Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier

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Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier

Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier est un diplomate français, né le à Paris et mort le à Aix-la-Chapelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

François-Hubert Drouais, Le comte et le chevalier de Choiseul en Savoyards, 1758.

Dès ses études au collège d'Harcourt, il se passionne pour les antiquités. Il est ensuite marqué par de fréquentes rencontres avec Jean-Jacques Barthélemy, l'auteur du Voyage d'Anarcharsis, qu'il rencontre chez son cousin le duc de Choiseul.

Ami de Talleyrand, il partage avec lui les intrigues de la cour, et lui déconseille de s'engager dans la voie religieuse.

En 1776, il part pour la Grèce à bord de la frégate Atalante, commandée par le marquis de Chabert, un féru d'astronomie. Accompagné notamment du peintre Jean-Baptiste Hilaire, de l'ingénieur Jacques Foucherot et de son secrétaire François Kauffer (qui est aussi ingénieur), Choiseul-Gouffier visite alors le sud du Péloponnèse, les Cyclades et d'autres îles de l'Égée puis l'Asie mineure. À son retour, il publie le premier volume, comportant illustrations et relevés architectoniques, de son Voyage pittoresque de la Grèce qui remporte un grand succès. L'ouvrage a un but politique : expliquer les enjeux en mer Égée entre l'Empire ottoman et l'Empire russe.

Cette publication facilite sa carrière intellectuelle et politique : il devient membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1782, puis membre de l'Académie française en 1783. Il est ambassadeur à Constantinople de 1784 à 1791 et en profite pour poursuivre sa découverte de la Grèce.

La Révolution Française change le cours de son destin. Refusant d'obéir à la Convention, il refuse son rappel en France de crainte d'être guillotiné. Alors que ses biens sont saisis en France, un deuxième ambassadeur est envoyé pour le remplacer. Choiseul Gouffier tient le siège un an dans son ambassade.

En 1792, il émigre en Russie où il est nommé directeur de l'Académie des Arts et des Bibliothèques impériales de Russie. L'impératrice Catherine II lui voue une grande amitié et lui donne des terres et un domaine dans l'actuelle Lituanie. Il ne revient en France qu'au début de l'Empire en 1802, après que Napoléon eut amnistié la noblesse exilée. Retrouvant son ami Talleyrand, il refuse de participer au gouvernement de l'Empire, et reste fidèle à Louis XVIII. Il publie le second tome de son Voyage pittoresque de la Grèce en 1809 et se fait construire une maison imitant l'Érechthéion.

Lors de la négociation du Traité de Vienne, Talleyrand y fait insérer certaines clauses, concernant le patrimoine de son vieil ami.

Il est nommé ministre d'État et pair de France sous la Restauration. Il siège aux côtés des monarchistes, au contraire de son cousin le duc de Choiseul Praslin qui siège avec les libéraux. Exclu de l'Académie française pour avoir émigré, il y retrouve son fauteuil en 1816.

Le troisième tome de son Voyage pittoresque de la Grèce ne paraît qu'après sa mort, en 1822.

Il avait épousé en premières noces, le , Adélaïde Marie Louise de Gouffier (†1816), et, en secondes noces, le 28 octobre 1816, la princesse Hélène de Bauffremont-Courtenay (1774-1836).

La plus jeune de ses filles, issue du premier mariage, Alexandrine-Françoise-Eugénie-Zéphirine-Olympe ( - Paris - Paris), épousa le 27 juin 1803 le Comte d'Empire Moreton de Chabrillan (1780 - 1847).

Ses descendants ont vécu en Lituanie jusqu'en 1945. Chassé par les communistes, le dernier des Choiseul Gouffier vient mourir en Suisse en 1949.

Le Voyage pittoresque de la Grèce[modifier | modifier le code]

Choiseul-Gouffier y présente, en plus de monuments peu connus, une Grèce idéalisée, écrasée par la domination ottomane et désirant retrouver sa liberté pour ressusciter. Cette vision romantique de la Grèce moderne est partagée par de nombreux voyageurs du début du XIXe siècle. Comme eux, il se propose d'aller voir sur place pour mieux comprendre les auteurs antiques en ayant leurs textes à la main « pour sentir plus vivement les beautés différentes des tableaux tracés par Homère en voyant les images qu'il avait eues sous les yeux. » Le récit de Choiseul-Gouffier permet de faire connaître des régions jusque-là encore inconnues de la Grèce, comme par exemple les Cyclades. Il avait demandé au peintre qu'il protégeait, Lancelot Théodore Turpin de Crissé, d'illustrer le deuxième volume par la gravure de ses dessins.

On trouve parmi ses Mémoires une Dissertation sur Homère, un mémoire sur l'hippodrome d'Olympie, et des Recherches sur l'origine du Bosphore de Thrace.

Il a laissé une précieuse collection d'antiquités, acquise par le musée du Louvre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)


Précédé par Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier Suivi par
Jean Le Rond d'Alembert
Fauteuil 25 de l’Académie française
1783-1803
Jean Étienne Marie Portalis
Précédé par Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier Suivi par
Charles-Guillaume Étienne
Fauteuil 25 de l’Académie française
1816-1817
Jean-Louis Laya