Louison Bobet

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Louison Bobet
Image illustrative de l'article Louison Bobet
Louison Bobet lors du Tour de France 1951
Informations
Nom Bobet
Prénom Louison
Date de naissance 12 mars 1925
Date de décès 13 mars 1983 (à 58 ans)
Pays Drapeau de la France France
Équipe professionnelle
1947
1948-1949
1949
1950
1950
1951
1951
1952
1952
1952
1953
1953
1954
1954
1955
1956-1957
1957
1957
1958-1959
1959
1960
1961
1962
Stella
Stella - Dunlop
Bianchi - Ursus
Stella - Dunlop
Guerra - Ursus
Stella - Dunlop
Bottecchia - Ursus
Stella - Huret
Tebag
Bottecchia
Stella - Wolber - Dunlop
Bottecchia
Stella - Wolber - Dunlop
Bottecchia
Mercier - A. Leducq
L. Bobet - BP - Hutchinson
Mercier - BP - Hutchinson
Velo Club Bustese
L. Bobet - BP - Hutchinson
Mercier - BP - Hutchinson
L. Bobet - BP - Hutchinson
Ignis
Margnat - Paloma
Principales victoires
Challenge Desgrange-Colombo 1951
Championnats
Jersey rainbow.svg Champion du monde sur route 1954
MaillotFra.PNG Champion de France sur route 1950 et 1951
3 grands tours
Jersey yellow.svg Tours de France 1953, 1954 et 1955
2 maillots distinctifs sur les grands tours
Mountains.svg Meilleur grimpeur du Tour de France 1950
Mountains.svg Meilleur grimpeur du Tour d'Italie 1951
14 étapes de grands tours
Tour de France (11 étapes)
Tour d'Italie (2 étapes)
Classiques
Paris-Roubaix 1956
Milan-San Remo 1951
Tour de Lombardie 1951
Tour des Flandres 1955
Bordeaux-Paris 1959
Contre-la-montre
Grand Prix des Nations 1952
Courses à étapes
Paris-Nice 1952
Critérium du Dauphiné libéré 1955
Avenue Louison Bobet au Touquet-Paris-Plage

Louison Bobet, Louis Bobet à l’état civil, est un ancien cycliste français né le 12 mars 1925 à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine) et décédé le 13 mars 1983 à Biarritz. Surnommé « Le Boulanger de Saint-Méen », il a remporté trois fois le Tour de France entre 1953 et 1955, égalant alors le record du Belge Philippe Thys lauréat en 1913, 1914 et 1920. Il a été aussi champion du monde sur route en 1954 et vainqueur de Paris-Roubaix en 1956.

Marié à Christiane, Louison Bobet eut deux enfants : Philippe et Maryse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

À sa naissance, ses parents le prénomment Louis, Pierre, Marie. On l'appelle rapidement Louison pour le distinguer de son père dans les échanges domestiques. Louison Bobet démarre dans la vie active comme mitron dans la boulangerie familiale, effectuant de fréquentes livraisons à vélo avec son frère Jean. Il pratique différents sports dans sa jeunesse, notamment le tennis de table où il est sacré champion de Bretagne. Mais c'est son oncle Raymond, président d'un club cycliste de Paris, qui repère l'aptitude particulière de Louison pour le cyclisme et le convainc de s'orienter vers lui.

Premières performances[modifier | modifier le code]

Louison Bobet aborde la compétition en 1941 et remporte sa première victoire comme licencié en 1942. Chez les juniors, il termine sixième au Premier pas Dunlop couru à Montluçon, dont le vainqueur est Raphaël Géminiani son futur coéquipier dans le Tour de France. Pendant la guerre, il transporte des messages pour la Résistance et intègre l'armée après le débarquement allié de 1944. Démobilisé, il remporte en 1946 le titre de champion de France amateur à Vincennes et le Prix de Carnac. En 1947, il devient professionnel et marque de sa présence le Circuit des six provinces qu'il termine septième. Quelques semaines plus tard, au Circuit des Boucles de la Seine, il sème les uns après les autres tous ses compagnons et rallie le vélodrome Buffalo, à Montrouge, six minutes avant Lucien Teisseire.

La carrière du champion (1947-1962)[modifier | modifier le code]

Il est cycliste professionnel de 1947 à 1962, enregistrant cent vingt-deux victoires durant cette période. Outre le maillot de l’équipe de France qu’il porte au Tour de France ou aux championnats du monde, il est membre de plusieurs équipes : Stella de 1948 à 1955, Mercier de 1955 à 1960 puis Ignis en 1961.

Louison Bobet possède le plus beau palmarès du cyclisme français derrière Bernard Hinault et Jacques Anquetil. Avec Fausto Coppi, il domine son sport dans la première moitié des années 1950, période que beaucoup considèrent comme l'âge d'or de la petite reine[1].

Son premier Tour de France en 1947, comme coéquipier de René Vietto, se termine par un abandon dans la vallée du Guil, après neuf étapes.

Dès l'édition suivante en 1948, il brille au meilleur niveau. Il endosse le premier maillot jaune de sa carrière après une échappée de 240 km lors de la troisième étape Dinard-Nantes remportée par Guy Lapébie. Il gagne ensuite à Biarritz — où il récupère la tunique de leader — et à Cannes et ne perd le maillot jaune au profit du futur vainqueur Gino Bartali, que lors de la 14e étape Briançon-Aix les Bains. Il finit quatrième au général. Alfredo Binda, le directeur technique italien dira : « Si je l'avais dirigé, c'est lui, Bobet, qui aurait gagné le Tour ». Tout s'est pourtant passé, en pratique, comme si l'équipe de France n'avait pas cru à sa possible victoire : elle n'a pas su, ou pas voulu, le reconnaître à temps comme son leader.

Au Tour de France 1949, après dix jours de course, il abandonne en compagnie de quatre coéquipiers entre Saint-Sébastien et Pau, souffrant d'un anthrax à la cuisse.

En 1950, maillot tricolore sur les épaules, il gagne l'étape de Briançon avec un premier passage en tête au sommet de l'Izoard, empoche le Prix du meilleur grimpeur et monte sur la troisième marche du podium derrière Ferdi Kübler et Stan Ockers. En 1951, il ne termine que vingtième, malgré un succès dans la 17e étape Montpellier-Avignon. Il déclare forfait en 1952, souffrant d'une induration.

Champion populaire et courageux dans l'effort, Louison Bobet arrive à ses fins en 1953, en remportant le Tour de France à sa sixième tentative, malgré l'absence de Fausto Coppi. Il bâtit son succès dans l'étape Gap-Briançon en lançant une offensive dans le col de Vars où il lâche Gilbert Bauvin, et termine son récital dans le col d'Izoard. En 1954, la même escalade lui permettra à nouveau de remporter l'étape de Briançon et de consolider définitivement sa première place au classement général devant le Suisse Ferdi Kübler.

Triple vainqueur du Tour de France de 1953 à 1955 (cette année-là, il gagne l'étape reine du Mont-Ventoux), champion du monde sur route à Solingen en Allemagne en 1954, il est également l'auteur du doublé Milan-San Remo-Tour de Lombardie en 1951 et lauréat du Tour des Flandres en 1955 et de Paris-Roubaix en 1956. Louison Bobet remporte aussi deux années de suite le titre national sur route à Montlhéry au sud de Paris, en 1950 et 1951. Dans l'exercice du chronomètre, il gagne le Grand Prix des Nations en 1952, mais échoue dans sa tentative de battre le record de l'heure détenu par Fausto Coppi. Enfin, outre le Giro, il brille dans d'autres courses par étapes comme Paris-Côte d'Azur en 1952 et le Critérium du Dauphiné libéré en 1955. Son dernier grand succès est Bordeaux-Paris en 1959.

Louison Bobet a participé à 4 Tour d'Italie. En 1951, il s'échappe avec Coppi lors de la première étape des Dolomites Trieste - Cortina d'Ampezzo et le bat au sprint, remporte le Grand Prix de la montagne et termine septième au général. En 1954, il abandonne. Mais c'est en 1957 que sa déception est la plus grande. Louison Bobet y échoue pour 19 secondes derrière Gastone Nencini, alors que, maillot rose 7 jours et vainqueur de la 15e étape (Saint-Vincent - Sion), il a souvent dominé le champion italien. Certes, à la différence de son rival, il n'a bénéficié dans les cols ni de poussettes des tifosi ni de la collaboration de l'ange de la montagne, le Luxembourgeois Charly Gaul. Enfin, il termine quatrième de l'édition 1958 du Giro.

Après une septième place dans le Tour de France en 1958, il participe l'année suivante à sa dernière Grande Boucle. Il craque une première fois sur la route d'Aurillac dans la côte de Montsalvy puis abandonne quelques jours plus tard lors de la 18e étape, au sommet du col de l'Iseran.

Comme beaucoup d'autres champions cyclistes, il dira ne pas souhaiter que son fils Philippe tente de le devenir à son tour, « trop dur » disait-il.

La reconversion dans la thalassothérapie[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 1961, de retour de Bruxelles avec son frère Jean, Louison Bobet est victime d'un grave accident de la route. Pendant sa rééducation, il est soigné durant deux semaines à l'institut de thalassothérapie de Roscoff. À l'issue de sa convalescence, il tentera de retrouver son niveau sportif d'avant l'accident, période au cours de laquelle il sera suivi par les reporters de l'émission Les Coulisses de l'exploit pour un sujet réalisé par Robert Chapatte.

Il est contraint de mettre un terme à sa carrière professionnelle le 10 août 1962. Surpris par les résultats de l’eau de mer sur son organisme après sa cure, Il accepte une proposition de partenariat avec le Docteur Raymond Denniel - pionnier des médecines naturelles qui avait conçu et était en train de faire construire le premier centre moderne de thalassothérapie à Quiberon, à la pointe de Goulvars ; il devient le premier directeur de ce Centre et, par son travail remarquable à ce poste, il assurera rapidement la renommée de l'Institut. L'institut ouvre ses portes le 15 avril 1964 et est inauguré officiellement le 11 mai 1964. Le monde de la politique, des arts, du spectacle et des lettres se précipite alors à Quiberon. Suite à ce succès, deux autres centres vont être construits : l'un à Biarritz puis un second à Marbella en Espagne qui ouvrira ses portes peu de temps après le décès du champion.

Par ailleurs, Louison Bobet reste un suiveur assidu de son sport, s'enthousiasmant notamment de la victoire de Bernard Thévenet sur Eddy Merckx au Tour 1975 ou du succès de Bernard Hinault dans Paris-Roubaix en 1981. Mais la maladie le rattrape. Il meurt d'un cancer au lendemain de son 58e anniversaire, le 13 mars 1983 à Biarritz. Il est inhumé à Saint-Méen.

La postérité de Louison Bobet[modifier | modifier le code]

Une stèle à sa mémoire, à côté de celle de Fausto Coppi, se trouve au lieu-dit la Casse Déserte dans le col d'Izoard, ascension où il a tant brillé dans les Tours 1950, 1953 et 1954.

Un musée le concernant a été créé en 1994 dans sa commune natale de Saint-Méen-le-Grand, rue de Gaël. Celui-ci a été entièrement rénové en 2013 et porte désormais le nom Espace Tous à Vélo avec Louison Bobet - Site Officiel. «L’ancien musée montrait la vie de Louison Bobet, le nouveau la raconte», déclarait Jean Bobet, son frère, lors de l'inauguration le 6 juillet 2013, en présence de Maryse et Philippe (les enfants de Louison) et de Mado (Madeleine, sa sœur).

Le nouvel espace scénographique retrace la carrière du cycliste breton au travers de différentes photos. Tous les maillots que Louison Bobet a porté sont exposés ainsi que différents accessoires utilisés par le champion. Des écrans permettent de refaire les courses auxquelles Louison a participé. Lorsqu’il avait pris sa retraite sportive, Louison Bobet avait alors déclaré «Je ne serai plus dans les pelotons mais nous communiquerons par la pensée, j’en suis certain». Grâce à ce musée, c’est chose faite.

Son frère Jean Bobet, de cinq ans son cadet, remporta Paris-Nice en 1955, Gênes-Nice en 1956, le Circuit du Morbihan en 1953, et fut troisième de Milan-San Remo en 1953. Il a été également journaliste à L'Équipe.

Surnoms[modifier | modifier le code]

Le sport cycliste regorge de surnoms et le triple vainqueur du tour n'y échappe pas. Parmi les plus connus, il y a "Louison" ou "le Boulanger de Saint-Méen". De son côté, Raphaël Géminiani a appelé le champion breton "La Babette", "la Pleureuse" ou "Zonzon" car il ne supportait pas d'entendre Louison Bobet se plaindre pour des raisons parfois imaginaires. Jean Robic, pour les mêmes raisons, le surnommait "Louisette Bonbon".

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Louison Bobet, superstitieux, est fasciné par le numéro 41. Avant chaque course, il se renseigne pour savoir qui porte cette chasuble. Le 41 a une signification particulière pour lui car il a obtenu sa première victoire de cycliste en 1941 dans une course locale. Et enfin, parce qu'il a été incorporé au 41e régiment d'infanterie avant de s'installer à Fontenay-sous-Bois, au 41 de la rue Roublot…

Comme Fausto Coppi, Louison Bobet est l'un des premiers coureurs à employer un soigneur personnel, un physiothérapeute de Saint-Brieuc appelé Raymond Le Bert. Ce dernier était à la fois son soigneur, son secrétaire et son chauffeur.

Au cours du Tour de France 1953, lors de l'ascension de l'Izoard où il construit sa première victoire, Bobet doit ses derniers coups de reins aux encouragements de prestigieux spectateurs-surprise : Fausto Coppi et la "Dame blanche" lui apportent un soutien moral décisif à l'approche du sommet, avec l'ancien champion d'Italie Renato Novaretti et les frères Roman (cf. "l'Équipe" du 23 07 1953).

Lors du Tour de France 1955, l'équipe tricolore reçoit des lettres mystérieuses annonçant de grands dangers pour les coureurs. D'après l'auteur anonyme (le corbeau) de ces missives, Louison Bobet risque de chuter dans la descente du col d'Aubisque. Apeuré par ce mauvais présage, le coureur français passe son temps à freiner. Son frère Jean racontera plus tard : « Il avait le corbeau sur le porte-bagage tout au long de la descente de l'Aubisque ».

Le Belge Philippe Thys, trois fois vainqueur de la Grande Boucle en 1913, 1914 et 1920, alors âgé de 64 ans en 1955, a accompli un tour d'honneur avec Louison Bobet au Parc des Princes, pour le féliciter de l'avoir rejoint comme triple vainqueur du Tour.

Louison Bobet a publié en 1959 dans la collection Bibliothèque verte un livre pour enfants intitulé Champion cycliste.

Palmarès et distinctions[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

  • 1947 : abandon (9e étape)
  • 1948 : 4e du classement général, vainqueur de deux étapes et Jersey yellow.svg pendant 8 jours
  • 1949 : abandon (10e étape)
  • 1950 : 3e du classement général, vainqueur d’une étape et meilleur grimpeur Mountains.svg
  • 1951 : 20e du classement général et vainqueur d’une étape
  • 1953 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de deux étapes
  • 1954 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de trois étapes
  • 1955 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de deux étapes
  • 1958 : 7e du classement général
  • 1959 : abandon (18e étape)

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

  • 1951 : 7e du classement général et vainqueur d’une étape et meilleur grimpeur Mountains.svg
  • 1953 : abandon
  • 1957 : 2e du classement général, vainqueur d’une étape
  • 1958 : 4e du classement général

Distinctions[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre Je me souviens, Georges Perec énonce : « Je me souviens avoir obtenu, au Parc des Princes, un autographe de Louison Bobet » (souvenir no 27).

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le groupe Ludwig von 88 a rendu hommage à Louison Bobet avec le titre : Louison Bobet for Ever.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bobet, Louison Bobet. Une vélobiographie, éd. Gallimard, coll. « L'Air du temps », 1958 (rééd. La Table ronde, coll. « La Petite Vermillon », en 2003).
  • Louison Bobet Champion cycliste, éd. Hachette coll. "bibliothèque verte", 1961

Sources pour la biographie de Louison Bobet[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • L'Équipe, Tour de France 100 ans en 3 volumes. 2002.
  • Dictionnaire international du cyclisme de Claude Sudres (édition du centenaire du Tour). 2003
  • Les histoires secrètes du Tour, Henri Sannier (Ed. du Rocher).
  • La Légende de Louison Bobet, Jean-Paul Ollivier (Ed. Flammarion).

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]