Achille Fould

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Achille Fould
Image illustrative de l'article Achille Fould
Fonctions
Ministre des Finances
14 novembre 186120 janvier 1867
Ministre de la maison de l'Empereur
14 décembre 185223 novembre 1860
Prédécesseur Camille de Montalivet
Successeur Jean Baptiste Philibert Vaillant
Ministre d'État
28 juillet 185223 novembre 1860
Prédécesseur Adolphe de Forcade Laroquette
Successeur Pierre Magne
Prédécesseur François-Xavier Joseph de Casabianca
Successeur Alexandre Colonna Walewski
Sénateur du Second Empire
1er janvier 18521er janvier 1867
Ministre des Finances
3 décembre 185122 janvier 1852
Prédécesseur François-Xavier Joseph de Casabianca
Successeur Jean-Martial Bineau
Ministre des Finances
10 avril 185126 octobre 1851
Prédécesseur Charles Le Bègue de Germiny
Successeur Antoine Blondel
Ministre des Finances
31 janvier 184924 janvier 1851
Prédécesseur Hippolyte Passy
Successeur Charles Le Bègue de Germiny
Député de la Seine
7 septembre 18482 décembre 1851
Député des Hautes-Pyrénées
9 juillet 184224 février 1848
Biographie
Date de naissance 17 novembre 1800
Lieu de naissance Paris
Date de décès 5 octobre 1867
Lieu de décès Laloubère
Nationalité Drapeau de la France Française

Achille Marcus Fould (Paris, 17 novembre 1800 - Laloubère, banlieue de Tarbes, 5 octobre 1867) est un banquier et homme politique français.

Ministre des Finances de la Deuxième République sous Louis-Napoléon Bonaparte et ministre d'État de 1852 à 1860 durant Second Empire de Napoléon III, Achille Fould était libéral sur le plan économique, mais pas du tout en matière politique (il envisage en 1857 de faire supprimer le suffrage universel). Il s'oppose au tournant libéral de l'Empire, démissionne suite aux décrets réformateurs du 24 novembre 1860 et refuse d'être fait duc.

Fils de Beer Léon Fould, banquier juif, mais converti quant à lui au protestantisme, originaire de Lorraine et maire de Rocquencourt (Seine-et-Oise), il fit une carrière politique, tandis que son frère aîné succéda à son père à la tête de la maison familiale.

Vision financière et économique[modifier | modifier le code]

Bien qu'ayant été en conflit, Fould et Pierre Magne ont mené une politique financière assez semblable qui en fait les modèles de l'épanouissement de Finances publiques classiques sous le Second Empire. Si Pierre Magne contribue au développement de l'équipement ferroviaire français, Fould se distingue néanmoins par ses encouragements aux innovations bancaires des frères Pereire, saint-simoniens dont il est loin de partager toutes les opinions.

Un économiste classique, adepte très réservé du saint-simonisme[modifier | modifier le code]

Économiste libéral classique du XIXe siècle, il est partisan du libre-échange mais s'oppose complètement aux saint-simoniens quant à leur conception des dépenses publiques que lui refuse de considérer comme « productives ».

Il est ainsi l'artisan d'une politique budgétaire qui se veut, au moins dans ses objectifs, extrêmement économe.

Si Achille Fould s'oppose sur plusieurs points aux saint-simoniens, il est quand même le fondateur, avec les frères Pereire du Crédit mobilier en 1852 qui marque l'essor des innovations financières lancées par les grandes banques d'affaires de la seconde révolution industrielle en France (notamment avec l'accroissement des prêts, hypothécaires en matière agricole et liés à des émissions obligataires dans le milieu industriel).

Très libéral avec le monde bancaire dès son ministère sous la IIe République, il favorise le développement de ces échanges financiers et donc la spéculation qui s'épanouit sous le Second Empire (ce que dénonce Émile Zola dans La Curée). Il s'opposera par la suite de façon véhémente aux frères Pereire.

Un ministre symbole des Finances publiques classiques[modifier | modifier le code]

Ministre des Finances entre 1849 et 1867, Achille Fould a mené sur une ampleur nationale la politique économe qu'il a eu pendant ses huit années de ministériat d'État chargé de la maison de l'empereur. « Financier traditionnel opposé à la théorie des "dépenses productives" des économistes et des hommes d'affaires saint-simoniens qui avaient fait la prospérité des premières années de l'Empire, il pensait que les richesses financières de la France n'étaient pas inépuisables » (F. Choisel).

Économiste libéral, il s'oppose, en bon disciple de Monsieur Thiers, aux projets d'impôt sur le revenu qui commencent à fleurir. Il demande cependant l'accroissement de la pression fiscale pour venir à bout de la dette flottante qui est pour lui insupportable[1].

Farouche opposant des doctrines socialistes, il critique ses subordonnés des Finances qui « poussant l'oubli de leur devoir jusqu'à commettre une trahison véritable, se seraient laissé infecter par les doctrines subversives du socialisme. »

Sur le plan du Droit budgétaire, il contribue à accroître le contrôle parlementaire sur les ministres dépensiers. Il demande ainsi dans son mémoire précité de 1861 la suppression de la possibilité donnée aux ministres d'inscrire sans vote des crédits supplémentaires. Opposé aux crédits exceptionnels, il obtient, par sénatus-consulte du 31 décembre 1861, la nécessité d'un vote du Corps législatif pour l'inscription de crédits supplémentaires ou extraordinaires. Cette opposition viscérale aux finances extraordinaires l'amène à rechercher la réduction des dépenses militaires. Il n'est ainsi pas favorable à l'expédition mexicaine ni au réarmement face à la Prusse.

Son objectif reste néanmoins de limiter les dépenses, ce pour quoi, à rebours du développement du principe de spécialité, il obtient, par le même sénatus-consulte du 31 décembre 1861, le rétablissement du vote du budget par section (et non plus par ministère). Cela s'explique aisément par le fait que le vote par section annihile la volonté dépensière qui se manifeste beaucoup plus aisément en cas de vote par ministère. En effet, lors d'un vote par ministère, ministres et parlementaires sont plus facilement amenés à voir l'insuffisance des dotations accordées à telle ou telle action gouvernementale. En cas de vote par section, le ministre des Finances peut plus facilement effrayer les représentants des contribuables avec les montants globaux et plus désincarnés des crédits publics.

Malgré les critiques dont il abreuva ses prédécesseurs, sa politique budgétaire ne fut pas plus rigoureuse que la leur. Pierre Magne aussi avait fait adopter des budgets en équilibre[2].

Si Pierre Magne est loué par l'impératrice Eugénie aussi bien que par Persigny, Fould n'attire pas pour autant l'approbation. Le même Persigny dénonce dans ses Mémoires " le beau système de monsieur Fould de traiter une grande nation comme un propriétaire obéré, de confondre les dépenses productives et les dépenses nécessaires ; de réduire les unes comme les autres, et de ne permettre d'achever l'outillage du pays qu'à l'aide des ressources ordinaires du budget ".

Comme le souligne F. Choisel, « Fould ne réussit pourtant pas mieux - ni plus mal - que ses prédécesseurs, et dut user d'expédients pour équilibrer ses budgets : conversion de rente, emprunts, ventes de forêts du domaine de la Couronne, etc. Magne, son rival, ne manquait pas de le souligner. Celui-ci, en effet, tout en partageant l'attachement de Fould à des finances ordonnées, acceptait mal les critiques que ce dernier faisait indirectement à sa gestion passée en se donnant l'allure de redresser une situation financière compromise par ses prédécesseurs ».

En somme, il reste très représentatif des finances publiques dites « classiques », autant par sa défense obstinée d'un ordre suranné les assimilant à des finances privées, que par son incapacité à les adapter à la réalité de dépenses publiques sans cesse croissantes avec le développement de l'interventionnisme de l'État (notamment en matière d'équipements publics).

L'œuvre des fondateurs des Finances publiques de la restauration est ainsi parachevée[3] mais déjà leur future crise s'annonce.

Le bijou de grand-croix de la Légion d'Honneur attribué à Ouizille Lemoine, joaillier parisien de l'Ordre, et qui lui aurait été remise par Napoléon III (collection Guy Kaufamnn) a été vendu aux enchères les 22 et 23/11/2012 à Paris (cf. "La Gazette de l'Hôtel Drouot", no 42, 30/11/2012, reprod. coul. p. 97 ).

Parallèlement à ses fonctions de ministre des Finances, Achille Fould fut aussi ministre d'État de 1852 à 1860.

Les archives d'Achille Fould sont conservées sous forme d'une bobine de microfilm aux Archives nationales sous la cote 154 Mi[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Chalet des roses, à Vichy, construit en 1864 pour loger Achille Fould.

Marié en 1823 à Henriette Goldschmidt (1800-1870), fille de Lion Abraham Goldschmidt, banquier de la City, il en aura quatre enfants [5] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. son mémoire de 1861
  2. Sur le « mythe » de l'équilibre budgétaire pendant cette période cf. G. Orsoni, Réflexions sur la politique d’équilibre budgétaire. Bilan et perspectives, Revue de droit prospectif, no 6, 1978, p. 65-81 ainsi que les contributions au colloque dirigé par Lucile Tallineau et publié chez Economica
  3. cf. Décret du 31 mai 1862 portant règlement général sur la comptabilité publique, rédigé par le marquis d'Audiffret
  4. Archives nationales
  5. Famille Fould sur genea-bdf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Dictionnaire des ministres
  • Hippolyte Castille, M. Achille Fould, Paris : E. Dentu (collection Portraits historiques au XIXe siècle), 1859, 62 p.