Maxime Weygand

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Maxime Weygand
Image illustrative de l'article Maxime Weygand

Naissance
Bruxelles, Belgique
Décès (à 98 ans)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de la France État français (Vichy)
Grade Général d'armée
Années de service 18851942
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement 5e Régiment de Hussards
Forces françaises au Moyen-Orient
Chef des armées françaises à partir du 20 mai 1940
Faits d'armes Guerre soviéto-polonaise
Campagne de France
Autres fonctions Ministre de la Défense nationale sous Vichy

Maxime Weygand (né à Bruxelles le , mort le ) est un officier général français, membre de l'Académie française. Il a joué un rôle majeur lors des deux guerres mondiales.

Bras droit du maréchal Foch sur la fin de la Grande Guerre, il est notamment chargé, le 11 novembre 1918, de lire les conditions de l'Armistice à Rethondes à la délégation allemande. Nommé le 19 mai 1940 commandant en chef de l'armée française, il est le premier responsable à se déclarer partisan de l'Armistice avec l'Allemagne nazie. Il devient ministre du gouvernement de Vichy et applique les mesures de la Révolution nationale, notamment en Afrique du Nord. Écarté des responsabilités sous la pression allemande en 1941, hostile à la « dissidence gaulliste », selon la terminologie de Vichy, mais opposant à l'invasion de la zone sud par les Allemands le 11 novembre 1942, il est interné dans le Reich de novembre 1942 à la fin de la guerre. Il reste après-guerre un défenseur de la mémoire du maréchal Pétain, et soutient les partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Sommaire

Le mystère d'une naissance[modifier | modifier le code]

Weygand est né le 21 janvier 1867 à Bruxelles, de parents inconnus (c'est l'accoucheur qui, deux jours plus tard, déclara à l'état civil la naissance de l'enfant, répondant au prénom de Maxime). Selon certaines sources, il aurait été le fils illégitime de l'impératrice Charlotte du Mexique, fille du roi des Belges Léopold Ier, et du colonel Alfred van der Smissen, plus tard général (1823-1895), commandant du corps d'armée belge envoyé au Mexique aux côtés des Français du maréchal Bazaine. Cette thèse est présentée par Dominique Paoli[1]. Pour conforter cette filiation, d'aucuns font remarquer la ressemblance frappante entre van der Smissen et Weygand adulte, comme cela apparaît lorsque l'on confronte leurs deux photographies, ainsi qu'elles furent présentées dans une émission de télévision d'Alain Decaux. C'est aussi l'opinion de l'historien André Castelot à qui le roi des Belges Léopold III a déclaré « Weygand est le fils de Van der Smissen »[2]. Le général de Gaulle, quant à lui, ne se privait pas de relier la naissance de Weygand à l'expédition du Mexique (ainsi, lors du Conseil des ministres préparant la visite officielle au Mexique du général de Gaulle, le ministre des armées Pierre Messmer, annonça que la France allait restituer au Mexique les fanions de l'Armée mexicaine pris au moment de l'expédition du Mexique sous Napoléon III, en déclarant à ce sujet que cette guerre n'avait rien rapporté à la France. Le général l'interrompit et lui dit : « Si, cette guerre nous a rapporté Weygand ! »)[3].

Selon une autre thèse, celle de Charles Fouvez, qui a publié en 1967 Le Mystère Weygand aux éditions de La Table Ronde, Weygand serait le fils illégitime du roi des Belges Léopold II. Bien que les preuves formelles ne soient pas apportées, il existerait selon lui un faisceau d'indices formant des quasi-preuves. Dans le périodique Histoire pour tous no 100 d'août 1968, l'auteur confirme sa conviction sur la base du courrier reçu par lui après la publication de son livre. De plus, d'après lui, la mère de Weygand serait la comtesse Kosakowska, épouse d'un aristocrate russe d'origine lituanienne.

Selon Bernard Destremau, auteur d'une biographie de Weygand dans les années 1980, trois hypothèses seraient principalement à retenir :

  • la plus probante s'appuie sur la confidence, déjà faite à André Castelot, par le roi des Belges Léopold III, suivant laquelle Maxime Weygand serait bien le fils du colonel van der Smissen et de l'impératrice Charlotte du Mexique. Cette possibilité est rendue plausible par la très grande ressemblance entre Weygand et van der Smissen[4] et semble démontrée d'une façon définitive par Dominique Paoli dans son livre Maxime ou le secret Weygand (Bruxelles, 2003). Pour mieux approcher le problème, il faut savoir que le colonel van der Smissen commandait le corps militaire belge au Mexique. Cette unité avait été jointe aux forces françaises envoyées par l'empereur des Français Napoléon III. Celui-ci voulait profiter de l'installation d'un nouveau régime au Mexique pour y étendre l'influence française en soutenant le nouvel empereur du Mexique, l'Autrichien Maximilien. L'épouse de celui-ci étant la fille du roi des Belges Léopold Ier, ce dernier joignit des forces belges à l'expédition française, peut-être dans le cadre d'ambitions coloniales qu'il avait déjà tenté d'orienter vers la Colombie. C'est après avoir exercé un commandement dans plusieurs batailles, dont la victoire de la bataille de la Loma, que van der Smissen devint l'aide de camp de l'impératrice Charlotte ;
  • une autre hypothèse, évoquée par Dominique Paoli, maintient la paternité de van der Smissen, mais pense que la mère serait peut-être Mélanie Zichy-Metternich (1832-1919), fille du prince de Metternich[5];
  • enfin, une autre piste impliquerait toujours l'impératrice Charlotte, mais cette fois-ci avec un médecin mexicain d'origine indienne, ce qui pourrait être illustré par un certain type physique aux yeux légèrement bridés qui s'accentua avec l'âge chez Weygand. Mais van der Smissen présentait également cette caractéristique.

Confié dès sa naissance à une nourrice bruxelloise, Mme Saget, qui l'élève jusqu'à l'âge de six ans, le jeune Maxime est ensuite conduit en France où, dans des circonstances mal déterminées, il devient le pupille de David de Léon Cohen, négociant juif résidant à Marseille. Curieusement, les Mémoires de Maxime Weygand restent totalement silencieux sur ses tuteurs, alors qu'il rend longuement hommage à sa gouvernante et à l’aumônier de son lycée, qui lui ont insufflé sa foi catholique.

Une certaine Hortense Denimal, épouse de Félix Vandievoet[6], est citée à plusieurs reprises dans le livre de Dominique Paoli, Maxime ou le secret Weygand (Bruxelles, 2003), car à un certain moment celle-ci avait recueilli chez elle un enfant du nom de Maxime dit de Nimal, qui n'était autre que le futur général Weygand. Elle était en effet la sœur de Thérèse Denimal, compagne puis épouse de David de Léon Cohen, tuteur légal de Maxime de Nimal.

Débuts militaires[modifier | modifier le code]

Après des études effectuées aux lycées Michelet de Vanves, Thiers, Louis-le-Grand et Henri-IV, c'est sous le pseudonyme de Maxime de Nimal[7] qu'il est reçu en 1885 à l’École militaire de Saint-Cyr comme élève à titre étranger (belge). À sa sortie de l'École en 1887, classé vingtième de sa promotion, il choisit la cavalerie et intègre, toujours à titre étranger, l'École de cavalerie de Saumur. Il la quitte le 31 août 1888, no 9 sur 78 élèves, et se voit affecté au 4e régiment de dragons.

Peu de temps après, le 18 octobre 1888, Maxime de Nimal est reconnu par un comptable, employé de David Cohen de Léon, un certain François-Joseph Weygand (1846-1915), issu d'une vieille famille alsacienne de Rhinau. Cet acte de reconnaissance dote le jeune homme sans nom d'une identité véritable et lui permet, selon son vœu, d'acquérir presque aussitôt la nationalité française (le décret de naturalisation intervient en effet le 3 décembre de la même année). Maxime n'aura cependant jamais, par la suite, de relations personnelles avec ce père purement formel.

Sa carrière militaire va se poursuivre dès lors à Chambéry, Saint-Étienne, Lunéville, Saumur, Niort et Nancy.

Lieutenant en 1891, il est nommé capitaine en septembre 1896. Il choisit à cette époque de ne pas préparer l’École de Guerre, en invoquant sa volonté de rester au contact de ses hommes.

Au moment de l’affaire Dreyfus, il se signale comme antidreyfusard en participant, en 1898, à la souscription nationale ouverte par le journal antisémite, La Libre Parole, d'Édouard Drumont, au profit de la veuve de l'auteur du faux document, le colonel Henry[8], qui s'était suicidé lorsque fut révélée sa falsification du bordereau accusant Dreyfus. Cette entreprise vaut d'ailleurs à Weygand l'unique sanction qu'il ait jamais subie : quatre jours d'arrêt simple, infligés sur l'ordre du ministre de la Guerre, Charles de Freycinet, « pour avoir pris part à une souscription pouvant prendre un caractère politique ».

Deux années plus tard, le 12 novembre 1900, alors qu'il est capitaine au 9e régiment de dragons à Vitry-le-François, il épouse à Noyon, dans l'Oise, Marie-Renée-Joséphine de Forsanz (1876-1961), qui n'est autre que la fille du colonel commandant ce régiment, Raoul de Forsanz (1845-1914). Le couple aura deux fils : Édouard (1901-1987), qui deviendra plus tard industriel, père de six enfants, puis Jacques (1905-1970), qui, suivant l'exemple de son père, se destinera tout d'abord à la carrière des armes[9].

De 1902 à 1907, et de 1910 à 1912, périodes pendant lesquelles il est promu chef d'escadron (mai 1907) puis lieutenant-colonel (mai 1912), Maxime Weygand est instructeur à l'École de cavalerie de Saumur. En 1913, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et entre au Centre des hautes études militaires, où le général Joffre le remarque.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale, Weygand est lieutenant-colonel et commandant en second du 5e régiment de hussards, à Nancy, avec lequel il participe à la bataille de Morhange. Cependant, à la suite de la rapide réorganisation du commandement français voulue par le général Joffre pour éviter une probable débâcle, il est promu colonel le et nommé aussitôt chef d'état-major à la IXe Armée. Promu général de brigade le il remplit les mêmes fonctions au groupe des armées du Nord puis au groupement du général Foch et est enfin adjoint au major-général de l'armée. Weygand doit malgré tout se résoudre à suivre Foch dans sa disgrâce provisoire pendant les premiers mois de 1917 : il l'accompagne notamment lors d'une mission confidentielle à Berne traitant de l'éventualité d'une violation du territoire helvétique par l'armée allemande.

Durant la guerre, il a l'occasion de se rendre en Belgique comme membre d'une délégation militaire française pour y rencontrer le roi des Belges Albert Ier et sa famille, à La Panne ou siège l'état-major belge durant toute la guerre. À cette occasion, on cite une phrase du roi Albert apprenant qu'il allait rencontrer Weygand dans un repas organisé par la reine : « Ah, alors nous serons en famille ». Mais, quant à l'origine de Weygand, rien n'a résulté de cette rencontre ni d'autres entrevues avec la famille royale belge. Du moins, Weygand n'a pas retiré d'information de ces rencontres qui furent, semble-t-il, exclusivement militaires si l'on s'en remet à ses mémoires.

Weygand, assis le premier à droite, à la signature de l'armistice en 1918.

En mai 1917, après l'échec du général Nivelle, Pétain, nouveau commandant en chef, rappelle Foch en tant que chef d'État-Major général. Weygand devient l'un des sous-chefs d'État-Major et est promu général de division à titre temporaire. Avec Foch, il prend part à la Conférence de Rapallo, le 6 et 7 novembre 1917, tenue pour soutenir le front italien après la défaite de Caporetto, au cours de laquelle les Alliés décident de créer un Conseil supérieur de guerre interallié. À la suite de la réunion tenue à Doullens le 26 mars 1918, lorsque le commandement en chef des armées alliées, avec le titre de généralissime, est confié à Foch, son collaborateur direct est nommé au poste essentiel de major général des armées alliées. Les 8, 9 et 10 novembre 1918, Weygand seconde Foch aux négociations d'armistice et donne lecture aux Allemands des conditions d’armistice, dans la forêt de Compiègne, dans le wagon de Rethondes.

Weygand est ainsi un rare exemple dans l'histoire de l'Armée française de l'ascension aux plus hauts degrés de la hiérarchie d'un officier n'ayant pas commandé en chef au front, ce qui sera souligné par le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre[10].

Entre les deux guerres[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Weygand en 1933, sur la couverture de Time.

En 1920, le général Weygand est nommé en Pologne, suivant les termes de Józef Piłsudski, « conseiller technique de la mission franco-anglaise » envoyée en Pologne par les Alliés lorsque Varsovie se trouva menacée (juillet 1920). Selon Foch, Weygand « devint bientôt le représentant militaire » de cette mission auprès du Haut Commandement polonais pour venir en aide aux Polonais en déroute face aux forces russes. En effet, les Polonais, engagés depuis 1919 dans une guerre contre la Russie bolchevique, étaient sur le point d’être battus par les forces soviétiques de Toukhatchevski. Lors d'une conférence le 27 juillet 1920 en présence d'Ignacy Daszyński, vice-président du conseil polonais et représentant de Piłsudski, du prince Eustachy Sapieha, ministre des affaires étrangères, et des membres de la commission interalliée, les Britanniques proposent même que Weygand prenne la tête de l'armée polonaise, mais, les Polonais refusent[11].

Il ne faut pas confondre la mission interalliée, qui n'a été présente en Pologne que quelques semaines en juillet-août 1920, dont faisait partie le général Weygand et qui comprenait le diplomate français Jusserand, le diplomate britannique Lord D'Abernon et le général anglais Radcliffe avec la mission militaire. La mission militaire française, présente antérieurement depuis avril 1919 et jusqu'en 1932, était commandée alors par le général Henrys, sous les ordres de qui se trouvait, entre autres (500 personnes environ) le capitaine de Gaulle.

Le rôle du général Weygand et de la mission interalliée est discuté. Certains officiers polonais affirmèrent que la bataille de Varsovie, également connue sous le nom de « Miracle de la Vistule », avait été remportée par eux seuls, avant que la mission française n'ait pu rédiger et envoyer son rapport, point de vue partagé par exemple par l'historien Norman Davies[12].

Néanmoins, les historiens français soulignent que les nombreux officiers français de sa « mission », rompus au combat, encadrèrent et instruisirent une grande part de l'Armée polonaise et contribuèrent à sa réorganisation, sans parler de l’aviation polonaise, dont nombre de pilotes étaient français[réf. nécessaire] ou américains. Quant à Weygand, ils lui coattribuent, avec le général Tadeusz Rozwadowski et, dans une moindre mesure, Piłsudski, la paternité du plan de bataille. En particulier, l'axe de la contre-offensive, du sud vers le nord, exploitant la décision de Boudienny de bifurquer vers le sud, allégeant ainsi la pression sur Varsovie[11]. a ainsi pu imposer ses vues ou, tout du moins, Piłsudski les a-t-il intégrées dans son plan.

Le rôle de la mission militaire interalliée est difficile à appréhender : chargée d'un rôle de conseil et de formation et non d'unité combattante, elle a certainement contribué à améliorer les compétences de l'armée polonaise.

Clemenceau donne de Weygand une description pertinente pour comprendre la figure mystérieuse du général dans M. Clemenceau peint par lui-même de Jean Martet que : « C’est que Weygand est quelqu’un. Mais, mal foutu. C’est un homme qui a dû recevoir des coups de pied au derrière quand il était encore dans les limbes. Mais il est intelligent. Il a je ne sais quoi, une sorte de feu sombre. Je me suis fâché parce qu’au conseil des Alliés il venait il parlait. J’ai dit au général Foch : « Vous n’avez pas le droit d’y venir vous-même. Vous n’êtes là que pour répondre quand on vous consulte. Au moins faîtes le taire. » Weygand est un homme… comment vous dire ça ? Dangereux, capable, dans un moment de crise, d’aller très loin, de se jeter là-dedans,- et intelligemment, beaucoup plus intelligemment que ne l’eut fait Mangin, qui aurait donné du nez n’importe où. Dangereux, mais précieux. Et ayant une énorme qualité : sachant faire son travail sans en parler, sans qu’on en parle. Il est allé en Pologne. Je ne sais pas ce qu’il a fabriqué là bas, - mais ce qu’il fallait faire, il l’a fait. Il a remis tout ça en place ; la question a été réglée. Il est revenu, n’a pas triomphé, n’a rien dit ; on ne sait pas ce qu’il a fait, où il est. C’est assez fort. Ce n’est pas que Foch soit sot ; mais il a un génie bon enfant et simpliste. L’autre y ajoute quelque chose de tendu et de profond. Enfoncé naturellement dans les curés, jusqu’au cou. ».

En temps de paix[modifier | modifier le code]

  • En 1920, Weygand est fait général de corps d'armée et général d'armée en 1923. Il succède en Syrie et au Liban au général Gouraud, au titre de haut-commissaire de France.
  • En 1924, il entre au Conseil supérieur de la Guerre.
  • En 1925, il dirige le Centre des hautes études militaires. Il est promu chef d'État-Major général de l'Armée en 1930.
  • Le , en même temps que le romancier Pierre Benoit, il est élu à l’Académie française à l'unanimité des votants pour succéder au maréchal Joffre au 35e fauteuil.
  • Dans les années 1930, Maxime Weygand, qui votera pour Charles Maurras à l’Académie française, assiste aux banquets annuels de l’Action française et compte parmi ses proches le professeur germaniste maurrassien Albert Rivaud dont les livres sont interdits en Allemagne, est un proche de l’Action français mais son légalisme l’empêche de manifester publiquement son accord avec Maurras[13] ; en 1932, la gauche revenue au pouvoir mène une politique de désarmement qui provoque l’indignation de Weygand qui dans ses rapports secrets écrit que « l’armée française est descendue au plus bas niveau que permette la sécurité de la France[14] »
  • En 1934, est exposé à Paris au Salon d'Automne un buste de lui par Philippe Besnard.
  • Jusqu'en 1935, il est vice-président du Conseil supérieur de la guerre, et à ce titre, dénonce le danger hitlérien et condamne le désarmement. Il se retire le 21 janvier 1935, laissant place au général Gamelin, mais est maintenu en activité sans limite d'âge.
  • En 1937, il sera l'un des signataires du Manifeste d'adhésion des intellectuels français à Franco[15].
  • En 1938, il exprime un optimisme de façade sur la capacité de l'Armée française à vaincre en cas de conflit[réf. nécessaire].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Drôle de guerre[modifier | modifier le code]

Article principal : Drôle de guerre.

Sur sa demande, Weygand est rappelé au service actif par le président Édouard Daladier en août 1939 pour diriger les forces françaises au Moyen-Orient. Il est nommé chef du Théâtre d'opérations de la Méditerranée orientale et doit, depuis son Quartier Général situé à Beyrouth, coordonner la présence militaire française au Levant et dans les Balkans. En octobre 1939, il se rend en Turquie afin de signer le traité d'assistance mutuelle liant ce pays à la France et la Grande-Bretagne. Dans les mois qui suivent, il tente de mettre en place plusieurs plans d'action militaire visant à la constitution d'un front d'Orient qui pourrait prendre à revers l'Allemagne et ses alliés. Il prépare notamment des projets de débarquement français à Salonique et en Roumanie, ainsi qu'une offensive contre l'URSS, alors liée à l'Allemagne par le Pacte germano-soviétique, dirigées principalement contre les champs de pétrole de Bakou[16]. Les effectifs limités dont il disposait (trois divisions à peine) ont fait que ces plans ambitieux, et généralement jugés chimériques par les historiens, sont restés à l'état de projet.

Nommé généralissime en pleine défaite (mai 1940)[modifier | modifier le code]

Une situation militaire compromise[modifier | modifier le code]

En mai 1940, la situation militaire en France est si compromise que le commandant suprême, le général Maurice Gamelin, jugé trop passif, est écarté. Weygand, alors en Syrie, est alors appelé le 17 mai par Paul Reynaud pour le remplacer. À la même date, le maréchal Pétain entre au Gouvernement. Les divisions blindées allemandes, ayant percé depuis le front à Sedan dès le 13 mai, poursuivent leur course à l'ouest et ont coupé l'Armée française en deux, enfermant une partie de celle-ci en Belgique avec les armées belge et anglaise.

Weygand arrive en France le 19 mai. La passation de commandement avec le général Gamelin dure quelques heures, au cours desquelles celui-ci lui rend compte de l'ampleur de la défaite et lui fait part de l'absence de réserves. Ignorant la situation exacte des armées du Nord, Weygand annule les derniers ordres de Gamelin prévoyant une contre-offensive. Les communications avec les armées du Nord étant très difficiles, il décide de se rendre lui-même sur place.

La défection de Lord Gort[modifier | modifier le code]

Le 21 mai, il arrive par avion à Ypres, où il rencontre le roi des Belges Léopold III et le chef des armées françaises en Belgique, le général Billotte. Weygand se décide alors à reprendre l'idée d'une contre-offensive pour couper les colonnes blindées allemandes les plus avancées et qui sont souvent privées de soutien par l'infanterie qui ne parvient pas toujours à les suivre. Mais le général Billotte, chargé de la mise en œuvre de cette contre-offensive meurt accidentellement le lendemain. Le général Jean Blanchard, qui lui succède, n'a pas assisté à la conférence d'Ypres, pas plus que le chef du corps expéditionnaire britannique Lord Gort. Ce dernier s'est présenté à la conférence après le départ de Weygand et refuse, de toute façon, d'engager deux divisions, abandonnant l'armée belge qui combat à sa gauche et l'armée française du nord à sa droite. Il crée ainsi un vide dans le front allié pour entreprendre un mouvement de retraite des forces britanniques vers Arras, puis Dunkerque. Le roi Léopold III et Weygand sont mis devant le fait accompli. En l'absence de soutien anglais, les forces belges et françaises du nord étant débordées, Weygand doit renoncer à toute offensive. On saura plus tard que l'ordre de retraite est venu de Londres (en 1984, la confirmation en est faite par l'amiral anglais lord Keyes [17]), mais les Belges et les Français l'ignorent[18].

La désagrégation de l'alliance[modifier | modifier le code]

À partir du 23 mai, les Belges vont se battre sur la Lys, enrayant l'avance allemande pendant cinq jours, le roi ayant renoncé à une ultime retraite sur l'Yser, comme en 1914, car l'armée belge a perdu une bonne partie de ses moyens de transport et, de plus, les munitions et le carburant commencent à lui manquer. Le roi des Belges, jugeant ses forces trop isolées, décide de capituler contre l'avis de son gouvernement le 28. En abandonnant les alliés français et belge, l'armée anglaise anéantit tout espoir de contrer la puissance allemande comme l'avait montré le succès français à la bataille de Stonne. Il s'ensuit la bataille de Dunkerque destinée à permettre le rembarquement du maximum de soldats anglais. 215 587 Britanniques sont évacués du 24 mai au 4 juin, ainsi que 123 095 Français, les Français devenant même majoritaires dans les effectifs rembarqués à partir du 1er juin[19].

D'autre part, les Anglais se refusent désormais à engager le gros de leur aviation en France, afin de la préserver en vue de la future bataille d'Angleterre. Weygand n'a de cesse, dès lors, de condamner le trop faible engagement britannique en France et son ressentiment réveille dans ses propos une anglophobie déjà sensible pendant la Grande Guerre[20].

Bataille de la Somme et lecture idéologique de la défaite (début juin 1940)[modifier | modifier le code]

Au sud, ce qui reste des armées françaises tente de former un front, ce que l'on appelle la « Ligne Weygand ».

Le 25 mai, un conseil de guerre se déroule à l’Élysée, réunissant le président de la République Albert Lebrun, le président du conseil Paul Reynaud, Philippe Pétain, César Campinchi, ministre de la Marine, et Weygand. C'est à cette réunion que l'hypothèse d'un armistice est évoquée pour la première fois, par le président Lebrun. Paul Reynaud rejette cette idée et se montre partisan d'une poursuite de la guerre aux côtés des Britanniques. À cette réunion, Weygand ne se pose pas encore ouvertement en partisan de l'Armistice, bien qu'il le juge inéluctable : comme le maréchal Pétain, il estime qu'il faut attendre l'issue de la future bataille de la Somme et de l'Aisne pour demander l'Armistice, et ne l'exiger qu'une fois l'honneur de l'armée sauf[21].

Selon le portrait dressé par l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui s'appuie sur les propos de Weygand au ministre Paul Baudoin, qui lui sert d'intermédiaire avec Pétain et qui est comme eux partisan de l'arrêt des combats :

« Ce hobereau militaire à l'ancienne, nationaliste sans complaisance pour l'Allemagne, catholique fervent et réactionnaire au sens littéral du terme, veut tirer la France de la guerre pour refaire une nation croyante, forte et saine, débarrassée des germes de décadence et de corruption démocratique. La renaissance de la France ne peut se faire, d'après lui, qu'à partir de l'armée, seul corps qui ait échappé à la dégradation générale - l'armée, non pas émanation de la nation, mais entité autonome, gardienne, pour le compte de la nation, de ses valeurs et de ses vertus (...) L'honneur de l'armée interdit, aux yeux de Weygand, la capitulation militaire qu'envisage Reynaud, il implique le maintien d'une souveraineté nationale et il devrait permettre de sauver assez de restes de l'armée pour maintenir l'ordre, préoccupation majeure de ce vieil homme qui se souvient de la Commune et qu'obsède la crainte de troubles suscités ou exploités par les communistes : « ah, si j'étais sûr que les Allemands me laisseront les forces nécessaires pour maintenir l'ordre », dit-il le 8 juin au général de Gaulle[22]. »

Le 5 juin, les Allemands attaquent sur la Somme et l'Aisne. La tactique dite du « hérisson », adoptée par Weygand, renonce à une défense linéaire et lui substitue une défense en profondeur fondée sur des points d’appuis espacés croisant leurs feux[19]. Cette tactique est efficace : les pertes allemandes augmentent nettement entre le 5 et le 8 juin, et de brefs coups d'arrêt locaux sont même donnés çà et là à l'avancée de la Wehrmacht[23]. Mais Weygand ne dispose plus que de 64 divisions françaises et 2 britanniques à opposer aux 104 divisions allemandes[19]. Dès le 9 juin, le front est enfoncé partout, et le gouvernement quitte Paris le lendemain.

Dans la première décade de juin, Paul Reynaud envisage la création d'un réduit breton, option jugée irréaliste par Weygand. Avec le général de Gaulle, nommé sous-secrétaire d'État à la Guerre le 6 juin[24], Reynaud envisage aussi de transporter les troupes en Afrique du Nord pour continuer la guerre aux côtés des Britanniques avec l'aide matérielle des Américains : Weygand ne croit pas davantage ce repli possible, et juge qu'il est beaucoup trop tard pour l'organiser ce que De Gaulle reconnaîtra finalement dans ses Mémoires de guerre[25]. Il est, de toute façon, partisan depuis la fin du mois de mai d'un retrait de la guerre grâce à un Armistice signé par le gouvernement. Cela dispenserait l'armée d'avoir à capituler, cependant que le gouvernement poursuivrait la lutte depuis les colonies. Reynaud et de Gaulle envisagent alors le remplacement de Weygand, partisan de l'Armistice et jugé défaitiste, et ils pensent notamment au général Huntziger comme successeur possible.

La conférence de Briare : le divorce accentué avec les Britanniques (13 juin 1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Briare.

Refus britannique de s'investir dans une bataille jugée perdue[modifier | modifier le code]

Le 11 juin, se déroule à Breteau, dans le château du Muguet, un conseil suprême interallié auquel participent Churchill et Eden. Au cours de ce conseil apparaissent des tensions entre Français et Anglais, mais également des fractures entre les militaires et les dirigeants politiques français. Les Français demandent l’intervention massive de la RAF, seule susceptible selon eux de changer le cours de la bataille. Devant le refus de Churchill, qui a besoin de ses 25 escadrilles de chasse pour la défense ultérieure du Royaume-Uni, l’alliance franco-anglaise se brise. Churchill obtient néanmoins de Paul Reynaud l'assurance qu'aucune décision définitive du Gouvernement français ne sera prise sans en référer aux Britanniques, et lui promettant que le Royaume-Uni vainqueur restaurera la France « in her dignity and greatness ». Paul Reynaud est partisan de la poursuite de la guerre. L'idée du réduit breton étant abandonnée, il envisage la poursuite du combat dans l'Empire, alors que le maréchal Pétain et le général Weygand sont partisans d’un armistice rapide pour éviter l’anéantissement et l'occupation totale du pays. Paul Reynaud rappelle à Weygand que la décision d'un armistice est d'ordre politique et ne relève pas du généralissime. Reynaud propose à Weygand de capituler, ce que ce dernier refuse car cela aurait pour effet d'exempter le politique de ses responsabilités (Voir Destremeau, Weygand - Rappelé au service et Raissac - un général dans la tourmente).

Divergences de conceptions[modifier | modifier le code]

Aussi bien Winston Churchill que le général de Gaulle décriront dans leurs mémoires un Weygand défaitiste[10],[26], anglophobe et antirépublicain. Churchill remarque que le seul membre du gouvernement français à ne pas sombrer dans le pessimisme total est Charles de Gaulle, dont Weygand a signé fin mai la promotion au grade de général (à titre temporaire). Comme Churchill, de Gaulle raisonne en termes planétaires et ne limite pas ce conflit, qu'il conçoit mondial, à un simple enjeu franco-allemand. Weygand croit, au contraire, n'assister qu'à un nouvel épisode d'un cycle historique commencé en 1870, et, comme le maréchal Pétain, il s'en tient à une vision purement hexagonale, étrangère par ailleurs à la nature du nazisme et au danger de voir la France asservie durablement dans le cadre d'une Europe hitlérienne[21]. L'historien Éric Roussel estime à ce sujet Pétain et Weygand, en mai-juin 1940, « sclérosés intellectuellement[27]. »

Partisan pionnier de l'armistice et ministre du gouvernement Pétain[modifier | modifier le code]

Le débat : Cessez-le-feu, armistice, capitulation[modifier | modifier le code]

Lors des Conseils des ministres qui se déroulent du 12 au 16 juin, Weygand est le premier à exiger un armistice avec l'Allemagne, et il en défend avec virulence la nécessité, pour des raisons militaires et civiles. Avec la déroute des armées françaises, accompagnée de l'exode des populations belges et françaises, Weygand craint que le désordre ne se répande dans la totalité du pays. Pour lui, la classe politique est responsable d'une défaite[22]. Crémieux-Brilhac précise qu' "un armistice est un acte politique qui n'engage que les politique, il implique le maintien d'une souveraineté nationale et il devrait permettre de sauver assez de restes de 'armée pour maintenir l'ordre" . En souhaitant un armistice, Weygand veut que les politiques prennent leur responsabilités et que la France continue d'exister légalement. Une fois l'armistice signé, Weygand se battra toujours pour rester dans le cadre de l'armistice et c'est ce qui lui permettra de mettre sur pied l'Armée d'Afrique qui assurera la présence de la France aux côtés des Alliés à partir de 1942.

Le 12 juin au soir, au château de Cangé (près de Tours), il défend l'idée d'Armistice, se prévalant de l'accord de tous les généraux d'armée. Il se montre « impétueux, incisif, insultant même à l'égard d'hommes politiques qu'il déteste »[28] et les hommes politiques le lui rendent bien. Désormais en conflit ouvert avec Weygand, Reynaud lui objecte que « nous n'avons pas affaire à Guillaume Ier, vieux gentleman, qui vous prenait l'Alsace-Lorraine et tout était dit, mais à Gengis Khan. Il ne nous est pas possible de solliciter un armistice qui serait déshonorant et entièrement inutile[28]. » Pour Reynaud la capitulation militaire est moins déshonorante; Weygand s'oppose à cette option car contraire à l'honneur militaire et passible de la cour martiale.

Au conseil des ministres qui se tient au même endroit lendemain soir, Weygand revient à la charge et « se fait agressif (…) Sa fureur d'en finir, son âpreté lui valent des rappels à l'ordre[29]. » S'appuyant sur une fausse information qu'il n'a pas vérifiée, il invoque ce soir-là l'installation à l'Élysée du chef communiste Maurice Thorez, qui serait revenu d'URSS dans les fourgons de la Wehrmacht. C'est ce qu'indique Crémieux-Brilhac dans le tome I des Français de l'An 40. En fait, selon Destremeau, Weygand reçoit, lors du conseil des ministres l'information qu'un coup d'état communiste a lieu à Paris. Pendant la pause du conseil des ministres, il téléphone au général Dentz, gouverneur militaire de Paris, qui dément ; de son côté Mandel téléphone au préfet de Paris qui lui dit que la situation est calme. Lorsque le conseil des ministres reprend, Weygand fait part au Président Lebrun et aux autres ministres que la situation est calme dans la capitale, ce qui est confirmé par Mandel, ministre de l'intérieur. Plusieurs ministres ont confirmé la manière dont cet événement s'était déroulé lors de la Commission d'enquête parlementaire en 1947. Le président du Conseil Paul Reynaud, qui préfère un cessez-le-feu ou une capitulation, lui oppose des arguments politiques :

  • le danger du nazisme,
  • les accords qu'il a conclus en personne le 28 mars avec le Royaume-Uni sans en aviser le conseil, qui interdisent toute paix séparée,
  • ou encore l'espoir que les États-Unis répondent positivement aux demandes répétées de soutien militaire.

Pour la première fois, le maréchal Pétain soutient ouvertement Weygand, invoquant l'ignorance des civils quant aux questions d'ordre militaire, et annonçant que « le renouveau français, il faut l'attendre en restant sur place plutôt que d'une reconquête de notre territoire par les canons alliés à une date impossible à prévoir[30]. » Le gouvernement se divise mais s'accorde sur une motion modérée de Camille Chautemps.

Un armistice pour éviter la capitulation[modifier | modifier le code]

Le 15 juin, à Bordeaux, Paul Reynaud, appuyé par Georges Mandel évoque une possibilité de poursuivre la lutte aux côtés de la Grande-Bretagne : l'armée capitulerait en métropole pendant que Gouvernement et parlement gagneraient l'Afrique du Nord. Weygand refuse violemment cette solution qu'il juge contraire à l'honneur militaire.

Il fait observer aussi qu'une capitulation entraînerait l'occupation de tout le territoire, la reddition de toutes les troupes et la saisie de toutes les armes, y compris de la flotte. Comme Pétain, il juge inconcevable que le Gouvernement quitte la métropole. Il déclare à Reynaud que « le gouvernement a pris la responsabilité de la guerre, à lui de prendre la responsabilité de l'armistice. » Selon l'analyse de l'historien Jean-Pierre Azéma, il s'agit là d'une prise de position politique sans précédent depuis le XIXe siècle de la part d'un chef militaire : « par la bouche de Weygand, c'était la “grande muette” qui faisait irruption et rompait le pacte politique tacitement conclu - depuis l'affaire Dreyfus - entre l'armée et la nation[31]. »

Le 16 juin, à un collaborateur du député nationaliste Louis Marin qui évoque une possible résistance depuis les colonies françaises, Weygand répond crûment : « c'est un ramassis de nègres sur lesquels vous n'aurez plus de pouvoir dès que vous serez battu[32] ». Au dernier conseil des ministres du gouvernement Reynaud, il contribue à faire échouer le projet d'union franco-britannique proposé depuis Londres par Winston Churchill et Jean Monnet, et fait pression pour qu'une décision soit prise rapidement au sujet de l'armistice[33]. De plus en plus isolé, Paul Reynaud démissionne auprès du Président Lebrun au soir de ce 16 juin et lui recommande Philippe Pétain pour former le nouveau gouvernement. Pétain annonce le 17 juin que la France s'informe par l'intermédiaire de l'Espagne des conditions d'armistice émises par l'Allemange et déclare à la radio qu'"il faut cesser le combat" (alors que des troupes démoralisées se battent toujours). Le même jour, Weygand est nommé ministre de la Défense nationale. Charles de Gaulle, secretaitre d'Etat sous Reynaud, perd son portefeuille; il accompagne Spears en Angleterre alors que celui-ci cherche à recruter des hommes politiques français de premier plan pour continuer la lutte auprès de l'Angleterre.

Si Weygand ne croit ni en une résistance militaire prolongée ni en une victoire du Royaume-Uni, laissé seul dans sa lutte contre l'Allemagne, il ordonne cependant le transfert au profit de la Grande-Bretagne de tous les contrats d'armement passés par la France auprès des industries d'armement américaines, ainsi que la livraison dans les ports britanniques de tous les armements en cours d'acheminement, alors que les ports français étaient sous contrôle allemand[34].

En tant que nouveau ministre de la Défense[35], Weygand donne l'ordre à la délégation française dirigée par le général Huntziger, avant son départ pour Rethondes[36], des instructions concernant la Flotte et son maintien sous contrôle français[36]. Le maintien de la Flotte sous le giron français est une condition indiscutable pour la continuation des négociations. Ayant pris connaissance des conditions d'armistice édictées par les Allemands, Huntziger en rend compte à Weygand, le à 20 h 0, au cours d'un long entretien téléphonique où il dicte le texte intégral de la convention, aussitôt transmise au Conseil de ministres réuni à Bordeaux[36]. Lors des pourparlers qui se déroulent toute la journée du 22, entrecoupés de nouvelles communications téléphoniques entre Huntziger et Weygand, la délégation française ne peut obtenir que deux modifications : l'article 5 sur la livraison des avions militaires et l'article 17 sur les transferts de valeurs et de stocks, sont amendés[36]. Les Allemands refusent toute autre concession, en dépit des protestations françaises, en particulier sur l'article 19 concernant le droit d'asile et sur l'Italie (la France n'ayant pas été vaincue dans les Alpes)[36]. À la suite de l'ultimatum du chef de la délégation allemande, le maréchal Keitel, Huntziger reçoit l'ordre depuis Bordeaux de signer l'armistice[36].

Le 19 juin, Weygand ordonne au général de Gaulle de revenir de Londres, ignorant l'invitation à poursuivre le combat que ce dernier lui adresse[37],[38]. Peu après, il rétrograde de Gaulle du rang de général provisoire à celui de colonel, puis convoque successivement deux tribunaux militaires, le premier n'ayant prononcé qu'une peine symbolique. Le second condamnera à mort le chef de la France Libre le .

Gouvernement de Vichy[modifier | modifier le code]

À l'origine de la « Révolution nationale »[modifier | modifier le code]

Weygand occupe le poste de ministre de la Défense nationale dans le Gouvernement de Vichy, pendant trois mois (juin 1940 à septembre 1940).

Le 28 juin, il rédige un programme approuvé par Pétain, à consonance fortement légitimiste, corporatiste, clérical et xénophobe. Il explique la nécessité de libérer la France « d'un régime de compromissions maçonnique, capitalistes et internationales qui nous a conduits où nous en sommes », blâme « la lutte des classes qui a divisé le pays, empêché tout travail profitable, permis toutes les surenchères de la démagogie ». Il prône « un nouveau régime social, fondé sur la confiance et la collaboration entre ouvriers et patrons. » Il déplore qu'en raison de la baisse de la natalité, la défense nationale ait été assumée par « une proportion inadmissible de contingents nord-africains, coloniaux et étrangers », et dénonce « des naturalisations massives et regrettables [qui ont] livré une partie de notre sol et de nos richesses à des exploitants étrangers ». Il affirme enfin qu'il faut réformer l'éducation de la jeunesse, mettre fin à « la vague de matérialisme qui a submergé la France », « revenir au culte et à la pratique d'un idéal résumé en ces quelques mots : Dieu, Patrie, Famille, Travail. » Il conclut en demandant une épuration de l'administration et du personnel dirigeant : « A un programme nouveau, des hommes nouveau[39]. »

Refus d'une alliance avec l'Allemagne[modifier | modifier le code]

À la suite de la bataille de Mers el-Kébir où une partie de la Flotte française est détruite par les Britanniques, il s'oppose à ceux qui souhaitent venger cette agression par un renversement d'alliance en faveur de l'Allemagne. Le 16 juillet, il s'oppose également aux Allemands qui exigent des bases aériennes au Maroc, l'utilisation des ports d'Afrique du Nord avec l'usage de la voie ferrée de Rabat à Tunis ainsi que l'emploi de navires de commerce français.

Strict respect des conventions d'Armistice[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre, il est nommé Délégué général en Afrique française. Dans le strict respect des conventions de l'armistice, il décide de s'opposer à toute intrusion, qu'elle soit amie ou ennemie, qu'elle vienne des Britanniques ou des Allemands. Il s'emploie également à éviter l'extension de la dissidence de De Gaulle, auquel se sont déjà ralliés le Cameroun, le Tchad, le Congo ou l'Oubangui Chari. Hostile aux pratiques politiques de la Troisième République, il partage le projet de Révolution nationale de Pétain et son projet social, et applique la politique de Vichy dans toute sa rigueur en Afrique du Nord.

En particulier, il fait appliquer les lois raciales décidées par le Gouvernement de Vichy, notamment celles qui excluent les Juifs de la fonction publique, de presque toutes les activités privées et de l'université, et qui placent leurs biens sous séquestre (voir : Lois sur le statut des Juifs). Mais il va plus loin que Vichy, en excluant, sans aucune loi, les enfants juifs des écoles et lycées, avec l'appui du recteur Georges Hardy. Il instaure en effet, par une simple note de service no 343QJ du 30 septembre 1941, un « numerus clausus » scolaire excluant la quasi-totalité des enfants juifs des établissements publics d'enseignement, y compris des écoles primaires, « par analogie avec la législation de l’Enseignement supérieur », alors que des mesures semblables n'avaient pas été prises en Métropole.

Appui à la Révolution nationale[modifier | modifier le code]

Il interdit la franc-maçonnerie, et enferme, avec l'appui de l’amiral Abrial, dans des camps de prisonniers du sud de l'Algérie et du Maroc, les volontaires étrangers de la Légion étrangère, les opposants au régime, réels ou présumés, et des réfugiés étrangers sans contrat de travail (bien que régulièrement entrés en France).

Le Royaume-Uni ayant résisté victorieusement, contrairement à ses prévisions initiales, il persiste à penser, avec le maréchal Pétain, que, même si le Royaume-Uni n'allait pas être battu, il était incapable de gagner la guerre. Weygand partage le point de vue de Pétain qui avait prédit au diplomate américain Robert Murphy qu'il n'y avait « pas d'autre issue possible » au conflit qu'une paix « sans vainqueur ni vaincu ». Au cours de l'été 1941, Weygand s'adresse au même diplomate américain pour presser les États-Unis d'user de leur influence au niveau mondial pour permettre une sortie pacifique de cette impasse[40].

Au sein du gouvernement de Vichy, Weygand reste hostile aux Allemands, et conçoit la Révolution nationale comme un moyen pour la France de se redresser moralement et matériellement et de prendre un jour sa revanche contre l'Allemagne. Cette vision n'est cependant celle ni de Darlan, ni de Laval, ni de Pétain lui-même, qui ne jouent jamais que la carte allemande, et qui savent que le régime de Vichy ne peut exister que dans le cadre d'une France défaite et d'une Europe dominée par le Reich[41].

Weygand n'est en rien complice de l'Allemagne. Il est simplement patriote et, par ses protestations auprès du Gouvernement de Vichy, il fait échouer les protocoles de Paris du signés par Darlan, et notamment la clause qui attribue à l'ennemi les bases de Bizerte et de Dakar. il s'oppose à l'engagement d'une collaboration militaire éventuelle avec l’Axe. Le gouvernement d'Hiler cherche à détacher la France de Vichy de sa passivité vis-à-vis de l'Angleterre en engageant Pétain à allier ce qui reste des forces françaises avec les armées allemandes et italiennes pour une guerre commune contre toute attaque alliée sur un territoire français, que ce soit en Métropole ou ailleurs dans l'Empire. Cette opposition de Weygand à une politique de collaboration active pousse les Allemands à réclamer son limogeage. Cependant, le 4e Bureau de sa Délégation générale en Afrique du nord va livrer à l’Afrika Korps de Rommel 1 200 camions français et autres véhicules des stocks de l’Armée française (contrat Dankworth en 1941), ainsi qu’un certain nombre de pièces d’artillerie lourde, accompagnées de 1 000 obus par pièce.

En Afrique du Nord, préparation de la reprise des hostilités par la France[modifier | modifier le code]

Inspection du Général Maxime Weygand à la BA144 de Sétit - Aïn-Arnat en 1940 avec le Gal Nogués et l'Amiral Abrial : salut aux couleurs
BA144 Ain-Arnat-Sétif Prise d'armes lors de la visite de Weygand en 1940. Avions Amiot.

Weygand fait dissimuler certains effectifs et armements aux Commissions d'armistice italienne et allemande. Il s'efforce aussi, après les attaques de Mers-El-Kébir et Dakar, de renforcer l'Armée française d'armistice en Afrique, et donne son accord à René Carmille pour l'équipement mécanographique des bureaux de recrutement. Il fait aussi passer certaines unités coloniales pour de simples forces de police, et tente de remobiliser les esprits, avec notamment la création des « Chantiers de la jeunesse française » (créés par le général de La Porte du Theil), qui, dans un strict maréchalisme, tentent d'habituer la jeunesse à un nouvel ordre moral.

Simultanément, Weygand soutient Robert Murphy, envoyé spécial du président Roosevelt en Afrique du Nord, permettant l'implantation de douze vice-consuls qui seront les agents efficaces du débarquement[42]. Il négocie avec les Américains des conditions de ravitaillement, conduisant à un accord signé avec Robert Murphy le 26 février 1941. Le 27 décembre 1941, le président Roosevelt écrivait au général Weygand une lettre lui disant toute sa confiance et sa reconnaissance. Elle a été reproduite par Georges Hirtz[43].

Maréchaliste[modifier | modifier le code]

Cependant, le respect de l'autorité du Maréchal par Weygand est total; lorsqu'il apprit, à la suite d'une dénonciation, que quelques officiers de son entourage (le commandant Faye, le commandant Dartois, et le capitaine Beaufre) préparaient à son intention un plan de rentrée en guerre avec une aide militaire américaine, il les fit arrêter et livrer aux tribunaux, en disant : « Ce n'est pas à mon âge qu'on devient un rebelle. »

En octobre 1941, peu après la campagne de Syrie à la suite de laquelle un cinquième des effectifs a rallié la France Libre, il exige des soldats de l'Armée d'Afrique de prêter serment au Maréchal Pétain.

Les pressions de Hitler sur le Gouvernement de Vichy afin d'obtenir le renvoi de Weygand aboutissent finalement à son rappel en métropole en novembre 1941.

Arrestation par les Allemands[modifier | modifier le code]

Le , après l’invasion alliée de l'Afrique du Nord et l'occupation totale de la métropole, Weygand est fait prisonnier par les Allemands et placé en résidence surveillée dans le Tyrol autrichien, au château d'Itter, dépendant administrativement de Dachau. Sa détention allait durer trente mois. La dernière année, il partage sa captivité avec Paul Reynaud, Édouard Daladier et Maurice Gamelin, avec qui les rapports seront tendus.

En mai 1945, les prisonniers sont libérés par les Américains et Weygand est reçu avec tous les honneurs dus à son rang au QG de la VIIe armée américaine à Ausbourg où il fut l'hôte du général Patch. Celui-ci reçut un télégramme de Paris lui enjoignant de s'assurer de la personne du général Weygand et de la garder sous surveillance américaine jusqu'à nouvel ordre. Indigné, le général Patch fit conduire avec égard le général Weygand au quartier général de la Ire armée française à Lindau. Au moment où le général de Lattre les accueillait, ce dernier reçut l'ordre du général de Gaulle d'arrêter les personnalités ayant eu des fonctions auprès du Gouvernement de Vichy, ordre qui concernait Weygand et Jean Borotra, ministre de Pétain. De Lattre exécute avec répugnance cet ordre et il met en arrestation son « vieux chef »; il lui fait cependant rendre les honneurs militaires et met à sa disposition sa voiture personnelle[42].

Non-lieu à la Libération et proposition du maréchalat sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Renvoyé en France, Weygand est d’abord interné comme prévenu de collaboration au Val-de-Grâce, puis finalement libéré en mai 1946 et dégagé de toute responsabilité en 1948, en bénéficiant d'un non-lieu sur tous les chefs d'accusation par la Haute Cour de Justice.

En 1951, il refusera d'être inscrit dans la proposition de loi concernant la promotion de généraux au maréchalat, son nom avait été proposé par le député Guy Jarrosson, auteur du projet de loi, au côté des généraux de Lattre et Alphonse Juin.

En 1955, à la suite de la publication par le général de Gaulle du premier tome de ses Mémoires de guerre, Weygand répondit point par point dans un ouvrage concis, En lisant les Mémoires de guerre du général de Gaulle que Flammarion tire à 35 000 exemplaires[44].

Jusqu'à son décès, il militera pour la réhabilitation du maréchal Pétain et de sa mémoire.

Décès et obsèques[modifier | modifier le code]

A sa mort en 1965, il est le doyen d'âge et d'élection de l'Académie française. Désavouant son ministre, le général de Gaulle refusera qu'une cérémonie solennelle[38] se tienne aux Invalides.

Une foule immense afflua à ses obsèques en l'église Saint-Philippe-du-Roule (8e arrondissement de Paris), le 2 février, conduite par les trois épouses et veuves des maréchaux Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny, en présence d'un grand nombre de généraux, dont Pierre Kœnig, le plus illustre chef militaire de la France libre encore en vie[45].

Dans un billet du Monde, Hubert Beuve-Méry résuma le sentiment d'une partie de l'opinion : « On peut n'avoir en rien partagé les idées du disparu… il n'en reste pas moins auréolé de la gloire des vainqueurs de 14-18. Chicaner à ce compagnon de Foch, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire, une simple messe de Requiem dans cette même église (Les Invalides) où tant de lieutenants font bénir leurs jeunes amours apparaît comme un geste sans grandeur, une injustice, une faute et l'on craint que des rancunes personnelles n'y aient plus de part que la raison d'État. »

Maxime Weygand est enterré au cimetière Saint-Charles de Morlaix, où il possédait un manoir.

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Weygand, Weygand, mon père, éd. Flammarion, Paris, 1970.
  • Bernard Destremau (préface de Jean Guitton), Weygand, Perrin, Paris, 1989 et plusieurs éditions ultérieures.
  • Dominique Paoli, Maxime ou le secret de Weygand, éd. Racine, Bruxelles 2003.
  • Guy Raïssac : Un général dans la tourmente - ed. Albin Michel - Paris 1963

Weygand en Pologne[modifier | modifier le code]

  • Edgar Vincent d'Abernon, La dix-huitième bataille décisive du monde : Varsovie, 1920, Pression de Hyperion, 1977 (ISBN 0883554291).
  • Piotr Wandycz, Le Général Weygand et la bataille de Varsovie, Journal d'Affaires de l'Europe centrale, 1960.
  • Norman Davies, White Eagle, Red Star: The Polish-Soviet War, 1919-20 (Aigle Blanc, Étoile Rouge : la guerre polono-soviétique, 1919-20), Pimlico, 2003 (ISBN 0712606947).

Weygand pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • Henri Michel, Vichy, année 40, Robert Laffont, Paris, 1967.
  • Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, Vichy et les Français, Fayard, Paris, 1996.
  • Yves Maxime Danan, La Vie politique à Alger, de 1940 à 1944, Librairie générale de Droit et de Jurisprudence, Paris, 1963.
  • William Langer, Le jeu américain à Vichy, Plon, Paris 1948.
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Les Français de l'an 40, t. I, éditions Gallimard,‎ 1990 Livre assez partisan écrit par un gaulliste.
  • Général Albert Merglen, Novembre 1942 : L'année de la Honte, L'Harmattan, Paris 1993.
  • Georges Hirtz, Weygand, Années 1940-1965, Georges Hirtz, 2003.
  • Robert O. Paxton, L'Armée de Vichy, éd. Tallandier, 2004
  • François-Georges Dreyfus, Histoire de Vichy.
  • Raymond Tournoux, Pétain et la France, La Seconde Guerre mondiale, Plon, 1980

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Maréchal Foch, 1929.
  • Turenne, Flammarion, Paris, 1930.
  • Le 11 Novembre, Flammarion, Paris, 1932
  • Histoire militaire de Méhémet-Ali et de ses fils, 2 vol, 1936
  • Comment élever nos fils, 1937
  • Histoire de l'armée française, éd. Flammarion, Paris, 1938 ; rééd. éd. Flammarion, 1961, 493 p.
  • La France est-elle défendue ?, 1937
  • Foch, Flammarion, Paris, 1947
  • Le général Frère, 1949
  • Mémoires, 1950-1957, Flammarion, 598 p.
    • T.1 : Idéal vécu
    • T.2 : Mirages et réalités
    • T.3 : Rappelé au service
  • Forces de la France, 1951
  • Et que vive la France !, 1953
  • En lisant les mémoires du Général de Gaulle, éd. Flammarion, 1955, 234 p.
  • L'Arc de Triomphe de l’Étoile, 1960
  • L'Armée à l'Académie, 1962
  • L'oncle chinois, inachevé, 1962
  • Lettres inédites relatives aux testaments de Leurs Majestés le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, 1965

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Paoli Maxime ou le secret Weygand, Éditions Racine, Bruxelles 2003. (ISBN 978-2873863012)
  2. Maximiliano y Carlotta, Mexico 1987.
  3. Raymond Tournoux, Pétain et de Gaulle, Paris, éd. Plon 1960 p. 275 (voir aussi du même auteur Pétain et la France, La Seconde Guerre mondiale, 1980).
  4. Page présentant, parmi d'autres, le colonel van der Smissen photographié par Ghémar frères, [http://www.livresdeguerre.net/forum/sujet.php?sujet=1145 page présentant un livre sur Weygand avec ce dernier en couverture
  5. Article « Qui furent les parents de Maxime Weygand ? » basé sur le livre de Dominique Paoli, 28 novembre 2003, sur dhnet.be.
  6. Cette Hortense Joséphine Denimal, blanchisseuse de linge, née à Cambrai le 5 mai 1823 fille de Constant Joseph Denimal, jardinier et de Marie Barbe Joséphine Dumont domiciliée à Courbevoie avait épousé en mai 1848 Emmanuel Félix Vandievoet (son prénom usuel était Félix), carrossier, né à Bruxelles vers 1823, issu d'une modeste famille ouvrière bruxelloise qui de charrons étaient devenus carrossiers rue de Schaerbeek, décédé à Bruxelles le 30 mai 1848 à 25 ans, enterré dans le caveau de cette famille de carrossiers à Bruxelles. Hortense Denimal, veuve de Félix Vandievoet, se remariera avec Jean Joseph Leroy, employé, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode, né à Bruxelles le 15 juin 1829, fils de Jean Joseph Leroy et de Jeanne Catherine Heynen, blanchisseuse de linge.
  7. Pseudonyme qui n'est autre qu'une légère modification de « Denimal », nom de jeune fille de sa tutrice, l'épouse de M. Cohen
  8. Pierre Quillard, Le monument Henry – Liste des souscripteurs classés méthodiquement et selon l'ordre alphabétique, éd. Pierre-Victor Stock, Paris, 1899, chap. « L'Armée », page 3 (vue 17 sur 718) : « Weygand, capitaine au 9e dragons » ; [PDF] [consultable en ligne sur le site gallica.bnf.fr (page consultée le 3 juillet 2009)] ; 18 listes publiées par La Libre Parole, entre le 14 décembre 1898 et le 15 janvier 1899.
  9. Saint-Cyrien, Jacques Weygand atteindra le grade de chef d'escadrons mais quittera l'Armée après la Libération.
  10. a et b Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel : 1940-1942 (Tome I), éd. Plon, Paris, 1954 ; rééd. Pocket, 1999 (nouvelle édition 2007) 440 p. (texte intégral), (ISBN 2266095269 et 978-2-266-09526-6), p. 53-56.
  11. a et b Céline Gervais, La Guerre polono-soviétique, 1919-1920, Lausanne, L'Âge d'Homme,‎ 1975, 145 p. (ISBN 2-7204-0104-8). Actes du colloque de l'Institut d'études slaves de Paris du . p. 38-40.
  12. (en) Norman Davies, White Eagle, Red Star ; rééd. Pimlico, Londres, 2003.
  13. Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 369.
  14. Bernard Destremeau, Weygand, éd. Perrin, 1989, p. 243.
  15. http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/03/16/pourquoi-donc-honorer-a-paris-un-peintre-franquiste-sans-envergure_1670697_3246.html
  16. Voir, par exemple : Paul-Marie de la Gorce, 39-45, Une guerre inconnue, p. 94, paragraphe « Faire la guerre à la Russie ? ».
  17. Outrageous Fortune, London 1984.
  18. Outrageous Fortune, amiral Keyes, Ed. Martin Secker & Warburg, London 1984, trad. française Un règne brisé, vol. 1, page 441, Ed. Duculot, Paris Gemblous 1985.
  19. a, b et c Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien, La France pendant la Deuxième Guerre mondiale. Atlas historique, Fayard-ministère de la Défense, 2010, p. 41 sq
  20. Crémieux-Brilhac 1990, p. 582-585
  21. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 585
  22. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 586
  23. Raymond Cartier, La Seconde Guerre mondiale, Larousse-Paris Match, 1964, t. I, p. 130-131
  24. « Chronologie militaire de Charles de Gaulle », sur le site charles-de-gaulle.org, consulté le 7 mai 2010.
  25. Mémoires de guerre, pages 54 et 55 ; voir également Eric Roussel, Charles de Gaulle, p. 104, qui démontre que Weygand n'a pas désobéi aux ordres de Reynaud d'étudier la possibilité d'un repli sur l'Afrique du Nord, au contraire de ce qu'affirmera de Gaulle après la guerre
  26. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel, op. cit., p. 59-60.
  27. Éric Roussel, Le Naufrage, Gallimard, 2009
  28. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 590
  29. Crémieux-Brilhac 1990, p. 591
  30. Crémieux-Brilhac 1990, p. 592
  31. Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération, Seuil, 1979, rééd. Points-Seuil, 2002, p. 66
  32. Crémieux-Brilhac 1990, p. 598, note
  33. Éric Roussel, Le Naufrage, Gallimard, 2009, p. 41-42
  34. Jean Monnet, Mémoires
  35. Gouvernement Philippe Pétain et gouvernement Pierre Laval (5)
  36. a, b, c, d, e et f (de) Eberhard Jäckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler (préface de Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1968, 554 p., p. 63-65
  37. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel, op. cit., p. 331 : « Lettre [de réponse] au général Weygand », du 20 juin 1940.
  38. a et b « Point d'histoire : à propos de Weygand par le général de Boissieu », article publié dans Point d'histoire, no 139, juin 2004, sur charles-de-gaulle.org.
  39. Cité par Paul Baudoin, Neuf Mois au gouvernement, p. 224-225
  40. Robert Paxton, L'armée de Vichy, 1966, traduction française, 2004, Tallandier, p. 240
  41. Robert Frank, « Pétain, Laval, Darlan », in La France des années noires, Seuil, 1993, rééd. 2000, t. I, p. 518-523
  42. a et b Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le néant, Monaco, éd. du Rocher, 2004, p. 143.
  43. Georges Hirtz, Weygand, p. 112.
  44. Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le néant, Monaco, éd. du Rocher, 2004, p. 145.
  45. Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le néant, Monaco, éd. du Rocher, 2004, p. 146.


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Fauteuil 35 de l’Académie française
1931-1965
Louis Leprince-Ringuet