Dassault Rafale

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Pix.gif Dassault Rafale Su-27 silhouette.svg
US Navy 070723-N-0916O-118 A French Rafale M combat aircraft from the French nuclear-powered aircraft carrier Charles De Gaulle lands on the flight deck of the nuclear-powered aircraft carrier USS Enterprise (CVN 65).jpg
Un Rafale M de l'Aviation navale française appontant sur le porte-avions USS Enterprise

Constructeur Drapeau : France Dassault Aviation
Rôle Avion multirôle
Premier vol 4 juillet 1986
Mise en service 18 mai 2001
Date de retrait Toujours en service
Investissement Au 17 novembre 2011 : 43,56 Md€
Coût unitaire (de production)[1]
Rafale B 74 M€ TTC
Rafale C 68,8 M€ TTC
Rafale M 79 M€ TTC
Nombre construits 1er février 2014 : 126/286 (France)
Équipage
1 pilote (+ 1 navigateur officier système d'armes sur biplace)
Motorisation
Moteur Deux Snecma M88-2
Type Turboréacteurs avec postcombustion
Poussée unitaire 50 kN (75 kN avec postcombustion)
Dimensions
Dassault Rafale.svg
Envergure 10,90 m
Longueur 15,30 m
Hauteur 5,30 m
Surface alaire 45,7 m2
Masses
À vide Rafale C : 9 060 kg
Rafale M : 9 670 kg
Rafale B : 9 800 kg
Carburant Interne : 4 800 kg
Externe : 6 700 kg
Avec armement 23 700 kg
Maximale 24 500 kg
Performances
Vitesse de croisière supercroisière à Mach 1,4 : 1 713 km/h
Vitesse maximale 1 912 km/h (Mach 1,8[2])
Plafond 16 800 m
Vitesse ascensionnelle 18 300 m/min
Rayon d'action Haute altitude : 1 850 km
Basse altitude : 1 090 km
Charge alaire 306 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,988
Facteur de charge +9 g (+10 g en présentation ALPHA et +11 g en cas d'urgence) / -3,6 g
Armement
Interne 1 canon Nexter DEFA 30M 791B (30 mm)
Externe 9 500 kg de différents types de missiles ou de bombes
Avionique
Voir la section concernée

Le Dassault Rafale est un avion militaire multirôle développé et produit par l'avionneur français Dassault Aviation. Appartenant à la génération dite « 4++ » des avions de chasse, il est le résultat d'un programme d'uniformisation des forces armées françaises lancé au milieu des années 1980 qui vise à remplacer à l'horizon 2025-2030 les sept types d'aéronefs en service jusqu'alors dans l'Armée de l'air et la Marine nationale. Le Rafale doit ainsi remplir toutes les missions anciennement dévolues à ces appareils, dont la possibilité d'effectuer une frappe nucléaire.

Le Rafale est un avion de chasse à aile delta avec un empennage canard rapproché propulsé par deux turboréacteurs à postcombustion Snecma M88 et contrôlé par des commandes de vol électriques qui lui permettent d'effectuer des figures impossibles à la plupart de ses concurrents, avec un facteur de charge qui atteint 10 g [3] lors de la présentation ALPHA. Par exemple, l'Eurofighter a essayé sans succès l'atterrissage sur retournement[4],[5]. Le Rafale est décliné en trois versions : le Rafale M, avion monoplace pour les opérations menées à partir d'un porte-avions, et les Rafale C et Rafale B, respectivement monoplace et biplace, pour les opérations réalisées à partir d'une base terrestre. Le Rafale est capable d'atteindre une vitesse maximale de Mach 1,8 et une vitesse de supercroisière de Mach 1,4 avec 6 missiles MICA[6]. Sa capacité d'emport maximale est de 9 500 kg, ce qui en fait le seul avion de chasse au monde capable d'effectuer des missions en portant 1,5 fois sa propre masse à vide[7]. Il peut effectuer simultanément plusieurs missions aux profils très variés, et c'est pour cela que Dassault emploie le terme d'« avion omnirôle » pour le décrire[8]. En mission de bombardement nucléaire avec 6 missiles MICA, un missile ASMP-A et deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres, son autonomie avec ravitaillements en vol est de plus de 12h, contre 10h pour le Mirage 2000 NK3 malgré une plus grande vitesse du Rafale, ce lui autorise de frapper des cibles plus éloignées (un vol de 8800 km a été réalisé en 10h35 lors d'un exercice[9]) ou de complexifier son itinéraire, en partant de bases surprises et de faire des détours pour contourner les défenses adverses[10].

Le Rafale a été mis en service en 2002[11], dans la Marine nationale, en juin 2006[12] dans l'Armée de l'air et au 31 mars 2013, 127 exemplaires de Rafale ont été livrés aux forces armées françaises sur les 180 commandés fermement par les gouvernements français : 40 monoplaces embarqués pour la Marine nationale (Rafale M40 livré en avril 2014)[13] [14], 42 biplaces (Rafale B339 en essai) et 45 monoplaces (Rafale C) pour l'Armée de l'air. Il reste donc 53 Rafale à livrer entre juin 2014 et fin 2018. Pour atteindre la cible de 286 Rafale, 106 Rafale devront être commandés pour être livrés entre 2023 et 2030. La flotte Rafale totalise, en 2013, près de 120 000 heures de vol, dont 16 000 en opérations.

Proposé à l'exportation vers plusieurs pays (Émirats arabes unis, Brésil, Inde, etc.), le Rafale n'a pour l'heure pas reçu de commande ferme. Cependant, en février 2012, Dassault Aviation est entré en négociations exclusives pour 126 avions destinés à l'armée indienne pour un montant de 12 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus gros contrat export d'armement jamais remporté par une entreprise française[15].

Contexte[modifier | modifier le code]

Coopération européenne (1977-1979)[modifier | modifier le code]

McDonnell Douglas F-15C Eagle de la force aérienne des États-Unis.

Au milieu des années 1970, l'Armée de l'air française et, dans une moindre mesure, la Marine nationale française, dont les flottes paraissent dépassées en comparaison des nouveaux chasseurs américains (F-15 et F-16) et soviétiques (MiG-29 et Su-27), expriment l'intention d'acquérir une nouvelle génération d'avion de combat polyvalent[16],[17]. En décembre 1977, l'Armée de l'air demande à la Direction des constructions aéronautiques du ministère de la Défense français de conduire une réflexion sur un « Avion de Combat Tactique » (ACT)[18]. Le ministère n'exclut pas à cette date une éventuelle construction en coopération avec d'autres pays européens, les budgets défense se faisant plus maigres et l'intégration de technologies récentes de plus en plus coûteuse[19].

Des discussions tripartites entre la France, la RFA et le Royaume-Uni s'engagent alors pour s'entendre sur des besoins communs, sur un calendrier et sur la configuration technique d'un éventuel avion de combat européen[19] ; la France opte à cette date pour un chasseur-bombardier, tandis qu'un intercepteur destiné à succéder aux McDonnell Douglas F-4 a la préférence de la RFA et du Royaume-Uni. L'industriel français Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA, aujourd'hui Dassault Aviation) obtient un premier marché d'étude le 30 octobre 1978, pour l'étude d'un appareil de défense aérienne et d'attaque destiné à l'Armée de l'air française, puis un second le 22 décembre 1978, pour un appareil destiné à la Marine nationale française, l'« Avion de Combat Marine » (ACM).

Alors que les études françaises se poursuivent, les entreprises française AMD-BA, anglaise British Aerospace et allemande Messerschmitt-Bölkow-Blohm (MBB) évoquent dans un rapport commun la possibilité de combiner les exigences des trois pays pour la réalisation d'un unique chasseur européen (European Combat Fighter)[20]. En octobre 1979, au terme d'un colloque tenu à Bruxelles, les aviations militaires et les industriels européens s'entendent sur un biréacteur multirôle à aile delta, équipé de plans canard et de commandes électriques, d'une vitesse de Mach 2, d'un plafond de 15 000 mètres et devant être disponible en 1992.

Démonstrateur pour chaque pays (1980-1983)[modifier | modifier le code]

En 1980, des divergences se font déjà jour sur la masse de l'appareil, sa motorisation et, dans une moindre mesure, son avionique ; l'appareil devra être de 8,5 tonnes propulsé par deux Snecma M88 pour la France, de 9 tonnes propulsé par deux General Electric F404 pour la RFA et de 12,5 tonnes propulsé par deux Turbo-Union RB199 pour le Royaume-Uni, de manière à compenser son éloignement du champ de bataille continental. Jusqu'ici, seul le ministère de la Défense allemand émet une réserve quant à la possibilité de réaliser un chasseur commun, expliquant que « les différences dans les exigences opérationnelles rendent économiquement infaisable la production d'un avion commun »[20].

Charles Hernu, à droite, ministre de la Défense en France de 1981 à 1985.

Trois maquettes 1/1 statiques, une pour chaque pays, sont présentées au public au début des années 1980 :

  • l’« Avion de Combat Tactique 92 » (ACT 92) d'AMD-BA, l'un à aile haute et double dérive, l'autre à aile basse en double flèche et plans canard (au design proche du Mirage 4000), au salon ILA de 1980 à Hanovre ;
  • le « Taktisches Kampf Flugzeug-90 » (TKF-90) de MBB, avion d'interception à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales, au salon ILA de 1980 à Hanovre ;
  • l’« Agile Combat Aircraft » (ACA) de Panavia (consortium entre British Aerospace, MBB et Aeritalia), dérivé des études P.106 et P.110 (au design proche du F-15), à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales, au salon de Farnborough de 1982[21].

En septembre 1982, lors du salon aéronautique de Farnborough, le ministère de la Défense britannique annonce qu'il financera à hauteur de 70 millions de livres la construction d'un démonstrateur Experimental Aircraft Program (EAP) basé sur l'ACA et invite les autres partenaires européens à se joindre à lui[21]. Le 12 décembre 1982, le ministre de la Défense français Charles Hernu annonce à l'Assemblée nationale française que « la France construira seule si nécessaire l'ACX » (« Avion de Combat eXpérimental », ex-ACT 92), dont les études sont lancées, et fait la même proposition aux industriels européens. En fait, chacun cherche à rallier la RFA à son propre programme à la faveur des liens tissés avec MBB.

Mésentente cordiale (1983-1985)[modifier | modifier le code]

L'année 1983 voit les lancements officiels de l'ACX français (le 13 avril)[22] et de l'EAP germano-britannique (en mai), ce dernier ayant intégré les études du TKF-90 allemand. Le cahier des charges des deux prototypes répond aux spécifications de 1979 avec une utilisation intensive de matériaux composites tels que les fibres de carbone, de titane, plus, pour l'ACX, de fibres d'aramide (Kevlar) et d'alliage aluminium-lithium. L'ACX bénéficie en outre de l'expérience d'AMD-BA en matière de commandes de vol électriques « pleine autorité », que l'avionneur français est le premier à développer en Europe de 1975 (Mirage 2000) à 1986, date du vol d'essai de l'ACX.

Un F-8 Crusader de la Marine nationale française à bord d'un porte-avions de l'US Navy en 1983.

Néanmoins, la coopération – « de façade », pronostiquent certains – est toujours de mise avec la signature de deux protocoles d'accord, le premier le 16 décembre 1983 (Outline European Staff Target, OEST)[19],[23], le deuxième en octobre 1984 (European Staff Target for a European Fighter Aircraft, EST-EFA)[19],[23] où l'on discerne que l'unanimité est battue en brèche par les exigences inconciliables de ce « club des cinq » (France, RFA et Royaume-Uni rejoints par l'Italie et l'Espagne). Les Britanniques veulent un appareil à prédominance air-air pouvant atteindre le rideau de fer à partir de ses bases les plus à l'ouest ; en conséquence, cet appareil serait trop gros pour être utilisé sur porte-avions. À l'inverse, les Français veulent en priorité un appareil capable d'effectuer des opérations air-sol et air-surface, tous les jours et dans des conditions météorologiques défavorables ; il devra par ailleurs remplir toutes les missions anciennement dévolues aux Jaguar, F-8P Crusader, Mirage F1C/R/T, Mirage 2000N, Étendard IVPM et Super-Étendard des forces armées françaises[16].

Pour surmonter les dissensions, et alors qu'AMD-BA plaide pour un maître d'œuvre unique (lui en l'occurrence), la partie britannique accepte de lui abandonner la conception de la cellule à condition que Turbo-Union obtienne celle du moteur. Ceci obligerait la Snecma à passer par pertes et profits les investissements déjà consentis depuis septembre 1983 pour développer un nouveau réacteur, le M88[Note 1], et il est exclu pour la France de confiner Snecma aux moteurs civils (tels que le CFM56) ou d'envisager deux motorisations pour le futur avion de chasse. Les Français font cependant des concessions sur le cahier des charges en acceptant notamment que la masse à vide soit portée de 7,5 à 9,5 tonnes[16].

Dans la nuit du 1er au 2 août 1985 se déroule la négociation finale[22]. La délégation française est menée par le délégué général pour l'armement, Émile Blanc, qui rendra compte au ministre et lui conseillera de refuser de poursuivre avec les trois autres pays. En août 1985, le ministre de la Défense français, Charles Hernu, annonce au sommet de Turin le retrait de la France du programme EST-EFA[22], ce qui conduira par la suite au lancement de deux programmes distincts : l'Eurofighter et le Rafale[23]. Le président français François Mitterrand tentera de relancer une coopération au niveau des équipements, sans succès[24].

Développement[modifier | modifier le code]

Démonstrateur Rafale A[modifier | modifier le code]

Le démonstrateur Rafale A.

Les études concernant le programme ACX qui aboutira au Rafale débutent en 1978, en réponse à deux spécifications, l'une de l'Armée de l'air, l'autre de la Marine nationale, pour un avion polyvalent qui devrait être mis en service à partir des années 1990-2000. Les études du démonstrateur de l'ACX, dénommé « Rafale A » en référence à l'Ouragan, le premier avion à réaction construit par Dassault[Note 2], sont lancées en mars 1983 par la firme AMD-BA, et le prototype est construit en moins d'un an et demi ; il est présenté le 13 décembre 1985 à Saint-Cloud en présence de Marcel Dassault. Le Rafale A effectue ensuite son premier vol le 4 juillet 1986, piloté par Guy Mitaux-Maurouard, au centre d'essais de la DGA sur la base aérienne 125 à Istres.

Le Rafale A est équipé d'une aile en double delta semi-basse, d'une dérive haute, d'entrées d'air semi-ventrales sans les « souris » des Dassault Mirage III, 2000 et 4000, de plans canard placés en arrière du cockpit pour une meilleure visibilité du pilote et de commandes de vol électriques[16]. Cette combinaison de plans canard actifs, qui font office de gouverne de profondeur, et de l'aile permet à la fois un rapport portance/traînée et une incidence élevés. Le démonstrateur est initialement motorisé par deux turboréacteurs General Electric F404, au lieu de Snecma M88, pour réduire les risques qui viennent souvent avec un premier vol, et parce que le M88 n'est pas encore considéré comme suffisamment mûr[25],[16].

Préférence pour le F/A-18 (1987)[modifier | modifier le code]

En février 1987, le président François Mitterrand annonce le lancement d'un avion opérationnel dérivé du Rafale A, puis en juin, au salon du Bourget, précise qu'il équipera l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises. Cette dernière ne veut apparemment pas du Rafale qui arrivera trop tard pour remplacer ses F-8 Crusader[Note 3],[26] et étudie la transformation, qui se serait révélée peu fiable, de quelques Super-Étendard d'attaque datant de dix ans en avions d'interception. En dépit de 7 appontages simulés du Rafale A sur le Clemenceau le 30 avril 1987, de 85 autres sur le Foch du 4 au 8 juillet 1988, de 124 appontages simulés sur la BA 125 à Istres et 160 sur la BAN Nîmes-Garons[Note 4], sa préférence va cependant à la location ou l'achat « sur étagère » d'une trentaine de F/A-18 Hornet d'occasion qui ont fait leurs preuves sur les porte-avions américains[Note 5].

En 1988, à la suite d'un rapport de l'Assemblée nationale française, des critiques de la presse sur « le gouffre à milliards » ou le « Mirage du Rafale » puis de la sortie du Premier ministre Michel Rocard du « sinistre industriel »[Note 6], les industriels sont enjoints de participer à hauteur de 25 % aux frais de développement, soit 40 milliards de francs, qu'ils devraient récupérer à moyen terme à l'export. Une décision de retrait de la Marine nationale du programme, qu'elle finance à hauteur de 20 %, aurait vraisemblablement été catastrophique pour les industriels du GIE Avion de Combat Européen (ACE) et la R&D française, comme le précise un nouveau rapport de l'assemblée nationale : la Marine a essayé « à tout prix [de] disposer d'un avion spécifique et surtout différent de celui de l'armée de l'air. Ces errements passés avaient été poussés jusqu'à l'absurde à la fin des années 1980, avec la proposition d'achat des F-18 pour le porte-avions au risque d'affaiblir l'outil de souveraineté, la cohérence du dispositif aérien et l'industrie aéronautique française »[27]. Après que Marcel Dassault se fut fâché, il a été décidé une prolongation de 17 Crusader pour 800 millions de francs et la transformation de 71 Super-Étendard en version modernisée (SEM) pour un montant inconnu.

À la suite des exercices avec l'US Navy en 2006, la Marine se déclarait très satisfaite du Rafale et constatait que ses appareils n'avaient aucun mal à rivaliser avec les F/A-18E Super Hornet entrés en service en 1999[28].

Rafale A néanmoins retenu[modifier | modifier le code]

Logo du programme Rafale.

Le 26 janvier 1988, le lancement du programme Rafale est officiellement annoncé par un comité interministériel tandis que le contrat de développement est signé le 21 avril 1988. À cette date, AMD-BA, Snecma, Thomson-CSF et Dassault Electronique passent en phase de réalisation des matériels de présérie. Le démonstrateur Rafale A, après avoir passé Mach 2 sur General Electric F404 au cours de son 93e vol (le 4 mars 1987), simulé des appontages sur le Clemenceau (le 30 avril 1987) à vitesse minimale, effectué un 460e vol avec un réacteur F404 à droite et un Snecma M88 à gauche[29] (27 février 1990) est retiré des essais après 867 vols (le 24 janvier 1994).

Prototypes en phase de test[modifier | modifier le code]

Rafale C01 et B01[modifier | modifier le code]

Pour répondre aux différentes missions qui lui seront confiées – défense et supériorité aérienne, reconnaissance, appui-feu rapproché, attaque de précision et d'interdiction au moyen d'armes conventionnelles, frappe nucléaire –, le Rafale destiné à l'Armée de l'air est décliné en deux versions, le Rafale C (pour « chasseur ») et Rafale B (pour « biplace »), avions respectivement monoplace et biplace. Un prototype du Rafale C, dénommé C01, est commandé le 21 avril 1988 et réalise son premier vol le 19 mai 1991[30],[31], inaugurant ainsi le début d'un programme de test qui vise essentiellement à élargir le domaine de vol du Rafale et tester les turboréacteurs Snecma M88, puis, par la suite, l'interface homme/machine et les armes. Un second prototype, le Rafale C02, est également prévu avant d'être annulé à l'automne 1991 en raison de contraintes budgétaires[32].

Le Rafale C01, prototype destiné à l'armée de l'air française, reconnaissable à l'absence de perche de ravitaillement.

Le Rafale C01, qui arbore une livrée noire suggérant la furtivité, est significativement différent du démonstrateur Rafale A. La compacité du moteur M88 par rapport au F404 permet tout d'abord d'alléger le prototype d'une tonne (8,5 contre 9,5 tonnes pour le Rafale A) en réduisant sa longueur d'un mètre, son envergure de 1,15 mètre et sa surface alaire de 2 m2. Au niveau de l'aérodynamique, la voilure est elle-même simplifiée, revenant à une aile delta simple prolongée par un apex vers les entrées d'air. L'empennage est raccourci et sa jonction avec le fuselage est revue, déplaçant l'entrée d'air auxiliaire du pied de l'empennage vers la verrière.

En vue de l'intégration du système de guerre électronique SPECTRA, le Rafale C01 est muni, à la façon des Mirage 2000, d'un ballonnet tandis que les plans canard sont modifiés et peuvent servir d'aérofreins. La pointe avant est plus large, afin d'y loger le radar RBE2, mais surtout inclinée vers le bas pour faciliter la visibilité lors des appontages. Enfin, des efforts ont été faits pour réduire la surface équivalente radar, grâce notamment à l'utilisation étendue de matériaux absorbants les ondes radar.

Le Rafale B01, d'une livrée camouflage, dont le premier vol se déroule le 30 avril 1993[30],[31], est quasiment identique au C01. Hormis le fait qu'il s'agit d'un biplace, le B01 est plus lourd de 700 kg et sa capacité en carburant est réduite de 500 litres. L'entrée d'air du circuit de refroidissement est modifiée pour loger le deuxième poste de pilotage, identique au premier et interchangeable, indispensable aux complexes missions de pénétration.

Rafale M01 et M02[modifier | modifier le code]

Catapultage d'un Rafale depuis le porte-avions USS Theodore Roosevelt.

La Marine nationale dispose d'une version spécifique du Rafale, dénommée Rafale M (pour « Marine »), en raison de la particularité des opérations menées à partir d'un porte-avions. Deux prototypes de cette version, les Rafale M01 et M02, sont commandés le 6 décembre 1988 et effectuent leur premier vol respectivement le 12 décembre 1991[30],[31] et le 8 novembre 1993[30],[31]. D'une livrée grise, ils sont également quasi identiques au Rafale C01.

Les trains d'atterrissage principaux Messier-Bugatti-Dowty sont renforcés pour absorber une énergie verticale d'appontage correspondant à une vitesse de 6,5 mètres par seconde (soit 23,4 km/h)[33]. Pour l'envol à partir d'un porte-avions, le choix d'une barre de catapultage à la place des élingues accrochées au fuselage oblige à renforcer également le caisson du train avant (en titane et acier haute résistance), plus sollicité. L'amortisseur est doté d'un dispositif « jump strut » qui permet d'emmagasiner de l'énergie lors du catapultage et de la restituer en bout de pont d'envol[33]. Cette technologie sera conservée sur les Rafale de série.

La technologie du train d'atterrissage avant – à laquelle s'ajoutent des astuces comme la rotation à 360° des roues à l'arrêt ou de ±75° lors de la rentrée – et son encombrement obligent à réduire les points d'emport d'armement de 14 à 13 par rapport au C01. Les Rafale M01 et M02 sont, en outre, dotés d'une crosse d'appontage plus lourde que celle utilisée pour les atterrissages d'urgence du Rafale C01, d'une échelle télescopique repliable dans le fuselage, de deux batteries au lieu d'une et, en bout de dérive, du système inertiel infrarouge (hybridé GPS) d'alignement à la mer TELEMIR de Sagem Défense Sécurité.

Coût du programme Rafale[modifier | modifier le code]

Le coût global du programme Rafale (développement, construction, exploitation, modernisation et maintenance), initialement évalué à 33,274 milliards d'euros pour 294 avions en 2005[34], est revu à la hausse en 2008 à 39,6 milliards d'euros[35], puis en 2010 à 40,690 milliards d'euros[36] pour 286 avions, en incluant les améliorations nécessaires pour s'adapter à l'évolution de la demande. Le coût moyen de fabrication d'un Rafale (toutes versions confondues) est de 101,1 millions d'euros par appareil en 2011 soit une hausse de 4,70 % par rapport au coût de fabrication initial, l'une des plus faibles hausses des programmes d'armements[37].

En 2011, le programme Rafale est estimé à 43,56 milliards d'euros par le Sénat[38]. Le coût prévisionnel du programme par appareil et sur la durée totale du programme (40 ans) qui était de 142,3 millions d'euros en 2010 selon la Cour des comptes est donc réévalué à 152 millions d'euros[36]. Pour comparaison, celui de son concurrent historique, l'Eurofighter Typhoon, est estimé par la Cour des comptes britannique (NAO) à 272 millions d'euros (près de 75 % de hausse par rapport au coût initial) soit près du double du prix du Rafale[39],[40]. Le coût du nouveau programme concurrent Lockheed Martin F-35 Lightning II est évalué en avril 2012 par les services du secrétaire américain à la Défense à 1550 milliards de dollars américains dont 396 milliards de dollars américains pour les seuls frais de développement qui peuvent se comparer aux 15 milliards d'euros des frais de développement du programme Rafale[41]

Pour la Cour des comptes, le coût de soutien du Rafale est, en décembre 2004, de 35 000 euros l'heure de vol et devrait, selon le ministère de la Défense, diminuer à 10 000 euros l'heure de vol pour les Rafale C et B, et à 7 000 euros pour le Rafale M en 2012[42].

En 2013, la marine française estime le coût de l'entretien programmé de sa flotte de Rafale M passant de 23 à 35 appareils en cours d'année à 100,6 millions d'euro; le taux de disponibilité étant de 38,6 %[43].

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Aérodynamique[modifier | modifier le code]

Le Rafale est équipé de deux larges plans canard, quatre becs de bord d’attaque, quatre élevons et une gouverne de direction pour optimiser la portance/trainée et réduire le dérapage dans les différentes phases de vol. Comme le Mirage 2000 et la plupart des avions de combat des années 2000, la voilure du Rafale est conçue pour être aérodynamiquement instable en tangage à vitesse subsonique ; cela signifie qu'une augmentation de l'incidence provoque l'apparition d'un couple à cabrer qui tend lui-même à augmenter la variation d'incidence[44]. Cette caractéristique procure une grande maniabilité à l'aéronef. L'inconvénient est qu'un aéronef instable ne peut être maintenu dans une attitude stable qu'en appliquant des consignes rapides et précises sur les commandes de vol. Cela ne peut être accompli avec un contrôle manuel direct et par un pilote seul. Le Rafale dispose pour cela d'un système de commandes de vol électriques en fibre optique (CDVO ou fly-by-light) conçu et produit en interne par Dassault Aviation, et qui est un développement numérique du système de commandes de vol analogiques qui équipe le Mirage 2000. Il fonctionne à plusieurs niveaux de redondance (trois canaux numériques indépendants et un canal analogique de secours), le tout alimenté par différentes sources électriques. Le système hydraulique qui alimente les commandes de vol fonctionne à plus de 345 bars[45], permettant une exceptionnelle manœuvrabilité.

Ailes[modifier | modifier le code]

Décollage d'un Rafale depuis le porte-avions USS Harry S. Truman.

Le Rafale est doté d'une aile delta à flèche modérée (48° contre 58° pour le Mirage 2000 et 53° pour Eurofighter). L'aile delta offre, de par la combinaison entre une surface d'aile relativement grande et une charge alaire relativement faible, un bon compromis entre portance et traînée ; cette configuration permet en outre une grande maniabilité, notamment à vitesse transsonique (environ Mach 0,8 à 1), et une grande efficacité à vitesse supersonique (jusqu'à Mach 1,8). Montée en position moyenne sur le fuselage, la voilure est prolongée par des apex à 72° dénommés LERX (en) (Leading Edge Root eXtension). La flèche modérée ayant permis d'améliorer les performances à basse vitesse mais ayant à l'inverse diminué l'incidence de décrochage, les apex permettent d'accroître la portance à forte incidence.

Pour le contrôle du vol, huit commandes sont installées sur les ailes. Sur le bord de fuite des deux ailes sont placés deux grands élevons, conjuguant l'action d'une gouverne de tangage (volet de profondeur) à celle de roulis. Sur le bord d'attaque sont également installées deux becs mobiles, qui permettent essentiellement d'augmenter la portance. Comparé au Rafale A, qui disposait de trois élevons et trois becs sur chaque aile, cette configuration simplifiée permet de gagner en poids et en simplicité, donc en coût et en maintenance. Contrairement aux traditions de l'aviation navale française qui met alors en service des aéronefs aux extrémités d'aile repliables, celles du Rafale, toutes versions confondues, demeurent fixes.

Selon des simulations de Dassault Aviation, le Rafale Marine est compatible avec les porte-avions dotés de tremplin[46].

Plans canard[modifier | modifier le code]

Un Rafale effectuant un « touch and go » sur le pont d'envol de l'USS John C. Stennis.

Les deux apex du Rafale sont chacun prolongés par une partie mobile dénommée plan canard, placée en position rapprochée et surélevée par rapport à l'aile. Des plans canard fixes avaient déjà été utilisés par Dassault sur le Mirage 4000. Ce dispositif permet d'adapter le flux incident sur l'aile et de diminuer voire retarder la formation de vortex en bout d'aile (tourbillon marginal), source importante de traînée[47],[48]. Conjugués aux élevons de l'aile, les plans canard augmentent la vitesse angulaire de tangage, donc la maniabilité de l'aéronef.

Mobiles, les plans canard peuvent être placés en position rapprochée des ailes, ce qui offre au pilote, en particulier dans la version à deux sièges, une meilleure visibilité pour les missions air-sol[48]. Ils peuvent également, outre servir d'aérofreins, générer un moment cabreur : à l'atterrissage, au lieu d'être braqués vers le haut, les élevons sont légèrement braqués vers le bas, ce qui permet d'abaisser la vitesse minimale d'approche lors d'un appontage. La portance est cependant plus faible que celle de volets d'atterrissage à simple ou double fente montés sur les avions conventionnels. Le Rafale peut ainsi effectuer un décollage en moins de 400 mètres tandis que sa vitesse d'approche minimale est de 115 nœuds (213 km/h), inférieure à celle des Super-Étendard et F-8 Crusader. Les freins carbone très puissants permettent par ailleurs des distances d'atterrissage très courtes (450 m) sans utilisation de parachute de queue.

Prises d'air[modifier | modifier le code]

Les deux entrées d'air destinées à alimenter le moteur sont positionnées latéralement sous les apex et non en position ventrale comme sur le General Dynamics F-16 Fighting Falcon ou l'Eurofighter Typhoon. Cette disposition est considérée par Dassault comme le gage d'une meilleure stabilité structurelle du train d'atterrissage avant. Par ailleurs, deux entrées d'air permettent une indépendance totale des deux moteurs, ce qui signifie plus de sécurité[48] ; le risque d'aspirer des corps étrangers et de provoquer une avarie moteur est ainsi diminué ; en outre, la furtivité vis-à-vis d'une émission radar arrivant du haut (type AWACS) est augmentée, les entrées d'air étant l'un des meilleurs réflecteurs radar d'un aéronef. Les entrées d'air du Rafale ne sont pas réglables ; cela simplifie la conception, réduit le poids et les exigences en termes d'entretien, au détriment cependant d'un flux d'air optimal pour les moteurs, et donc une perte de puissance par suralimentation.

Cockpit[modifier | modifier le code]

Confort de pilotage[modifier | modifier le code]

L'accès au cockpit du Rafale se fait grâce à une échelle extérieure.

Le cockpit du Rafale est équipé d'un siège éjectable Martin-Baker Mk F16F zéro/zéro – ce qui signifie qu'il peut être utilisé à l'arrêt à une hauteur de zéro mètre au-dessus du sol – à haute vélocité, doté d'un parachute GQ Type 5000. Il est fabriqué en France par SEM-MB, une coentreprise à 50 % entre Safran et Martin-Baker[49]. De 32° sur le prototype Rafale A, l'inclinaison du siège est de 29° sur le Rafale de série afin de donner au pilote, même le plus petit, un accès aux instruments et une vision optimale ; une telle inclinaison permet également de réduire la distance verticale entre le cœur et le cerveau du pilote, ce qui facilite la tenue des fortes accélérations[49]. Avec un angle d'attaque maximal d'environ 30°, le pilote bénéficie donc d'une inclinaison de 59° et ne ressent ainsi que g, voire 7 g grâce à sa combinaison anti-G.

La poignée des gaz à 24 interrupteurs et commutateurs (à gauche) et le manche à 13 interrupteurs et commutateurs (à droite) disposent chacun d'un reposoir pour les avant-bras. De type 3M, pour Main sur Manche et Manette (HOTAS pour Hands On Throttle And Stick en anglais), ils permettent au pilote de ne jamais relâcher les commandes pour dialoguer avec le Système de navigation et d'attaque (SNA).

Enfin, un générateur d'oxygène embarqué (On-Board Oxygen Generation System, OBOGS) fabriqué par Air liquide sert à augmenter la teneur en oxygène de l'air prélevé au niveau d'un compresseur du moteur afin qu'il soit fourni directement aux pilotes. Avec l'OBOGS, la production d'oxygène est quasiment infinie et facilite la logistique : pas de production au sol, ni de chargement et d'installation des bouteilles à bord.

Interface homme-machine[modifier | modifier le code]

L'afficheur tête haute du Rafale apparaît ici en vert.

La visualisation tête haute holographique de type « Head-Up Display » (HUD) d'un champ de vision de 30 × 22° est l'outil de pilotage à court terme du décollage à l'atterrissage en passant par toutes les phases intermédiaires (y compris le combat). Il affiche des informations sur la vitesse, l'altitude, l'assiette, le cap, l'horizon artificiel, l'angle d'attaque, le temps de vol effectué, les alarmes provenant d'un capteur infrarouge, le temps de vol à parcourir des MICA, la décélération, etc. Le viseur de casque (Head-mounted display) Sextant Avionique-Intertechnique TopSight E, léger (1,45 kg), procure à l'œil droit du pilote un angle de vue de 20°, ainsi que des visualisations graphiques générées par la cible et l'instrumentation de l'appareil. Il pourra à terme remplacer complètement la visualisation tête haute à l'instar du F-35 Lightning II.

La visualisation tête moyenne présente la situation tactique sur un écran LCD couleur de 25,4 × 25,4 cm (10 pouces) placé juste en dessous et à proximité de la visualisation tête haute, d'une résolution de 1 000 × 1 000 et d'un champ de 20 × 20°. Comme cette dernière, la visualisation tête moyenne est colimatée « à l'infini » pour l'accommodation de l'œil du pilote. L'écran affiche une synthèse des différents capteurs (en particulier l'enveloppe de tir du SCALP-EG et des MICA, superposée à une cartographie synthétique). La visualisation tête moyenne comprend également deux écrans LCD couleur, tactiles et interchangeables de 15 × 15 cm, placés à gauche (plutôt affecté à la navigation) et à droite (plutôt affecté à l'armement) de l'écran principal.

Matériaux et furtivité[modifier | modifier le code]

Matériaux utilisés dans la construction du Rafale.

La surface mouillée du Rafale est composée d'environ 75 % de matériaux composites, ce qui représente près de 30 % de la masse totale de l'aéronef[50] ; en comparaison au Mirage 2000, le Rafale utilise 7 % de matériaux composites en plus. En prenant en compte tous les matériaux non conventionnels, la proportion monte à 50 % pour le Rafale de série contre seulement 30 % pour le prototype Rafale A. Pour les pièces potentiellement sujettes à des chocs, telles que les becs de bord d'attaque et les plans canard, du titane est utilisé. Les becs sont d'ailleurs conçus par formage superplastique et soudage par diffusion[51]. Les ailes, les élevons, le gouvernail et environ 50 % de l'enveloppe extérieure sont réalisés en fibre de carbone, tandis que de la plus grande partie du fuselage est fabriquée à partir d'un alliage aluminium-lithium ; certaines parties du fuselage utilisent également des composites thermoplastiques[52]. Enfin, le nez, où se situe le radar, est en kevlar. Finalement, le gain de poids réalisé grâce à l'utilisation de ces matériaux est estimé à 300 kg[53].

Le Rafale est un avion semi-furtif, la configuration à aile delta et plans canard n'étant pas la configuration optimale en termes de furtivité puisque les points d'emport des armes sont uniquement placés à l'extérieur. Pour autant, des mesures ont été prises pour diminuer la signature radar du Rafale – l'utilisation étendue de matériaux composites constitue la première de ces mesures[54] – et pour réduire la surface équivalente radar (SER)[45]. Les entrées d'air ont par ailleurs été placées de telle sorte qu'il soit impossible d'avoir une vue directe sur les moteurs, les aubes du compresseur étant une source importante de réflectivité radar. Outre les matériaux composites, des matériaux absorbant les ondes radar ont également été utilisés ; la verrière est ainsi recouverte d'une fine couche d'or. Des mesures, non dévoilées par Snecma, ont enfin été prises pour réduire la signature infrarouge des moteurs[55].

Avionique et capteurs[modifier | modifier le code]

L'un des atouts majeurs du Rafale réside dans sa capacité de fusion de données multi-capteurs qui intègre les informations provenant du radar à balayage électronique RBE2, du système optronique secteur frontal (OSF), du système de guerre électronique SPECTRA, de l'IFF, des autodirecteurs infrarouge des MICA IR, et de la liaison de données L16 en fournissant au pilote une situation tactique unique, facilement interprétable ; cette fonction est dénommée FSST pour « Fonction Synthèse de la Situation Tactique ».

Radar RBE2[modifier | modifier le code]

Le Rafale est équipé d'un radar à balayage électronique RBE2 (Radar à Balayage Électronique deux plans) de 270 kg à antenne électronique passive (Passive Electronically Scanned Array ou PESA), conçu par Thales-Dassault Électronique.

Le balayage électronique permet de ne plus être limité par la vitesse du balayage mécanique[Note 7]. En déphasant les signaux émis, le RBE2 permet de suivre jusqu'à 40 pistes très éloignées les unes des autres et d'en engager 8 en poursuite renforcée à 100 km de distance, y compris en mode air-sol.

Par comparaison, le F-22, qui est le chasseur le plus sophistiqué de l'US Air Force, ne peut engager que deux cibles simultanément en mode-air-sol[56],[57] avec identification Friend or Foe (IFF) automatique et de basculer presque simultanément du mode air-sol au mode air-air[57].

Le grand avantage du couple avion/radar Rafale F3.2/RBE2 par rapport au couple Mirage 2000N K3/ANTILOPE 5, c'est la possibilité de suivre le terrain en utilisant une base de données numériques qui libère toute la capacité du radar RBE2 pour rechercher et engager les pistes en air-air avec 6 missiles MICA avec 60 à 80 km de portée, quand le Mirage 2000N K3 doit utiliser son radar pour les deux missions avec une très faible capacité d'autoprotection par deux missiles Magic II de 15 km de portée, sans compter les performances supérieures du système SPECTRA du Rafale.

Le handicap du RBE2 PESA réside dans sa portée jugée un peu courte pour les pays ne disposant pas d'avions de type AWACS[57]. En 2006, et malgré la dotation française en AWACS (E-2 Hawkeye pour la Marine nationale et E-3 Sentry pour l'Armée de l'air), la DGA passe commande auprès de Thales d'un radar RBE2-AESA de cinquième génération possédant une antenne dite active (Active Electronically Scanned Array ou AESA). En août 2010, le premier radar RBE2-AESA sort de chaîne d'assemblage. Soixante ont été commandés par la DGA pour équiper tous les Rafale de la tranche 4 commandés pour l'armée de l'air et la marine et livrables à partir de 2013[58].

En février 2012, le premier RBE2 AESA de série est livré par Thales à Dassault Aviation pour être monté sur le Rafale monoplace C137, qui sera livré à la DGA dans le courant de l'été 2012. La Rafale C137 deviendra le premier avion de série en Europe à être doté d'un radar à antenne active, ce qui lui permettra de renforcer son caractère omnirôle.

Le premier Rafale de la Marine nationale équipé du RBE2-AESA sera le Rafale M39. Ce nouveau radar à antenne active permettra de continuer à poursuivre et à engager des cibles aériennes sortant du champ exploré par le radar. Il permet également le vol automatique de suivi de terrain et présente au pilote une cartographie haute résolution pour identification, recalage ou désignation de cibles terrestres ou navales[59]. Enfin, il offre une résistance accrue au brouillage.

Lors d'un essai en mai 2011, le radar RBE2-AESA monté sur le Mirage 2000 B501 a pu montrer sa capacité à détecter et à poursuivre un avion de ligne en éloignement à 140 km, soit une augmentation de 40 % par rapport à la version RBE2 PESA. La portée maximum est estimée à 200 km et permettra au Rafale d'exploiter pleinement le nouveau missile Meteor. Le secteur angulaire couvert a été porté de 120° à 140° en avant de l'appareil et les capacités de résistance au brouillage ont été améliorées. La fiabilité sera accrue par rapport à la version RBE2 PESA pour atteindre, selon les industriels, 10 ans d'utilisation de l'antenne active sans intervention de maintenance[60],[61],[62]. Lors de la campagne d'essais CDG8, le Rafale M02 emportait pour la première fois un radar RBE2 AESA à bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle[63].

Le 2 octobre 2012, la DGA a pris livraison du Rafale C137, premier des 60 Rafale de la tranche 4 à être équipé du nouveau radar RBE2 AESA, suivi en juin 2014 du Rafale M40, premier Rafale M de la tranche 4 et deuxième Rafale de la Marine nationale à être équipé du nouveau radar RBE2 AESA [64] [65].

OSF[modifier | modifier le code]

Le RBE2 est placé dans le nez tandis que l'OSF est visible à l'avant, à côté de la perche de ravitaillement en vol.

Développé par Thomson-CSF et Sagem-SAT, l'optronique secteur frontal (OSF) est un système visuel passif – il n'émet donc aucun signal, ce qui lui permet de rester indétectable – composé d'une voie infrarouge bi-bande (3-5 µm et 8-12 µm) tous temps, capable de poursuivre les cibles à plus de 100 km, et d'une voie télévision Thales capable d'identifier une cible, d'en détecter l'armement, etc. à plus de 50 km. Le capteur TV est couplé à un télémètre laser de faible portée et peu discret[66]. Son faible encombrement (80 litres) lui permet d'être implanté au pied de la verrière du cockpit, proche du radar[66].

Ce système présente le grand avantage de permettre une identification visuelle à 50 kilomètres, donc le tir d'un missile MICA à 50 kilomètres en respectant les règles d'engagement strictes qui s'appliquent dans les guerres modernes, alors que la plupart des autres avions imposent à leur pilote de s'approcher pour identifier à vue, ce qui impose de ne tirer les missiles qu'à quelques kilomètres au risque d'être eux-mêmes pris pour cible. En revanche, l'OSF ne fonctionne que dans le secteur frontal du Rafale.

Nacelle de reconnaissance[modifier | modifier le code]

La nacelle de reconnaissance Thales tous temps AREOS Reco NG mesure 4,6 m et pèse 1 100 kg. Elle intègre deux capteurs : un senseur bispectral infrarouge et proche infrarouge pour la haute/moyenne altitude (HA/MA), qui permet de photographier des objectifs jusqu'à 60 nautiques, soit deux à trois fois plus loin que la nacelle PRESTO[67] des Mirage F1 CR, et un senseur infrarouge pour la très basse altitude (TBA) destiné à la photographie d'horizon à horizon à seulement 60 mètres du sol et à haute vitesse.

La nacelle connaît en permanence sa position grâce aux informations transmises par le système de navigation et d’attaque (SNA) de l’avion et par sa propre centrale d'attitude interne. Ceci permet de pointer automatiquement le senseur HA/MA pour couvrir les objectifs définis en préparation de mission, en prenant en compte le relief grâce à un modèle numérique de terrain. Les images sont transmises en vol en temps réel ou en temps différé vers une station d'aide à l'interprétation des images (SAIM). Cette station peut être déployée soit dans une cabine aménagée mobile, soit sur le porte-avions Charles de Gaulle.

Au 15 février 2011, douze nacelles AREOS Reco NG ont été commandées par l’Armée de l’air et huit par la Marine nationale[68].

SPECTRA[modifier | modifier le code]

Les éléments constituant le capteur SPECTRA.

Le système de guerre électronique Thales-MBDA SPECTRA (Système de Protection et d'Évitement des Conduites de Tir pour RAfale) de 250 kg est le système d'autoprotection du Rafale. Le Rafale possède trois détecteurs radar de 120° (deux antennes devant les plans-canard, une antenne en haut de dérive), trois détecteurs d'alerte laser (DAL) de 120° (deux antennes sur le fuselage en bas du pare-brise, une antenne logée dans un barillet sur la dérive) et deux détecteurs de départ missile (DDM) infrarouge (deux antennes logées dans un barillet sur la dérive).

Complètement intégré dans la cellule et passif, il assure une veille dans tous les spectres sur 360° en détectant une source avec une précision de moins de 1° (suffisante pour les attaquer ou les brouiller individuellement), en l'identifiant par comparaison des signaux à une banque de données, en hiérarchisant et en localisant les menaces en mode interférométrique, en les fusionnant avec les pistes détectées par d'autres capteurs (radar, OSF), en les présentant au pilote et en lui proposant des contre-mesures. Le Rafale possède 3 brouilleurs (2 antennes à balayage électronique actives situés devant les entrées d'air et un à la base de la dérive), 4 lance-leurres modulaires à éjection vers le haut (placés à la jonction de l'aile et du fuselage) et 2 lance paillettes Spirale (qui coupent des paillettes à la demande en fonction de la longueur d'onde des radars à leurrer en bord de fuite de l'aile).

Communication[modifier | modifier le code]

Si elle n'est pas à proprement parler un capteur, la liaison de donnée tactique OTAN L16 utilise un terminal MIDS-LVT (Multi-function Information Distribution System-Low Volume Terminal) de 29 kg qui permet au Rafale d'échanger, sans l'utilisation de la voix, des données tactiques complexes entre unités militaires aériennes, terrestres et maritimes dans le cadre d'une Network Centric Warfare (« guerre en réseau infocentrée »), le tout à 100 kbits/s.

Le Rafale est doté d'une fusion de données complètement intégrée au système d'armes. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, messages PPLI (Precise Participant Location and Identification), pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement et de contrôle) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA). Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN.

Moteurs[modifier | modifier le code]

Tuyères d'échappement des deux M88-2 du Rafale.

Snecma débute les essais du réacteur M88-2 en janvier 1984, soit 8 mois à peine après la livraison à l'Armée de l'air du 1er Mirage 2000, équipé du réacteur M53. La qualification du M88-2 est obtenue le 30 septembre 1992 après 500 heures de vol.

Le M88-2, moteur modulaire entièrement nouveau à double corps et double flux, d'une longueur de 3,53 mètres, d'un diamètre de 69,3 cm et d'une masse de 897 kg, est développé spécialement pour le Rafale. Compact[Note 8], il délivre 50 kN de poussée à sec et 75 kN avec postcombustion, offre un rapport poussée/masse élevé et de fortes accélérations. Le M88-2 doit s'adapter au vol à basse altitude à faible consommation spécifique (et possède donc un fort taux de compression de 24,5 et des composants au rendement élevé) comme au vol à haute altitude à forte poussée spécifique (et possède donc un faible taux de dilution de 0,3). À cet effet, les innovations les plus récentes du secteur, telles que des disques de compresseur aubagés monoblocs (DAM), une chambre de combustion annulaire non polluante et des aubes et distributeurs de turbines haute pression monocristallins, sont employées.

Le moteur est régulé automatiquement à pleine autorité redondante (FADEC) par deux calculateurs, ce qui permet un pilotage sans restriction (démarrage des deux moteurs en deux minutes, et passage à la postcombustion en trois secondes) et une maintenance facilitée : les 21 modules du M88-2 sont remplaçables sans test tandis que les deux réacteurs sont remplaçables en seulement h 45. Le M88-2 bénéficie enfin d'une surface équivalente radar (SER) et une signature infrarouge (SIR) réduites.

Armement et profils de mission[modifier | modifier le code]

Le Rafale est muni de 14 points d'emport externes (13 pour la version marine) lui donnant une capacité d'emport maximale de 9 500 kg. Il est capable d'emporter une large gamme d'armements, déjà testés ou en service. Sa particularité est de pouvoir effectuer simultanément des missions aux profils très variés – la détection de défense sol-air, le tir de missile air-air, le tir de missile air-sol – ne nécessitant aucune reconfiguration, contrairement aux avions multirôles classiques ; c'est pourquoi le constructeur et la presse utilisent le terme « omnirôle » pour le Rafale[69],[70],[71].

Armement air-air[modifier | modifier le code]

Le canon Nexter DEFA 30 M791 du Rafale.
  • Un canon Nexter DEFA 30 M791 monotube de 30 mm et 120 kg comprenant 125 obus de type OPIT (obus perforant incendiaire traçant) pour une cadence de tir de 2 500 obus/minute (soit 3 secondes de tir) est placé sous l'apex de l'aile droite du Rafale, masqué par un cache qui est détruit par le premier projectile tiré. Bien que gardant la dénomination DEFA[Note 9], ce canon est très différent de ceux qui équipent les avions français depuis les années 1950. En effet, à l'époque de son développement, le cahier des charges du canon spécifiait plusieurs innovations dont la capacité de tirer sous de très forts facteurs de charges, à vitesse supersonique (Mach 1 et au-delà), et peut-être même de façon autonome, mais les restrictions budgétaires n'ont pas permis le développement de calculateurs adaptés.
  • Des missiles MBDA MICA (Missile d'Interception de Combat et d'Autodéfense) tire et oublie (Fire And Forget) à moyenne portée ou d'autodéfense à courte portée, guidage électromagnétique ou infrarouge, de troisième génération, d'une portée maximum de 80 km[72] équipent également le Rafale. Quatre modes de tir sont possibles : liaison avion-missile (LAM) longue portée, longue portée sans LAM, courte portée avec autodirecteur accroché sur la cible avant départ ou après départ avec un fort dépointage sur coordonnées L16. Le MICA est un missile à grande manœuvrabilité qui remplit les missions habituellement dévolues à deux types de missiles (à courte portée et à moyenne portée). Le 11 juin 2007, le couple Rafale/MICA a réalisé une première mondiale en tirant sur un agresseur situé derrière le Rafale grâce à une désignation d’objectif transmise par liaison 16 depuis un deuxième avion, transformant ainsi l'agresseur en proie[73]. Le MICA a été commandé par la DGA à 1 110 exemplaires. En octobre 2010, 1 000 exemplaires avaient été réceptionnés par les forces françaises qui disposeront de l’intégralité de ce parc en 2012[74].
  • À moyen terme, des missiles MBDA Meteor à longue portée, guidage inertiel et radar de troisième génération et dotés d'un statoréacteur, d'une portée de plus de 100 km et possédant une très grande NEZ (« No-Escape Zone », soit la distance à laquelle la cible n'a théoriquement aucune chance de s'en sortir), estimée entre 50 km et 60 km, devraient enfin compléter l'armement air-air du Rafale. Une première commande de 200 unités a été notifiée par la DGA en décembre 2010 pour la Marine nationale et pour l'Armée de l'air[75]. Les premiers essais de séparation d'une maquette du missile Meteor ont été réalisés avec succès les 4 et 10 octobre 2012, et le premier missile sera livré en 2018[76].

Armements air-sol et air-mer[modifier | modifier le code]

Ce Rafale Air présente, de gauche à droite, un missile MICA en bout d'aile, un missile de croisière SCALP-EG, 3 bombes guidées AASM, un réservoir externe et un pod de désignation laser Damoclès.

L'armement air-sol du Rafale comprend :

  • La bombe guidée laser Raytheon GBU-12 et GBU-49 Paveway II, et la GBU-24 Paveway III. Le guidage de ces bombes est effectué soit par un soldat au sol équipé d'un système de désignation laser, soit par un pod de désignation laser Damoclès qui peut être emporté par un autre avion ou, depuis janvier 2011, par le Rafale F3 en totale autonomie[77].
  • La bombe guidée Sagem Défense Sécurité AASM, en version GPS-INS ou GPS-INS et image terminale infrarouge, qui permet de détruire des cibles statiques ou mobiles (chars, navires, etc.) avec une précision inférieure à un mètre et une portée de 55 km[78]. Jusqu'à 6 AASM peuvent être tirées en salve avec 0,5 s d'intervalle entre chaque tir.
  • Le missile de croisière MBDA Apache, à longue portée, destiné à la neutralisation à distance de sécurité des pistes d'aérodrome très défendues, mis sous cocon depuis 2008/2009.
  • Le missile de croisière MBDA SCALP-EG, dérivé de l'Apache, à longue portée, guidage inertiel et infrarouge autonome, doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 et d'une charge « broach » de 400 kg. Les Rafale B et C peuvent emporter 2 SCALP-EG alors que les Rafale M sont limités à un seul pour éviter des problèmes de dissymétrie en cas d'appontage.
  • Le missile de croisière préstratégique MBDA ASMP-A à moyenne portée, guidage inertiel, doté d'un statoréacteur et armé d'une nouvelle tête nucléaire, la TNA.
  • Le missile antinavire MBDA Exocet AM39 B2 à moyenne portée, guidage inertiel et radar complète l'armement air-sol pour les opérations en mer (armement air-mer).

Lancement de micro-satellites (Rafale MLA)[modifier | modifier le code]

L'étude Aldebaran (CNES-CDTI-DLR) a retenu un premier concept, celui de « Micro Lanceur Aéroporté » (MLA). L'avion de chasse, dans un vol subsonique et à forte assiette au moment de la séparation, pourrait être un Eurofighter Typhoon, ou un Rafale pour plus de possibilités (12 t contre 10 t, train du Rafale Marine renforcé notamment). Deux options ont été identifiées, pour un Rafale opérationnel :

  • utiliser le point d’emport habituel : un lanceur monocorps permettrait de placer sur orbite des charges allant jusqu’à 50 kg ;
  • tirer pleinement parti de la capacité d’emport du Rafale (jusqu'à 12 t), pour placer des satellites de 150 kg, avec une configuration tricorps (Trimaran), le corps central étant complété par deux corps latéraux servant à la propulsion (à propergol solide)[79].
    • Volume choisi[80] : 1,8 m (L) x 1,05 m (H) x 1,5 m (D), pour emporter des satellites comme Parasol (classe des satellites Myriade, 120 kg), 1,8 m (L) x 0,94 m (H) x 1,5 m ; Picard, satellite déjà mis sur orbite (150 kg) ; Taranis (dérivé de Myriade, 180 kg) ; 1,8 m (L) x 1,05 m (H) x 1,5 m ;
    • Exemples d'orbites / masse (Trimaran, avec des technologies standard) : SSO 800 km/98.6°, 156 kg ; SSO 268 km/96.5°, 189 kg ; EQU 268 km/0°, 268 kg[81].

Aucun tir n'a eu lieu ou n'est programmé en 2013 avec ce concept.

Carburant[modifier | modifier le code]

La capacité des réservoirs internes du Rafale est de 4 700 kg et il peut emporter jusqu'à 6 700 kg supplémentaires avec 1 à 5 réservoirs externes de 1 250 litres chacun, 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun et deux réservoirs conformes (CFT en anglais, pour « Conformal Fuel Tank ») dorsaux de 1 150 litres chacun[Note 10], spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite et ainsi allonger le rayon d'action, pour les missions de pénétration notamment. L'adoption de CFT permet également de dégager des points d'emport et d'augmenter l'armement embarqué. Cependant, même en essais les CFT n'ont jamais été remplis de carburant, ils ne font pas partie de l'inventaire du Rafale[réf. nécessaire]. Enfin, la nacelle de ravitaillement Douglas d'un débit de 620 litres/minute à partir des réservoirs internes[Note 11] du Rafale permet de le gréer rapidement en « buddy-to-buddy » (ou « nounou »), apte à ravitailler un congénère Air ou Marine, tous dotés de série d'une perche de ravitaillement en vol (amovible). Cette dernière technique n'est utilisée que par les Rafale M.

Standards et configurations[modifier | modifier le code]

Le Rafale comprend cinq configurations types selon les profils de mission :

  • la supériorité aérienne, avec deux à six missiles MICA à guidage électromagnétique ou infrarouge ou quatre MICA à guidage électromagnétique et deux Matra R550 Magic plus un réservoir supplémentaire (standard F1) ;
  • le bombardement tactique et l'appui aérien rapproché (close air support) avec deux missiles MICA ou deux Magic II, jusqu'à six bombes guidées AASM plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2) ;
  • le bombardement stratégique en pénétration à longue distance avec un (catapultage d'un porte-avions) ou deux(décollage d'une base terrestre) missiles de croisière SCALP-EG, deux missiles air-air MICA, plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2); Lors de la campagne d'essais CDG8 à bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, une nouvelle configuration F2-12M/M (M/M pour Marine/Meteor) a été testée sur le Rafale M02 avec un radar RBE2, deux missiles air-air Meteor, deux missiles air-air MICA EM, deux missiles air-air MICA IR, un missile de croisière SCALP-EG et deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres (standard F3) [62] ;
  • l'attaque antinavire, avec un (catapultage d'un porte-avions) ou deux (décollage d'une base terrestre) missiles Exocet AM39 B2, 4 missiles air-air MICA, plus deux réservoirs supplémentaires (standard F3) ;
  • la frappe nucléaire avec 6 missiles MICA, 4 à guidage électromagnétique et 2 à guidage infrarouge, un missile ASMP-A plus deux réservoirs supplémentaires de 2 000 litres (standard F3).

Le standard F3 a été mise en service courant 2009.

La DGA décide au premier semestre 2006 d'injecter 400 millions d'euros dans la remise à niveau de l'avion qui se fera, une nouvelle fois, par un étalement des commandes[Note 12]. Ce standard correspondra à une mise à jour des nouvelles technologies, à une furtivité accrue et à une capacité de reconnaissance des appareils ennemis supérieure, permettant au Rafale d'égaler ses principaux concurrents, le F-35 et le F-22 américains[82]. Le standard F3R permettra également au Rafale de tirer le missile air-air longue portée Meteor[83]

Cette mise à jour, tout d'abord appelée F4 puis F3+, est désormais dénommée F3R (R pour road map). Le 10 janvier 2014 à l’occasion d’une visite sur le site Dassault Aviation de Mérignac, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce que le programme portant sur le nouveau standard F3R des Rafales de l’armée de l’Air et de la marine française a été notifié le 30 décembre 2013 par la Direction générale de l'Armement pou un montant d'un milliard d’euros réparti sur cinq ans avec pour objectif la qualification de ce nouveau standard en 2018[84].

Le standard F3R, conditionné par l'arrivée du missile Meteor, comprend[85] :

  • l'adjonction en 2010 au radar Thales RBE2 d'une antenne active (AESA) dotée d'un millier de modules émetteurs-récepteurs à arséniure de gallium au lieu d'un seul tube à ondes progressives (TOP)[Note 13] et permettant un accroissement de 50 % de la portée ;
  • une nouvelle version de l'OSF, l'OSF-IT, qui voit la suppression de la double voie infrarouge obsolète et se contentera d'une voie TV améliorée ;
  • l'intégration d'un détecteur infrarouge de départ missile (DDM-NG) Sagem ou Thales/MBDA à SPECTRA ;
  • une évolution du corps HP du réacteur, baptisée M88-2 Etape 4 Pack CGP (Coût Global de Possession), permettant une réduction du coût de la maintenance avec une durée de vie augmentée jusqu'à 50 % pour certaines pièces tournantes critiques ;
  • le développement d'une nacelle de brouillage électromagnétique de puissance, à la façon de l’EA-18G Growler américain ;
  • l'adjonction de la nacelle de désignation laser Thales Damoclès, conférant une capacité de bombardement à 70 km de jour comme de nuit. Son capteur infrarouge opérant dans une bande moyenne lui permet de garder toute son efficacité dans des conditions atmosphériques chaudes et/ou humides et de tirer les bombes guidées laser GBU-24 Paveway III de 1 000 kg ;
  • l'intégration d'une antenne satellitaire (SATCOM) ;
  • éventuellement, l'adaptation de la roquette de 68 mm développée pour l'Eurocopter Tigre, voire une roquette à guidage laser, elle aussi commune aux deux appareils (Rafale/Tigre).

Au sein des forces armées françaises[modifier | modifier le code]

Commandes[modifier | modifier le code]

Rafale B/C/M

En 1992, les besoins seront révisés une première fois à la baisse ; au lieu de 336 appareils – 225 monoplaces C et 25 biplaces B pour l'Armée de l'air, 86 pour la Marine nationale –, seuls 294 Rafale sont finalement prévus pour les armées françaises : 234 pour l'Armée de l'air (dont 95 monoplaces C et 139 biplaces B) et 60 monoplaces M pour la Marine nationale[34]. Puis une deuxième fois, au 20 novembre 2008, la cible est désormais de 286 appareils : 228 pour l'Armée de l'air et 58 pour la Marine nationale[86].

L'exécution de la loi de programmation militaire (2003-2008) et l'insuffisance de crédits (11 milliards d'euros, soit l’équivalent d’une année complète de programmation) ont par ailleurs conduit à ralentir le rythme de réalisation de la plupart des programmes non nucléaires, l'exemple le plus marquant étant celui du Rafale : la date de la dernière livraison, initialement prévue en 2010, est désormais fixée à 2025[36].

Au 18 novembre 2010, 180 appareils au total avaient été commandés (132 Air + 48 Marine)[87]. En 2011, l'État anticipe la livraison de 11 appareils supplémentaires plus tôt que prévu, afin d'honorer une clause du contrat, signé avec l'avionneur, qui oblige l'État à garantir une cadence minimale de la chaîne de production, compte tenu du fait que le Rafale n'a pas encore trouvé d'acheteur ferme à l'export[88],[89]. en juin 2014, 127 exemplaires de Rafale ont été livrés aux forces armées françaises sur les 180 commandés fermement par les gouvernements français : 40 monoplaces (Rafale M40 livré en avril 2014)[13] [14], 42 biplaces (Rafale B339 en essai) et 45 monoplaces (Rafale C) pour l'Armée de l'air. Il reste donc 53 Rafale à livrer entre juin 2014 et fin 2018.

Unités opérationnelles[modifier | modifier le code]

En 1988, le premier vol d'un appareil de série est prévu pour fin 1995 avec une livraison à partir de 1996. En 1990, la formation du 1er escadron de l'Armée de l'air est repoussée de 1996 à 1999. En 1992, elle est reportée à 2000[31]. Le 18 mai 2001, la flottille 12F de l'Aviation navale, basée sur la base d'aéronautique navale (BAN) de Landivisiau, est la première unité équipée de Rafale, mais elle demeure 3 ans en phase d'expérimentation ; l'unité n'est opérationnelle que le 25 juin 2004.

Le Rafale M au standard F2 est déclaré opérationnel le 21 mai 2008. Les Rafale M2 à M10 au standard F1 ont été mis sous cocon (de facto retirés du service) sur la BAN Landivisiau. Le Rafale M1 sert toujours pour l'expérimentation de nouveaux équipements. Les 10 appareils ont déjà subi des modifications nécessaires au chantier de mise au standard F3 qui se fera entre fin 2011 et 2017 pour le coût d'environ 3 appareils neufs (300 millions d'euros)[90],[91].

Le 40e Rafale Marine au standard F3 est livré en avril 2014 à la Marine nationale. en tenant compte de la perte accidentelle des rafales M18, M22, M24 et M25 et des 10 rafales M1 à M10, en cours de modernisation pour être portés au standard F3 la Marine nationale dispose de 36 Rafale M dont 26 sont en ligne au standard F3. L'été 2011 voit le passage d'une seconde flottille, la 11F, du Super-Étendard Modernisé (SEM) au Rafale M F3. La troisième flottille, la 17F, sera progressivement transformée du Super-Étendard Modernisé (SEM) au Rafale M F3 avec pour objectif d'être opérationnelle fin 2015. Les trois flotilles se partageront 40 Rafales fin 2016[92],[14].

La première unité de l'Armée de l'air sur Rafale, l'escadron de chasse 1/7 Provence de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson destiné à la chasse-bombardement, est opérationnelle depuis le 26 juin 2006[93]. Une seconde unité, l'escadron de chasse 1/91 Gascogne destiné à la frappe nucléaire, a été créée le 31 mars 2009 sur la même base aérienne, et a pris pour la première fois l'alerte nucléaire dans un exercice le 1er juillet 2010, équipée du nouveau missile ASMP-A[94]. Au 1er septembre 2011, l'Armée de l’air a un total de 64 Rafale dont 5 au sein de l'escadron de chasse et d'expérimentation 5/330 Côte d'Argent[95]. L'escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen est déclaré opérationnel le 25 juin 2012 et devient ainsi le quatrième escadron Rafale.

Export[modifier | modifier le code]

En dépit des bonnes performances à l'exportation de la série des Mirage et de spécifications techniques choisies dans le but d'obtenir de bonnes opportunités à l'export, le Rafale n'a jamais enregistré de commandes à l'export. Cependant en janvier 2012 Dassault aviation est entrée en négociation exclusive pour 126 avions destinés à l'armée indienne après avoir éliminé en finale l'Eurofighter Typhoon dont le coût proposé était supérieur de 22 à 26 %, les autres concurrents F-16, F-18, Gripen, Mig 35, ayant déjà été éliminés pour des raisons techniques[96].

Décisions en attente[modifier | modifier le code]

Dassault Rafale au MAKS 2011, Russie
Drapeau de l'Inde Inde
Article détaillé : Compétition MRCA.
Début 2012, le Rafale est très proche de remporter son premier contrat à l’étranger[97]. Dassault fournirait 126 avions multirôles pour un montant de 12 milliards de dollars à l'Indian Air Force dans le cadre de l'appel d'offres dit MRCA, lancé en 2001. Les candidats éliminés dans un premier temps pour des raisons technico-opérationnelles sont le Saab JAS 39 Gripen NG, le Mikoyan-Gourevitch MiG-35 et les General Dynamics F-16IN Super Viper et Boeing F/A-18E/F Super Hornet. Aux États-Unis, le choix indien a généré de très nombreuses critiques contre l'administration Obama et a conduit à la démission de l'ambassadeur américain en poste à New Delhi[98],[99]. La finale a vu s'affronter le Rafale et l'Eurofighter. Le 31 janvier 2012, le gouvernement indien annonce avoir choisi l’offre de Dassault, dont le coût proposé était inférieur de 22 à 26 % à celui proposé pour le Typhoon[100],[96].
Des négociations exclusives avec l'avionneur français sont engagées et, en février 2012, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, estime que la firme a 80 % de chances de remporter le contrat[101]. En mars 2012, le gouvernement indien informe son parlement que le montant des achats sera de 20 milliards de dollars et que les négociations exclusives avec Dassault Aviation devraient se terminer mi-2013 car le premier escadron opérationnel de 18 Rafale est prévu en 2016[102]. Le 17 janvier 2013, l'Inde évoque l'achat possible de 63 avions supplémentaires[103].
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Les Émirats arabes unis, officiellement entrés en négociations le 19 juin 2009[104] ont vivement critiqué, le 16 novembre 2011, l'offre de Dassault, jugée « non compétitive », pour remplacer leurs Mirage 2000 par 63 Rafale. Parallèlement, le 19 avril 2013, un contrat a été signé avec Lockheed Martin pour l'achat de 25 F-16E/F Block 60[105], ce qui repousse encore davantage le besoin de remplacer les Mirage 2000. Le 19 décembre 2013, BAE Systems annonce que l'Eurofighter a été écarté des négociations, laissant le Rafale seul dans la compétition[106].

Négociations futures[modifier | modifier le code]

Rafale au Bourget en 2011
Drapeau du Canada Canada
Dassault a proposé le Rafale au Canada, faisant savoir que l'avion français pouvait répondre à toutes les exigences connues du ministère de la Défense canadien qui envisage l'acquisition de 65 appareils. En juillet 2010, le gouvernement canadien a annoncé l'achat de 65 chasseurs furtifs F-35 Lightning II à la société américaine Lockheed Martin sans qu'aucun appel d'offres n'ait été lancé, une décision critiquée par plusieurs partis de l'opposition, notamment les néo-démocrates et les libéraux qui ont promis l'annulation du contrat. Fin 2012, le gouvernement indique finalement réfléchir à un appel d'offres, à la vue des dérapages des coûts du F-35[107].
Drapeau de la Malaisie Malaisie
Le Rafale serait, selon le quotidien malaisien The Malay Mail, en course pour un nouveau contrat de 18 appareils visant à remplacer les MiG-29N de la force aérienne de Malaisie à l'horizon 2015. Il devrait être opposé une nouvelle fois au F/A-18E/F Super Hornet, à l'Eurofighter Typhoon et au Saab JAS 39 Gripen. Le Rafale a actuellement les faveurs des autorités malaisiennes au vu de ses capacités opérationnelles[108],[109].
Drapeau du Qatar Qatar
Le Qatar a également entamé une évaluation technique de candidatures comprenant, en plus du Rafale, le F-15 Eagle, le F/A-18E/F Super Hornet, le JAS 39 Gripen, le F-35 Lightning II et l'Eurofighter Typhoon pour la fourniture de 24 à 36 appareils. La décision finale devait être prise avant la fin 2012[110], mais elle n'a toujours pas été prise à ce jour.
Drapeau du Koweït Koweït
Le Koweït, à l'instar du Qatar, attend la décision des Émirats arabes unis[111] pour se prononcer sur l'éventuelle acquisition de 18 à 22 appareils.

Drapeau de la Belgique Belgique[modifier | modifier le code]

La Belgique et sa composante air ont lancé début juin 2014 une demande d'informations à cinq fabricants afin de remplacer ses F-16 vieillissants. Il s'agirait d'un achat d'environ 40 avions de combats[112]. Parmi les candidats, se trouvent le Rafale qui a de sérieuses chances. Outre ses qualités intrinsèques, d'une part un certain nombre de coopération existent entre les aviations françaises et belges et d'autre part le volet "compensation industrielle" pourrait être comblé comme une des filiales du groupe Dassault, la SABCA est actuellement un des fleurons de l'industrie aéronautique belge. Cependant, certains prétendent que les ambitions personnelles de l'actuel ministre de la défense belge, le flamand Pieter De Crem, pourraient faire pencher la balance en faveur du F-35[113].

Échecs dans des compétitions[modifier | modifier le code]

Un Rafale B sur la base d'Emmen en Suisse.
Drapeau du Brésil Brésil
Le 1er octobre 2008, le Brésil retient pour la compétition « F-X2 » portant sur l'acquisition de 36 appareils, le Rafale, le McDonnell Douglas F-18E/F Super Hornet et le Saab JAS 39 Gripen après avoir éliminé le Soukhoï Su-35. Le Rafale est soutenu par le président Lula da Silva après des accords passés avec Dassault et avec la France, portant respectivement sur une réduction du prix et sur un transfert total de technologie, y compris les codes informatiques du Rafale, qui sont le cœur numérique de l'appareil, ce que les autres concurrents ont été réticents à accorder[114]. Mais le Rafale est sévèrement critiqué par l'armée brésilienne qui l'estime trop onéreux et surdimensionné pour les besoins du pays, et préfère le Gripen puis le F/A-18 Super Hornet ; le syndicat des métallurgistes de São Paulo appuie également le projet suédois, estimant qu'il créera de 5 000 à 6 000 emplois directs au Brésil[115]. Toutefois, le choix possible du Rafale par l'Inde modifie la position du Brésil, qui se réserve, début 2012, la possibilité de choisir le Rafale[116]. Finalement, le 18 décembre 2013, le ministère de la défense brésilien annonce qu'il retient le Saab JAS 39 Gripen[117]. C'est un nouveau revers pour l'avionneur français qui plaçait de grands espoirs dans ce contrat, le président de la République François Hollande et le président de Dassault Aviation, Éric Trappier, s'étant même déplacés le 12 décembre 2013[118].
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
La Corée du Sud, qui a finalement retenu le F-15 en avril 2002, alors que le Rafale avait les faveurs des autorités et de l'armée sud-coréennes[119],[120].
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Les Émirats arabes unis qui, en 1999, ont finalement retenu le F-16 dans une version sur mesure ultra sophistiquée (Block 60) ;
Drapeau du Maroc Maroc
Le Maroc, en octobre 2007, qui achète finalement le F-16 [121],[Note 14].
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Les Pays-Bas, qui ont finalement rejoint le programme F-35.
Drapeau de Singapour Singapour
Singapour qui, en août 2005, a également retenu le F-15, éliminant le Rafale à la dernière minute, pourtant favori de la compétition.
Drapeau de la Suisse Suisse
La Suisse, qui choisit le 30 novembre 2011 le Saab Gripen (au détriment du Rafale et de l'Eurofighter Typhoon) dans le cadre du programme TTE de remplacement partiel de la flotte de F-5E Tiger II[122]. Toutefois, une contre-proposition a été faite par Dassault au Parlement suisse[123].
À la suite de cette annonce, le journal suisse Le Matin a publié un document des Forces aériennes suisses de novembre 2009 qui indique que le Rafale était leur favori, et que le Gripen choisi par le Conseil fédéral était jugé moins bon que le Rafale, en particulier pour la mission de police du ciel, mais aussi que leurs F/A-18C[124]. La capacité d'emport d'un Rafale est de 15 000 kg, soit plus que la masse maximale au décollage d'un Gripen NG (16 500 kg).
Le 18 mai 2014, les citoyens suisses rejettent cependant lors d'un vote le plan de financement prévoyant l'achat de 22 Gripen pour 3,126 milliards de francs suisses[125].

Marques d'intérêt[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs autres pays, des sources officielles ou parfois des rumeurs, ont fait état de marques d'intérêt et de discussions avec Dassault Aviation. Dans le cas de l'Arabie saoudite et du Royaume Uni, ces marques d'intérêts n'ont jamais été suivies de pourparlers sérieux et visaient seulement à faire pression sur leur fournisseur habituel, BAE Systems et Lockheed Martin respectivement.

  • La Grèce (40 appareils), qui s'intéressait aussi au Typhoon, faisait partie des acquéreurs potentiels, mais en raison de la crise économique, son premier ministre, Georges Papandréou, a déclaré que les problèmes budgétaires rendent difficile d'aborder ces perspectives[126] ;
  • La Grande-Bretagne, en 2006, considérait le Rafale comme une alternative au F-35 pour ses porte-avions[127],[128] ;
  • L'Arabie saoudite, qui avait déjà, en août 2006, commandé 72 Eurofighter Typhoon;
  • La Libye, qui s'intéressait, en 2010, également au Su-35[129] ;
  • L'Égypte fait parvenir une « expression d'intérêt » pour 12 à 20 appareils en début d'été 2011, mais la situation géopolitique fait que la France ne donne pas suite[130].

Offres directes[modifier | modifier le code]

Dans d'autres pays enfin, c'est le gouvernement français qui a pris l'initiative de proposer le Rafale, sans succès.

Engagements[modifier | modifier le code]

Afghanistan[modifier | modifier le code]

Catapultage d'un Rafale F2 du porte-avions USS Enterprise au large de Cannes (23 juillet 2007).
Deux Rafale, dont un à l'appontage, à bord de l'USS Harry S. Truman au large de Marseille (21 mai 2008).

À partir du 12 mars 2007, trois Rafale de l'armée de l'Air basés à Douchanbé au Tadjikistan et trois autres de la Marine nationale déployés à bord du Charles de Gaulle débutent des opérations de soutien aux forces en Afghanistan[133]. Ces appareils sont modifiés en urgence pour pouvoir larguer des bombes à guidage laser, ce qui n'était pas prévu dans la version F2. Toutefois, ils ne sont pas autonomes et doivent compter sur les Mirage 2000 ou les Super-Étendard pour « illuminer » la cible.

Le 28 mars 2007, un Rafale M F2 de la Marine nationale largue une bombe guidée laser GBU-12 Paveway II de 277 kg à la demande des troupes néerlandaises, tandis que le 1er avril 2007, c'est au tour d'un Rafale B F2 de l'escadron de chasse 1/7 Provence de tirer une bombe guidée laser GBU-12 contre une grotte présumée abriter des Talibans dans la région de Helmand[134]. Dès le 8 février 2008, trois Rafale (des B F2 pendant le premier détachement puis des C F2 équipés de l'AASM pendant le second), sont déployés sur la base de Kandahar en Afghanistan où ils rejoignent les trois Mirage 2000 D présents depuis le 26 septembre 2007 et remplacent les trois Mirage F1CR présents depuis le 29 octobre 2007[135],[136],[137] ;

À partir du 13 janvier 2009, trois Rafale de l'escadron de chasse 1/7 Provence de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson sont stationnés sur la base aérienne de Kandahar en Afghanistan, où ils relèvent trois Mirage 2000 D[138].

Libye[modifier | modifier le code]

À partir du 19 mars 2011, des Rafale de l'Armée de l'air et de l'Aviation navale françaises participent à l'opération Harmattan en Libye[139] dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont l'objet est la protection des civils pris sous le feu des forces du colonel Khadafi et l'application d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Le Rafale est le premier appareil à effectuer une frappe offensive en Libye, notamment en détruisant un blindé à plus de 50 km de distance avec une munition AASM.

Le 24 mars 2011, un Rafale détruit au sol un Soko G-2 Galeb libyen, avion d’entraînement yougoslave de 1961, alors qu'il venait d’atterrir à une distance de 55 km[140].

Toujours dans le cadre de cette résolution, les Rafale français ont été impliqués dans des missions de bombardement contre les forces pro-Kadhafi et sont également crédités d'au moins quatre autres destructions d'avions et d'hélicoptères au sol[141].

Pendant les 226 jours de l'opération, 1039 sorties et 4 539 heures de vol ont été réalisées par les Rafale de l'armée de l'air, 616 sorties et 2 364 heures de vol par ceux de la Marine. Environ 45 % des sorties, soit 850, concernaient des missions offensives, réparties approximativement de la manière suivante : environ la moitié ont donné lieu à des tirs d'armements, 45 % pour la reconnaissance et 10 % pour des missions de ravitaillement en vol, menées par les Rafale M en configuration « nounou Texaco » 2 bidons de 2 000 litres (la configuration « super nounou » de 4 bidons de 2 000 litres n'a jamais été nécessaire en raison de la proximité du champ de bataille[142],[143]).

Sans ravitaillement en vol le Rafale peut patrouiller 3 h 15 à 150 km de sa base, contre 2 h 30 pour le Typhoon et 1 h 15 pour le Gripen, caractéristiques qui ont été très utiles lors de l'application de la résolution 1973 de l'ONU en Libye. La maintenance ayant été optimisée dès la conception, seules 310 personnes ont été nécessaires pour les 16 appareils de l'armée de l'air avec un taux de disponibilité remarquable de 95 %[144].

La confiance des instances décisionnelles dans les capacités SPECTRA était telle que les pilotes français commencèrent les opérations sans avoir besoin de soutien aérien SEAD ou de bombardement préalable par des missiles de croisière[145].

Mali[modifier | modifier le code]

Rafale B 113-HO de l'escadron 2/92 Aquitaine à la sortie d'un ravitaillement en vol lors d'une opération au Mali, le 17 mars 2013.

Au cours de l'opération Serval, 2 Rafale B et 1 Rafale C de la base de Saint-Dizier, ainsi que 3 Rafale C de la base de Mont-de-Marsan, ont été transférés à la base aérienne de N'Djamena pour mener des missions de bombardement contre les rebelles islamistes du nord du Mali. Après la relève des Mirage F1 CR le 8 mars 2013, les forces aériennes basées à la base aérienne de N'Djamena sont exclusivement composées de huit Rafale.

Accidents[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre 2007 vers 18 h 20, le Rafale B no 316 immatriculé 7-HL[146] ayant décollé de la BA 113 de Saint-Dizier (France) s'écrase dans une zone boisée de la commune de Neuvic (France), lors d'un vol d'entraînement d'une patrouille d'avions de l'escadron de chasse 1/7 Provence[147]. L'appareil évoluait en no 2 à 4 000 m d'altitude puis a disparu des écrans radar à 1 500 m d'altitude en sortant d'un virage serré à environ 800 km/h[148]. Il n'y avait qu'un seul pilote à bord qui ne s'est pas éjecté. Le Rafale volait non armé, de nuit et par temps de pluie. Les premières conclusions de l'enquête imputent l'accident à une « désorientation spatiale » du pilote qui aurait mal apprécié la position et l'orientation réelle de son avion.

Le 22 mai 2008 à 10 h 34 par temps de pluie, le Rafale M no 16 de la flottille 12F de l'aviation navale sort de la piste ouest de la BAN Lann-Bihoué lors de son atterrissage, franchissant une route et un talus sans que son train cède. Le pilote s'éjecte sans être blessé[149]. L'avion est rapidement réparé et reprend son service quelques semaines plus tard.

Le 24 septembre 2009 à 18 h 9, les Rafale M no 22 et no 25 de la flottille 12F de l'aviation navale qui s'apprêtaient à regagner le porte-avions Charles de Gaulle après un vol d'essai, s'abîment en mer dans le golfe du Lion, à environ 30 kilomètres à l'est de Perpignan, à la suite d'une collision en vol entre les deux appareils due, selon le Bureau enquêtes accident de la Défense (BEAD), à un « facteur humain »[150]. Un des pilotes, le capitaine de corvette Yann Beaufils, a pu s'éjecter et a été secouru[151],[152],[153]. Le second pilote, le capitaine de frégate (R) François Duflot, est mort.

Le 28 novembre 2010 le Rafale M no 18 (standard F3) de la flottille 12F opérant depuis le porte-avions Charles de Gaulle dans le cadre de la mission Agapanthe 2010 s'est abîmé au large des côtes pakistanaises ; le pilote a réussi à s'éjecter[154]. Un problème de gestion de carburant serait à l’origine du crash.

Le 2 juillet 2012, en début d’après-midi, lors d’un entraînement au combat aérien avec un F-18 du porte-avions américain USS Eisenhower, au large des côtes espagnoles, en Méditerranée, le pilote du Rafale Marine no 24 de la flottille 12F de l'aviation navale basée à Landivisiau s’est éjecté en mer. Le pilote français a été récupéré, conscient, par un Pedro US (un hélicoptère américain de sauvetage) et a été transféré à bord du porte-avions français Charles de Gaulle où il a été pris en charge par l’équipe médicale[155].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La potentialité commerciale du réacteur M88 représente alors 5,6 milliards d'euros (valeur de l'euro en janvier 2006).
  2. « L'ACX fut baptisé Rafale, évoquant ainsi à la fois le souffle, le dynamisme et l'esprit de société », selon François Robineau, Rafale : les ailes du futur, Le Cherche midi, Paris, 1994 (ISBN 2-8627-4355-0)
  3. En 1987, on évoque le retrait du F-8 Crusader en 1993 au plus tard tout en rappelant que le Rafale M ne sera pas disponible avant 1996.
  4. Selon le site French Navy, ces essais ont pour but d'étudier le champ visuel dont dispose le pilote lors de la manœuvre d'approche et de l'appontage, ainsi qu'à analyser le comportement et la stabilité du prototype Rafale A lors des approches par l'arrière, c'est-à-dire dans les turbulences occasionnées par le sillage du porte-avions, qui concluront à une vitesse d'approche finale de 255 km/h (10 km/h inférieure à celle du Super-Étendard) et une incidence de 14,5° (pouvant aller jusqu'à 16°) [lire en ligne]
  5. L'US Navy, qui a désarmé trois porte-avions, possède environ 80 F/A-18E Hornet disponibles immédiatement qu'elle se propose de vendre à la Marine nationale au prix imbattable de 206 millions de francs l'unité
  6. Plus tard, le 10 octobre 1995, le chef d'État-major de l'armée de l'Air Jean Rannou propose l'abandon du programme et est qualifié de « général d'opérette », un sobriquet dont on n'affuble pas le ministre de la Défense français Hervé Morin qui, le 10 puis le 17 septembre 2007, dénonce dans La Tribune « cet avion sophistiqué et difficile à vendre ».
  7. Un radar à balayage mécanique est bien envisagé au début du programme sous le nom RDX, qui donne naissance au radar RDY des Mirage 2000-5 et -9
  8. À poussée égale, le M88-2 est plus court et plus léger de moitié que l'Atar 9K50 du Mirage F1 tandis qu'à masse égale, il délivre deux fois plus de poussée que l'Adour du Jaguar.
  9. Acronyme pour la Direction des études et fabrications d'armement, renommée Groupement industriel des armements terrestres (GIAT) en 1973 avant sa privatisation partielle en 1990 sous le nom de GIAT Industries puis son changement d'identité en Nexter fin 2006.
  10. Testés le 18 avril 2001 et dotant l'appareil d'une capacité en carburant totale de 10 800 litres.
  11. Pour les missions « nounou », la Marine nationale utilise parfois des configurations à quatre réservoirs externes.
  12. Le financement de la remise à niveau de l'avion « passera sans doute par la réduction à 51 avions de la commande de 59 signée en 2004 » (46 Air et 13 Marine), selon « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », dans Air & Cosmos hors-série (ISSN 1240-3113) (juin 2004)
  13. La durée de vie du TOP est seulement d'une centaine d'heures et, en cas de panne, c'est l'ensemble du RBE2 qui se retrouve hors-service
  14. Si la puissance militaro-diplomatique américaine a joué, sous la forme de packages inclus dans les Foreign Military Sales, a contrario, la vente de 12 à 18 avions au Maroc, qui semblait acquise, puisque financée en partie par l'Arabie saoudite, a échoué à la suite de manque de coordination entre la DGA d'une part, de Dassault Aviation d'autre part et de l'État-major de l'Armée de l'air française

Références[modifier | modifier le code]

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Médias[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Le Rafale est mis en scène dans les jeux vidéo suivants :

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  1. Les messagers de l'atome (2010) (ISBN 978-2-3611-8012-6)
  2. Lumière courbe (2012)
  1. Armaggedon (1997) (ISBN 978-2913482036)
  2. T.L.D, Traversée Longue Durée (1999) (ISBN 978-2-9134-8200-5)
  3. N.D.E, Near Death Experiment (2001) (ISBN 978-2-9134-8202-9)
  1. Présentation Alpha (2007) (ISBN 978-2-9520-6817-8)
  2. Trésor de guerre (2008) (ISBN 978-2-9527-8712-3)
  3. Opération Nexus One (2009) (ISBN 978-2-9527-8713-0)
  4. Traque en Afghanistan (2010) (ISBN 978-2-361-18005-8)
  5. Black Shark (2012) (ISBN 978-2-36118-041-6)
  • Frédéric Zumbiehl, Rafale Leader, Zéphyr BD, dessins de Matthieu Durand, couleurs de Rémi Le Capon :
  1. Foxbat (2011) (ISBN 978-2-361-18025-6)
  2. Le troisième MiG (2012) (ISBN 978-2-361-18049-2)
51. Mystère en Antarctique (2005) (ISBN 978-2800135175)
  • Jean Yves Brouard, Missions "Kimono" , JYB éditions, dessins de Francis Nicole
13. Rafale sur l'Arctique (2012)
14. L'île Tsiolkovski (2013)
15. Quatre Scalp (2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », Air & Cosmos, no hors-série,‎ juin 2004 (ISSN 1240-3113)
  • Claude Carlier, « Les hésitations des États-majors face au renouvellement des matériels aériens », Stratégique, no 53,‎ janvier 1992 (ISSN 0224-0424, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Ordre de désignation[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aéronefs comparables

Liens externes[modifier | modifier le code]