Parti socialiste unifié (France)

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Parti socialiste unifié
Image illustrative de l'article Parti socialiste unifié (France)
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Présentation
Anciens dirigeants Édouard Depreux, Michel Rocard, Huguette Bouchardeau
Fondation 3 avril 1960
Disparition 7 avril 1990
Idéologie socialisme, Deuxième gauche, autogestion, marxisme, social-démocratie, socialisme démocratique, régionalisme
Couleurs rouge

Le Parti socialiste unifié (PSU) était un parti politique français fondé le 3 avril 1960. Représentant à sa fondation de la Deuxième gauche, qui se situait politiquement entre la SFIO social-démocrate et le PCF, le PSU s'est auto-dissous en novembre 1989.

Le PSU s'est notamment appuyé sur la transformation (et la laïcisation) de la CFTC en CFDT et a défendu, dans les années 1970, l'expérience autogestionnaire, soutenant en particulier les travailleurs de l'usine de Lip. Avec comme premier secrétaire, de 1960 à 1967, Édouard Depreux, ancien ministre socialiste de l'Intérieur, puis Michel Rocard, de 1967 à 1973.

Les archives du Parti socialiste unifié sont conservés aux Archives nationales sous la cote 581AP[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Le PSU nait le 3 avril 1960 d'un double mouvement d'opposition : opposition à la guerre d'Algérie et opposition au soutien de la SFIO au « coup d'État » gaulliste de 1958, ce qui avait conduit à la constitution du cartel de l'Union des forces démocratiques rassemblant en particulier le Parti socialiste autonome (PSA) et l'Union de la gauche socialiste, deux composantes principales du PSU. Présidé par Laurent Schwartz, le Congrès de 1960 entérine la fusion de trois formations politiques :

Le pari du PSU : entre la SFIO et le PCF[modifier | modifier le code]

Ce parti tente tout d'abord d'occuper l'espace politique entre la SFIO et le PCF, se prononçant dès sa création pour une VIe République[2].

Il est composé majoritairement de socialistes anti-colonialistes, qu'ils soient « révolutionnaires » ou « réformistes », partisans de l'Union de la gauche. Il comprend également d'anciens pivertistes, dont certains avaient milité au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) sous le Front populaire (1936-38) (Colette Audry, etc.). Les trotskistes Marcel Bleibtreu et Michel Lequenne obtiennent un droit de tendance au sein du parti, continuant la publication de la Tribune du marxisme avec Edgar Morin, futur penseur de la « complexité » [3].

Enfin, la tendance mendésiste, qui représente un bloc cohérent et réformiste, s'oppose au dogme marxiste de la lutte des classes et refuse l'appropriation collective des moyens de production, prônant un équilibre entre les secteurs privé et public[4] : dès le départ, le PSU apparaît comme regroupant des tendances très diverses voire antagonistes, qui ne se rejoignent finalement que dans l'anti-gaullisme et l'anti-stalinisme. L'adhésion de Pierre Mendès France au PSA avait même suspendu les négociations de fusion entre l'UGS et le PSA, ceux-là (ainsi qu'une partie de ceux-ci) estimant que les mendésistes du Centre d'action démocratique étaient plus libéraux que réellement socialistes : vieil héritage de la méfiance envers les radicaux « petits-bourgeois ».

Au fil des crises que le PSU traverse, il enregistre le départ de nombre de ses fondateurs : Pierre Bérégovoy, Charles Hernu, Alain Savary, Robert Verdier. Le PSU, qui comprend dès son origine des minorités se revendiquant d'un marxisme révolutionnaire, du luxemburgisme ou du trotskisme, évolue en s'amoindrissant, surtout après mai 1968, pour devenir un parti contestataire et auto-gestionnaire se situant hors du champ parlementaire.

Composition des instances dirigeantes (1960)[modifier | modifier le code]

Le bureau national constitué en avril 1960[5] respecte la parité des fondateurs :

Au comité national :
Parmi les 55 membres du comité politique national[8], constitué selon la même parité affichée, figurent 25 anciens du Parti socialiste autonome, 25 anciens de l'UGS et 5 sympathisants de Tribune du communisme. Le parcours politique de ces hommes - seule une femme siège dans cette instance, Mireille Osmin, issue de la SFIO et du PSA - est très divers. Ainsi cet organisme aurait compté six trotskistes : Jean Rous (« droitier »), Robert Chéramy (lambertiste)[9], tous deux venant du PSA ; Yves Dechézelles (lambertiste), Roland Filiâtre, Yvan Craipeau, et Pierre Naville, l'un des principaux dirigeants trotskistes avant-guerre (« droitiers ») [3].

On relève toutefois un nombre important d'anciens députés de la SFIO, dont la sécession du groupe parlementaire est à la source du PSA/PSU : Édouard Depreux lui-même, Alain Savary et Robert Verdier, Daniel Mayer, Guy Desson, François Tanguy-Prigent, André Philip, Charles Lussy, Jean Binot, Raymond Badiou (père du philosophe Alain Badiou qui appartint un temps lui-même au PSU) et André Hauriou (fils du doyen Maurice Hauriou, et alors vice-président de la Ligue des droits de l'homme) [10].

Charles Hernu, est issu pour sa part, de l'UDSR.

Sont membres de ce Conseil National deux avocats, issus de l'UGS, fortement impliqués dans la défense des militants anticolonialistes, français ou algériens, alors que la guerre d'Algérie est une des préoccupations majeures des français, Yves Dechézelles et Pierre Stibbe.

Nombre d'adhérents[modifier | modifier le code]

Lors de son congrès de fondation, le PSU aurait rassemblé jusqu'à 30 000 adhérents : 20 000 issus du PSA, 10 000 de l'UGS[11]. Quelques centaines de militants proviennent du groupe de Jean Poperen, Tribune du communisme. Mais selon Marc Heurgon, historien du parti après en avoir été un des dirigeants, il semble que le nombre de 20 000 membres au total soit plus proche de la réalité[12].

Presse[modifier | modifier le code]

Le PSU se dote d'une publication hebdomadaire : Tribune socialiste. Mais à cet organe officiel, s'ajoute de fait durant quelques années, un autre hebdomadaire, france observateur[13], dont direction et rédaction comprennent plusieurs membres du PSU, et non des moindres : Gilles Martinet, ancien secrétaire général de l'UGS, plus tard journaliste à L'Observateur, le chrétien de gauche Claude Bourdet, cofondateur, Georges Suffert, Serge Mallet, Pierre Belleville et Pierre Naville[14].

Une évolution mouvementée[modifier | modifier le code]

Dès son premier congrès le PSU est le théâtre de jeux de tendances. Une forte minorité apparait, animée par Pierre Bérégovoy. Edouard Depreux parvient à être élu secrétaire général, soutenu par Gilles Martinet (secrétaire général adjoint de 1960 à 1967, il quitte le PSU en 1972) et Michel Rocard, qui isolent les anciens de la IVe République, Alain Savary et Charles Hernu, tandis que les trotskistes et les ex-communistes rechignent à s'allier, ce qui leur aurait donné la majorité[3]. Dès le Congrès de Clichy (mars 1961), Pierre Mendès-France, qui n'hésite pas à agir de façon indépendante, voit son ami au Bureau national, Charles Hernu, manquer sa réélection[4].

Jean Bastide, membre du comité politique national, quitte le part dès 1962 et retourne à la SFIO.

Les Congrès suivants sont si disputés qu'aucune direction stable, par exemple, ne sort du Congrès d'Alfortville (janvier 1963), qui a lieu quelques mois après les législatives, au cours desquelles deux députés PSU sont élus (l'ancien ministre de l'Agriculture François Tanguy-Prigent et Raoul Bleuse, qui quitte cependant le parti l'année suivante). C'est aussi en 1963 que Depreux et Rocard fixent une nouvelle ligne au parti, en l'adossant aux « couches nouvelles » (techniciens et cadres)[3]. Elus mais sans majorité stable, ils soutiennent alors la thèse d'une mutation du capitalisme, rendant l'hypothèse marxiste d'une crise du capitalisme caduque[3]. Quatre ans plus tard, John K. Galbraith publie Le Nouvel État Industriel, best-seller économiste qui insiste sur le concept de « technostructure » pour expliquer les changements de la société industrielle.

Lors du Congrès de 1963, les lambertistes proposent leur mention, qui reçoit un score négligeable, tandis que Marcel Bleibtreu, allié à Marcel Pennetier (ex-PCI) présente une motion qui reçoit 10 % des mandats[3]. Les luttes internes font fuir la base, un tiers des adhérents quittant le PSU entre 1963 et 1965[3]. Alain Savary s'en va, créant l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche, qui s'allie avec le FGDS de Mitterrand, ainsi que Charles Hernu[3]. Le courant mendésiste, dans lequel Pierre Bérégovoy joue un rôle central, prend cependant de l'ampleur, ayant permis l'élection de la nouvelle majorité aux congrès de 1963, ce qui permet à Mendès-France de s'impliquer davantage dans le parti[4].

En 1965, le PSU ne présente pas de candidat à l'élection présidentielle et soutient celle de François Mitterrand, également appuyé par la SFIO et le PCF). Le bureau politique avait poussé Pierre Mendès-France à se présenter après l'abandon de Gaston Defferre, mais celui-là avait refusé, mettant en avant son hostilité au suffrage universel direct dans le cadre de la présidentielle, ainsi que les mauvaises dispositions du PCF à son égard[4].

Le PSU double son score électoral aux législatives de mars 1967, obtenant quatre députés : Guy Desson, Yves Le Foll, Roger Prat et Pierre Mendès France, élu à Grenoble où le PSU s'était implanté lors des municipales de mars 1965[4]. Contre la décision du parti, celui qui avait été le porte-parole du PSU lors de la campagne s'était adjoint un membre de la SFIO, et non de la FGDS[4].

Cependant, la question centrale du PSU demeure : comment se positionner entre le PCF et la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste) de Mitterrand, où la SFIO achève son parcours?

En juin 1967, la première mue du PSU porte Michel Rocard à la direction d'un parti d'où les anciens socialistes « réformistes » sont en voie de disparition. Le bureau national voit entrer 12 nouvelles figures sur 17 A. Les mendésistes, avec Gilles Martinet, Pierre Bérégovoy et Jean Poperen avaient soutenu au Congrès l'idée d'une association avec la FGDS, orientation refusée par la majorité[4]. À son tour, Poperen quitte alors le parti[3], créant l'Union des groupes et clubs socialistes (avec l'ex-pivertiste Colette Audry) qui rejoint également le FGDS et bientôt le nouveau Parti socialiste (PS), créé en 1969.

L'orientation nouvelle se trouve confortée par la prise de contrôle de l'UNEF, en juillet 1967 (Congrès de Lyon), par l'organisation de jeunesse du PSU, les Étudiants Socialistes Unifiés (ESU), qui souffle la mise à l'UEC (communiste). Ils portent à la présidence du syndicat étudiant Jacques Sauvageot, qui a un rôle de premier plan lors de mai 1968.

De mai 68 à la présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Le PSU soutient alors les étudiants et prône l'autogestion. Il est cependant victime du retour à l'ordre aux législatives de juin 1968, n'obtenant aucun député ; il fait un peu mieux aux législatives de 1973, obtenant un député (Yves Le Foll). Ces variations, toutefois, résultent largement du scrutin et des alliances, puisque le PSU obtient 3,9 % en 1968 et environ 2 % en 1973.

Pierre Mendès-France rend alors publique sa décision de quitter le parti, qu'il avait reportée après les élections de juin 1968 : il n'accepte plus son orientation gauchiste[4]. L'année suivante, il se présente en tant que second (Premier ministrable) avec Gaston Defferre (SFIO) contre Michel Rocard pour le PSU : la rupture avec le mendésisme est définitive[4]. La fédération de l'Eure, mendésiste, est dissoute[4]. Le 1er juin 1969, Michel Rocard obtint 3,61 % des voix au premier tour de ces élections, score qui constitue le plus haut niveau d'influence du PSU au cours d'une élection présidentielle.

Mis en minorité au Congrès d'Orléans (avril 1970) de l'UNEF, les ESU parviennent à garder la présidence en faisant alliance avec les trotskistes de l'AJS. Devenus groupusculaires, ceux-là perdent finalement le contrôle de l'UNEF en 1971, mis hors-jeu lors de la scission entre UNEF-US et UNEF-Renouveau.

Au VIIe Congrès de Lille du PSU (juin 1971), la motion rocardienne obtient 53 % des mandats[15] ; les trotskistes rassemblent eux 14 % des mandats[15]. Un courant maoïste, qui s'était affirmé en 1970 en préconisant l'alliance avec le Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF), obtient 12 % des mandats[15]. En juin 1972, la double appartenance PSU-PCMLF est interdite, ce qui provoque le départ d'Emmanuel Terray et Pierre Bauby[15]. Enfin, une tendance « mouvementiste » obtient 20 % à Lille, et 16 % à Toulouse en décembre 1972[15] : elle s'organise autour de la Gauche ouvrière et paysanne (GOP) de Marc Heurgon, Alain Lipietz, Gustave Massiah, etc., avant de s'éclater en deux (Pour le communisme et, en 1974, le Parti d'unité populaire, qui créent la Gauche ouvrière prolétarienne)[15].

En 1972, le PSU ne signe pas le programme commun de la gauche (juin 1972), estimant que ce programme n'est pas assez autogestionnaire, et ne peut pas « ouvrir la voie au socialisme »[16]. Le PSU se situe alors à la gauche du PS et du PCF. Yves Le Foll, maire (PSU) de Saint-Brieuc, soutient alors la grève du Joint Français (1972), tandis que l'ensemble du PSU soutient l'expérience autogestionnaire de Lip, à Besançon (1973).

La même année, Michel Rocard dissout la fédération PSU d'Ile de France, qui s'était dotée d'une direction sur sa gauche, et demande à chacun de réadhérer individuellement. Jacques Kergoat, qui avait été secrétaire général du PSU parisien, et le philosophe Jean-Marie Vincent rejoignent alors la Ligue communiste révolutionnaire[15], tandis que Manuel Bridier rejoint Révolution ![15]. Une autre fraction, la Gauche révolutionnaire, rejoint en 1972 le Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF, « pro-chinois » maoïste)[15]. Une troisième forme ce qui devient la Gauche Ouvrière et Paysanne puis l'Organisation communiste des travailleurs (créée en 1976), entre 1972 et 1974[15].

Les années Giscard (1974-1981)[modifier | modifier le code]

Aux élections présidentielles de mai 1974, la gauche du parti soutient la candidature de Charles Piaget, le syndicaliste CFDT de Lip, mais Rocard réussi à obtenir une majorité de soutien pour la candidature unitaire de Mitterrand contre Giscard. Quelques mois plus tard (octobre), une fraction importante du PSU participe à une opération politique menée par le Parti socialiste (PS), les « Assises du socialisme » ayant pour but d'unifier les mouvements socialistes et sociaux-démocrates au sein du PS, derrière Mitterrand.

La majorité du PSU se refusant cependant à s'unir au PS, de nombreux membres, notamment Michel Rocard, Robert Chapuis (ancien militant de la Jeunesse étudiante chrétienne et secrétaire national du PSU de novembre 1973 à décembre 1974) et Jean Le Garrec rejoignent Mitterrand fin 1974. Avec la constitution de ce nouvel axe à gauche, contemporain du choc pétrolier, le déclin du PSU est alors entamé, d'autant plus que Denis Berger, fondateur de La Voix communiste, part avec environ 200 militants[17] proche de la tendance révolutionnaire (Jean-René Chauvin, etc.) rejoindre la LCR d'Alain Krivine[17].

C'est ce moment que choisit l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), de tendance pabliste et libertaire, forte de 250 militants[17], pour fusionner dans le PSU, Gilbert Marquis ayant entamé des pourparlers dès la fin 1973[17]. Malgré leur faible nombre, ils obtiennent des postes de responsabilité : Maurice Najman (fondateur des comités d'action lycéen pendant mai 68), Bernard Schalscha, Gilbert Marquis et Michel Fiant prennent le contrôle de plusieurs régions[17].

Le PSU reste actif dans les luttes sociales. Il participe notamment, avec la LCR, à la mobilisation contre la loi Debré de 1973 qui devait abréger le sursis accordé aux étudiants pour leur service militaire, puis, l'année suivante, à la fondation du groupe Information pour les droits du soldat, qui militait pour la création de syndicats dans l'armée. En 1976, il participe à la création du Mouvement d'action syndicale (MAS) créé après la grève contre la réforme du deuxième cycle, Antoine Bour, responsable des ESU (Etudiants Socialistes Unifiés), en devenant le premier secrétaire nationale. Ce syndicat étudiant participa en 1980 à la création de l'UNEF-ID.

Le Congrès de la Courneuve (janvier 1977) voit s'affronter deux tendances, l'une, menée par le secrétaire du parti, Michel Mousel, préconisant la reconduction de listes communes de gauche pour les municipales de mars 1977 (le PSU ayant obtenu plusieurs élus aux précédentes municipales), tandis que l'autre, au sein de laquelle les militants de l'AMR sont particulièrement actifs, préconise une alliance avec le « groupe carrefour » de la LCR[18] (Robi Morder, François Morvan), voire avec l'Organisation communiste des travailleurs (le courant « mouvementiste »)[19]. Celle-ci est largement minoritaire, et l'AMR quitte le PSU après mai 1977 pour créer avec le « groupe carrefour » les Comités communistes pour l'autogestion (CCA)[19].

Le PSU et la gauche au pouvoir (1981-1990)[modifier | modifier le code]

Le 26 avril 1981, Huguette Bouchardeau obtient 1,11 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle, remportée au second tour par François Mitterrand (PS). Le 24 mars 1983, elle entre dans le gouvernement Mauroy. Cette participation est vivement combattue à l'intérieur de son parti et ses adversaires deviennent majoritaires en décembre 1984 au Congrès de Bourges. Certains militants (Jean-Pierre Lemaire) participent alors à la Fédération pour une gauche alternative (FGA), qui contribue à la recomposition de la gauche après le « tournant de la rigueur » de 1983, travaillant notamment avec l'aile gauche des Verts.

Lors de l’élection présidentielle du 25 avril 1988, le PSU soutient la candidature communiste dissidente de Pierre Juquin, également appuyé par certains trotskistes. Celui-ci obtient 2,09 % des voix au premier tour.

Le PSU se scinde en novembre 1989, une partie de ses membres fusionne avec la Nouvelle gauche issue des comités de soutien à Pierre Juquin pour fonder l'Alternative rouge et verte (AREV), qui fusionne une nouvelle fois en 1998 avec une minorité de la Convention pour une alternative progressiste (CAP) pour devenir « les Alternatifs », tandis qu'une autre partie rejoint Les Verts où sont déjà de nombreux anciens animateurs de la GOP (Gauche ouvrière et paysanne). À part ces derniers, ces mouvements n'ont jamais atteint la taille critique nécessaire pour peser sur le débat à gauche comme avait pu le faire le PSU entre 1960 et 1969.

Le PSU est formellement dissous le 7 avril 1990 par 91 % des militants[20].

Chronologie et résultats électoraux détaillés[modifier | modifier le code]

Les congrès nationaux du PSU[modifier | modifier le code]

  • 3 avril 1960. Issy-les-Moulineaux : Congrès de fondation du PSU
  • 24 - 26 mars 1961. Clichy : 1er Congrès
  • 28 - 30 janvier 1963. Alfortville : 2e Congrès
  • 9 - 11 décembre 1963. Paris ( Salle de la Grange aux belles ) : 3e Congrès
  • 5 - 7 juin 1965. Gennevilliers : 4e Congrès
  • 22 - 24 juin 1967. Paris ( Maison des métallurgistes ) : 5e Congrès
  • 14 - 16 mars 1969. Dijon : 6e Congrès
  • 28 - 28 juin 1971. Lille : 7e Congrès
  • 9 - 11 décembre 1972. Toulouse : 8e Congrès
  • 14 - 16 décembre 1974. Amiens : 9e Congrès
  • 28 - 30 janvier 1977. La Courneuve : 10e Congrès
  • 12 - 14 janvier 1979. Saint-Étienne : 11e Congrès
  • 7 - 8 février 1981. Colombes : 12e congrès
  • 18 - 20 décembre 1981. Nantes : 13e congrès
  • 14 - 16 décembre 1984. Bourges : 15e Congrès
  • 13 - 14 décembre 1986. Bourg-en-Bresse : 16e Congrès
  • 16 - 18 décembre 1988. Angers : 17e Congrès
  • 24 novembre 1989. Paris : Congrès de dissolution du PSU

Secrétaires nationaux du PSU[modifier | modifier le code]

Le poids électoral du PSU[modifier | modifier le code]

Le PSU qui comptait dans ses rangs en 1960 un certain nombre d'anciens députés, s'inséra dans le jeu électoral aux élections législatives de novembre 1962, non sans réussite.

Le décompte officiel des voix aux élections législatives mêle en 1978 et 1981 le PSU avec l'extrême gauche. Seule l'élection présidentielle de 1981 permet une approche séparée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

A.

Références[modifier | modifier le code]

  1. site des Archives nationales
  2. Jean-Louis Andreani, Le Mystère Rocard, Robert Laffont, 1993, p. 76.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 413 sq
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Kesler, Jean-François (2001). « Le parti de Pierre Mendès France : du parti radical au PSU. » in Matériaux pour l'histoire de notre temps. 2001, n°63-64. Pierre Mendès France et la Modernité - Actes du colloque - Assemblée nationale - 15 juin 2001. pp. 66-69. doi : 10.3406/mat.2001.403281
  5. Le numéro 1 de Tribune socialiste, en date du 9 avril 1960 consacre ses 8 pages à rendre compte du Congrès constitutif du parti dont la "Tribune" va être l'organe hebdomadaire. "Le 3 avril 1960 marquera une date dans la vie du socialisme en France et dans l'histoire du socialisme international" est-il commenté en début d'un éditorial.
  6. Édouard Depreux, Souvenirs d'un militant, Fayard 1972, p. 523
  7. Ibid. Tribune socialiste, N° 1, 4 avril 1960.
  8. page 7 du numéro 1 de Tribune socialiste
  9. Robert Chéramy est par la suite l'un des principaux dirigeants, au titre de la majorité « autonomie », de la Fédération de l'Éducation nationale.
  10. Dictionnaire des parlementaires français, 5 volumes parus, La Documentation française. Voir aussi les sites de Sénat et de l'Assemblée nationale.
  11. Marc Heurgon (1994), Histoire du PSU, tome 1 : La Fondation et la guerre d'Algérie (1958 - 1962), Paris, La Découverte, Paris, 1994, p.  105
  12. Ibidem, page 106. Marc Heurgon s'appuie sur des chiffres précis pour parler de « fable du parti de 30 000 membres ». Ainsi alors qu'Édouard Depreux annonçait 20 000 membres issus du Pari socialiste autonome, l'apport réel de ceux-ci « [devait] tourner autour de 9 000 ». Quant à Tribune du communisme, de fait non encartés, Marc Heurgon chiffre son apport à 100 ou 200. Enfin l'UGS aurait fourni 7 000 militants.
  13. Le titre ne portait pas de majuscule.
  14. Ces 6 journalistes font partie du 1er Comité national du PSU, élu en avril 1960. Maurice Laval, administrateur de France observateur en est membre aussi. Cf Tribune socialiste, id. et Claude Estier, La gauche hebdomadaire 1914-1962, collection Kiosque, Armand Colin, Paris, 1962.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Tudi Kernalegenn, François Prigent, Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas, Presses universitaires de Rennes, 2010 : Introduction en ligne
  16. Jean-Louis Andreani, Le Mystère Rocard, Robert Laffont, 1993, p. 139.
  17. a, b, c, d et e Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 512 sq.
  18. Du nom de leur contribution au sein de la LCR, « La civilisation au carrefour, la Ligue au feu rouge ».
  19. a et b Histoire du pablisme, International Institute of Social History, 6 p.
  20. « Chronologie du PSU », PS de Bruz (consulté le 8 mai 2009)
  21. « QUID - INSTITUTIONS FRANÇAISES - QUELQUES PARTIS DISPARUS - 1 - Quid.fr » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Anciens adhérents[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Depreux, Souvenirs d'un militant : cinquante ans de lutte, de la social-démocratie au socialisme (1918-1968), Paris, Fayard, 1972.
  • Édouard Depreux, Servitude et grandeur du PSU, Paris, Syros, 1974.
  • Jean-François Kesler, De la gauche dissidente au nouveau Parti socialiste, les minorités qui ont rénové le PS Privat, 1990, Toulouse.
  • Marc Heurgon, Histoire du PSU, tome 1 : La Fondation et la guerre d'Algérie (1958 - 1962), Paris, La Découverte, Paris, 1994.
  • Tudi Kernalegenn, François Prigent, Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas, Presses universitaires de Rennes, 2010 : [1]
  • Jacques Sauvageot (dir.), Le PSU : des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?, éd. Presses universitaires de Rennes, 2013 (ISBN 978-2753521834)
  • Noëlline Castagnez, Laurent Jalabert, Marc Lazar, Gilles Morin, Jean-François Sirinelli (dir.), Le Parti Socialiste unifié, Histoire et postérité, Presses Universitaires de Rennes, 2013 [2]

Production militante[modifier | modifier le code]

  • Michel Rocard, Le PSU et l'avenir socialiste de la France, Paris, Seuil, 1969.
  • PSU, Des militants du PSU, Paris, Epi, 1971.
  • PSU, Contrôler aujourd'hui pour décider demain. Manifeste adopté par le 8e congrès national du PSU (9-11 décembre 1972), préface de Michel Rocard, Paris, Tema-éditions, 1973.
  • PSU, Vivre, produire et travailler autrement : éléments de programme autogestionnaire, Paris, Syros, 1978.
  • PSU, Archives d'espoir : 20 ans de PSU, Paris, Syros 1980.
  • Les Verts, Du PSU aux Verts, interview sonore d'un ancien cadre du PSU qui a rejoint les Verts, 2008.
  • Guy Philippon Mon PSU, Éditions Les Petits Matins, 2013, livre de souvenirs d'un fondateur et cadre du PSU, recueillis par Stéphane Sitbon-Gomez

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Tudi Kernalegenn (Rennes 1, CRAPE) et François Prigent (Rennes 2, CERHIO), L'implantation du PSU en Bretagne : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d'idées, journée d'études coorganisée par le CRAPE et le CERHIO, IEP de Rennes, le 8 février 2007.
  • Soïg Malfroy, La fédération du PSU des Côtes-du-Nord face au Programme commun, IEP Rennes 2003-2004.

Commémoration[modifier | modifier le code]

Les 10 et 11 avril 2010, à la suite d'une initiative de l'association des Amis de Tribune Socialiste, créée en 1962 pour populariser les positions du PSU et gérer son patrimoine, et dépositaire de son héritage intellectuel et idéologique, ont été organisées, à Issy-les-Moulineaux et Paris, des manifestations à l'occasion du 50° anniversaire du Congrès fondateur. Cette initiative a été soutenue par l'Institut Édouard Depreux, l'Association des Amis de Victor et Paule Fay, ainsi que par 540 anciens militants du PSU.

Archives[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]