de sa femme Heilwig de Dabo, abbesse de Neuss, se vit offrir par son frère, le pape Léon IX, les reliques de saint Quirin, tribun militaire et martyr romain ; lorsqu’elle les rapporta ensuite de Rome pour les déposer dans la ville de Neuss, la mule qui transportait les reliques se serait arrêtée à l’emplacement de l’actuelle Chapelle-Haute, ce qui conduisit à changer la toponymie du lieu, auquel fut donné le nom du saint. L’on fonda un prieuré à proximité, et, sous le mandat du premier prieur de Saint-Quirin, Wolfram, nommé en 1122, l’église priorale fut consacrée en 1123 par l'évêque de Metz. Saint-Quirin devint rapidement par la suite un important lieu de pèlerinage.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1995 2007 René Gelly    
2007   Robert Laval    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 784 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 097 1 330 1 572 1 485 1 659 1 987 1 977 1 825 1 806
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
1 510 1 500 1 349 1 193 1 182 1 065 1 003 1 071 1 060
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 019 992 896 817 854 899 881 958 919
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
847 903 912 904 873 826 821 783 784
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue du prieuré, avec son oriel d'angle.
Portail de l'église Saint-Quirin, avec ses deux travées doriques superposées.

On trouve dans la commune et dans celles avoisinantes les dénommées « sept roses », édifices religieux d'une beauté certaine, dont deux à Saint-Quirin : l'église baroque Saint-Quirin et la Chapelle-Haute, construite sur une colline en contrehaut du village.

  • Alt-Teufelsloch, Scieries disparues

Site archéologique de la Croix-Guillaume[modifier | modifier le code]

Ce site archéologique gallo-romain comporte des carrières et une nécropole[3].

Église et prieuré Saint-Quirin[modifier | modifier le code]

L’église prieurale Saint-Quirin fut consacrée en 1123, peu après la fondation du prieuré. Celui-ci ayant été détruit durant la Guerre de Trente Ans, et menaçant ruine au début du XVIIIe siècle, le chanoine Edmond Herb, constatant lors de sa visite canonique de 1714 l’état de délabrement avancé des bâtiments, décide de les faire reconstruire à neuf. Achevée en 1722, grâce en particulier aux contributions financières du prieur Herb lui-même, personnage nanti, la nouvelle église fut consacrée en août 1724, et son ameublement fut installé entre 1744 et 1746. En 1769, une lettre patente royale ordonna la suppression du prieuré, et à la Révolution, ce fut le tour à la paroisse d’être abrogée. La deuxième moitié du XIXe siècle voit l’église subir quelques remaniements intérieurs (e.a. le démontage des vitraux) et se faire adjoindre une chapelle funéraire contre le flanc sud-est du chœur. Enfin, une campagne de restauration fut menée de 1969 à 1973.

L’église Saint-Quirin, devenue entre-temps église paroissiale, est construite en grès rouge des Vosges, et se trouve, à l’exception de la façade occidentale, recouverte d’un crépi jaune pâle. Elle possède trois clochers à bulbe : d’une part deux tours carrées à l’ouest, à trois niveaux chacune, surmontées de trois bulbes superposés, et reliées entre elles par une passerelle, et d’autre part un clocheton (avec cloche de 1762), coiffé de deux bulbes, et incorporé dans la toiture du chœur. Dans l’espace entre les deux tours s’inscrit, au rez-de-chaussée de la façade occidentale, un portail dorique avec porte d'entrée en plein-cintre, encadré de deux colonnes engagées supportant un entablement à ressauts. Ce portail est surmonté par une autre travée dorique, comprise entre deux colonnes dégagées, laquelle renferme une niche avec voûte en coquille hébergeant une statue de saint Quirin de Neuss, et couronnée par un fronton triangulaire. La nef est à vaisseau unique et voûte plate, et se termine par un chevet à cinq pans. L’ensemble du mobilier, ainsi que les vitraux et l’orgue Silbermann (restauré en 1969), sont baroques et datent de la première moitié du XVIIIe siècle. Les baies sont toutes en plein-cintre. Le prieuré attenant[4], qui comporte un oriel d’angle et deux frontons sculptés, est adossé, par son aile orientale, à la dernière travée de la nef.

Chapelle-Haute[modifier | modifier le code]

Selon la légende, cette chapelle[5], située sur un relief dominant le village de Saint-Quirin à l'ouest, aurait été construite à l'emplacement où aurait fait halte la mule qui, en l’an 1049, transportait les reliques de saint Quirin vers Neuss. Il se pourrait donc qu’une chapelle ait été construite là dès le XIe siècle. Souvent et profondément remaniée au fil des siècles, elle apparaît aujourd’hui très composite, le chœur et le clocher ayant seuls gardé quelque homogénéité. Cependant il subsiste dans l’édifice certains éléments remontant au XIIIe siècle. Les dernières restaurations datent de 1901 (millésime figurant d’ailleurs sur le pignon occidental) et dans les années 1960. Le bâtiment, tel qu’il se présente aujourd’hui, est une chapelle rectangulaire d’environ 15 mètres de long sur 5,6 mètres de large, en grès rose des Vosges, comprenant une nef unique couverte d’un plafond en bois datant de 1965 et dotée de six baies en plein-cintre, vraisemblablement pratiquées au début du XVIIIe siècle. La nef se prolonge à l’est par un chevet plat recouvert d’une voûte d’ogives et percé d’étroites fenêtres en lancette, et en est séparé par un arc triomphal de forme ogivale. Le clocher carré, un peu en hors-œuvre du chevet, s’achève par un comble pyramidal en pierre couronné d’une croix latine. La chapelle fut pendant de longs siècles un important but de pèlerinage.

Raidillon conduisant à la Chapelle-Haute.
Chapelle-Haute. Le chœur se trouve du côté du clocher.
Intérieur : nef et chœur. Entre les 2 baies du fond, soubassement du clocher.
  • Chapelle Sainte-Claire
  • Chapelle de l'ancienne verrerie à (Lettenbach)

Ancienne verrerie de Lettenbach[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Verrerie de Lettenbach.
Saint-Quirin : église prieurale avec à l'arrière-plan la Chapelle-Haute.

L’ancienne verrerie[6], sise dans le hameau de Lettenbach (lequel, bien que situé dans un vallon clos débouchant dans la vallée de la Sarre rouge, où se trouve le village d’Abreschviller, appartient néanmoins à la commune de Saint-Quirin), fut fondée au XVe siècle par l'abbaye de Marmoutier et resta en activité jusqu’à la fin du XIXe siècle. Y furent notamment fabriquées les glaces qui ornent le Palais des Ducs de Lorraine à Nancy. Élevée au statut de manufacture royale par Louis XV, elle culmina au XVIIIe siècle. C’est au demeurant de cette même époque que datent les bâtiments parvenus jusqu’à nous, que sont les magasins (bâtiment à murs en pans de bois sur soubassement en grès), les bâtiments administratifs, des logements d’ouvriers, des galeries souterraines, et la chapelle dite des Verriers. Celle-ci, érigée, à l’usage du personnel, à proximité de la manufacture, est de 1756 (ainsi qu'en atteste une date au fronton du portail d’entrée) et comporte une nef unique à voûte plate et un chevet en cul-de-four ; la façade occidentale (en réalité orientée nord-est) présente une porte en plein-cintre inscrite dans une travée dorique en grès rose portant un fronton cintré surmonté d'une croix latine, et un pignon percé d'un oculus au sommet et de quatre fenêtres rondes, qui s’achève par un petit clocher à bulbe. Les vitraux proviennent de la manufacture elle-même.

Autres[modifier | modifier le code]

La fontaine miraculeuse serait, selon la croyance populaire, capable d'aider à soigner diverses afflictions, en particulier de la peau.

Plusieurs dizaines de maisons et de fermes, de différentes époques, sont protégées au titre des monuments historiques.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karine Bouchet, Dominique Heckenbenner, Nicolas Meyer, et al., Le site gallo-romain de la Croix-Guillaume à Saint-Quirin, Moselle, Association pour la recherche archéologique au pays de Sarrebourg, Sarrebourg, 2008, 44 p. (ISBN 978-2-9532946-0-6)
  • François Clad, Lettenbach, commune de Saint-Quirin : des origines à nos jours, Imp. sarrebourgeoise, Sarrebourg, 1997, 141 p.
  • Dagobert Fischer, Le prieuré de Saint-Quirin, impr. de G. Crépin-Leblond, Nancy, 1875, 51 p. (extrait des Mémoires de la Société d'archéologie lorraine)
  • (de) « Lettenbach bei Metz, das Genesungsheim des 16. Armeekorps », in Illustriertes Sonntagsblatt, 1900, no 12
  • Edmond Moppert, Lettenbach-St. Quirin : histoire mouvementée d'une verrerie, s. l., 1975, 22 p.
  • Jean-Marie Schmitt, Le prieuré de Saint Quirin, Ed. du Musée régional de Sarrebourg, Sarrebourg, 1970, 10 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]