Jean-Michel Baylet

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Jean-Michel Baylet
Image illustrative de l'article Jean-Michel Baylet
Fonctions
Président de Radical, du PRS, puis du PRG
En fonction depuis le 28 janvier 1996
Prédécesseur Jean-François Hory
Sénateur de Tarn-et-Garonne
2 octobre 199530 septembre 2014
2 octobre 198616 juin 1988
Ministre délégué au Tourisme
17 juillet 199028 mars 1993
Président François Mitterrand
Gouvernement Michel Rocard II
Édith Cresson
Pierre Beregovoy
Prédécesseur Jean-Marie Rausch
Successeur Bernard Bosson
Secrétaire d'État chargé des Collectivités locales
28 juin 198817 juillet 1990
Président François Mitterrand
Gouvernement Michel Rocard II
Prédécesseur Jean-Michel Boucheron
Successeur Jean-Pierre Sueur (indirectement)
Secrétaire d'État auprès du ministre des Relations extérieures
24 juillet 198420 mars 1986
Président François Mitterrand
Gouvernement Laurent Fabius
Prédécesseur Claude Cheysson (ministre)
Successeur Didier Bariani
Président du MRG
19831985
Prédécesseur Roger-Gérard Schwartzenberg
Successeur François Doubin
Maire de Valence-d'Agen
19772001
Prédécesseur Évelyne Baylet
Successeur Jacques Bousquet
Député de la 2e circonscription de Tarn-et-Garonne
19 mars 197823 août 1984
Prédécesseur -
Successeur -
5 juin 198828 juin 1988
Prédécesseur -
Successeur Jean-Paul Nunzi
Président du conseil général de Tarn-et-Garonne
En fonction depuis le 1985
Prédécesseur Évelyne Baylet
Biographie
Nom de naissance Jean-Michel Baylet
Date de naissance 17 novembre 1946 (67 ans)
Lieu de naissance Toulouse (Haute-Garonne)
Nationalité Française
Parti politique PRG
Groupe : RDSE
Profession Journaliste

Jean-Michel Baylet, né le 17 novembre 1946 à Toulouse (Haute-Garonne), est un patron de presse et homme politique français.

Président-directeur général du groupe La Dépêche, président des radicaux de gauche de 1983 à 1985 et depuis 1996, il a été plusieurs fois secrétaire d'Etat et ministre délégué entre 1984 et 1990. Maire de Valence-d'Agen de 1977 à 2001, il a été député et sénateur du Tarn-et-Garonne entre 1978 et 2014, département dont il préside le conseil général. Il est également président de la communauté de communes des Deux Rives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Baylet est le fils de Jean Baylet, député-maire radical de Valence-d'Agen et d'Évelyne Baylet, qui ont assuré successivement la direction du groupe de presse La Dépêche du Midi.

Marie-France Marchand-Baylet, qu'il a épousée en 1985[1], dirige le comité financier du groupe La Dépêche[2], ainsi que l'hebdomadaire d'annonces légales La Gazette [3] et dirige la Fondation La Dépêche [4]. Marie-France a repris la direction des magazines d'Hima Média, après la destitution de Jean-Christophe Tortora, considéré trop proche de Dominique Baudis, « le plus grand adversaire de La Dépêche »[5].

Jean-Michel Baylet a trois enfants [1]: Victoria, chargée de mission à la Fondation « La Dépêche »[6], Jean-Nicolas, nommé directeur délégué de La Dépêche du Midi en janvier 2011 auprès de la direction générale du groupe[7], puis directeur général adjoint et directeur de la publication en septembre 2012[8] et Jean-Benoît, qui copossède la société Vicking avec sa mère[9].

Débuts à la Dépêche du Midi[modifier | modifier le code]

Après ses études de droit à l’université de Toulouse, Jean-Michel Baylet devient journaliste à La Dépêche du Midi en 1971[10].

Jean-Michel Baylet accède au poste de directeur général adjoint de La Dépêche en 1975 et devient directeur général deux ans plus tard. En 1981, il devient également le gérant du journal bi-hebdomadaire Midi olympique et de l'imprimerie Salingardes (Le Villefranchois et La Nouvelle République des Pyrénées)[11].

Élu radical de Tarn-et-Garonne et ministre de François Mitterrand[modifier | modifier le code]

Fidèle aux traditions radicales de sa famille, Jean-Michel Baylet se lance en politique en 1973 en fondant avec Robert Fabre le Mouvement des radicaux de gauche (MRG)[12]. En 1977, il devient le secrétaire national du mouvement, chargé des fédérations. Il le préside de 1983 à 1985.

Jean-Michel Baylet est élu maire de Valence-d'Agen en 1977 à la suite de son père et de sa mère. Il est élu député de Tarn-et-Garonne en 1978 et entre au conseil général de Tarn-et-Garonne en 1985 en remplaçant sa mère comme représentant du canton de Valence et comme président de l'assemblée départementale.

Fort des liens d'amitiés entre François Mitterrand et Evelyne Baylet, soutien du candidat socialiste à travers son journal depuis 1965, Jean-Michel Baylet est appelé au sein du gouvernement Laurent Fabius en juillet 1984, comme secrétaire d'État auprès du ministre des Relations extérieures en 1984. La forte présence d'Evelyne Baylet dans sa carrière lui vaut à ses débuts les surnoms de « veau sous la mère » et « fistonné »[13],[14].

À sa sortie du gouvernement, il devient sénateur de Tarn-et-Garonne (1986) jusqu'à sa réélection comme député aux législatives de 1988. Il ne siège pas, étant nommé dans le deuxième gouvernement Rocard de juin 1988, en tant que secrétaire d'État chargé des collectivités locales en 1988, plus en adéquation avec son profil d'élu de terrain[15]. Il est d’ailleurs à l’origine de la loi Joxe-Baylet sur l’administration territoriale adoptée le 6 février 1992 créant les communautés de communes[16]. Dans ce même gouvernement, il succède à Olivier Stirn, contraint à la démission, comme ministre délégué au Tourisme le 17 juillet 1990.

Par tradition familiale et politique, Jean-Michel Baylet entre dans la franc-maçonnerie en 1991, au sein de la loge Demain du Grand Orient de France fondée par Roger Leray et réunissant des personnalités du monde économique et politique[17].

L'alternance de ses candidatures à l'Assemblée et au Sénat semble l'avoir affaibli auprès de son électorat quand il échoue aux législatives de 1993, à retrouver son siège de député, face à Jacques Briat. Il retrouve le Sénat en 1995, laissant son ancien suppléant, Jean-Paul Nunzi, reprendre la circonscription lors des législatives de 1997[18].

En avril 2013 il est, en sa qualité de président du Conseil général, renvoyé devant le tribunal correctionnel par le juge Jean-Michel Gentil pour « non-respect des dispositions du code des marchés publics » lors de la réalisation d'un magazine interne[19]. Il est relaxé en janvier 2014, les faits étant prescrits[20].

PDG du groupe La Dépêche[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Baylet est nommé Président-directeur général du groupe La Dépêche en 1995 à la suite de sa mère[21].

Propriétaire de la majorité du capital du groupe avec sa sœur Martine Laffont-Baylet, à travers la holding familiale EMB, il prend également 10 % du capital en son nom lors de la refonte du capital en 1999 consécutif à la vente des parts de sa sœur et de la famille Caujolle[22].

Le journal, hégémonique dans le Tarn-et-Garonne et à Toulouse, est accusé d'être un instrument politique aux mains de Jean-Michel Baylet, moyen de valoriser les actions du président du conseil général, d’ostraciser ses adversaires, et de faire pression sur les acteurs régionaux[23]. Suite à l'affaire Alègre, Dominique Baudis met en cause la Dépêche, et son PDG, considérant que la couverture de l'enquête par le journal a été volontairement à charge pour le salir[24],[25].

En 2007, Challenges classe au 480e rang des fortunes professionnelles françaises, Jean-Michel Baylet et sa famille, avec un patrimoine estimé à 61 millions d'euros, soit une baisse de 54 places par rapport au classement de 2006[26].

Président du Parti radical de gauche[modifier | modifier le code]

Après l'échec de la candidature de Jean-François Hory à l'élection présidentielle de 1995, Jean-Michel Baylet est élu, le 28 janvier 1996, avec 81,5 % des voix, président de Radical, qui est renommé Parti radical socialiste la même année, puis Parti radical de gauche en 1998.

Une mise en examen le visant ainsi que sa sœur, sa mère et sa femme dans le cadre de la direction de la Dépêche du Midi, empêche Jean-Michel Baylet d'intégrer le gouvernement Lionel Jospin en 1997[5]. Dans ce dossier, il est condamné le 13 mars 2003 à six mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour abus de biens sociaux, recel d'abus de biens sociaux, faux et usage de faux[27].

En 2001, il abandonne la mairie de Valence-d'Agen à son adjoint Jacques Bousquet en application de loi contre le cumul des mandats[28]. Il est élu en 2008 conseiller municipal de Montjoi[29], dans le même canton, et prend les présidences de la communauté de communes des Deux Rives[30], du conseil de surveillance de la centrale nucléaire de Golfech et d'un syndicat d'irrigation.

Son nom circule en 2007 comme ministre d'ouverture dans le gouvernement François Fillon[31].

Jean-Michel Baylet est candidat à la primaire présidentielle socialiste de 2011. Seul candidat non socialiste, il insiste dans son programme sur son engagement européen. Face à la crise, il prône une « Europe fédérale », avec l'instauration d'un gouvernement économique européen, commun aux 17 pays membres de la zone euro[32]. Jean-Michel Baylet s’est également engagé pour la dépénalisation du cannabis estimant qu’il faudrait le vendre en pharmacie [33], pour le droit de mourir dans la dignité [34], ainsi que pour le mariage homosexuel [35]. La forte médiatisation des primaires lui permet d'accroître sa notoriété et celle de son parti[36]. Au soir du premier tour, le 9 octobre 2011, Jean-Michel Baylet réalise un score de 0,64 % et est ainsi éliminé au premier tour de la primaire socialiste. Il rallie ensuite François Hollande pour le second tour. Pressenti pour entrer au gouvernement Ayrault, il privilégie la nomination de Sylvia Pinel et d'Anne-Marie Escoffier, donnant à son parti un représentation équivalente à celle des écologistes au sein du gouvernement[37].

Réélu à la présidence du PRG le 30 septembre 2012[38], il accentue le pouvoir de son parti au sein de la majorité présidentielle au printemps 2014 en soutenant la politique de François Hollande, alors que les autres alliés de gauche s'en détachent, obtenant un ministère de plein exercice pour Sylvia Pinel et deux secrétariats d'État, confiés à Annick Girardin et Thierry Braillard au sein du gouvernement Manuel Valls. À l'occasion de la formation du deuxième gouvernement Valls, il négocie le soutien des onze députés radicaux à l'abandon de la suppression des conseils généraux en zone rurale[39].

Il est contesté localement, en particulier après les échecs de son parti aux municipales de mars 2014 dans le Tarn-et-Garonne. Lors des élections sénatoriales du 28 septembre 2014, alors que la droite ne présente qu'un candidat, François Bonhomme, et soutient implicitement Yvon Collin, sénateur radical sortant entré en dissidence, Jean-Michel Baylet perd son mandat de sénateur, battu au second tour par François Bonhomme[39].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Baylet, en 2007

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Molénat, 1985. Jean-Michel Baylet Au scanner, L'Express, 13 avril 2006
  2. Sylvie Karsenty, M.-F. Marchand-Baylet (présidente de la fondation Dépêche du Midi) : "Une fondation pour aider les étudiants de Midi-Pyrénées", L'étudiant, 2 octobre 2012
  3. Thomas Gérard, Guerre des hebdos dans la Ville rose, Libération, 2 août 2001
  4. Eric De Legge, Les couples qui mêlent politique et économie, Journal du Net, 23 juillet 2008
  5. a et b Jacques Molénat, Le système Baylet, Ses adversaires, L’Express, 13 avril 2006
  6. Mirepoix. Les lycéens intéressés par le transport personnel rapide, La Dépêche, 26 mars 2012
  7. Le fils de Jean-Michel Baylet nommé directeur délégué du Groupe Dépêche du Midi, Le Parisien, 10 janvier 2011
  8. Le fils Baylet devient directeur de la publication à la Dépêche du Midi, Challenges, 6 septembre 2012
  9. Jefferson Desport, Jean-Michel Baylet renvoyé devant la justice bordelaise pour favoritisme, Sud Ouest, 1er octobre 2011
  10. Jean-Christian Hay, Le 6e homme ne se voit pas en haut de l'affiche, Gala, 7 octobre 2011
  11. Biographie Jean-Michel Baylet, Electionsmeter.com
  12. Jean-Michel Baylet, debats2012.fr
  13. Gilbert Laval, « Infos et usage d'infos », Libération, 3 juillet 2003
  14. Eric Conan, Toulouse: la chute de l'empire Baylet, L'Express, 27 mars 1997
  15. Portrait de Jean-Michel Baylet, JT Toulouse, 29 juin 1988
  16. Candidats : Jean Michel Baylet, elections-presidentielles-2007
  17. Jacques Molénat, « Un franc-maçon circonspect », L'Express,‎ 13 avril 2006 (lire en ligne)
  18. « http://www.atlaspol.com/MDPY/tarn-et-garonne.htm » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  19. Par Jefferson Desport, Sudouest.fr, « Bordeaux : le juge Gentil renvoie Jean-Michel Baylet devant le tribunal correctionnel »,‎ 2013 (consulté le 12 mai 2013)
  20. Claude Canellas, édité par Emmanuel Jarry, « Jean-Michel Baylet relaxé dans une affaire de marchés publics », Le nouvel observateur,‎ 9 janvier 2014 (consulté le 28 septembre 2014)
  21. Jean-Michel Baylet, debats2012
  22. « De nouveaux actionnaires prennent 30,6 % de “La Dépêche du Midi” », Les Echos n° 17954, 3 août 1999, p. 13
  23. Libie Cousteau, « La face cachée d'un grand journal », L'Express, 19 octobre 2011
  24. Laurent Valdiguié, « La semaine où tout a changé pour Baudis », Le Parisien, 21 septembre 2003.
  25. Christophe Deloire et Christophe Dubois, Sexus Politicus, éditions Albin Michel, 2006, page 279.
  26. Challenges, 12 juillet 2007
  27. Jean-Michel Baylet condamné pour abus de biens sociaux, Nouvel Obs, 24 mars 2003
  28. La Galaxie Baylet, L'Express
  29. Commune de Montjoi, Le Monde
  30. Jean-Michel Baylet, Planète radicale,
  31. Jean-Michel Baylet n'ira pas au gouvernement, Le Figaro, 12 juin 2007.
  32. Zone euro : Baylet prône "l'Europe fédérale", Europe1.fr, 16 juillet 2011.
  33. Jean-Michel Baylet prône la vente du cannabis en pharmacie, Libération, 8 juin 2012
  34. Jean-Michel Baylet: les "Français se sont appropriés" la primaire, Le Parisien, 6 octobre 2011.
  35. Jean-Michel Baylet passe à l'offensive, La dépêche, 5 septembre 2011.
  36. François-Xavier Bourmaud, « Baylet éliminé sans surprise », lefigaro.fr, 9 octobre 2011.
  37. « Sylvia Pinel appelée dans la citadelle de Bercy », La Dépêche du Midi, 17 mai 2012.
  38. Baylet réélu président du PRG, Le Figaro, 30 septembre 2012.
  39. a et b Jean-Luc Ferré, Sénatoriales: Baylet, à quitte ou double, L'Express.fr, 18 septembre 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Volff, Un procureur général dans la tourmente. Les dérives de l'affaire Alègre, L'Harmattan, Paris, 2006, p. 25 à 31.
  • Edgar Faure, secrets d'État, secrets de Famille, préface de Jean-Michel Baylet et Jean Louis Borloo (écrit par Rodolphe Oppenheimer-Faure) petit fils de l'ancien président du Conseil, éditions Ramsay, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]