Alpes

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46° 30′ N 10° 00′ E / 46.5, 10 ()

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Alpes
Image par satellite des Alpes en mai 2002.
Image par satellite des Alpes en mai 2002.
Géographie
Altitude 4 810 m, Mont Blanc
Massif Ceinture alpine
Longueur 1 200 km
Largeur 280 km
Superficie 190 000 km2
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Autriche Autriche
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein
Drapeau de Monaco Monaco
Drapeau de la Slovénie Slovénie
Drapeau de la Suisse Suisse
Géologie
Âge Oligocène
Roches Roches magmatiques, métamorphiques et sédimentaires

Les Alpes (prononcé [alp ]) sont une chaîne de montagnes qui s'étend en Europe, recouvrant la frontière nord de l'Italie, le sud-est de la France, Monaco, la Suisse, le Liechtenstein, l'Autriche, le sud de l'Allemagne et la Slovénie.

Les Alpes culminent à 4 810 mètres, au sommet du mont Blanc. On recense 82 sommets majeurs de plus de 4 000 m d'altitude (Suisse : 48, Italie : 38, France : 24). Les cols de montagne reliant les vallées ou les pays dépassent souvent les 2 000 m d'altitude. Les Alpes forment une barrière de 1 200 km entre la Méditerranée et le Danube.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le choronyme « Alpes » qui définit l’ensemble de la chaîne apparaît dès le Ier siècle av. J.-C. Selon une première hypothèse, l'origine est issue de l'appelatif gaulois alpe, lui-même issu d'une racine celtique ou pré-celtique alp qui viendrait d'albos signifiant selon Delamarre « le monde lumineux, le monde d'en haut ». Ainsi, il y aurait une forte connotation religieuse dans cette racine. Selon P.‑L. Rousset, le choronyme « Alpes » trouve son origine dans la somme de très nombreux lieux élevés contenant la racine alp (par exemple « alpage ») et ceci à travers tous les pays alpins[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Alpes vues du ciel
Article détaillé : Histoire du peuplement alpin.

Le peuplement de l'arc alpin par l'homme est attesté à partir du Paléolithique moyen (vers -100 000 ans).

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : climat des Alpes.

En moyenne, la température diminue de 0,65 °C pour 100 m, et donc de 1 °C pour 154 m.

Conséquences sur la météorologie européenne[modifier | modifier le code]

L'arc alpin forme une barrière climatique colossale. Lorsqu'un anticyclone s'approche des côtes atlantiques il forme un vaste courant rotatif horaire (sens des aiguilles d'une montre) chassant l'air nord-italien vers la Méditerranée ; mais plus au nord l'air entraîné par ce courant reste bloqué en Bavière et en Suisse par la barrière alpine et une dépression se forme sur le golfe de Gênes, c'est cette dépression couplée à l'anticyclone qui entrainera la formation du mistral et de la tramontane. L'effet inverse se produit lorsqu'une dépression s'approche des côtes atlantiques, elle force l'air dans un mouvement rotatif anti-horaire à se bloquer au nord de l'Italie, un anticyclone se forme donc et va resserrer les isobares sur l'Europe occidentale, amplifiant les vents parfois tempétueux provoqués par le passage de la dépression. Les effets de la chaîne sur la météorologie européenne sont multiples et ont des conséquences sur l'ensemble du climat européen[réf. souhaitée].

Modifications climatiques[modifier | modifier le code]

Selon des études du Giec, sous l'effet du réchauffement climatique, les glaciers alpins ont perdu entre 20 et 30 % de leur volume depuis 1980. Étant donné que nous sommes depuis 1850 dans une période de recul des glaciers, ils pourraient régresser de 30 à 70 % de leur volume d'ici 2050.

Selon Jean-François Donzier, directeur général de l'Office international de l'eau, organisateur des états généraux de l'eau en montagne, qui ont eu lieu à Megève en 2010, « Avec le réchauffement climatique, l'hiver, la neige se transforme en pluie et ne permet plus de stocker l'eau. Or, normalement, c'est cette neige qui fond l'été qui sert à alimenter les rivières ». Les experts réunis lors de ces états généraux ont alerté que les Alpes risquent de ne plus pouvoir jouer leur rôle de « château d'eau de l'Europe »[2].

Les constats de la déclaration de Megève (24 septembre 2010) sont notamment que, « malgré une apparente abondance de la ressource en eau (Alpes du Nord), il y a émergence d’une véritable prise de conscience que la ressource est limitée, notamment dans sa répartition spatio-temporelle »[3].

Population[modifier | modifier le code]

Les villes des Alpes

La population sur l'ensemble de l'arc alpin était de 12 295 000 habitants en 2001[4][réf. incomplète], dont 30,1 % en Italie, 23,9 % en Autriche, 18 % en France, 12,8 % en Suisse, 10,1 % en Allemagne, 4,7 % en Slovénie et 0,2 % au Liechtenstein et à Monaco[5][réf. incomplète].

Les deux plus grandes villes du massif sont Grenoble (France), aire urbaine de plus de 600 000 habitants et Innsbruck (Autriche), agglomération de plus de 190 000 habitants, deux villes considérées comme étant, l'une pour les Français, l'autre pour les Autrichiens, capitale des Alpes.

Politiques de développement durable[modifier | modifier le code]

En comptant Monaco, la chaîne alpine est partagée entre huit pays. Ainsi avant d'être reconnue comme « un territoire alpin », c'est d'abord huit petits morceaux de huit nations bien différentes. Les politiques de protection de l'environnement et de développement durable sont donc très différentes en fonction des territoires alpins. La Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA), une organisation non gouvernementale fondée en 1952, a pour objectif de tirer profit des potentiels de l’espace alpin et de sauvegarder sa diversité culturelle et naturelle, en initiant un développement durable à de multiples niveaux. Elle a longtemps œuvré pour qu'un outil juridique international puisse aider à la mise en place de politiques de développement durable sur l'ensemble des Alpes.

Il aura fallu 40 ans pour que ce traité international voie le jour. En 1991, les ministres de l'environnement des États alpins, plus l'Union européenne, signent la Convention alpine. Aujourd'hui, la CIPRA, comme bien d'autres organisations non gouvernementales alpines telle ques le Club Arc Alpin, l'Association des élus de montagne, Alpe Adria, Arge Alp, la COTRAO - Communauté de Travail des Alpes occidentales, Euromontana, la FIANET - Fédération Internationale des Associations Nationales d'Exploitation de Téléphériques, l'International Steering Committee of the Network of Protected areas, l'IUCN - l'International Union for Conservation of Nature, la Managing Authority of the European Cooperation Programme Alpine Space, Pro Mont Blanc, l'UNO/UNEP-ROE et l'ISCAR - Comité scientifique international recherche alpine, accompagne la mise en œuvre de la Convention alpine. Toutes possèdent un statut officiel d'observateur, participent aux conférences alpines et s'engagent dans différents groupes de travail.

La Convention alpine se compose de plusieurs protocoles traitant des thématiques suivantes : aménagement du territoire et développement durable, protection des sols, protection de la nature et entretien des paysages, agriculture de montagne, forêts de montagne, tourisme, transports, énergie.

Géographie des Alpes[modifier | modifier le code]

Carte géographique des Alpes
Le plus long glacier des Alpes, le Glacier d'Aletsch en Valais
Article détaillé : Géographie des Alpes.

Les Alpes peuvent être subdivisées en trois parties, les Alpes occidentales (de la Méditerranée au mont Blanc), les Alpes centrales (du Val d'Aoste au Brenner) et les Alpes orientales (du Brenner à la Slovénie).

La surface des Alpes (190 959 km2) est partagée entre l'Autriche (28,5 %), l'Italie (27,2 %), la France (20,7 %), la Suisse (14 %), l'Allemagne (5,6 %), la Slovénie (4 %) et les deux micro-États que sont le Liechtenstein et Monaco[6]. Ainsi donc, dans l'ordre décroissant, les pays les plus alpins sont, sans compter le Liechtenstein et Monaco, l'Autriche (65,5 % de son territoire), la Suisse (65 %), la Slovénie (38 %), l'Italie (17,3 %), la France (7,3 %) et l'Allemagne (3 %).

Géologie des Alpes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géologie des Alpes.

Les Alpes font partie des chaînes alpines péri-téthysiennes, formées pendant le Mésozoïque et le Cénozoïque, qui s’étendent du Maghreb à l’Extrême-Orient. Une partie de ces chaînes de montagnes (les chaînes péri-méditerranéennes) est issue de l’ouverture, puis de la fermeture de bassins océaniques du système téthysien. L’existence de ces orogènes est liée à la convergence des plaques tectoniques africaine et européenne et à l'interposition de blocs ou de microplaques.

Les Alpes proprement dites s’étendent sur un millier de kilomètres, entre Gênes et Vienne, avec une largeur comprise entre 100 et 400 kilomètres.

On peut les subdiviser sur des critères géographiques, géologiques et topologiques, en trois parties distinctes :

L’arc des Alpes occidentales est classiquement subdivisé en deux parties, séparées par le chevauchement pennique crustal : la zone externe et les zones internes. Ce chevauchement majeur juxtapose des unités paléogéographiques distinctes, ayant eu des histoires tectoniques et métamorphiques différentes : globalement, les unités de la zone externe correspondent aux parties proximales de la marge européenne, qui ont été peu raccourcies et peu métamorphisées lors de l’histoire alpine, alors que les unités internes correspondent aux parties plus distales et au plancher océanique, qui ont subi un métamorphisme et un raccourcissement plus fort. Les déformations dans les Alpes (observables grâce aux séismes et à la géodésie) sont actuellement faibles à très faibles. Cependant, des taux de soulèvement de l'ordre de 1 mm/an sont observables en Suisse; des données comparables ne sont pas disponibles en France ou en Italie, mais il est probable que les vitesses verticales soient comparables. L'origine d'un tel soulèvement est expliqué par le rebond isostasique qui fait suite à l'épaississement crustal.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Faune alpine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faune des Alpes.

Les espèces suivantes se trouvent en assez grand nombre dans les espaces protégés.

Flore alpine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flore des Alpes.

La flore alpine est largement gouvernée par l'altitude, et dans une moindre mesure l'exposition et la latitude. La limite supérieure des forêts se situe habituellement entre 1 800 m sur les sommets exposés des Préalpes et 2 500 m dans les vallées intérieures suisses du Valais et de l'Engadine. Cette limite s'est élevée ces dernières dizaines d'années. La cause peut en être, comme en Sibérie, le réchauffement climatique. Cependant, dans les Alpes, l'agriculture en baisse à haute altitude peut aussi en être la cause[7].

Plantes à fleurs typiques des Alpes :

Arbres des Alpes :

Arts et culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Paul-Louis Rousset, Les Alpes & leurs noms de lieux. 6000 ans d’histoire ? Les appellations d’origine pré-indo-européenne, Didier & Richard,‎ 1988. Selon d'autres auteurs, alb est un toponyme répandu dans tout le bassin méditerranéen pour désigner un lieu élevé (P. Faure, M.-J. Gaignerot, Guide grec antique, éditions Hachette,‎ 1988 (ISBN 2-01006-765-5[à vérifier : isbn invalide]), « 1. Le monde et l'homme », p. 16).
  2. Le Point du 20/09/2010 - Le rôle des Alpes comme château d'eau de l'Europe remis en question
  3. États généraux de l'eau en montagne - Megève (France)
  4. Estimation CIPRA
  5. Chiffres de la Convention alpine, 2007
  6. W. Bätzing, H. Rougier, Les Alpes. Un foyer de civilisation au cœur de l'Europe, éditions Loisirs et pédagogie,‎ 2005 (ISBN 2-606-00294-6), p. 21.
  7. Fank Hagedorn, Andreas Rigling, Peter Bebi, La limite de la forêt : pourquoi il n’y a pas d’arbres en altitude, organe du Club alpin suisse, Les Alpes, 2006, pages 52-55

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Matevž Lenarčič, Croisière au-dessus des Alpes : du mont Blanc au Triglav, Glénat,‎ 2011 [détail de l’édition]. Ouvrage publié en plusieurs langues sous le patronage de l'UNESCO.