Francaltroff

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Francaltroff
Étang de la Tensch
Étang de la Tensch
Blason de Francaltroff
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Arrondissement de Château-Salins
Canton Canton d'Albestroff
Intercommunalité Communauté de communes du Saulnois
Maire
Mandat
Bruno Bintz
2014-2020
Code postal 57670
Code commune 57232
Démographie
Population
municipale
750 hab. (2011)
Densité 60 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 57′ 48″ N 6° 47′ 53″ E / 48.9633, 6.7981 ()48° 57′ 48″ Nord 6° 47′ 53″ Est / 48.9633, 6.7981 ()  
Altitude Min. 217 m – Max. 289 m
Superficie 12,46 km2
Localisation

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Francaltroff
Henriette de Lorraine, seigneur de Francaltroff en 1623 (Cornelis Galle II, 1635-70)

Francaltroff (Freialtdorf en allemand) est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Du germanique alt «vieux» + dorf «village», au XVIIe siècle apparaît un 2e adjectif: frei «libre», traduit ensuite par franc en français[1].

Ancien noms[2]: Altorf (787 & 1476), Altorph et Altorff (1339), Altorff et Alstorff (1525), Altorff (1587), Freyaltroff (1590), Alstorf-lès-Leyningen (1594), Frey-Altroff (1628), Franc-Altorff (1630), Franc Altroff (1775), Altroff (1790), Freialtdorf (1871), Francaltroff (1919).

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à la fin de l'indépendance lorraine[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention de Francaltroff se trouve dans une charte de l’évêque Enguerrand de Metz[3] datant de l’an 787. À la suite de Stoffel[4], la plupart des auteurs contemporains admettent que « Altorf juxta Tannae villam » fait référence à Francaltroff près de Grostenquin.

Francaltroff semble avoir fait initialement partie du comté de Marimont[5] dont elle a été détachée dès le XIIIe siècle. Morcelée au gré des héritages, la petite seigneurie de Francaltroff fut possédée par diverses familles nobles de Lorraine allemande et des États voisins.

En 1387, le chevalier Simund von Kastel engage la moitié des biens et revenus qu’il possède à « Altdorf près de Lendingen » à Simund Wecker von Zweibrücken-Bitsch jusqu’au remboursement de 180 Gulden d’or [6].

Le plaid annal qui s’est tenu à Francaltroff en 1578[7] mentionne comme coseigneurs fonciers et haut-justiciers de Francaltroff: Alexandre de Braubach (1/6 ), Guillaume Kranz de Geispolsheim, bailli d’Allemagne (1/6), Catherine de Raville, veuve Pallant (1/3) et le comte Jean de Nassau-Sarrebruck (1/3).

La seigneurie de Francaltroff était depuis des temps immémoriaux un franc-alleu du duché de Lorraine ce qui fut confirmé, suite à une requête des sieurs de Braubach et de Pallant, par une ordonnance[8] du duc Charles III datée du 18 décembre 1590. C’est là sans doute l’origine des noms « Frey Altroff » ou « Franc Altroff » souvent utilisés à partir du XVIIe siècle.

Le duc Henri II de Lorraine réunit en 1623 ses fiefs lorrains de Francaltroff et Léning à la seigneurie de Lixheim qui fut érigée en 1629 en Principauté immédiate du Saint-Empire romain germanique par Ferdinand II de Habsbourg en faveur de Louis de Guise, baron d'Ancerville et de son épouse Henriette de Lorraine, sœur du duc Charles IV de Lorraine[9]. À la suite du décès sans postérité d’Alexandre de Grimaldi, neveu par alliance et héritier du dernier époux d’Henriette de Lorraine, l’éphémère principauté de Lixing est réintégrée au Duché de Lorraine en 1707[10].

Les cinq sixièmes de la seigneurie de Francaltroff ont été acquis en 1711 à la barre de la cour Souveraine de Lorraine par François Bleickhard baron d’Helmstatt, seigneur d’Hingsange et de Bischoffsheim, capitaine au service du roi de France[11] de la succession vacante du prince de Lixing. Un sixième de la seigneurie de Francaltroff appartenait en 1775 à Monsieur de Gallonnier de Varize.

Vers 1740 la Famille d'Helmstatt fit construire à Francaltroff un nouveau château « couvert d’ardoises avec un corps de logis double de 100 pieds de face, précédé d’une très vaste et grande cour » [12] afin de remplacer l’ancien château ruiné. La famille d’Helmstatt n’y résidait semble-t-il pas souvent. Après l’acquisition du comté de Morhange en 1742, ils y firent construire vers 1769 un nouveau château qui devint leur principal lieu de résidence au détriment d’Hingsange et de Francaltroff. À la veille de la Révolution, le château était « tenu à ferme d’un anabaptiste » [13].

Conformément aux dispositions du Traité de Vienne (1738), le Duché de Lorraine perd son indépendance en 1766 à la suite du décès du duc Stanislas Leszczyński. Le village de Francaltroff est alors rattaché à la Province de Lorraine placée sous la souveraineté du roi de France.

De la Révolution française aux guerres du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les cahiers de doléances d’Altroff[14] rédigés le 16 mars 1789, témoignent de l’injustice du système féodal et des nombreux litiges entre les villageois et le comte d’Helmstatt qui semble avoir été âpre au gain et fort peu conciliant. En 1790 la Province de Lorraine est divisée en départements. Francaltroff est rattaché sous le toponyme d’ « Altroff » au département de la Meurthe et devint même pour quelque temps chef-lieu d’un canton du district de Dieuze avant d’être rattaché au canton d’Albestroff[15].

Carte postale de Francaltroff (« Freialtdorf») en 1915

À l’issue de la guerre franco-prussienne de 1870, « Altroff » est annexé à l'Empire allemand en vertu du traité de Francfort. La commune prend le nom de « Freialtdorf» et est rattachée au Bezirk Lothringen, l’un des trois districts administratifs du Reichsland Elsass-Lothringen.

Conformément à l’article 27 du Traité de Versailles, la commune redevient française en 1919. Elle prend alors le nom actuel de Francaltroff et est rattachée au nouveau département de la Moselle qui adopte les limites administratives du Bezirk Lothringen. De 1940 à 1945, le village est occupé par l’Allemagne et annexé de facto au troisième Reich qui l’incorpore au Gau Westmark. La commune subit d’importantes destructions lors des combats de 1944.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 1995 Jean-Marie Zimmermann    
mars 1995 mars 2008 René Rueff    
mars 2008 en cours Bruno Bintz    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 750 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
726 834 886 973 1 189 1 208 1 178 1 157 1 067
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
1 007 1 041 1 009 947 912 797 782 780 727
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
716 716 600 601 595 611 552 517 582
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
563 558 564 615 678 739 748 750 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[17].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Château des comtes d'Helmstatt en 1905
  • Passage au nord de la commune d'une voie romaine venant du vicus de Grostenquin[18].
  • Vestiges du château de Francaltroff construit vers 1740 par la famille d’Helmstatt. De plan rectangulaire il était couvert d'un toit d'ardoises à croupes. Il présentait une façade à trois niveaux de sept travées, soulignés par des bandeaux de grès. La porte d'entrée était surmontée d'armoiries[19]. Vendu comme bien national à la Révolution le château a été laissé à l’abandon par ses divers propriétaires, ses ruines ont été vendues dans les années 1970 à la commune pour le franc symbolique puis rasées. Il n’en subsiste que les communs.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Francaltroff demeura une annexe de la paroisse catholique de Léning jusqu’à la Révolution. Une chapelle dédiée à Saint Hubert y fut construite au XVIIIe siècle et desservie par un vicaire résidant. Ce n’est qu’à partir de 1750 que Francaltroff eu ses propres registres paroissiaux[20].
  • L'église Saint-Hubert actuelle a été reconstruite après les destructions de 1944.
  • Vitraux de Baccarat.
  • Chapelle Sainte-Barbe XVIIIe siècle, au cimetière.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie générale de la France: Tome 2 - Ernest Nègre
  2. Dictionnaire topographique du département de la Meurthe - Henri Lepage (1862)
  3. Dom CALMET : Histoire de Lorraine, preuves, tome I, col. 293, première édition
  4. J. G. STOFFEL : De l’ancienneté du château de Morimont (Mörsperg), en Alsace. Le Bibliographe alsacien : gazette littéraire, historique, artistique, 1869 (4) p. 204-207, éditions Berger-Levrault Strasbourg, ISSN 20152027
  5. Die Alten Territorien des Bezirkes Lothringen nach dem Stande vom 1. Jan. 1648. II. Theil, Straßburg 1909 p 315-323
  6. Archives Départementales du Bas-Rhin, Strasbourg, E4390 /3
  7. Irmtraut EDER : Die saarländischen Weistümer, Dokumente der Territorialpolitik. Minerva-Verlag Thinnes u. Nolte, Saarbrücken 1978
  8. Die Reichs-Unmittelbarkeit der Herrschaften Hinsingen, Lenning, Frey Altroff, Mörchingen, Berendorf, Estroff und Kinger in Lothringen, p. 79-81, 1792. Generallandesarchiv Karlsruhe - Archivalieneinheit 69 von Helmstatt A 1361
  9. Henri HIEGEL : Le bailliage d'Allemagne de 1600 à 1632. Tome 1 : L'administration, la justice, les finances et l'organisation militaire, Sarreguemines, Éditions Pierron, 1961 p. 113-116
  10. Die Alten Territorien des Bezirkes Lothringen nach dem Stande vom 1. Jan. 1648. II. Theil, Straßburg 1909 p. 184
  11. Jacques CHOUX : Dictionnaire des Châteaux de France – Lorraine, Berger-Levrault 1978 ISBN 2-7013-0229-3
  12. États de consistances des terres et seigneuries de Franc Altroff, Léning, Montdidier, Val de Kinger et Baronville. Landesarchiv Saarbrücken, Bestand Helmstatt A2
  13. Charles ETIENNE : Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. Première série, Département de Meurthe-et-Moselle. Tome 2, Cahiers du bailliage de Dieuze, Imprimerie Berger-Levrault, Nancy 1912 p. 13
  14. Charles ETIENNE : Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. Première série, Département de Meurthe-et-Moselle. Tome 2, Cahiers du bailliage de Dieuze, Imprimerie Berger-Levrault, Nancy 1912 p. 6-14
  15. Henri LEPAGE : Dictionnaire topographique du département de la Meurthe. Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain. Publié par l’imprimerie impériale, Paris,1862 p. 4
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  18. Marcel LUTZ, Maurice TOUSSAINT: La Moselle gallo-romaine. Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine, section de Sarrebourg, 1991
  19. Jacques CHOUX: Dictionnaire des châteaux de France - Lorraine. Éditions Berger-Levrault, 1978. ISBN 2-7013-0229-3
  20. Jean HOUPERT: La Prévôté d'Insming : repeuplement et restauration d'un canton lorrain après la guerre de Trente ans, Éditions Naaman, Sherbrooke, 1975 p. 74