Pascal Canfin

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Pascal Canfin
Image illustrative de l'article Pascal Canfin
Fonctions
Député européen de la circonscription Île-de-France
3 mai30 juin 2014
Élection 7 juin 2009
Législature 7e
Prédécesseur Jean-Jacob Bicep
Ministre délégué au Développement
16 mai 201231 mars 2014
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I et II
Prédécesseur Henri de Raincourt
Successeur Annick Girardin
Député européen de la circonscription Île-de-France
14 juillet 200916 mai 2012
Élection 7 juin 2009
Législature VIIe Parlement européen
Successeur Jean-Jacob Bicep
Biographie
Date de naissance 22 août 1974 (40 ans)
Lieu de naissance Arras, Pas-de-Calais (France)
Nationalité française
Parti politique Les Verts
Europe Écologie Les Verts
Parti vert européen
Diplômé de Institut d'études politiques de Bordeaux
Université de Newcastle
Profession Journaliste

Pascal Canfin, né le 22 août 1974 à Arras en France, est un journaliste et homme politique français. Député européen de juin 2009 à mai 2012 et de mai 2014 à juillet 2014, il fut nommé le 16 mai 2012 ministre délégué au Développement auprès du ministre des Affaires étrangères en France, dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault jusqu'à la démission du gouvernement le 31 mars 2014.

Depuis le 1er juillet 2014, il est Conseiller principal pour le climat du World Resources Institute (WRI), classé 2eme think tank au monde sur les questions environnementales[1], dans le cadre de la préparation du Sommet international sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 (Cop 21). Pascal Canfin enseigne également dans le Master 2 de Coopération internationale de l'Université Paris 1[2].

Formation et activité professionnelle[modifier | modifier le code]

Pascal Canfin est né le 22 août 1974 à Arras (Pas-de-Calais)[3]. Il est diplômé de l’Institut d'études politiques de Bordeaux et de l’université de Newcastle[4] (Royaume-Uni).

Pascal Canfin est chargé de mission à la Confédération française démocratique du travail (CFDT) du Nord-Pas-de-Calais de 1997 à 1999, puis consultant en ressources humaines de 1999 à 2003[5]. D'abord intéressé par la semaine de 4 jours, il a milité au sein de l'association Nouvelle Donne, créée par Pierre Larrouturou. De 2004 à 2009, il est journaliste au mensuel Alternatives économiques[6], spécialiste des questions liées à l’environnement, à l’économie sociale et solidaire, à la responsabilité sociale des entreprises[7].

Parallèlement à son activité de journaliste, il s'engage en politique au sein des Verts en 2001[3]. Il est responsable de la commission « Économie, social et services publics » des Verts entre 2005 et 2008[6].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Précédemment marié avec Éva Sas avec laquelle il a deux enfants, il s'affiche désormais avec une nouvelle compagne[8].

Député européen[modifier | modifier le code]

Aux élections européennes de 2009 en France, il est candidat dans la circonscription Île-de-France sur la liste Europe écologie, en troisième position derrière Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly. La liste obtient 20,86 % des voix et quatre sièges[9], ce qui permet à Pascal Canfin d'être élu député européen[10].

Au Parlement européen, il est membre de la commission des affaires économiques et monétaires, de la commission spéciale sur la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment de capitaux et de la délégation pour les relations avec les États-Unis. Il est membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs et de la délégation pour les relations avec la République populaire de Chine[6]. Il est vice-président de l'intergroupe services publics du Parlement européen[11].

Pascal Canfin est rapporteur du Parlement sur les règlements visant à encadrer les ventes à découvert et les credit default swaps (CDS). Son rapport est adopté par la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement en mars 2011[12]. Les principales dispositions soutenues par le Parlement sont le contrôle des ventes à découvert et l'interdiction des CDS à nu sur les dettes des États européens, c'est-à-dire des CDS qui sont achetés par des investisseurs qui ne détiennent pas le risque dont le CDS les protège, accusés d'avoir accéléré la spéculation sur la dette grecque. À la suite du vote du rapport, il mène la négociation avec le Conseil des ministres qui représente les États. Cette négociation débouche sur un compromis, qui reprend l'interdiction des CDS à nu, malgré l'opposition initiale de certains États, et encadre plus strictement les ventes à découvert. Pour Pascal Canfin, « l'interdiction des CDS à nu sur la dette souveraine est une grande victoire »[13],[14]. Le texte est adopté en première lecture en session plénière du Parlement en novembre 2011, par 507 voix pour, 25 contre et 109 abstentions[15].

Pascal Canfin est aussi le négociateur pour le Groupe des Verts/Alliance libre européenne de plusieurs projets législatifs[16]:

  • la directive européenne sur la taxe sur les transactions financières[17] (toujours en discussion) ;
  • le règlement sur les agences de notation (toujours en discussion);
  • la directive concernant les marchés d'instruments financiers (MIFID) (toujours en discussion);
  • la directive sur les abus de marché[18] (toujours en discussion)
  • la directive européenne sur les gestionnaires de fonds alternatifs (AIFMD) ;
  • la directive sur les produits dérivés (EMIR).

Finance Watch[modifier | modifier le code]

En juin 2010, à l'initiative de Pascal Canfin, vingt-deux députés européens chargés de réglementer les marchés financiers et les banques lancent un appel à la société civile pour qu'elle crée une organisation non gouvernementale capable de développer une contre-expertise sur les activités menées sur les marchés financiers par les principaux opérateurs (banques, compagnies d'assurance, hedge funds, etc.)[19]. L'appel prend le nom de Finance Watch[20]. Les premiers signataires sont rejoints par près d'une centaine d'autres députés européens, des élus nationaux et régionaux de plusieurs pays de l'Union européenne[21].

En juin 2011, l'ONG Finance Watch voit le jour.

Ministre délégué au développement[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 2012, Pascal Canfin, quitte le Parlement européen et est nommé par François Hollande ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères chargé du développement[22]. Dans l'une de ses premières annonces en tant que ministre chargé du développement, Pascal Canfin estime que «  la France a normalisé ses relations avec l'Afrique »[23]. Selon lui, cette normalisation se manifeste d'abord par le changement du nom du ministère : « le ministère de la Coopération, avec tout ce qu'il pouvait véhiculer, n'existe plus » déclare-t-il[24]. Pascal Canfin ajoute que la « dissolution de la 'cellule Afrique' »[25], organe charnière du système de la Françafrique, incarne la rupture annoncée par François Hollande dans les relations entre la France et l'Afrique.

Le 26 avril 2013, à l'occasion d'un déplacement programmé au Mali, Pascal Canfin refuse d'embarquer dans un avion dans lequel était présent un étranger qui était alors éloigné de la France sous escorte policière[26] condamné pour attaque à main armée [27] et viol aggravé sur mineur[28], suscitant certaines interrogations dans la presse[29]. L'autre ministre écologiste du gouvernement, Cécile Duflot, déclare alors soutenir Pascal Canfin dans son « refus de cautionner ces expulsions » en affirmant que cette affaire reposait « la question de la double peine »[30].

En novembre 2013, démentant les rumeurs concernant une possible suppression de l'écotaxe faisant suite aux manifestations contre celle-ci, il affirme qu'elle sera bien appliquée[31].

Il quitte son poste avec la démission du deuxième gouvernement de Jean-Marc Ayrault le 31 mars 2014; le même jour, face à la nomination de Manuel Valls en tant que Premier ministre, il déclare dans un communiqué commun avec la ministre du Logement, Cécile Duflot, ne pas vouloir reprendre un poste de ministre dans ce nouveau gouvernement par conviction politique. Le 3 mai suivant, il retrouve son siège de député au Parlement européen, qu'il conserve jusqu'à la fin de la législature le 30 juin suivant.

Aide au développement et solidarité internationale[modifier | modifier le code]

Engagement du président de la République lors de la campagne pour les élections présidentielles, les Assises du développement et de la solidarité internationale se sont tenues entre novembre 2012 et mars 2013. Cela faisait 15 ans que la France n’avait pas mis en débat sa politique de développement[32]. À l’issue de la clôture des Assises, le président de la République a annoncé la présentation à l’automne 2013, d’une loi d’orientation et de programmation sur le développement[33]. Il a notamment été décidé de créer une nouvelle structure permanente de concertation avec la société civile : le Conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI)[34].

En février 2013, il accompagne le président de la République lors de son déplacement au Mali après le début de l'intervention militaire française dans le pays. À cette occasion, François Hollande souligne la responsabilité qui lui incombe de mettre en œuvre des politiques de développement efficaces pour reconstruire l'État malien et « gagner la paix »[35].

Pascal Canfin présente le projet de « loi d'orientation et de programmation relative au développement et à la solidarité internationale » en Conseil des ministres le 11 décembre 2013, avec comme priorités la lutte contre la pauvreté et la protection de l'environnement. Ces engagements seront contrôlés par la mise en place d'indicateurs (par exemple le nombre d'enfants scolarisés ou de foyers raccordés à un réseau électrique)[36]. La loi a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale le 10 février 2014[37], et sera examinée au Sénat le 5 mai 2014.

Politique de développement et Développement durable[modifier | modifier le code]

Pascal Canfin envisage la politique de développement comme étroitement liée aux objectifs de développement durable. Il entend en effet « faire de la soutenabilité un impératif pour la politique française de développement »[24]. Ainsi, les projets entrepris sous l'égide de l'Agence française de développement (AFD) connaissent un tournant dès la première année de son mandat : les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique font désormais partis des priorités des investissements de l'AFD pour les trois prochaines années[38]. L’AFD a également adopté en avril 2013 une nouvelle doctrine en matière agricole, et ne pourra plus financer de projets OGM ni des investissements agricoles qui ne respecteraient pas les principes de la FAO contre l’accaparement des terres[39]. Enfin, l'AFD a adopté le principe selon lequel elle « devra intégrer des clauses de responsabilité sociale et environnementale (RSE) dans la passation de ses marchés »[24].

Transparence, lutte contre la corruption et paradis fiscaux[modifier | modifier le code]

En matière d'aide au développement, depuis la fin de l'année 2012, l'AFD exclut « de ses marchés les entreprises impliquées dans des cas de corruption »[24], entreprises identifiables via la liste dressée par la Banque mondiale. Par ailleurs, depuis mai 2013, l'AFD s'est dotée d’une liste élargie de paradis fiscaux, avec lesquels, « l’organisme ne pourra plus travailler, à l’avenir »[40]. Plus précisément, l'argent de l'aide au développement ne pourra plus transiter dans ces paradis fiscaux[41]. Enfin, Pascal Canfin souhaite favoriser la transparence des flux financiers en engageant la France dans la création d'une éventuelle « task force » intitulée « Inspecteurs des impôts sans frontières », chargés d'aider les pays en développement à contrôler les déclarations fiscales des multinationales[42].

Fiscalité du diesel[modifier | modifier le code]

Le 12 septembre 2013, le journal Libération fait sa une sur la fiscalité du diesel citant Pascal Canfin « L'État ne peut plus subventionner un produit meurtrier responsable de la mort de 15 000 personnes par an. J’ai deux enfants, comme beaucoup de Français, et je ne veux pas prendre la responsabilité qu’on me dise dans cinq, dix, quinze ans : Pourquoi vous n’avez rien fait ? On ne peut pas laisser se rejouer le drame de l’amiante. Je ne peux pas imaginer qu’une majorité de gauche ne fasse rien sur ce sujet »[43].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'économie verte expliquée à ceux qui n'y croient pas, préface de Dominique Voynet, Éditions Les Petits matins, 2007
  • Consommer responsable ; Alimentation, Construction, Voyages, Habillement, Transport…, Flammarion, 2008
  • C'est pollué près de chez vous. Les Scandales écologiques en France. avec Wilfrid Séjeau, Éditions Les Petits matins, 2008
  • Le contrat écologique pour l'Europe, préface de Daniel Cohn-Bendit, Éditions Les Petits matins, 2009)
  • Ce que les banques vous disent… et pourquoi il ne faut presque jamais les croire, Éditions Les Petits matins, janvier 2012 (ISBN 978-2-36383-000-5)
  • « Notre défi: inventer un développement social et durable » (Revue Projet, janvier 2014)
  • Imaginons... dialogues avec une ouvrière à la chaine, un patron de PME, un financier..., Editions Les Petits matins, août 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « 2014 Think Tank Rankings », sur http://www.thinktankwatch.com,‎ 22/01/2014 (consulté le 31/08/2014)
  2. « PRESENTATION GENERALE », sur http://www.univ-paris1.fr
  3. a et b « Pascal Canfin, un Arrageois au Développement », La Voix du Nord, 17 mai 2012.
  4. Biographie sur le site d'Europe Écologie
  5. http://www.pascalcanfin.fr/biographie/ Biographie sur son site personnel
  6. a, b et c Pascal Canfin, fiche sur le site du Parlement européen.
  7. Liste des articles écrits par Pascal Canfin, consulté le 5 septembre 2012
  8. http://www.purepeople.com/article/manuel-valls-et-anne-gravoin-stars-du-bal-des-couples-ministeriels-a-l-elysee_a127442/23
  9. Élections européennes de 2009 en France - résultats dans la circonscription Île-de-France sur le site du ministère de l'Intérieur - étiquettes détaillées sur France-politique.fr
  10. http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96711/Pascal_CANFIN.html consulté le 5 septembre 2012
  11. http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96711/PASCAL_CANFIN_home.html Fiche sur le site du Parlement européen
  12. http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96711/seeall.html?type=REPORT
  13. « Spéculation: l'UE interdit les "CDS à nu" », Le Figaro, 18 octobre 2011.
  14. « L'UE limite la spéculation sur les dettes souveraines », Le Monde, 18 octobre 2010.
  15. « L'Union européenne met un frein à la spéculation sur la dette des États », Le Point, 15 novembre 2011.
  16. http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96711/seeall.html?type=CRE
  17. [PDF] ec.europa.eu
  18. ec.europa.eu
  19. Pascal Canfin : « Il faut un Greenpeace de la finance », euractiv, 22 juin 2010.
  20. Site de Finance Watch
  21. Liste des signataires de Finance Watch, site de Finance Watch
  22. « Pascal Canfin, ministre délégué au développement », Le Monde, 16 mai 2012.
  23. http://www.mediapart.fr/journal/international/150712/pascal-canfin-nous-avons-normalise-les-relations-entre-la-france-et-laf?page_article=2
  24. a, b, c et d http://www.pascalcanfin.fr/mes-realisations/
  25. http://www.mediapart.fr/journal/international/150712/pascal-canfin-nous-avons-normalise-les-relations-entre-la-france-et-laf
  26. Pascal Canfin refuse d’embarquer dans un avion transportant un Malien expulsé, liberation.fr, 30 avril 2013
  27. pasca-canfin-et-l-expulse-malien-l-attaque-du-depute-ump-thierry-mariani-lors-des-questions-au-gouvernement-9249
  28. http://nord-pas-de-calais.france3.fr/2013/04/30/le-ministre-nordiste-pascal-canfin-refuse-d-embarquer-dans-un-avion-avec-un-malien-expulse-243529.html
  29. http://www.lepoint.fr/politique/l-etrange-conscience-de-canfin-30-04-2013-1661663_20.php L'étrange "conscience" de Pascal Canfin
  30. Cécile Duflot défend Pascal Canfin qui a refusé de monter dans un avion pour Bamako, huffingtonpost.fr, 30 avril 2013
  31. Le ministre délégué au Développement dément les spéculations sur une éventuelle suppression de l'écotaxe, liberation.fr, 10 novembre 2013
  32. La clôture des Assises du développement et de la solidarité internationale, Le point sur…, n°73, avril 2013
  33. La clôture des assises du développement et de la solidarité internationale, Le point sur…, n°73, avril 2013
  34. Les Assises du développement et de la solidarité internationale, gouvernement.fr, 6 mars 2013
  35. [1], Pascal Canfin, Libération, 11 février 2013
  36. « Pascal Canfin fait sa loi », in Le Figaro, encart « Culture », lundi 9 décembre 2013, page 49.
  37. http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0289.asp
  38. http://www.pascalcanfin.fr/01/10/2012/fusionner-les-notions-de-developpement-economique-et-de-developpement-durable/
  39. http://eelv.fr/2013/04/30/pascal-canfin-utilisation-des-ogm-dans-les-projets-de-lafd-cest-fini/
  40. Suisse, Panama… Paris met à l’index dix-sept paradis fiscaux, Anne Michel, lemonde.fr, 27 mai 2013
  41. Paradis sans crédit, franceinter.fr, 28 mai 2013
  42. Bientôt des inspecteurs du fisc sans frontières, Anne Cheyvialle, lefigaro.fr, mis à jour le 9 janvier 2013
  43. Diesel : plein d’indécence pour l’exécutif, Libération, 12 septembre 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]