Robert Galley

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Robert Galley
Image illustrative de l'article Robert Galley
Fonctions
Ministre de la Défense et de la Coopération
8e ministre de la Défense de la Ve République
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Raymond Barre III
Prédécesseur Joël Le Theule
Successeur Charles Hernu
Ministre de la Coopération
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Raymond Barre I
Raymond Barre II
Raymond Barre III
Prédécesseur Jean de Lipkowski
Successeur Jean-Pierre Cot
Ministre de l'Équipement
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Jacques Chirac I
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Jean-Pierre Fourcade
Ministre des Armées
4e ministre de la Défense de la Ve République
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Pierre Messmer III
Prédécesseur Michel Debré
Successeur Jacques Soufflet
Ministre des Transports
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer I
Prédécesseur Jean Chamant
Successeur Yves Guéna
Ministre des Postes et Télécommunications
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Prédécesseur André Bettencourt
Successeur Hubert Germain
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Prédécesseur Christian de La Malène
Successeur Michel d'Ornano
Ministre de l'Équipement et du Logement
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Prédécesseur François-Xavier Ortoli
Successeur Albin Chalandon
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (91 ans)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDR, RPR
Profession Ingénieur

Robert Galley, né le à Paris et mort le à Troyes[1], est un homme politique français. Ancien résistant, compagnon de la Libération, il est plusieurs fois ministre, parlementaire, ancien maire de Troyes et trésorier du RPR. Il participe à la création de l'Union Nationale Interuniversitaire et est membre de son comité d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Né d'un père médecin le à Paris, Robert Galley fait ses études au lycée Louis-le-Grand de sa ville et au lycée Hoche de Versailles[2].

Faits de guerre[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, Robert Galley s'engage, à Londres, le dans les Forces françaises libres. Il quitte pour cela la ville de Saint-Jean-de-Luz déguisé en soldat polonais, à bord du navire Sobieski[2]. Il a seulement dix-neuf ans.

Entraîné au camp d'Aldershot, dans le comté d'Hampshire, il combat avec la 1re division française libre comme chasseur de deuxième classe et fait partie de l'expédition de Dakar puis des opérations au Gabon, en octobre et novembre 1940 : pour cela il quitte le Royaume-Uni le 31 août[2]. Il participe à la campagne de Syrie, en  ; à sa fin, il intègre le peloton des élèves officiers de Damas d'où il sort aspirant de l'Arme blindée en novembre[2]. En , il effectue un stage à l'École britannique des chars du Caire à l'issue duquel sa compagnie, constituée en colonnes volantes part en pour le front de la bataille d'El Alamein : il participe le à l'attaque de l'Himeitat[2]. Il est en outre chef de section de chars, avec laquelle il poursuit l'ennemi allemand de Tripolitaine, jusqu'en Tunisie avant d'être mis à l'appui des troupes du général Leclerc en [2]. Comme sous-lieutenant, il rejoint ensuite les rangs de la 2e division blindée du général Leclerc (au sein du 501e régiment de chars de combat), dont il épousera plus tard la fille aînée, Jeanne[2].

Débarqué le en France, il entre à Écouché dans l'Orne, à la tête de la section de pointe du groupement tactique qu'il commande. Tireur au canon d'une classe exceptionnelle, il coupe un convoi ennemi de Panzer en détruisant plusieurs véhicules[2].

Il termine la guerre à la tête de la compagnie de chars dans laquelle il l'avait commencée comme simple chasseur. Avec sa compagnie, il tient quatre ponts sur l'Orne, prenant également un risque en dirigeant un de ses chars contre un char ennemi Panther. Il participe à la libération de Paris puis aux attaques de Longjumeau, Massy-Palaiseau et Antony et aux batailles de Lorraine et d'Alsace jusqu'en en se distinguant aux prises d'Andelot[3], Baccarat, Strasbourg et Herbsheim ; à la tête de la 1re compagnie de chars, il participe également à la campagne d'Allemagne jusqu'en , lors de la prise de Berchtesgaden[2].

Par le décret du , il est fait compagnon de la Libération.

L'histoire de la compagnie de chars à laquelle appartenait Galley a été retracée dans un livre, relatant un certain nombre de faits de guerre. Le , à Écouché (Orne), le lieutenant Galley ordonne la mise à mort d'un SS allemand déguisé en prêtre[4]; le , il ordonne l'exécution de SS prisonniers à Bischofswiesen, en Allemagne[5].

Carrière après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Robert Galley reprend ses études interrompues. Il passe les concours d'entrée aux grandes écoles d'ingénieur et est reçu à l'École centrale des arts et manufactures dont il sort ingénieur diplômé de la promotion 1949. La même année il devient ingénieur de l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs. Il fait un stage à la compagnie chérifienne des pétroles, de 1950 à 1954. Il exerce alors diverses fonctions dans les secteurs atomique et informatique : chef de département de construction des usines au CEA en 1955, chargé des études de la construction de l'usine de plutonium de Marcoule ; chargé de la direction des études et de la construction de l'usine de Pierrelatte de 1958 à 1966 ; délégué à l'informatique auprès du Premier ministre ; président du conseil d'administration de l'INRIA depuis 1967[2].

Robert Galley représenta la France lors de la parodie de sacre de l’empereur de Centrafrique Jean-Bedel Bokassa, en tant que ministre de la Coopération en octobre 1977[6]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Robert Galley est député UDR puis RPR de l'Aube, entre 1968 et 2002. Il est trésorier du RPR entre 1984 et 1990. Il est plusieurs fois ministre de 1968 à 1981 (avec Georges Pébereau comme directeur de cabinet en 1968) et est maire de Troyes pendant vingt-trois ans, de 1972 à 1995[7]. Le général de Gaulle songe à lui pour succéder à Georges Pompidou au poste de Premier ministre en 1968, mais lui préférera finalement Maurice Couve de Murville[8].

En 1995, il obtient le prix de l'AJCF. Il est membre du comité d'honneur du mouvement Initiative et Liberté.

Depuis la mort de Pierre Messmer, en , Robert Galley était considéré comme l'un des deux derniers gaullistes historiques, avec Yves Guéna.

Dans sa dernière interview, accordée à Michel Colomès, de l'hebdomadaire Le Point, en avril 2012[9], Robert Galley raconte, entre autres, ses deux premières rencontres avec de Gaulle, à Londres, en 1940.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Robert Galley est l'époux de Jeanne Leclerc de Hauteclocque, née en 1931, fille du maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque. Son fils, Alexis Galley, est directeur général de l'entreprise de jeux vidéo F4.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de l'ancien résistant et figure du gaullisme Robert Galley, Le Point, le 8 juin 2012
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Robert Galley », sur ordredelaliberation.fr, Chancellerie de l'Ordre de la Libération,‎ 8 juin 2012.
  3. « Andelot au cœur de l'Histoire », site andelot.eu. Consulté le 16 septembre 2012.
  4. Le Chemin le plus long, page 550
  5. Le Chemin le plus long, page 686
  6. Docs interdits, « Notre ami l'empereur Bokassa 1er » (Fr3, novembre 2011).
  7. « Décès de l'ancien résistant Galley », Le Figaro, 8 juin 2012.
  8. Xavier de La Chevalerie, « Mai 68 à l’Élysée (article : « Les journées de Mai 1968 à l'Élysée et leur épilogue », Espoir no 115, 1998) », sur charles-de-gaulle.org.
  9. Michel Colomès, « Les dernières confessions de Robert Galley », Le Point, no 2074, 14 juin 2012, p. 56-58 [lire un résumé en ligne, publié le 8 juin 2008].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]