Prades (Pyrénées-Orientales)

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Prades
Clocher de l'église Saint-Pierre
Clocher de l'église Saint-Pierre
Blason de Prades
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
(sous-préfecture)
Arrondissement Prades
(chef-lieu)
Canton Prades
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Conflent
Maire
Mandat
Jean Castex
2008-2014
Code postal 66500
Code commune 66149
Démographie
Gentilé Pradéens, Pradéennes
Population
municipale
6 081 hab. (2010)
Densité 559 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 37′ 05″ N 2° 25′ 22″ E / 42.6180555556, 2.4227777777842° 37′ 05″ Nord
       2° 25′ 22″ Est
/ 42.6180555556, 2.42277777778
  
Altitude Min. 300 m — Max. 745 m
Superficie 10,87 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel

Prades (en catalan Prada) est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Pradéens.

Sommaire

Géographie [modifier]

Localisation [modifier]

Prades se situe en Conflent dont elle est la principale ville, au pied du massif du Canigou, à 40 kilomètres à l'ouest de Perpignan, sur la rive droite de la Têt.

Géologie et relief [modifier]

Hydrographie [modifier]

Voies de communication et transports [modifier]

La route nationale 116, qui relie Perpignan à Bourg-Madame (en Cerdagne) contourne la ville par le nord.

La ville bénéficie également d'une liaison régulière par TER (Train express régional) avec Perpignan à l'est et Villefranche-de-Conflent à l'ouest (puis avec Bourg-Madame et Latour-de-Carol par la Ligne de Cerdagne). Cependant, si le trajet Perpignan-Prades dure environ trente minutes, celui jusqu'à Latour-de-Carol est beaucoup plus long (plus de trois heures) avec correspondance à Villefranche-de-Conflent.

Des services de car assurent également la liaison avec plusieurs communes des environs.

Toponymie [modifier]

En catalan, le nom de la commune est Prada[1]. Prades viendrait du latin prata (prairies).

Histoire [modifier]

La première mention du lieu date de 843. C'est à cette date que Charles le Chauve fait donation au comte d'Urgell et Cerdagne alors en place de la villa de Prada. Le comte fait don de la villa à l'Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse vers 855. Prades devient alors seigneurie de Lagrasse, statut que le village conservera jusqu'à la Révolution[2].

Il est fait mention au XIe siècle de l'actuelle église paroissiale Saint-Pierre[3].

Au XIIIe siècle la ville se dote d'une enceinte fortifiée, qui sera renforcée au XVIe siècle avant d'être plus tard démantelée[4].

En 1789, la Révolution française proclame l'abolition des privilèges. La plupart des communes vont alors partager les bois et près communaux. De nombreux riverains et propriétaires vont alors se servir anarchiquement dans ce qui reste des anciennes forêt. Certains massifs sont dévastés en quelques années, parfois brûlés pour en revendre la cendre comme engrais, quand on n’y prend pas également l’humus pour le mettre sur les champs, rapporte Antoine César Becquerel[5]. Malgré les efforts de la jeune préfecture des Pyrénées-Orientales, la forêt de Prades est ainsi perdue. Le Préfet a fait imprimer et afficher un texte tentant de raisonner la population et de l'alerter sur le fait qu'elle détruisait une ressource forestière qui allait lui manquer: « Les cailloux des monts, entraînés par les eaux, encombrent les lits des rivières et les font déborder. Nos superbes forêts de Céret et de Prades sont détruites. Il n'y aura bientôt plus de bois de chauffage; les bois taillis ne peuvent suffire aux forges, et la rigueur des saisons a fait périr une quantité d'oliviers »[5]

En février 1939, des dizaines de milliers de réfugiés espagnols arrivent à Prades par train de Latour-de-Carol. Les femmes et enfants sont évacués, les hommes (30 000 de l’armée de l’Est) sont retenus sous la surveillance du 81e régiment d'infanterie[6]. Parmi eux, Pau Casals, célèbre violoncelliste, y trouve refuge en 1939 alors que la chute de la République espagnole était proche. Dans les années qui suivent, il s'intéresse au sort des nombreux républicains espagnols exilés dans la région.

Ce sont également des Espagnols qui créent une des principales formations de Résistance dans le département, la Ire brigade de guérilleros. C’est cette brigade qui attaque le QG de la Gestapo à Prades[7], le 29 juillet 1944. Les 150 guérilleros et 50 FTP français luttent de manière acharnée pendant 5 heures, sans réussir à prendre le contrôle des étages[8].

En 1950, Pablo Casals crée à Prades le festival de musique (qui porte désormais son nom) auquel il participa jusqu'en 1966, et qui permit des rencontres musicales devenues légendaires entre les plus grands instrumentistes de l'époque.

En 1955 est créé le premier Ciné-Club de la ville sous l'impulsion de Louis Monestier, alors maire de la ville, et Marcel Tariol.

En 1959, sous l'égide de René Clair, Pablo Casals, Président d'Honneur, sont créées Les Rencontres Cinématographiques Internationales de Prades qui ont lieu chaque été, pendant la troisième semaine de juillet. En 2009, l'association Les Ciné-Rencontres de Prades a fêté avec succès les 50 ans du festival.

Enfin, tous les étés depuis 1968, Prades accueille l'Université catalane d'été (en catalan Universitat Catalana d'Estiu).

Politique et administration [modifier]

Administration municipale [modifier]

Liste des maires [modifier]

Liste des maires successifs[9]
Période Identité Étiquette Qualité
1908 1912 Jean Arrous[10] Radical-Socialiste médecin, conseiller général
1922 1924 Jean Arrous[10] Radical-Socialiste médecin, conseiller général
1983 1987 Guy Malé UDF sénateur, président du conseil général
1987 1989 Marcel Mulcio
1989 2001 Paul Blanc RPR sénateur, conseiller général
2001 2008 Jean-François Denis PRG
2008   Jean Castex[11] UMP Conseiller régional, ancien secrétaire-général adjoint de la présidence de la République

Politique environnementale [modifier]

Jumelages [modifier]

Population et société [modifier]

Démographie ancienne [modifier]

La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).

Évolution de la population
1358 1365 1378 1424 1470 1515 1553 1709 1720
74 f 73 f 32 f 32 f 84 f 94 f 100 f 303 f 339 f
1767 1774 1789 - - - - - -
2 131 H 1 930 H 451 f - - - - - -
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, 1986, 378 p. (ISBN 2222038219) )


Démographie contemporaine [modifier]

En 2010, la commune comptait 6 081 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 119 2 152 2 344 2 664 2 836 3 013 3 145 3 222 3 367
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 074 3 152 3 579 3 208 3 877 3 856 3 816 3 762 3 666
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 835 3 875 4 146 3 856 4 170 4 815 4 946 5 019 5 393
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2010
5 676 5 937 6 448 6 100 6 009 5 800 6 221 6 308 6 081
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[12] puis Insee à partir de 1968[13].)

Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement [modifier]

Manifestations culturelles et festivités [modifier]

Santé [modifier]

Sports [modifier]

Économie [modifier]

Revenus de la population et fiscalité [modifier]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 20 380 €[14].

Emploi [modifier]

Entreprises et commerces [modifier]

Culture locale et patrimoine [modifier]

Monuments et lieux touristiques [modifier]

L'église Saint-Pierre [modifier]

Article détaillé : Église Saint-Pierre de Prades.

Le monument principal de la ville de Prades est l'église paroissiale Saint-Pierre, sise au cœur du centre ancien. Dépendant de l'abbaye de Lagrasse, les parties les plus anciennes de l'édifice remontent vraisemblablement au XIIe siècle, bien que son origine remonte au moins au XIe siècle.

L'augmentation de la population du village rendit l'édifice roman trop exigu, et au début du XVIe siècle, il fut remplacé par l'édifice actuel, achevé au XVIIIe siècle. Seul le clocher roman fut conservé.

L'église conserve un mobilier baroque, dont le retable du maître autel considéré comme étant l'un des plus grands de France. Il est dû au sculpteur catalan Joseph Sunyer, et fut terminé en 1699[15].

Autres curiosités [modifier]

En face de l'église s'élève la Maison Jacomet, dont la construction remonte au XVe siècle. Elle fut ensuite remaniée à plusieurs reprises, avant d'être restaurée à la fin des années 1990 et inscrit sur la liste des monuments historiques en 2001[16],[17].
On notera également l'chapelle Saint-Martin de Canoha (Sant Marti de Canoa). L'édifice, qui consiste en une nef unique voûtée en berceau (apparemment refait) terminée par une abside en cul-de-four, peut être daté du XIe siècle. L'église est propriété privée[18],[19].

La maison où ont vécu les Merton, 1 rue du 4 septembre, de 1914 à 1916[réf. nécessaire].

Personnalités liées à la commune [modifier]

Héraldique [modifier]

Blason de Prades Blason D'azur semé de fleurs de lis d'or, à l'écusson en bannière d'argent chargé de saint Pierre de carnation, vêtu de gueules et de sinople, nimbé d'or, tenant de sa dextre une paire de clefs et de sa senestre un livre le tout du même[20].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Albert Cazes, Saint-Pierre de Prada, Perpignan, Imprimerie du Capcir, coll. « Conflent », 63 p. 
  • DRAC Languedoc-Roussillon, « Prades (Pyrénées-Orientales) : Maison Jacomet ». Consulté le 10 janvier 2013
  • René Grando, Jacques Queralt et Xavier Febrés, Camps du mépris : des chemins de l’exil à ceux de la Résistance (1939-1945). 500 000 républicains d’Espagne indésirables en France, Perpignan, Llibres del Trabucaire, 1991 (ISBN 2-905828-32-3) 
  • Géraldine Mallet, Églises romanes oubliées du Roussillon, Montpellier, Les Presses du Languedoc, 2003, 334 p. (ISBN 2859982442) 

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. (ca)(fr)Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone, 2007 [lire en ligne] 
  2. Cazes, p. 34
  3. Cazes, p. 3
  4. Cazes, p. 35-36
  5. a et b Becquerel (Antoine César, M.), Mémoire sur les forêts et leur influence climatérique (exemplaire numérisé par Google) ; 1865 voire pages 43 et suivantes
  6. Grando, Queralt et Febrés 1991, p. 52-53
  7. Grando, Queralt et Febrés 1991, p. 153
  8. Grando, Queralt et Febrés 1991, p. 154
  9. Liste des maires de Prades sur www.francegenweb.org.
  10. a et b Marc Delclos, « Arrous (Jean, Joseph) », dans Nouveau dictionnaire de biographies roussillonnaises, vol. 1, t. 1, Perpignan, Publications de l'olivier, 2011, 699 p. (ISBN 9782908866414) 
  11. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  14. Fichier RFDM2010COM : Revenus fiscaux localisés des ménages - Année 2010, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er février 2013.
  15. Cazes, p. 3-5
  16. DRAC Languedoc-Roussillon
  17. Notice no PA66000012, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Mallet 2003, p. 192-193
  19. Cazes, p. 39
  20. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=244