Charles Spinasse

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Charles Spinasse
Charles Spinasse, député de la Corrèze (1929)
Charles Spinasse, député de la Corrèze (1929)
Fonctions
Député de la Corrèze 1924-1940
Gouvernement IIIe république
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 85 ans)

Charles Spinasse est un homme politique français né le 22 octobre 1893 à Égletons et mort le 9 août 1979 à Rosiers-d'Égletons.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1919, Spinasse est élu au conseil municipal de Rosiers-d'Égletons et est conseiller général du canton d'Égletons jusqu'en 1949. En 1924, il est élu député SFIO de la Corrèze.

Mandats électifs :

Spinasse est élu à Rosiers mais travaille à Paris en tant que professeur au Conservatoire national des arts et métiers.

Pendant la période 1929-1944 de son mandat municipal, Spinasse fait construire un collège à Égletons et y fait s'installer une école nationale professionnelle et une école d'application des travaux publics. La ville se développe aussi économiquement.

Dans le gouvernement de Front populaire, il devient ministre de l'Économie nationale de juin 1936 à mars 1937, et signe les accords de Matignon, puis devient ministre du Budget (mars-avril 1938).

Il fait partie du courant pacifiste, anticommuniste et planiste de la SFIO. Pendant la Drôle de guerre, son attitude est celle d'« un attentiste secrètement fasciné par le national-socialisme[1] ».

Le 6 juillet 1940, devant de nombreux parlementaires réunis à Vichy, il plaide en faveur d'un changement de régime dans un sens autoritaire, et proclame son appui à la politique du maréchal Pétain. Après avoir voté l'attribution des pleins pouvoirs le 10 juillet, il reste dans un premier temps en zone libre et soutient le régime de Vichy.

En août 1940, il fait partie avec Paul Rives des membres fondateurs du quotidien L'Effort, journal appelant à soutenir l'effort de collaboration[2] et publié sous censure en zone libre. Il y prône la collaboration en vue de la réorganisation politique de l'Europe en une « libre association d'États socialistes » dans l'esprit du fédéralisme proudhonien[3].

Il fonde ensuite et dirige, à Paris, l'hebdomadaire Le Rouge et le Bleu, « revue de la pensée socialiste française », selon l'en-tête. Le premier numéro paraît le 1er novembre 1941. Le journal a l'autorisation de la censure allemande et le soutien d'Otto Abetz, on y prône une collaboration européenne, qui soutient Pierre Laval après son retour au pouvoir, mais qui n'entend pas renier les traditions socialistes et républicaines de la gauche française[4]. Finalement interdit, Le Rouge et le Bleu cessera de paraître en août 1942 (le dernier numéro est daté du 22 août).

Après cette interdiction, Charles Spinasse est évincé de L'Effort et cesse toute activité dans la presse autorisée.

En tant que maire, il fait installer entre 1941 et 1944 à Rosiers-d'Égletons (qui se trouve alors en zone libre) un groupement de travailleurs étrangers et un groupement disciplinaire qui fournissent de la main d'œuvre à faible coût aux entreprises environnantes.

Exclu de la SFIO à la Libération pour « félonie », Charles Spinasse est emprisonné pendant quatre mois, au motif de collaboration, avant d'être finalement relaxé le 22 octobre 1945[2].

Il participe alors à la création du Parti socialiste démocratique, comme nombre de socialistes compromis avec le régime de Vichy.

Il ne joue plus ensuite qu'un rôle politique modeste, mais soutient en Corrèze, dans les années 1960, l'ascension du jeune Jacques Chirac, notamment aux législatives de 1967 au cours desquelles il déclare que « la couleur politique [de Chirac] est sans aucun doute socialiste[5] ».

Annexe[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Les Français de l'an 40, Gallimard, 1990, T. I, p. 259.
  2. a et b Un camp disciplinaire en zone non occupée 1941-1942, Mouny Estrade-Szwarckopf et Paul Estrade, Les Monédières, 2007, p. 14-15, 27, 69.
  3. Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, éd. Pygmalion, Gérard Watelet, 200, p. 649.
  4. Simon Epstein, Un paradoxe français, Albin Michel, 2008, p. 95
  5. Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, éd. Pygmalion, Gérard Watelet, 200, p. 650.

Liens externes[modifier | modifier le code]