Petite Kabylie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Petite Kabylie
Tamurt n leqbayel (kab)
القبائل الصغرى (ar)
vue sur la montagne de Toudja, Wilaya de Béjaïa
vue sur la montagne de Toudja, Wilaya de Béjaïa
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Capitale Béjaïa (capitale historique)
Démographie
Population 1 800 000 hab. (2014)
Densité 76 hab./km2
Langue(s) kabyle[note 1]
arabe algérien (bougiote[note 2], djidjélien, autres variantes)[note 3]
français (usages savants, médias)[note 4]
arabe littéral (école, institutions)[note 5]
Géographie
Coordonnées 36° 00′ 00″ N 5° 00′ 00″ E / 36, 536° 00′ 00″ Nord 5° 00′ 00″ Est / 36, 5  
Superficie 23 776 km2
Divers
Monnaie DZD
Fuseau horaire UTC + 1
Indicatif téléphonique
Devise « Ad nerrez wala ad neknu »
(« Plutôt rompre que plier »)[note 6]

La petite Kabylie (en kabyle : Tamurt n leqbayel, littéralement « le pays d'en bas ») est à l'origine une expression pour désigner une région montagneuse d'Algérie définissant un ensemble géologique allant de la wilaya de Béjaïa jusqu'à la wilaya d'Annaba, même si le tracé établis n'est pas fixe . De nos jours elle a pris une autre signification, qui est celle de l'appartenance à une unité ethnique ou linguistique, elle est donc souvent réduite à la seule wilaya de Béjaïa où l'identité berbère est présente.

Subdivisions géographiques[modifier | modifier le code]

La Petite Kabylie d'un point de vue géographique et géologique, on peut dire qu'elle est divisée principalement en trois zones homogènes, on peut donc parler de « plusieurs petites Kabylies » :

Au nord, les côtes de la mer Méditerranée, la petite Kabylie est séparée de la Grande Kabylie à l'ouest par la vallée de la Soummam, bordée au sud par la chaîne des Bibans, remontant à l'est sur les Babors. Le parlé kabyle de la région de Béjaïa est quelque peu différent de celui de la grande Kabylie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette appellation de petite Kabylie, comme d'ailleurs celle de Kabylie, dans la signification et espace que l'on connait aujourd'hui ne date que de l'ère coloniale, cette classification qui étaient basés sur le niveau de vie des tribus et leur manière d'habiter étaient surtout destinés à instruire les militaires sur le pays qu'ils préparaient à conquérir, ignorant ainsi les différences sociales et surtout ethniques propre à chaque région, mais cette oeuvre fera pourtant date et restera encore longtemps dans les mémoires. Ce n'est qu'à partir de 1851 quand fut décidée l'expédition de Saint-Arnaud que la dénomination Kabylie orientale entra en usage courant pour désigner la région de jijel jusqu'à la vallée de safsaf (Wilaya Skikda). Mais longtemps encore on continuera de considérer à tort les populations à l'ouest et à l'est de Bejaïa comme un seul et même peuple Kabyle. Les tribus de petite la kabylie sont pour beaucoup d'origine Zwawa, Sanhadja (Iznaguen) et Kotama. C'est historiquement le fief de la dynastie islamique des hammadides, du royaume de Nait-Abbas (ou royaume de la Medjana) et de nombreuses personnalités historiques comme le cheikh Mohand Ait Mokrane dit El Mokrani, Cheikh Ahadad (Chef de la confédération des Rahmania), figures de résistance à la colonisation française.

Présence juive[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Richard Ayoun, la présence juive en Kabylie remontait au moins depuis le IIe siècle bien avant les conquêtes romaines, plus particulièrement en petite Kabylie dans les villes de Béjaïa et de Jijel. À la destruction du Second Temple de Jérusalem en l'an 70, les juifs formèrent des communautés juives dans les territoires intérieurs en Berbérie centrale traversant tout le littoral nord-africain [1].

Vue sur l'ancien quartier de Béjaïa
Le quartier juif Karamane et l'ancienne synagogue de Béjaïa.

En 1492, lors de l'expulsion des juifs d'Espagne, la communauté juive locale de la ville de Bougie (Bejaïa) accueillit des réfugiés juifs d'origines espagnoles venant de Valence et de Cadix[1], dont les rabbins étaient le Rabbi Benjamin Amar et le Rabbi Amran Amar[2],[1]. Bon nombre de juifs de Bougie étaient devenus pour la plupart des orfèvres et des bijoutiers pour les campagnes, nombreux les quittèrent pour Sétif et Alger au XIXe siècle [3]. Il a été attesté par plusieurs écrivains et historiens de l’époque que les juifs de petite Kabylie étaient, au xvie siècle, en majorité des artisans bijoutiers et cordonniers. À son apogée au xvie siècle, la cité des Beni Abbès est une véritable ville forteresse de 80 000 âmes, dont 300 juifs et une synagogue[4],[5]. Elle rivalise alors avec Tunis. Il a été établis par certains historiens que les Juifs andalous y introduisent un nouvel art importé de leur ancien pays, l'orfèvrerie émaillée, une technique permettant la création de bijoux et ciselures d'armes sophistiqués[6]. Lorsqu'il mentionne les communautés juives de l'intérieur du même siècle, Hischberg cite la Kalaa au côté de Médéa et Miliana[7].

Vers la fin de la guerre d'Algérie, en 1962, la communauté juive ayant soutenu la présence coloniale Française, notamment lors du Décret Crémieux initié par Adolphe Crémieux homme politique Français d'origine juive, ces derniers sont alors considérés comme des traîtres au même titre que les harkis par les soldats du FLN qui se vengent ensuite en visant des personnalités symboliques de la communauté juive qui amène celle-ci à entamer un « exode » massif vers la France[8][9], accompagnée de 870 000 Français (pieds-noirs et harkis).

Économie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « La variété kabyle du berbère est la langue maternelle et usuelle de l’immense majorité de la population de Kabylie […] Les départements de Tizi-Ouzou et de Bougie peuvent être considérés comme presque entièrement berbérophones. »
  2. Fatsiha Aoumer, « Renversement de situation : l’arabe de Bougie, un très ancien parler arabe citadin menacé par le berbère », sur Revue des études berbères, Centre de recherche berbère (CRB), Inalco,‎ 2009 (consulté le 8 août 2012) : « Quant à l’arabe bougiote, il se maintient dans certaines parties des quartiers de la haute ville qui s’est largement berbérisée. […] Le parler arabe de cette ville a donc reculé devant le berbère, au plan de sa pratique et de son statut, au point d'être désormais menacé de disparition. »
  3. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « les autres fragments de l’aire kabyle sont intégrés dans des unités administratives périphériques, dont la plus grande partie est arabophone (Sétif, Bouira, Boumerdès). […] Bien sûr, dans les zones de contact entre populations arabophones et berbérophones, le bilinguisme berbère/arabe dialectal est de règle. »
  4. Chaker 2004, p. 3 (éd. en ligne) : « notamment dans les couches moyennes scolarisées, c’est plutôt le français qui concurrence significativement le berbère, bien sûr à l’écrit, mais aussi dans toutes les situations formelles ou requérant une certaine élaboration linguistique (usages techniques et scientifiques, politiques…). Cette tendance est confirmée par de nombreux indices objectifs : prégnance de la presse francophone en Kabylie (avec existence de plusieurs titres régionaux), prégnance des chaînes de télévision françaises, multiplication des écoles privées francophones, usage commercial et publicitaire quasi exclusif du français… »
  5. Chaker 2004, p. 2 (éd. en ligne) : « les seuls lieux de Kabylie où l’on peut constater une présence de l’arabe classique sont les espaces institutionnels formels, placés sous le contrôle direct de l’administration centrale de l’État : écoles, tribunaux, gendarmeries… »
  6. Proverbe repris notamment dans Kker a mmi-s umaziɣ (Debout fils d'Amazigh), chant nationaliste algérien et berbère d'expression kabyle.

Notes et références[modifier | modifier le code]