Pierre Guillaumat

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Pierre Guillaumat (pétrolier)
Pierre Guillaumat
Fonctions
Ministre de l'Éducation nationale
par intérim
22 novembre 196020 février 1961
Gouvernement Michel Debré
Prédécesseur Louis Joxe
Successeur Lucien Paye
Ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de l'énergie atomique, de la recherche et de la fonction publique
février 1960avril 1962
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Ministre de la Défense de la France
1er ministre de la Défense de la Ve République
1er juin 19585 février 1960
Président René Coty
Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Michel Debré
Prédécesseur Charles de Gaulle
Successeur Pierre Messmer
Biographie
Date de naissance 5 août 1909
Lieu de naissance La Flèche (Sarthe)
Date de décès 28 août 1991
Lieu de décès Villeurbanne (Rhône)
Nationalité Française
Diplômé de École polytechnique
Ministres de la Défense

Pierre Guillaumat, né le 5 août 1909 à La Flèche, dans la Sarthe, et décédé le 28 août 1991, est un ingénieur, homme d'affaires et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Fils cadet du général Adolphe Guillaumat, Pierre Guillaumat fréquente les cours du Prytanée de La Flèche. Il intègre l'École polytechnique, promotion 1928, dont il sort en 1931.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Pierre Guillaumat entre alors au corps des mines dont il sort en 1933. Il est successivement chef du service des mines en Indochine de 1934 à 1939, puis en Tunisie de 1939 à 1943. Pendant la guerre, il entre dans la clandestinité et sert au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) - où il fait la connaissance de Jacques Foccart - et dans la IIIe armée.

Première carrière à la tête de grands groupes publics[modifier | modifier le code]

En 1944, le général de Gaulle le nomme directeur des carburants, fonction qu'il occupe jusqu'en 1951. Il devient en 1945 directeur du Bureau des recherches de pétrole (BRP), poste qu'il conserve jusqu'en 1950, puis qu'il réoccupe de 1955 à 1959. De 1951 à 1958, il est aussi administrateur général au CEA. C'est notamment sous sa direction que les techniciens du CEA mettent au point la bombe atomique française. De 1964 à 1965, il est président d'EDF, entreprise qu'il associe aux programmes du CEA[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En juin 1958, il est nommé Ministre des armées par Charles de Gaulle, poste qu'il conserve dans le gouvernement de Michel Debré. À ce poste, il soutient constamment la mise en place des dispositifs opérationnels de protection (DOP), principal outil de la torture pendant la guerre d'Algérie[2].

Pierre Guillaumat devient ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de l'énergie atomique, de la recherche et de la fonction publique de février 1960 à avril 1962. Il est ministre de l'Éducation nationale, par interim, du 22 novembre 1960 au 20 février 1961.

Seconde carrière à la tête de grands groupes publics[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1966, Pierre Guillaumat est PDG de l'UGP puis de l'ERAP, qui réunit la RAP au BRP. Il est le premier président d'ERAP-ELF, qui englobe aussi les essences et lubrifiants français. Selon l'ex-PDG d'Elf Loïk Le Floch-Prigent, l'État gaulliste a créé Elf afin de disposer « d'une sorte d'officine de renseignement dans les pays pétroliers, Guillaumat étant un ancien des services secrets »[3].

Guillaumat dirige ce groupe pétrolier jusqu'en 1977. La fin de son mandat est ternie par l'Affaire des avions renifleurs, dont il a assumé lui-même l'entière responsabilité lors de son dénouement.

En outre, Pierre Guillaumat préside EDF, de 1965 à 1966. La découverte du gaz de Lacq et du gaz en Algérie et en Afrique noire remonte à son époque. En 1967, il devient premier président d'Elf.

Actions en faveur de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Guillaumat est un grand enthousiaste de la recherche scientifique et technique. Au sein de École polytechnique, il milite pour davantage de recherche, notamment lorsqu'il est membre (à partir de 1969) puis président (1971-1974) du conseil de perfectionnement de l'Ecole polytechnique. C'est également lui qui est le principal promoteur des carrières scientifiques au sein du Corps des mines, où il oriente les candidats vers les organismes et entreprises susceptibles de les accueillir.

Au CNRS, Pierre Guillaumat crée et préside de 1979 à 1990 les Clubs des Relations INdustrielles (CRIN). Lorsqu'il demande à être déchargé de cette présidence en 1990, le directeur général du CNRS, François Kourilsky, se rend compte de l'importance de cette structure informelle qu'il transforme en une association permanente (ECRIN) dont il confie la présidence à l'un des successeurs de Guillaumat à la tête du CEA et d'Elf Aquitaine, Michel Pecqueur.

Il est enterré au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

C'est par ailleurs en son honneur qu'a été baptisé le pétrolier géant Pierre Guillaumat, qui a navigué entre novembre 1977 et février 1983 pour le compte de la Compagnie nationale de navigation, alors filiale du Groupe Elf.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • La pièce de théâtre Avenir radieux, une fission française de Nicolas Lambert (2011) compte Pierre Guillaumat parmi ses personnages principaux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Le Monde,‎ 30 janvier 1964
  2. La Guerre d'Algérie (1954-1962), Université de tous les savoirs, sous la direction d'Yves Michaud, éditions Odile Jacob
  3. La confession Le Floch-Prigent - L'Express , 12 décembre 1996

Liens externes[modifier | modifier le code]