Yamina Benguigui

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Yamina Benguigui (née Yamina Zora Belaïdi[1],[2],[3] à Lille le 9 avril 1957[4]) est une réalisatrice française d'origine algérienne[N 1].

Elle est également élue conseillère municipale au Conseil de Paris (20e arrondissement) sur la liste PS de Bertrand Delanoë. Adjointe au maire de Paris, elle est chargée des droits de l'homme et la lutte contre les discriminations.

Sommaire

[modifier] Biographie

De parents algériens kabyles[5], elle débute sa carrière comme assistante de réalisation, notamment auprès de Jean-Daniel Pollet, avant de fonder avec Rachid Bouchareb une société de production nommée « Raya Films ». Elle produit, entre 1990 et 1991, une émission hebdomadaire culturelle et musicale liée aux communautés immigrées en France, Rencontres, sur France 3. Elle réalise de nombreux documentaires : la série Femmes d’Islam, pour France 2, en 1994, puis La Maison de Kate, un lieu d’espoir (1995), sur un centre de traitement de la toxicomanie.

Son documentaire Mémoires d’Immigrés, réalisé en 1998 pour Canal+, a un fort impact lors de sa sortie en salles. Elle y retrace l’histoire de l’immigration maghrébine à travers des témoignages qui rendent compte de la quête d'identité et des effets du racisme. En 2000, elle réalise le court-métrage Pimprenelle, pour la collection Pas d'histoires ! 12 regards sur le racisme au quotidien (2001). En 2001, elle présente son premier long-métrage de fiction, Inch'Allah dimanche, qui recueille de nombreux prix.

Elle présente avec Gilles Schneider l'émission Place de la République sur France 2, puis D'une rive à l'autre de la Méditerranée en 2003. Elle est présidente du FIPA pour 3 ans. Son documentaire Aïcha, Mohamed, Chaïb... engagés pour la France, sur l'intégration dans l'armée, est diffusé sur France 3 en octobre de la même année, elle reçoit à Florence le prix « Il Sigillo delle Pace » pour l'ensemble de son travail. Elle est chevalier de la Légion d'honneur depuis 2003[2], et officier des Arts et des Lettres depuis 2002[6] ; elle est aussi décorée de l'Ordre national du mérite (chevalier en 1997[1], promue officier en 2007[3]). Elle est membre depuis 2006 du Haut Conseil à l'intégration[7].

Elle crée au printemps 2006 une société de production « Elemiah » avec Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac). Il s'agit avec cette société de production de « favoriser la représentation des minorités à la télévision et au cinéma ». Elle emploiera des personnes issues de l'immigration et produira des fictions mettant en scène des héros de toutes les origines. Au programme sont d'emblée inscrits un documentaire pour Canal+, Le 9/3, mémoire d'un territoire, et Aïcha, une série de téléfilms sur le quotidien d'une jeune fille de banlieue, pour France 2 avec Sofia Essaïdi dans le rôle principal.

Depuis janvier 2007, elle s'est engagée aux côtés de Bibliothèques sans frontières, une jeune ONG qui vise à faciliter l'accès au savoir dans les pays en développement.

Elle prépare un film sur le manque de carrés musulmans dans les cimetières en France, intitulé Le Paradis, c'est complet avec son inséparable et meilleure amie Isabelle Adjani dans le rôle principal, cette dernière y incarnerait le rôle d'une ministre d'origine maghrébine.

Le documentaire 9/3. Mémoire d'un territoire diffusé le 29 septembre 2008 sur Canal+ a été acclamé par la presse et a reçu en 2009 le Globe de Cristal pour le meilleur documentaire. Le film retrace l'histoire du département de la Seine-Saint-Denis (le « 93 » ou « 9/3 ») du milieu du XIXe siècle à nos jours. Selon le documentaire, ce territoire aurait toujours été sacrifié par l'État : concentration des industries, relégation des populations les plus pauvres, grands ensembles déshumanisés et mal construits, sous-équipement chronique ; une des raisons des émeutes de banlieue, en 2005, serait cette discrimination territoriale et, aujourd'hui, ethnique. Cette thèse de la paupérisation organisée du nord-est de la banlieue de Paris soulève cependant la critique de plusieurs historiens interviewés pour le film et dont seuls les propos allant dans le sens de cette idée centrale ont été retenus au montage[8]. Selon ses détracteurs, ce film doit être regardé comme une œuvre militante, avec les qualités et les défauts du genre, mais non comme un travail de reconstitution du passé, qu'ils jugent souvent fort éloigné de la thèse qu'il entend défendre.

[modifier] Filmographie

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

Notes
  1. Elle a obtenu la nationalité française par naturalisation en 1989 après 4 ans d'attente.[réf. nécessaire]
Références
  1. ab Décret du 10 novembre 1997 portant promotion et nomination à l'Ordre national du mérite, JORF no 265, 15 novembre 1997, p. 16539, NOR PREX9702135D, sur Légifrance.
  2. ab Décret du 11 juillet 2003 portant promotion et nomination à l'ordre national de la Légion d'honneur, JORF no 161, 13 juillet 2003, p. 11943, texte no 3, NOR PREX0306732D, sur Légifrance.
  3. ab Décret du 7 mai 2007 portant promotion et nomination à l'Ordre national du mérite, JORF no 107, 8 mai 2007, p. 8115, texte no 2, NOR PREX0710152D, sur Légifrance.
  4. Béatrice Fleury, « Mémoires d’immigrés. L’héritage maghrébin de Yamina Benguigui. De l’ethos biographique aux hors sujets de la réception », dans @nalyses, vol. 3, no 3, automne 2008, p. 82–99 (ISSN 1715-9261) [texte intégral] 
  5. Brahim Chenchabi, « Portraits d'immigrés » sur Entre-Gens.com, 19 août 2006.
  6. Promotion du 14 juillet, Ordre des Arts et des Lettres, communiqué du Ministère de la Culture, 15 juillet 2002, sur le site du Ministère de la Culture.
  7. Décret du 4 avril 2006 portant nomination au Haut Conseil à l'intégration, JORF no 81, 5 avril 2006, p. 5128, texte no 40, NOR PRMX0609201D, sur Légifrance.
  8. Alain Faure, « Le «9-3» de Yamina Benguigui : un usage falsifié de l’histoire » sur Mediapart, 24 octobre 2008.

[modifier] Liens externes

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Yamina_Benguigui ».
Créer un livre
Autres langues