Kofi Yamgnane

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Kofi Yamgnane
Kofi Yamgnane lors d'une réunion publique à Quimper en novembre 2009.
Kofi Yamgnane lors d'une réunion publique à Quimper en novembre 2009.
Fonctions
Secrétaire d'État
aux Affaires sociales et à l'Intégration
puis à l'Intégration
17 mai 199129 mars 1993
Gouvernement Gouvernement Cresson et Bérégovoy
Député de la 6e circonscription du Finistère
2 juin 199718 juin 2002
Législature XIe législature
Prédécesseur Jean-Yves Cozan
Successeur Christian Ménard
Conseiller général du canton de Châteaulin
1994 – 2008
Prédécesseur Hervé Tinevez
Successeur Jacques Gouérou
Maire de Saint-Coulitz
24 mars 1989 – 2001
Biographie
Date de naissance 11 octobre 1945 (69 ans)
Lieu de naissance Bassar, Drapeau du Togo Togo
Nationalité franco-togolais
Parti politique PS
Profession Ingénieur

Kofi Yamgnane est un homme politique franco-togolais, né le 11 octobre 1945 à Bassar (Togo). Il fut secrétaire d'État chargé de l'Intégration auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Intégration de 1991 à 1993, conseiller régional de Bretagne de 1992 à 1997 et député socialiste du Finistère lors de la XIe législature de 1997 à 2002. Après une première tentative en 2005, il présente sa candidature à l'élection présidentielle togolaise de 2010[1] mais celle-ci est rejetée par la cour constitutionnelle[2] en raison d'un « doute sur son identité », car ses documents d'état civil mentionnaient deux dates de naissance différentes, à savoir les 11 octobre 1945 et 31 décembre 1945[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée et parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Kofi Yamgnane est né à Bassar, au Togo. Enfant doué, un père missionnaire le repère[1]. Il part faire ses classes préparatoires en Bretagne[1]. Il obtient une licence en mathématiques en 1969 à l'Université de Bretagne occidentale à Brest[4]. En 1973, il devient ingénieur à la direction départementale de l'équipement (DDE) de Quimper, il intègre l'école des mines de Nancy de 1979 à 1981.

Il obtient la nationalité française en 1975 et possède alors la double nationalité et est marié avec Anne-Marie, une Bretonne professeur de mathématiques. Ils ont deux enfants Amina, gynécologue obstétricienne, qui a été candidate en 2008 aux élections municipales dans le 7e arrondissement de Paris[1] et est aujourd'hui chef de service de la maternité de l'hôpital américain de Paris ; et Kwame qui est ingénieur en informatique et directeur général adjoint de l'école 42.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En 1983, à l'âge de 37 ans, il est élu, avec le meilleur score, conseiller municipal à Saint-Coulitz[5], une commune du Finistère. Il restera dans l'opposition faute de majorité. Il adhère au Parti socialiste et commence une carrière politique locale en Bretagne à Saint-Coulitz.

En 1989, Il est élu maire de Saint-Coulitz[6]. Cette année-là, la France fête les 200 ans de sa Révolution, elle est en quête de symboles, Kofi devient celui de « l’intégration réussie », élu par une population cent pour cent blanche (excepté Koffi Yamgnane lui-même).

En 1990, il est désigné « Breton de l'année » par Armor Magazine et l'année suivante, il est nommé secrétaire d'État dans le gouvernement Édith Cresson[7], puis en 1992 dans le gouvernement Bérégovoy. Au PS, après avoir été membre du Cerés, il rejoint le courant animé par Laurent Fabius et devient vice-président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR). En 1993, il entre au Conseil national du Parti socialiste.

Entre 1992 et 1997, il est conseiller régional de Bretagne. En 1994, il devient conseiller général du Finistère puis en 1997, il est élu député, siège qu'il ne retrouve pas en 2002. En 2001, il est réélu conseiller général du Finistère et devient vice-président de l’Assemblée départementale, chargé des politiques de l’eau.

En octobre 2007, il annonce ne pas se représenter au terme de son mandat de conseiller général et pose sa candidature pour conduire une liste pour les élections sénatoriales dans le Finistère[8].

Le 20 janvier 2008, Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, annonce la création d'une commission chargée de réfléchir sur les questions constitutionnelles posées par la politique des quotas d'immigrés et dont Kofi Yamgnane serait membre.

Le 30 octobre 2014, il est placé en garde à vue pour son rôle présumé dans l'affaire Christophe Rocancourt : il est soupçonné d'avoir facilité une régularisation à la nationalité française en échange d'une rétribution financière[9].

Son rôle au Togo[modifier | modifier le code]

De 1991 à 2000, Kofi Yamgnane effectue plusieurs missions de conciliation auprès du pouvoir togolais.

En 2003, la crise togolaise atteint le seuil de l’intolérable avec la manipulation de la Constitution de 1992, dont l’objectif était de faire de Gnassingbé Eyadema un président à vie, il réagit vivement et se brouille définitivement avec ce dernier. Il est alors déclaré « persona non grata » dans son propre pays, où il ne reviendra qu’en 2008. Depuis, il y réside comme tout citoyen.

En 2005, après le décès du président Gnassingbé Eyadema, il déclare vouloir se porter candidat à l'élection présidentielle. Le 3 mars, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du Togo, pour finalement se retirer de la course à la fin du mois en raison de la législation électorale de ce pays. Il soutient ensuite le candidat unique de l'opposition et dénonce les truquages des élections du 24 avril 2005, appelant la communauté internationale « à refuser toute reconnaissance du régime illégitime installé à Lomé » : « Le coup d’État perpétré le 5 février 2005 au Togo à la suite de la mort du président Gnassingbé Eyadéma a trouvé son habillage légal dans la mascarade électorale du 24 avril dernier»[10]. Il a tenu de mai 2005 à février 2008 un blog, « Sursaut Togo ! », uniquement consacré à la politique togolaise[11].

En 2009, il a annonce officiellement sa candidature à l'élection togolaise de 2010. Il fait campagne dans le pays malgré le manque de moyens et les difficultés créées par le régime en place (interdiction de tenir des meetings, pas d'accès aux chaînes de télévision, obligation de renoncer à sa nationalité française, etc.)[1]. Dans l'impossibilité de se présenter, il devient porte-parole du FRAC (Front républicain pour l'alternance au Togo), coalition dont Jean-Pierre Fabre est le candidat. Il se déclare de nouveau candidat au scrutin de 2015[12].

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Président d'honneur d'une association humanitaire, humaniste et culturelle qu'il a créée en 1992 : La Palabre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Gérard Davet, « Kofi Yamgnane : objectif Togo », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 2009 (consulté le 12 juillet 2009)
  2. La candidature de Kofi Yamgnane à la présidentielle rejetée sur le site de France24.
  3. Jean-Luc Padellec, « Kofi Yamgnane. L'histoire des deux dates de naissance », Le Télégramme, 4 février 2010 (article reproduisant l'acte de notoriété tenant lieu de certificat de naissance).
  4. «Kofi Yamgnane candidat à la présidence du Togo», Agence Bretagne Presse, 29 mars 2009
  5. « Kofi Yamgnane : « Le scoutisme permet de découvrir les autres » », La Croix,‎ 25 juillet 2007 (consulté le 18 juin 2011)
  6. FR3, « Un Togolais élu maire à Saint-Coulitz », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 1er avril 1989 (consulté le 28 juillet 2010)
  7. a et b FR3, « Kofi Yamgnane secrétaire d'état aux affaires sociales et à l'intégration », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 18 Mai 1991 (consulté le 29 Juin 2011)
  8. Sénat. Kofi Yamgnane lève le doigt, Le Télégramme, 6 octobre 2007
  9. « Affaire Rocancourt : Kofi Yamgnane mis en examen pour "trafic d'influence" », atlantico.fr, 30 octobre 2014.
  10. Olivier Bras, Togo : Le candidat de l’opposition se proclame président, Radio France internationale, 27 avril 2005
  11. ce blog n'est plus en ligne, ses différentes versions sont accessibles via le site webarchive
  12. Kofi Yamgane, interviewé par François Aubel, « J'ai toujours suivi les préceptes de Mandela », in Le Figaro, lundi 22 décembre 2013, page 22.
  13. Décret du 12 juillet 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1993 - Droits, devoirs et crocodile, éd. Laffont
  • 1996 - Combattre le Front national, ouvrage collectif, éd. Vinci
  • 2002 - Europe Afrique, nous grandirons ensemble, éd. Laffont
  • 2013 - Afrique, introuvable démocratie, éd. Dialogues

Ouvrages sur Kofi Yamgnane[modifier | modifier le code]

  • Hervé Quemener, Kofi, histoire d’une intégration, éd. Payot, 1991
  • Ariane Laroux, Entretien et portrait de Kofi Yamgnane, éditions de l'Age d'Homme (2006).
  • Gaston Kelman, Monsieur Vendredi en Cornouaille, éd Michel Lafon, 2013.