Arnaud Montebourg

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Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg, en mai 2012.
Arnaud Montebourg, en mai 2012.
Fonctions
Ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique
2 avril 201425 août 2014
(4 mois et 23 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls I
Prédécesseur Lui-même (Redressement productif)
Pierre Moscovici (Économie)
Successeur Emmanuel Macron
Ministre du Redressement productif
16 mai 201231 mars 2014
(1 an, 10 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I et II
Prédécesseur Éric Besson
Successeur Lui-même
Député de la 6e circonscription de Saône-et-Loire
12 juin 199716 juin 2012
Prédécesseur René Beaumont
Successeur Rémi Chaintron, suppléant
Président du conseil général de Saône-et-Loire
27 mars 200821 juin 2012
Prédécesseur Christophe Sirugue
Successeur Rémi Chaintron
Biographie
Date de naissance 30 octobre 1962 (51 ans)
Lieu de naissance Clamecy (Nièvre, France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Diplômé de Université de Bourgogne
Université Panthéon-Sorbonne
IEP de Paris
Profession Avocat

Arnaud Montebourg[1], né le 30 octobre 1962 à Clamecy (Nièvre), est un homme politique français.

Avocat de profession, membre du Parti socialiste depuis 1985, il est député à l'Assemblée nationale, élu dans la sixième circonscription de Saône-et-Loire, de 1997 à 2012 ; il est également président du conseil général de Saône-et-Loire de 2008 à 2012. À partir du congrès de Reims de 2008, il est secrétaire national du Parti socialiste chargé de la rénovation.

Après être arrivé en troisième position du premier tour de la primaire présidentielle socialiste de 2011, il est nommé, le 16 mai 2012, ministre du Redressement productif dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Il devient ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, dans le gouvernement Manuel Valls I, le 2 avril 2014 ; critique envers l'action du gouvernement, il perd ses fonctions avec la démission du gouvernement Valls, quelques mois plus tard, le 25 août 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et famille[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg est le fils de Michel Montebourg, né en 1933 dans la région d'Autun, fonctionnaire des impôts, et de Leïla Ould Cadi, universitaire, née à Oran en 1939, professeur d'espagnol et essayiste issue, par son père, Khermiche Ould Cadi, d'une famille de walis d'Algérie[2] et d'une mère normande[3]. Son aïeul Ahmed Ould Cadi, agha de Frendah (Oran), qui combattit aux côtés de l'armée française lors de la conquête de l'Algérie, fut fait chevalier de la Légion d'honneur en 1842, officier en 1852, commandeur en 1860 puis grand officier dans cet ordre en 1867[4],[5].

Habitant de Fixin (Côte-d'Or), Arnaud Montebourg étudie au collège Marcelle-Pardé à Dijon, puis au lycée Stéphen-Liégeard à Brochon (Côte-d'Or) avant d'étudier le droit en 1980 à l'université de Dijon. C'est à cette époque qu'il milite au sein de l'Union nationale des étudiants de France et adhère au Parti socialiste. Il poursuit ses études à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il obtient sa licence de droit, puis entre à l'Institut d'études politiques de Paris ; il y tente le concours d'entrée de l'ENA, auquel il échoue. Un peu avant son service national, il adhère au club fabiusien « Espace 89 », animé par Thierry Mandon[6],[7].

Arnaud Montebourg fait son service militaire au sein de la classe 85/12 du 120e régiment du train à Fontainebleau, de décembre 1985 à décembre 1986. Ce régiment était réputé pour être un vivier de recrutement pour le ministère en main-d'œuvre diplômée et gratuite. En effet au bout de deux mois, Montebourg est affecté à un standard téléphonique du 19e arrondissement de Paris, puis est employé dans un ministère pour rédiger les discours de remise de médailles et autres cérémonies d'un ministre[6],[7].

Il a épousé le 31 mai 1997, la veille du second tour des élections législatives qui le virent devenir député, en l'abbaye cistercienne de Valmagne, Hortense de Labriffe, née en 1968, fille du comte Antoine de Labriffe et de la comtesse, née Anne de Lacretelle. Elle a été collaboratrice d'Édouard Balladur et de Philippe Douste-Blazy. Elle est aujourd'hui déléguée générale de l'association des producteurs indépendants du cinéma français et secrétaire générale d'Uniciné. Ils ont deux enfants, Paul né en 2000 et Adèle née en 2002. Le couple s'est séparé en 2010[6],[7]. En 2004, il acquiert une maison avec jardin à Montret[8]

Début 2010, la presse people révèle son concubinage avec la journaliste Audrey Pulvar, ancienne présentatrice sur France 3, sur la chaîne d'information en continu i>Télé et chroniqueuse d'On n'est pas couché[9] pour la saison 2011/2012. À partir de l'été 2012, elle dirige le magazine Les Inrockuptibles et officie en tant que chroniqueuse sur la chaîne D8. La fin de leur relation est annoncée par une dépêche AFP le 18 novembre 2012[10].

Fin 2013, la presse people titre sur sa relation avec l'actrice Elsa Zylberstein[11].

Carrière d'avocat[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg commence sa carrière professionnelle comme avocat à la Cour d'appel de Paris (en 1990). Il débute sa carrière auprès de Thierry Lévy. En 1992, il devient premier secrétaire de la conférence du stage des avocats de Paris[12].

Il a plaidé dans plusieurs affaires qui ont marqué l'opinion publique :

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg le 21 avril 2005.

Le 1er juin 1997, il est élu député de Saône-et-Loire pour le groupe socialiste. Son premier mandat est marqué par une volonté de rupture avec les pratiques de son prédécesseur[14] et par une lutte appuyée contre les accords régionaux entre la droite et l'extrême-droite[15]. Avec Vincent Peillon, il anime la mission parlementaire d'information sur le blanchiment des capitaux en Europe.

Farouche opposant à l'immunité du président de la République (en particulier vis-à-vis des affaires de malversation, affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, financement occulte du RPR, affaire des marchés publics d'Île-de-France, affaire des HLM de Paris, etc.), il propose en 2001 une résolution du Parlement tendant au renvoi de Jacques Chirac, président de la République, devant la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice, commission qui ne sera pas formée, entre autres après le refus du premier ministre d'alors, Lionel Jospin[16].

Il a été rapporteur de la commission d'enquête sur les tribunaux de commerce présidée par François Colcombet, député de l'Allier, et rapporteur de la mission anti-blanchiment de l'Assemblée nationale qui enquêta contre les paradis fiscaux en Europe, présidée par Vincent Peillon.

Réélu député en 2002 (face à Francis Szpiner), il a été vice-président de la commission des lois pendant cinq ans.

En 2002 et 2003, il cofonde, avec Vincent Peillon, Julien Dray et Benoît Hamon, le courant Nouveau Parti socialiste, qui recueillera 17 % des voix au congrès de Dijon du PS. À l'occasion de ce congrès, il est élu premier secrétaire fédéral de la fédération PS de Saône-et-Loire.

Parcours au sein du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne du référendum sur le « projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe » (2004-2005), pourtant partisan du « non », il ne prendra pas part à la campagne, contrairement à la plupart des autres dirigeants socialistes tenants de cette position (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli), respectant le résultat du référendum interne du Parti socialiste.

Partisan de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, il a exprimé le souhait de voir la Turquie intégrer l'Union européenne sous condition de respecter les critères de Copenhague lors d'un entretien paru dans le quotidien Le Parisien daté du 10 avril 2004. Il en est de même pour certains pays des Balkans comme la Bosnie-Herzégovine ou l'Albanie.

Lors du Congrès du Parti socialiste au Mans le 20 novembre 2005, il refuse la synthèse générale, car, selon lui, elle était effectuée à vil prix, et, en outre, elle ne comportait pas l'idée de VIe République, qui lui est chère. En désaccord sur le fond avec ses anciens camarades du NPS, notamment Vincent Peillon et Henri Emmanuelli, il estime que le NPS est mort.

Le samedi 10 décembre 2005, à Paris, Arnaud Montebourg et ses amis jugeant le Nouveau Parti socialiste (NPS) mort, créent, au cours d'une réunion en présence de quelque deux cents personnes, dont près d'une centaine de correspondants du nouveau mouvement, un courant d'idées au sein du PS nommé Rénover maintenant.

Fin février 2006, il est la seule personnalité du parti socialiste avec Laurent Fabius à réclamer clairement l'exclusion de Georges Frêche après les propos de ce dernier qualifiant des harkis de « sous-hommes ». De plus, il relie les dérives de M. Frêche à ce qu'il considère comme les effets pervers de la Ve République (aucun contre-pouvoir, barons locaux depuis des décennies).

Électron libre au sein des majorités internes successives du parti socialiste, il rejoint néanmoins la motion majoritaire à chaque congrès jusqu'en 2002. S'étant abstenu lors de l'adoption en bureau national du projet des socialistes pour 2007, il renonce, le 13 juillet 2006, à présenter sa candidature à l'investiture socialiste pour la candidature à l'élection présidentielle de 2007, faute d'obtenir les trente signatures nécessaires de membres du conseil national du PS.

Pour le congrès de Reims, en novembre 2008, il fait contribution commune avec Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis sur la base du refus de la présidentialisation du parti et fusionne son courant Rénover maintenant avec Socialisme et démocratie. Lors du dépôt des motions, le 23 septembre, il apporte son soutien à Martine Aubry au côté de Jean-Christophe Cambadélis, pendant que Pierre Moscovici choisit de soutenir la motion de Bertrand Delanoë.

Porte-parole de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Le 24 juillet 2006, il apporte officiellement son soutien à la candidature de Ségolène Royal à l'investiture du parti socialiste pour la présidentielle de 2007.

Le 2 janvier 2007, Arnaud Montebourg fait paraître dans le journal Libération un article sur l'installation de Johnny Hallyday à Gstaad et, plus largement, sur le statut supposé de paradis fiscal de la Suisse et certains pays de l'Union européenne, avec l'approbation de Ségolène Royal. Le porte-parole de la candidate se refuse ensuite à tout commentaire à la presse suisse (notamment La Liberté), mais donne une interview en podcast sur Betapolitique, où il réaffirme sa position et la radicalise. L'attaque génère une forte émotion en Suisse et dans les pays incriminés, notamment au Luxembourg qui, par la voix de Luc Frieden, réaffirme sa politique bancaire et sa solidarité avec la Suisse. Le 4 janvier 2007, Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération suisse, rappelle l'apport de la Suisse à la France et exige qu'on fasse preuve de respect pour sa souveraineté et son mode de taxation des résidents. L'affaire est, certes, comprise dans son contexte électoral, mais prend une résonance particulière si elle est mise en perspective avec les débats intervenant entre la Suisse et l'Union européenne au sujet des accords bilatéraux (fiscalité).

Porte-parole de Ségolène Royal, il présente sa démission le 18 janvier 2007 après avoir lancé une plaisanterie sur François Hollande (« Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut. C'est son compagnon. ») mal perçue par Ségolène Royal[17]. Royal préfère le suspendre symboliquement de sa fonction pendant un mois.

De député à président du conseil général de Saône-et-Loire[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg, après sa réélection de député de la 6e circonscription de Saône-et-Loire.

Il se retrouve en difficulté[18] à l'issue du premier tour des législatives du 10 juin, rassemblant 41,37 % des voix contre 43,95 % pour l'ancien agent de la DGSE Arnaud Danjean[19]. Lors d'une campagne mouvementée, il qualifie son adversaire de « barbouze en goguette » pendant un meeting à Saint-Rémy en présence de Ségolène Royal[20]. Il réussit à remporter un troisième mandat d'une courte majorité (50,34 % des suffrages[19]) dans une circonscription plutôt portée à droite avant sa première élection et qui a voté à 53,87 % en faveur de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle[21]. Le soir de sa réélection, il fait cette déclaration : « Rien ne sera plus jamais comme avant au Parti socialiste ! Fini le temps des éléphants révolus et place aux jeunes lions ! »[22]. Il confirme ainsi sa volonté d'apparaître comme leader du pôle des rénovateurs du Parti socialiste.

Le 27 juin 2007, il est nommé par Jean-Marc Ayrault premier vice-président du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) de l'Assemblée nationale, chargé de la commission « prospective », directement chargé de répondre à Éric Besson, secrétaire d'État chargé de cette question. En juillet 2008, il est de nouveau candidat au poste de président de groupe.

Farouche opposant au projet de réforme de la carte judiciaire, il met en difficulté la ministre de la Justice, Rachida Dati, lors des séances de questions au gouvernement de l'Assemblée nationale[23], allant même jusqu'à la qualifier d'« aussi stupide que sa réforme » et « d'incompétente[24] ». Virulent, il accuse Bernard Kouchner de ne jouer qu'un « tout petit rôle de figurant »[25].

Le 14 février 2008, il signe, avec seize autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne[26].

Lors du débat sur la réforme institutionnelle initiée par la majorité et Nicolas Sarkozy, il est le principal orateur du groupe SRC, et, au moment de justifier le vote contre de l'opposition au projet, dénonce un « programme d'accroissement général de la concentration des pouvoirs » en faveur du Président de la République et en défaveur du Parlement, et juge la réforme comme étant « une scandaleuse et triste occasion manquée devant l'histoire de notre pays »[27].

Jusqu'alors parmi les députés les plus actifs et présents à l'Assemblée nationale[28], Arnaud Montebourg est moins présent à partir de la mise en œuvre de la réforme institutionnelle de 2008, puis après sa déclaration de candidature à la primaire, en novembre 2010. Il n’a ainsi, à compter d'octobre 2010, assisté à aucune des 29 réunions du mercredi de la Commission des lois[29], et il écope d'une sanction financière (retenue sur les indemnités)[30], et devient l'un des députés les moins actifs de l'Assemblée en 2011[31],[32]. Arnaud Montebourg s'explique le jour même sur son blog[33], et justifie ses absences par sa campagne à la primaire, mais aussi par la réduction du poids politique du Parlement. Il annonce en 2009[34]sa volonté de choisir entre ses fonctions de député et de président du Conseil général. Il annoncera son choix quelques jours plus tard en décidant de cesser ses fonctions de député après 2012. Il soutient à cette occasion la candidature de Cécile Untermaier pour lui succéder comme député de la Bresse et du Val-de-Saône.

Farouche partisan, et praticien pendant 11 ans, du mandat unique, il décide fin 2007, après avoir consulté sur son blog ses administrés, de se présenter à l'élection cantonale de 2008 dans le canton de Montret, et ainsi de céder à la pratique du cumul des fonctions de député et de conseiller général[34].

Il est élu le 9 mars 2008 au premier tour, avec 54,59% de suffrages exprimés, puis président du Conseil général de Saône-et-Loire. Comme il l'avait annoncé et comme l'a souhaité François Hollande vis-à-vis de tous les ministres en termes de non cumul des mandats, il quitte ses fonctions de président du Conseil général pour redevenir simple conseiller général du canton de Montret[35].

Arnaud Montebourg lors de sa déclaration de candidature à la primaire présidentielle socialiste de 2011, le 20 novembre 2010 à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse.
Prise de parole en place publique pour la campagne à Reims.

« Troisième homme » de la primaire socialiste de 2011[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre 2010, dans son fief électoral de Frangy-en-Bresse, en Saône-et-Loire, il déclare être candidat aux primaires socialistes pour l'investiture à l'élection présidentielle de 2012[36].

Arnaud Montebourg a esquissé son programme dans son livre Des Idées et des Rêves. Il plaide notamment pour un « capitalisme coopératif »[37], un système productif dans lequel la distinction entre capitalistes et travailleurs serait estompée. Les travailleurs seraient possesseurs des moyens de production.

Il est aussi l'un des premiers hommes politiques de son rang à préconiser la libération généralisée des données publiques (Open Data), afin de dynamiser la création d'applications d'intérêt économique, citoyen et pour la vie quotidienne en s'inspirant de l'Open Government Initiative lancée par le président des États-Unis, Barack Obama, dès le premier jour de sa présidence (20 janvier 2009).

Au printemps 2011, il publie un essai Votez pour la démondialisation !, qui développe ses propositions portant sur la démondialisation[38], à partir notamment des travaux du sociologue et député philippin Walden Bello. Autour de 17 propositions[39], Arnaud Montebourg, après avoir présenté les effets néfastes de la mondialisation et de ses causes, appelle à une conversion écologique et sociale du système productif et à une révolution industrielle verte. Il propose aussi le « démantèlement des agences de notation privées »[40].

Au soir du premier tour, le 9 octobre 2011, avec 17,19 % des voix, il crée la surprise en arrivant en troisième position, derrière François Hollande et Martine Aubry, devançant même Ségolène Royal, contrairement à ce que prévoyaient les sondages. Certains le considèrent comme l'arbitre du second tour. Il écrit une lettre ouverte à Martine Aubry et François Hollande pour permettre à ses partisans de choisir le candidat dont les idées sont les plus similaires aux siennes. Deux jours avant le second tour, il déclare finalement qu'il votera pour François Hollande sans donner de consigne de vote[41] ; après avoir expliqué qu'il aurait voté pour Martine Aubry si « elle avait été en tête », il effectue une visite à Ris-Orangis en compagnie de François Hollande[42].

Ministre du Redressement productif puis de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique[modifier | modifier le code]

François Hollande élu président, un nouveau gouvernement est constitué le 16 mai 2012 autour du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le communiqué officiel[43] ne fait plus mention de l'Industrie pour désigner le ministère placé sous la direction d'Arnaud Montebourg, mais utilise l'expression « ministère du Redressement productif ». L'économie, les finances et le commerce extérieur, de même que l'énergie, font l'objet de ministères indépendants. Le ministre du Redressement productif est assisté par la ministre déléguée Fleur Pellerin, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l’économie numérique.

Lors du débat sur l'avenir de la sidérurgie lorraine, il souhaite nationaliser temporairement le site Arcelor Mittal de Florange, sur le modèle de ce qu'ont réalisé les États-Unis en 2009 lors de la nationalisation de General Motors[44] pour se prémunir de l'endettement gigantesque d’ArcelorMittal[45]. Face à la réticence de Jean-Marc Ayrault, il menace de démissionner[46] sans parvenir à obtenir l'accord de François Hollande[47].

Soutenant le rapport Gallois en novembre 2012, il rompt avec son image de représentant de la gauche du PS : selon son proche Paul Alliès, « Il y a une confusion qui traîne : les batailles menées à l’intérieur du PS, primaire incluse, le placent à la gauche du parti. Entre Benoît Hamon et lui, ce serait du pareil au même… Or, de la VIe République à la réindustrialisation et la démondialisation, Montebourg est sur un créneau moderniste, avec quelques classiques républicains, mais pas sur le périmètre habituel de la gauche du PS (…) À la gauche du PS, on prône le primat du social sur l’économie. Arnaud fait l’inverse : pour lui, le social passe par l’économie[48] ».

Après avoir prôné la démondialisation lors des primaires socialistes, le ministre cherche à relancer la production nationale par un discours volontariste sur la nécessité de consommer du « made in France » et sur les réussites innovantes françaises[47]. Mi-septembre 2013, il présente avec François Hollande les 34 « plans » industriels d'avenir sur lesquels son ministère travaille depuis un an ; cette posture de « reconquête industrielle » se substituant à son rôle de « pompier » et de frondeur à l'égard des chefs d'entreprise[49].

Fin août 2013, il déclare ne pas souhaiter se présenter à un nouveau scrutin une fois sa fonction de ministre achevée, si ce n'est l'élection présidentielle[50].

En 2014, Arnaud Montebourg interprète le personnage d'un singe en marinière dans le dessin animé Silex and the City, "Ministre du Redressement Progressif" désirant accéder à la bipédie et partisan du "Made in Feu".

Début avril 2014, à la formation du gouvernement Manuel Valls, son portefeuille s'élargit à l'Économie, au Redressement productif et au Numérique.

Le même mois, il intervient dans les négociations entre General Electric (GE) et Alstom qui visent à l'intégration partielle ou totale du groupe français dans le groupe américain. Il énonce la vision de créer un « Airbus de l'énergie » au plan européen sans participation du groupe américain (qu'il compare a Boeing) et prend la démarche d'inviter directement le principal concurrent de GE, le groupe allemand Siemens, à faire une contre-offre. En plus, il se met à coordonner un support politique franco-allemand pour Siemens en contactant son homologue allemand, Sigmar Gabriel. Il n'hésite pas accuser publiquement le PDG d'Alstom, Patrick Kron d'être un menteur pour avoir commencé les négociations avec GE sans avoir consulté le gouvernement d'avance[51]. Cette ingérence dans une transaction de deux entreprises privées a provoqué des critiques[52], accusée de « colbertisme » dans la presse internationale[53]. Plusieurs experts du marché de l'énergie ont soulevé qu'une fusion avec Siemens serait moins avantageuse pour Alstom et ses employés à cause du plus grand chevauchement des activités[54],[55],[56][réf. insuffisante]. L'alternative Siemens échoue, permettant la prise de contrôle par GE, mais Arnaud Montebourg fait entrer l’État au capital d'Alstom grâce à un accord pour le rachat des actions Bouygues[47].

Mi-mai 2014, dans le cadre de ce dossier, il participe à la publication d'un décret qui élargit le droit de veto de l'État sur les investissements étrangers en France dans les secteurs stratégiques[57]. Ce décret, baptisé « décret Alstom »[58],[59]. Il a provoqué de fortes réactions à l'étranger, notamment da la part de Vince Cable, ministre de l'Économie du Royaume-Uni[59] alors que Michel Barnier, commissaire européen en charge du Marché interne, le cautionne[60].

S'appuyant sur la promesse de campagne de François Hollande de renégocier le traité européen, Arnaud Montebourg regrette l'euro fort prôné par la Banque centrale européenne et souhaite, vainement, que celle-ci assouplisse sa politique monétaire et mène une relance de la croissance européenne[47].

Mais Arnaud Montebourg conteste la politique économique de François Hollande et Manuel Valls privilégiant une politique de l'offre et une réduction forte des déficits plutôt qu'un soutien à la croissance et aux ménages[61]. Le 25 août 2014, après ses déclarations contre la politique économique du couple exécutif prononcées à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, le Premier ministre Manuel Valls remet la démission du gouvernement au président de la République[47].

Idées défendues[modifier | modifier le code]

La VIe République[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années[Quand ?], il milite pour la rédaction d'une nouvelle Constitution au sein de l'association Convention pour la sixième République (C6R), qu'il a fondée officiellement le 2 mai 2001, avec notamment l'éditeur et politiste Guy Birenbaum. Dans cette constitution, les pouvoirs du président de la République seraient limités à des pouvoirs d'arbitrage, les pouvoirs de décision revenant à un Premier ministre mieux contrôlé par un Parlement aux pouvoirs renforcés. Dans cette idée, il a célébré en août 2004 à Jarnac le quarantième anniversaire de la parution du livre de François Mitterrand Le Coup d'État permanent. Il a publié, en septembre 2005, en collaboration avec le professeur de science politique Bastien François, La Constitution de la Sixième République, réconcilier les Français avec la démocratie.

Déroute du libre-échange et nécessité de la démondialisation[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg prône la « mise en place d’un nouveau système d’échange fondé sur des règles universelles de protection de l’environnement et de respect de standards sociaux et sanitaires »[62].

Il dénonce la « mondialisation » et ses conséquences sociales et écologiques dramatiques : « [elle] a fabriqué des chômeurs au nord et augmenté le nombre de quasi-esclaves au sud, détruit les ressources naturelles partout, donné le pouvoir aux financiers et retiré aux peuples les moyens qu'ils avaient conquis de s'autodéterminer. » Selon lui, en fin de compte, « le monde a fait fausse route, la mondialisation est devenue sa déroute »[63].

Contre le capitalisme mondialisé, il préconise une politique protectionniste et défend l'idée d'un État fort, contrôlant la finance, capable de prendre des « mesures draconiennes et sévères vis-à-vis du système financier et bancaire »[64]. Sur cette même ligne, il se présente comme défenseur du « made in France », thème qu'il choisit pour son livre La bataille du made in France[65]. Il décrit plus tard cet enjeu comme étant une « cause nationale ».

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1992 : Prix César-Campinchi
  • 1993 : Prix Bâtonnier Maurice-Allehaut décerné par le Barreau de Paris, pour l'éloge d'Edgar Faure
  • 2000 : Reçu comme « Alumnus » au sein de la French-American Foundation, élu en 2000 dans le cadre du programme Young Leader, fondation atlantiste[66] ayant pour vocation de réunir les futurs principaux acteurs du monde politique, de la finance, de la presse et de l'industrie de manière informelle.

Condamnations[modifier | modifier le code]

Le 23 mai 2012, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a été condamné par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris à 1 € de dommages et intérêts pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de la société de ferries SeaFrance, en les traitant « d'escrocs ». Les qualificatifs de « patrons-voyous » et d'« incapables » n'ont pas été retenus comme injurieux[67]. Le 17 décembre 2012, Arnaud Montebourg, toujours ministre, a été condamné par la 17e chambre civile du tribunal de grande instance (TGI) de Paris à 2 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral et 3 000 euros au titre des frais de justice, pour avoir porté atteinte à la présomption d'innocence du sénateur PS Jean-Noël Guérini, également président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, en ayant estimé que les faits reprochés à ce dernier n'auraient pu avoir lieu sans la «complicité» de son frère, un homme d'affaires connu pour ses liens avec le grand banditisme[68].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Arnaud Montebourg, machine à réussir ! de Vianney Delourme
  • 2004 : Arnaud Montebourg : L'ambition à tout prix de Guy Benhamou
  • 2007 : Arnaud Montebourg, le mousquetaire de la Bresse, de Rodolphe Bretin, Éditions de Bourgogne
  • 2010 : Arnaud Montebourg, Les politiques ont-ils une âme p. 217 à 236 entretien avec Isabelle Dillmann Ed Albin MIchel (ISBN 978-2-226-20615-2)

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'adjonction d'une particule à son nom (Arnaud « de » Montebourg) est une erreur (pas toujours involontaire[réf. nécessaire]).
  2. Leïla Ould Cadi a notamment publié aux publications universitaires Paul-Valéry, Montpellier 3, une étude intitulée : Alger, une cité turque au temps de l’esclavage à travers le Journal d’Alger du père Ximénez, 1718-1720
  3. « Arnaud Montebourg : berbéritude républicaine », interview par Boukhelifa Zahir, Kabyle.com, 2 avril 2007
  4. Guy Benhamou, Arnaud Montebourg, l'ambition à tout prix, Stock, 2004, p. 12
  5. Biographie de Ahmed Ould Cadi dans Le livre d'or de l'Algérie, A. Challamel, 1890, p. 499-507
  6. a, b et c Guy Benhamou, Arnaud Montebourg, l'ambition à tout prix, Stock, 2004
  7. a, b et c Jean-Louis Beaucarnot, Le tout politique, Archipel, 2011
  8. Le patrimoine déclaré des ministres sur batiactu.com
  9. « Pulvar/Montebourg : la journaliste peut rester sur iTélé », sur jeanmarcmorandini.com,‎ 3 février 2010
  10. « Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg c'est fini », sur midilibre.fr,‎ 18 novembre 2012
  11. Arnaud Montebourg - Elsa Zylberstein : leur histoire d'amour surprise
  12. Libération, 14 novembre 1995, [lire en ligne]
  13. Le Monde, 22 octobre 2009, [lire en ligne]
  14. Législatives 97. Montebourg chasse la corruption en pays de Bresse. Le dénonciateur des affaires parisiennes est candidat PS. Sur le site liberation.fr
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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