Harlem Désir
| Harlem Désir | |
Harlem Désir, en mai 2012. |
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| Fonctions | |
|---|---|
| Premier secrétaire du Parti socialiste | |
| En fonction depuis le 17 septembre 2012[2] (8 mois et 6 jours) |
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| Élection | 18 octobre 2012 |
| Prédécesseur | Martine Aubry |
| Premier secrétaire délégué du Parti socialiste[1] | |
| 30 juin – 16 octobre 2011 (3 mois et 16 jours) |
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| Prédécesseur | Martine Aubry |
| Successeur | Martine Aubry |
| Député européen | |
| En fonction depuis le 20 juillet 1999 | |
| Élection | 13 juin 1999 |
| Réélection | 12 juin 2004 |
| Législature | Ve, VIe et VIIe |
| Biographie | |
| Date de naissance | 25 novembre 1959 |
| Lieu de naissance | Paris (France) |
| Nationalité | française |
| Parti politique | GE (1992-1993) PS (depuis 1993) |
| Diplômé de | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne |
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Harlem Désir est un homme politique français, né le 25 novembre 1959 à Paris. D'abord connu, dans les années 1980, en tant que militant associatif et président de SOS Racisme, il s'engage sur le plan électoral au début de la décennie suivante et intègre Génération écologie, puis le Parti socialiste. Il est député européen depuis 1999. Premier secrétaire du Parti socialiste par intérim pendant la campagne pour la primaire présidentielle socialiste de 2011, il est élu à ce poste en octobre 2012.
Sommaire |
Biographie
Enfance, études et famille
Harlem Désir est né le 25 novembre 1959 à Paris. Son père Jean-Marie Désir, d'origine martiniquaise, est alors directeur d'école, sympathisant communiste et anticolonialiste tandis que sa mère Nicole Duméry, d'origine vosgienne[3], est puéricultrice et syndicaliste CGT[4],[5],[6]. Harlem Désir fait ses études à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il obtient une licence de philosophie en 1983.
Il épouse, en 1985, Marianne Sauterey, secrétaire du groupe socialiste à l'Assemblée nationale dont il divorce en 1988. Il a ensuite deux enfants avec la journaliste Anna Angeli[7].
Il travaille notamment comme animateur de radio sur Europe 1[8], salarié dans une maison d'édition[Laquelle ?], gérant d'un mensuel[9]et collaborateur d'un réseau[Lequel ?] européen de logements destinés aux jeunes.
Engagement associatif
Au début des années 1980, il s'engage dans le syndicat étudiant UNEF-ID dont il est membre du bureau national. Proche de Julien Dray, il devient en 1984, le président de l'association SOS Racisme, poste qu'il occupe jusqu'en 1992. Sa forte médiatisation fait de lui à l'époque une personnalité majeure du mouvement associatif. Pierre Bergé, sponsor de SOS Racisme, déclare alors : « Harlem Désir est un des moments de la conscience humaine. Il est aussi un des moments de l'honneur de la France »[10]. Sous la présidence de Harlem Désir, SOS Racisme est un mouvement très présent dans les médias, habitué des manifestations à grand spectacle[11] — notamment des concerts de musique — et pratiquant un discours principalement basé sur des « valeurs de sympathie »[12]. Initialement axé sur la promotion du métissage culturel, le discours d'Harlem Désir évolue avec les années vers une défense des droits de l'homme plus classiquement républicaine[13]. En 1987, il est l'invité de l'émission L'Heure de vérité, à laquelle il assure un succès d'audience, sa prestation étant considérée comme un « carton » en termes de communication politique[14]. La notoriété d'Harlem Désir lui permet, un temps, d'être présenté dans certains médias comme un « porte-parole de la jeunesse »[15]. En 1990, il pousse SOS Racisme à prendre position contre la guerre du Golfe, ce qu'il considère a posteriori comme une erreur[16].
Carrière politique
Débuts
Après avoir quitté SOS Racisme en 1992, Harlem Désir fonde un éphémère parti politique appelé d'abord Le Mouvement[17], puis Mouvement action égalité, qui se transforme quelques mois plus tard en club de réflexion lorsqu'Harlem Désir adhère à Génération écologie[18]. Il se présente sous les couleurs de Génération écologie aux élections législatives de 1993[19] dans la onzième circonscription des Yvelines ; après avoir obtenu 6,84 % des voix au premier tour, il refuse d'appeler à voter pour le candidat socialiste au second[20].
Six mois plus tard, en décembre 1993, il rejoint le Parti socialiste, dont il intègre le bureau national en 1994[21]. Il est alors membre du courant Gauche socialiste. En 2003, il est nommé responsable national pour l'Europe, rejoignant aux côtés de Julien Dray, la majorité du parti.
Parallèlement, il est nommé membre du Conseil économique et social, de 1989 à 1994, puis de 1997 à 1999.
Au Parlement européen
Il se présente une nouvelle fois sans succès, à l'élection législative d'Aulnay-sous-Bois, en 1997. Deux ans plus tard, il obtient son premier mandat, comme député européen. En 2001, il est élu conseiller municipal d'opposition à Aulnay-sous-Bois. Lors des élections européennes de 2004, il est tête de liste du PS pour la région Île-de-France ; il est réélu avec 25,03 % des voix exprimés et est promu vice-président du groupe parlementaire du Parti socialiste européen.
Au cours de son mandat de député européen, il se spécialise sur les questions de mondialisation. Il se rend chaque année au Forum social mondial et est à l'origine (en tant que président de l'intergroupe « taxation du capital » au Parlement européen) d'un amendement en faveur d’une taxe Tobin qui stipule que le Parlement européen « invite les participants au Sommet sur le développement durable à étudier les possibilités d’instaurer une taxe sur les transactions financières, afin, entre autres, de donner des moyens financiers supplémentaires aux pays en développement de lutter contre la pauvreté et de soutenir des mesures favorisant leur développement social et économique ». Cet amendement est alors rejeté de 17 voix (176 voix pour, 193 contre et 15 abstentions), dont à une grande majorité des élus des groupes de droite PPE et libéraux et de quelques élus d'extrême gauche).
Favorable au « oui » lors du référendum interne au PS puis national du 29 mai 2005, Harlem Désir critique avec véhémence les partisans du « non » et l'association ATTAC dont, sans être membre, il a été l'un des relais parlementaires. Pour autant, il ne rompt pas les liens noués avec le mouvement altermondialiste mais s'éloigne de sa composante néo-communiste et souverainiste, que représentait à ses yeux la direction d'ATTAC.
Lors du congrès de Reims du Parti socialiste de 2008, Harlem Désir soutient la candidature de Bertrand Delanoë. Après l'élection de Martine Aubry à la fonction de première secrétaire, il est nommé secrétaire national chargé de la coordination, un poste considéré comme celui de « numéro deux » du PS. Il est, cependant, nettement moins médiatisé que dans les années 1980[22].
En 2009, il conduit à nouveau la liste du PS dans la circonscription Île-de-France ; il est réélu député européen (sa liste recueille 13,58 % des voix en recul de 11,45 points par rapport à 2004).
À la tête du Parti socialiste
Après l'annonce de la candidature à la primaire socialiste de la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, Harlem Désir, no 2 du parti, est nommé le 30 juin 2011 Premier secrétaire délégué du PS et président du Conseil national d'organisation des primaires (CNOP) par le conseil politique. Il assume dès lors la direction du parti jusqu'à la fin de la primaire, le 16 octobre 2011[23].
Le 27 mai 2012, il annonce sa candidature à la succession de Martine Aubry à la tête du PS[24]. Le 12 septembre suivant, il est désigné, par Martine Aubry et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour être le premier signataire de la motion que ces derniers soutiennent. Depuis la précédente réforme statutaire, il est donc le seul candidat possible de cette motion au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste lors de l'élection prévue le 18 octobre, une semaine après celui sur les motions[25]. Le passé judiciaire d'Harlem Désir[26] tout comme le mode de désignation, qualifié d'« obscur » voire « nord-coréen », est critiqué au sein même du PS[27],[28]. Lors du vote du 18 octobre 2012, il est élu Premier secrétaire du parti face à Emmanuel Maurel, avec 72,5 % des voix des adhérents et un taux de participation de 46,5 %[29]. Il est investi officiellement le 28 octobre suivant, lors du congrès du parti à Toulouse.
Condamnations
De novembre 1986 à octobre 1987, il occupe la présidence de SOS Racisme tout en étant salarié par l'« Association régionale pour la formation et l'éducation des migrants », basée à Lille en tant que « formateur permanent » et il perçoit pour cet emploi fictif, un salaire mensuel net de 8 900 francs[30]. Cela lui vaut d'être condamné, le 17 décembre 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux[31].
Harlem Désir aurait également bénéficié d'une amnistie de François Mitterrand concernant une dette de 80 000 francs au Trésor public, relative à des amendes de stationnement (décision de justice du 9 mai 1992) alors qu'il était président de SOS Racisme[32].
Publications
- 1985 : Touche pas à mon pote, Grasset, 148 p. (ISBN 2-246-36421-3).
- 1987 : SOS Désirs, Calmann-Lévy, 181 p. (ISBN 2-7021-1670-1).
- 1994 : La situation et le devenir des associations à but humanitaire, rapport du Conseil économique et social présenté par Harlem Désir, Direction des Journaux officiels, 254 p. (ISBN 2-11-073636-4).
- 1997 : De l'immigration à l'intégration : Repérages (avec Jean-Louis Bianco, Stéphane Hessel et le Club du mardi), Actes Sud, 76 p. (ISBN 2-7427-1214-3).
- 1997 : Pour la république sociale : La gauche socialiste dans ses textes (collectif), L'Harmattan, 69 p. (ISBN 2-7384-5514-X).
- 2000 : Sept jours dans la vie d'Attika (avec Julien Dray, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Mélenchon), Ramsay, 155 p. (ISBN 2-84114-508-5).
- 2010 : D'où je viens, où l'on va, Jean-Claude Gawsewitch, 256 p. (ISBN 978-2-35013-216-7).
Notes et références
- Il assure les fonctions de Martine Aubry pendant la candidature de cette dernière à la primaire citoyenne
- Par intérim du 17 septembre au 28 octobre 2012 (élu par les militants le 18 octobre, il est investi officiellement le 28 lors du congrès du parti).
- Divers médias attribuent à tort une origine « alsacienne » à Nicole Duméry, mais Joseph Valynseele et Denis Grando, dans le chapitre « Harlem Désir » de leur ouvrage À la découverte de leurs racines : seconde série — 1994, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, p. 70-71 et 195, (ISBN 2-908003-03-1), (notice BnF no FRBNF357619634) —, ont étudié l'ascendance de Nicole Duméry et la répartissent en un quart en Forêt d'Orléans (région de Neuville-aux-Bois), un quart en Haute-Normandie (région de Bourgthéroulde), un quart inconnu et un quart dans les Vosges (région de Raon-l'Étape).
- Nouvel Obs - 12-09-2012 - Direction du PS: Harlem Désir, un successeur consensuel pour Martine Aubry - Né en 1959 d'un père antillais et d'une mère alsacienne, Harlem Désir grandit à Bagneux, en banlieue parisienne et étudie la philosophie.
- Courrier International / De Standaard - 18 septembre 2012 - Frank Renout - Désir ou l'avenir du PS - Désir, né d'un père martiniquais et d'une mère alsacienne, représente une nouvelle génération de jeunes politiquement impliqués.
- Le Monde - 12/09/2012 - Bastien Bonnefous - Harlem Désir, une star de l'antiracisme devenue bon élève du PS - Formé chez les Jeunesses communistes révolutionnaires, la pouponnière de la LCR, ce fils d'un père martiniquais directeur d'école, sympathisant communiste et anticolonialiste, et d'une mère alsacienne puéricultrice et syndicaliste CGT, a adhéré au PS en 1994, après un bref passage chez Génération Écologie.
- Jean-Louis Baucarnot, Le tout politique, Éditions L'Archipel, 2011, p. 98, (ISBN 9782809805666)
- Harlem Désir, Les Échos, 13 septembre 2012. Consulté le 13 septembre 2012. « Europe 1 lui propose une place d'animateur. »
- «Mix», mensuel gratuit des «cultures urbaines».
- Éric Raoult, SOS Banlieues, L'Harmattan, 2000, page 73
- Adil Jazouli, Les années banlieues, Seuil, 1992, page 101
- Gérard Namer, Mémoire et projet du mouvement lycéen-étudiant de 1986-1988, L'Harmattan, 2000, page 81
- Thomas Ferenczi, Chronique du septennat : 1981-1988, La Manufacture, 1988, page 98
- Serge Albouy, Marketing et communication politique, L'Harmattan, 2000, page 217
- Hacène Belmessous, L'avenir commence en banlieue, L'Harmattan, 2003, page 120
- Qu'est-ce que SOS Racisme ?, Archipel, 2006, page 13
- Revue française de science politique, Volume 51, Fondation nationale des sciences politiques, page 135
- Revue politique et parlementaire, Volume 95, Armand Colin, 1993, page 8
- Guillaume Sainteny, L'introuvable écologisme français, Presses universitaires de France, 2000, page 385
- « Harlem Désir, un premier secrétaire très popote », Le Canard enchaîné, 19 septembre 2012, p. 7.
- Marie-Odile Mergnac, Histoire familiale des hommes politiques français, Archives & culture, 1997, page 83
- « Harlem Désir et les médias », Le Nouvel Observateur, 21 octobre 2010.
- AFP, « Harlem Désir devient Premier secrétaire par intérim du PS », sur leparisien.fr, 30 juin 2011. Consulté le 30 juin 2011.
- Désir candidat à la succession d'Aubry, Le Figaro, 27 mai 2012.
- Congrès National du PS: le calendrier, Parti socialiste, 2 juillet 2012. Consulté le 18 septembre 2012
- Bastien Bonnefous, « Les passés judiciaires de MM.Cambadélis et Désir suscitent une gêne au PS », Le Monde, 8 septembre 2012.
- « PS : Harlem Désir choisi après un long suspense », Le Point, 12 septembre 2012 [texte intégral (page consultée le 17 septembre 2012)]
- « Succession d'Aubry : la contestation grandit », Le Journal du dimanche, 6 septembre 2012.
- Résultats nationaux, consulté le 19 octobre 2012.
- Pour le procureur de la République, « ces salaires ne correspondaient à aucune activité réelle ». Hugues Beaudouin, « Les salaires embarrassants de Harlem Désir », Libération, 6 novembre 1998.
- Juliette Cua et Catherine Gouëset, « Les hommes politiques condamnés et réélus », L'Express, 22 juin 2009.
- Didier Gallot, Les grâces de Dieu – Le scandale des grâces présidentielles, Albin Michel, 1993, 209 p. (ISBN 2-226-06493-1), p. 21 sq.
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- Naissance dans le département de la Seine
- Naissance à Paris
- Naissance en 1959
- Personnalité du Parti socialiste (France)
- Député européen élu en France 1999-2004
- Député européen élu en France 2004-2009
- Député européen élu en France 2009-2014
- Député européen du Groupe du Parti socialiste européen 2004-2009
- Député européen du groupe Alliance progressiste des socialistes & démocrates au Parlement européen 2009-2014
- Ancien membre du conseil économique et social
- Prix Olof Palme
- Personnalité d'Aulnay-sous-Bois
- Étudiant de l'université Paris I Panthéon Sorbonne
- SOS Racisme
- Personnalité de la lutte contre le racisme