Renouvellement urbain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rénovation urbaine.
Contrastes créés par le renouvellement urbain à Cincinnati (Ohio, États-Unis).

Le renouvellement urbain est, en urbanisme, une forme d'évolution de la ville qui désigne l'action de reconstruction de la ville sur elle-même et de recyclage de ses ressources bâties et foncières. Celle-ci vise en particulier à traiter les problèmes sociaux, économiques, urbanistiques, architecturaux de certains quartiers anciens ou dégradés, ainsi qu’à susciter de nouvelles évolutions de développement notamment économiques, et à développer les solidarités à l'échelle de l'agglomération (meilleure répartition des populations défavorisées, au travers de l’habitat social notamment).

Le renouvellement urbain a pour principale but de limiter en surface l'étalement urbain et la périurbanisation en valorisant l'habitat dense concentré, notamment pour diminuer l'empreinte écologique des habitats, et par suite de la ville elle-même. La ville peut être renouvelée sur des quartiers anciens, mais aussi sur des zones industrielles ou friches industrielles.

Cette notion, développée par des architectes, urbanistes et aménageurs tenants du développement durable, est née dans les années 1980.

Phénomène de densification[modifier | modifier le code]

Le renouvellement urbain se traduit en général, mais pas systématiquement, par une densification du tissu urbain existant. La ville évolue sur elle même et sa croissance se fait par mutation du tissu urbain (démolition/reconstruction, réutilisation du patrimoine ou construction dans les friches urbaines ou industrielles et les dents creuses).

Actuellement, dans un souci de développement durable et de flambée du prix du pétrole, reconstruire la ville sur elle-même, sans consommer de nouveaux terrains vierges, est une réponse apportée à l'étalement urbain. La plupart du temps, il est plus coûteux de démolir pour reconstruire ou de changer l'usage des bâtiments existants que de construire sur des parcelles libres. Le renouvellement urbain « spontané » ne se produit que dans les quartiers les plus attractifs où une hausse des prix des logements est généralement une conséquence permettant de rentabiliser l'opération immobilière, et entraînant souvent une ségrégation sociale.

Pour maintenir ou favoriser la mixité sociale, une action publique est nécessaire. En France, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine créée par l’article 10 de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, définit cet objectif comme l’un de ses rôles principaux.

Phénomène de requalification[modifier | modifier le code]

Friche Saint-Sauveur à Lille, en projet de réhabilitation urbaine, qui intégrera une nouvelle station de métro[1]
la même Friche Saint-Sauveur, en 2009 (végétation et renaturation spontanées)

Le renouvellement urbain désigne aussi parfois le phénomène plus limité de requalification de quartiers existants sans avoir recours pour autant à la démolition. On parle alors de réhabilitation. En France, deux types de quartiers sont principalement concernés :

Les années 1980 se sont accompagnées d’une prise de conscience politique de la valeur des quartiers historiques. Par exemple, pour la ville de Lyon, la réhabilitation du quartier Saint-Jean devint un objectif primordial qui fut réalisée particulièrement rapidement. À Saint-Étienne, la requalification du centre-ville fut un enjeu majeur de transformation d’une image défavorable de la ville surnommée « ville noire » du fait de son histoire minière[réf. souhaitée], et ainsi retrouver une attractivité.

Face au risque de gentrification important, l’intervention partenariale entre l’État, les collectivités territoriales et les bailleurs sociaux doit permettre un objectif de réinsertion sociale dans le but d’une mixité, au moyen de subventions définies par les collectivités publiques et l’État. En France, cette mission de requalification incombe également à l’Agence nationale de l’habitat, via les opérations programmées d’amélioration de l'habitat (OPAH).

Notions proches[modifier | modifier le code]

Les termes ci-dessous sont utilisés de manières diverses et variées, et souvent l'un pour l'autre. Il n'y a pas de définitions précises et reconnues. On trouve ici leur sens opérationnels les plus courants. Ces définitions permettent surtout de distinguer chacun de ces cinq termes de manière cohérente d'un point de vue pratique.

  • La réhabilitation : la réhabilitation désigne l'action de réaliser des travaux importants dans un bâtiment existant pour le remettre en bon état. Il s'agit souvent d'une remise aux normes de sécurité et de confort dans un bâtiment qui n'est plus apte à remplir ses fonctions dans de bonnes conditions. On parle de réhabilitation lourde lorsque l'on ne conserve que la structure (changement fréquent de l'organisation générale du bâtiment). Dans le cas de travaux moins importants (conservation de l'organisation et de la plupart des murs de cloisonnement) il s'agit d'une réhabilitation légère.
  • La rénovation : La rénovation est l'action de détruire un bâtiment pour en reconstruire un neuf. Ce terme est souvent utilisé pour parler de réhabilitation, alors que ces deux notions sont sensiblement différentes dans le cadre du renouvellement urbain.
  • La reconstruction : la reconstruction signifie en général une rénovation à l'identique. On détruit un bâtiment pour reconstruire le même parce qu'il est trop dégradé pour être réhabilité. Attention, ce terme est souvent (voire la plupart du temps) utilisé pour parler de rénovation. Historiquement on a parlé de reconstruction en période d'après-guerre, or on ne reconstruisait alors pas à l'identique.
  • La rénovation urbaine est une notion politique qui se rapporte à l'ANRU. Cette dernière vise à reconstruire la ville sur la ville par le financement d'actions de rénovation et de réhabilitation de bâtiments dégradés à l'échelle d'un quartier.
  • Le renouvellement urbain est au sens large, une notion plus large qui désigne la reconstruction de la ville sur la ville à l'échelle d'une commune ou d'une agglomération (Ville renouvelée sur elle-même, ville dense...)
  • La régénération urbaine est une expression moins utilisée en français. Elle est cependant largement répandue au niveau européen comme traduction du terme anglais "urban regeneration", qui correspond à la définition originelle du renouvellement urbain puisqu'il sous entend une notion de relance économique et d'intervention de grande envergure, à une échelle plus globale que celle des "quartiers".

Tendances[modifier | modifier le code]

Depuis le sommet de Rio et peu à peu, les responsables de la ville accordent plus d'importance aux services écosystémiques que peuvent rendre les espaces verts, jardins et boisements et forêts urbaines ou friches[2] (s'ils sont intégrés dans un réseau écologique cohérent ; dit Trame verte et bleue en France). C'est le domaine de l'écologie urbaine, qui se décline par exemple dans les écoquartiers qui changent la forme urbaine[3], dont pour améliorer la qualité de l'air[4], la qualité de l'environnement sonore[4], et en ajoutant une large dimension environnementale au renouvellement urbain[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : article intitulé : "Friche Saint-Sauveur : une station de métro prévue pour le quartier" (maville.com), daté 2009/08/020, consultée 2011/03/17
  2. Robert F. Young, Managing municipal green space for ecosystem services ; Urban Forestry & Urban Greening Volume 9, Issue 4, 2010, Pages 313-321 doi:10.1016/j.ufug.2010.06.007
  3. Jamie Tratalos, Richard A. Fuller, Philip H. Warren, Richard G. Davies, Kevin J. Gaston, Urban form, biodiversity potential and ecosystem services  ; Landscape and Urban Planning, Volume 83, Issue 4, 7 December 2007, Pages 308-317 (Résumé)
  4. a, b et c U.W. Tang, Z.S. Wang, Influences of urban forms on traffic-induced noise and air pollution: Results from a modelling system; Environmental Modelling & Software, Volume 22, Issue 12, December 2007, Pages 1750-1764 (Résumé)

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvaine Le Garrec, Le renouvellement urbain, la genèse d’une notion fourre-tout, Paris, Plan Urbanisme Construction Architecture, février 2006, 92p.
  • Pôle de compétence en urbanisme à Lyon, Bibliographie « Patrimoine et renouvellement urbain », Lyon, Ed du Certu, mars 2006, 58p.
  • CERTU, Renouvellement urbain - Tome 1 et 2 : Tome 1 Analyse globale et thématique / Tome 2 Fiches d'opération, CERTU,‎ septembre 2004 (ISBN 2-11-094104-9).
  • Olivier Piron, Renouvellement urbain, PUCA,‎ juillet 2002 (ISBN 2-11-085652-1).
  • Robert , L. (1972). La rénovation urbaine et la stratégie fiscale des municipalités. Sociologie et sociétés, 4(1), 55-82.