Auguste de Forbin

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Auguste de Forbin

Description de cette image, également commentée ci-après

Le comte de Forbin par Paulin Guérin
(gravure de Frémy).

Nom de naissance Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin
Naissance 19 août 1777
La Roque-d'Anthéron
Décès 1841
Paris
Nationalité française
Profession peintre, écrivain, archéologue et administrateur.
Formation
Élève de Constantin, Boissieu puis David
Distinctions
Famille

Louis Nicolas Philippe Auguste, baron (en 1810), puis comte de Forbin (né au château familial de la Roque-d'Anthéron le 19 août 1777[1],[2], mort le 22 février 1841 à Paris[3]) est un peintre, écrivain archéologue et administrateur français, ancien élève de David[4]. Il succéda à Vivant Denon en 1816 comme directeur général du musée du Louvre[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et Éducation[modifier | modifier le code]

Dès l'enfance, Auguste de Forbin fréquenta François Marius Granet avec lequel il est élève du peintre Jean-Antoine Constantin[6] à Aix-en-Provence. Une amitié solide se noue entre les deux hommes, il aidera Granet par la suite dans sa carrière [7]. En 1793 il était à Lyon lors du siège de cette ville par la Convention, y vit périr sous ses yeux son père et son oncle, fut recueilli et élevé par un habile dessinateur lyonnais, Jean-Jacques de Boissieu, qui l’initia à la pratique de son art. Son goût pour la peinture le conduit ensuite à Paris ou il est rejoint par son ami Granet, ils prennent des cours auprès du peintre Demarne, puis quittent son atelier pour devenir élèves de Jacques Louis David[2].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1799, il est incorporé dans le 21e régiment de chasseurs à cheval, et deux ans après dans le 9eme régiment de dragons[2].

Ensuite, il quitte une première fois sa carrière miliaire pour se consacrer à la peinture[2]. Il visite l’Italie, où il obtint la protection de la princesse Borghese (sœur de Napoléon), dont il devint le chambellan en 1803[2] et l'amant jusqu'en 1807[8]. Leurs amours furent abritée par le château de la Mignarde à Aix-en-Provence, où Pauline effectua des séjours[9], et au château de la Barben appartenant à la famille de Forbin où un boudoir a été décoré pour elle par Granet[10]. Lors d'un séjour à Aix-en-Provence, en mai 1807, elle fut reçue à l'hôtel de Forbin. Il en perdit brusquement l'estime en octobre de la même année[11].

Napoléon Ier l'envoya alors au Portugal où il réintégra l'armée, attaché à l'état major du duc d'Abrantès (Junot)[2]. Il participe alors à la première campagne du Portugal et reçoit la croix de la légion d'honneur[2]. Il se distingue en particulier durant la bataille d'Évora, où il fut un des tout premier à entrer dans la ville avec le général Pierre Margaron[12].

Il sert ensuite sous les ordres du maréchal duc d'Istrie (Bessières) pendant la campagne d'Autriche[2]. Après le traité de Schönbrunn, il retourne en Italie pour se consacrer aux arts[13].

Direction des musées de France[modifier | modifier le code]

Il revient à Paris en 1814 au moment de la première restauration puis des cent-jours durant lesquels il termine son tableau "Mort de Pline"[2].

Nommé en 1816[2] grâce au duc de Richelieu, directeur général des musées royaux[5], sous la seconde restauration, il agrandit celui du Louvre; créé le musée Charles X pour les antiquités et en établit un spécial au Luxembourg pour les œuvres des peintres vivants (en 1818)[4].

Sous sa direction de nombreuses œuvres entrent dans les collections du Louvre, comme Les Sabines et son pendant Léonidas aux Thermopyles de David[13]. Entrent aussi des antiquités comme celles acquises durant son voyage dans le levant[13],[14], et également la Vénus de Milo découverte en 1820 et dont son futur gendre Marcellus a participé à l'acquisition par la France.

Après plusieurs années de persévérance pour que l'état fasse l'acquisition du Radeau de la Méduse de Géricault, il parvient après la mort de l'artiste, à convaincre le ministre Sosthène de La Rochefoucauld de financer l'acquisition du tableau en 1824. Le tableau est acheté 6 000 Francs par l'intermédiaire de Dedreux-Dorcy ami de Géricault[15].

Voyages[modifier | modifier le code]

Vue de Jérusalem près de la vallée de Josaphat par Forbin

En 1817, Forbin entreprend à bord de la frégate "La Cléopatre", un long voyage dans le Levant dans l'intérêt des arts[14].

La division navale qui accompagne l'expédition est commandée par le commandant Halgan, et la conduit après plusieurs étapes jusque Saint-Jean-d'Acre, l'expédition se poursuivant ensuite à terre. Forbin est accompagné des peintres Pierre Prévost et son neveu Léon Matthieu Cochereau ainsi que l'architecte Jean-Nicolas Huyot. L'abbé de Forbin-Janson[13] les accompagne durant la première partie du voyage. Linant de Bellefonds qui faisait initialement partie de l'équipage de la frégate se joint également à l'expédition pour aider Pierre Prévost dans son travail[16].

Les principaux lieux visités sont dans l'ordre Milos, Athènes, Constantinople, Éphèse, Saint-Jean-d'Acre, Jérusalem, Gaza, Damiette, Le Caire, Louxor, Thèbes, Rosette et Alexandrie.

De nombreuses péripéties, le décès de Léon Matthieu Cochereau et la blessure de Jean-Nicolas Huyot émaillent l'expédition. Le 24 avril 1818, après une longue traversée orageuse à bord d'une brick, le voyage s'achève par un séjour au lazaret de Marseille. Forbin ajoute dans son récit "Voyage dans le Levant" qu'il a acquis durant ce voyage pour 28 000 Francs d'antiquités pour le musée Royal frais de transport compris.

En 1820, il fait un autre voyage en Sicile, qui comme celui de 1817, fait l'objet d'une publication[17].

Déclin[modifier | modifier le code]

En 1828, il subit une attaque vasculaire[13] dont il ne se remettra jamais entièrement[8]. En 1841 une seconde attaque le laisse paralysé, il meurt peu de temps après à Paris[13]. Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence[2].

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de François, Anne, Gaspard, Palamède de Forbin marquis de Pont-à-Mousson[18] et de Françoise Marthe de Milan de la Roque[1], il appartient à la branche familiale des Forbin-la Barben.

Le 28 juin 1799, il épouse à Dompierre-les-Ormes (71), une riche héritière[2], Mélanie Roseline Félicité de Dortan dame d'Audour née le 6 mars 1776, décédée à Lyon le 5 juillet 1825, (fille de Charles Francois Marie Joseph de Dortan et de Thérèse Rosaline Claudine de Damas)[19],[20]. Grâce à sa femme Forbin hérite du château d'Audour[21]. De ce mariage naissent deux filles :

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ruines de l'abbaye de Sylvacane, gravure d'après Forbin

Peintre habile lui-même, il a produit, entre autres ouvrages :


Ses écrits :

Hommages[modifier | modifier le code]

Auguste de Forbin était :

Il a reçu une médaille d'or au salon de 1808[31], et était membre de l'académie des beaux-arts (élu en 1816)[32],[18].

Une place devant le château de la Roque-d'Anthéron porte son nom[33], une plaque gravée en souvenir de sa naissance en ce lieu y est visible.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archives départementales des Bouches-du-Rhône, LA ROQUE-D'ANTHERON, Acte:Baptême,1777 Vue n° 10
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Portefeuille du comte de Forbin disponible sur Gallica. Auteur : Comte de Marcellus, Éditeur : Challamel (Paris), 1843, page III.
  3. Fraternelle Généalogie sur GeneaNet consulté le 23/02/2013
  4. a et b Biographie de Forbin sur www.correspondance-delacroix.fr consulté le 13/12/2012
  5. a, b, c et d Louis Gabriel Michaud Biographie des hommes vivants ou Histoire par ordre alphabétique sur Google Livres, 1817, tome III p. 122
  6. Musée Granet Aix-En-Provence
  7. Biographie de Granet consultée le 13/12/012.
  8. a et b Lettres de Benjamin Constant à Madame Récamier sur Google Livres,1814, Lettre VI p. 16
  9. Dannery Letizia, Les grandes familles d'Aix-en-Provence : Les Sechiari, publié le 14/11/2002 dans l'express
  10. Description Intérieur du Château de la Barben sur www.chateaudelabarben.fr
  11. Forbin Historiques des rues d'Aix-en-Provence
  12. Charles Théodore Beauvais de Préau, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français depuis 1792, Volume 9, Page 380 sur Google Livres
  13. a, b, c, d, e et f Traduit du wiki anglais
  14. a et b Voyage dans le Levant sur Google Livres
  15. Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 36 sur Wikisource
  16. Livres Ancien Voyage Histoire, consulté le 18/07/2013.
  17. Souvenirs de La Sicile disponible sur Gallica
  18. a, b, c et d Forbin sur Base Roglo
  19. Archives départementales de Saône et Loire [1]: Commune de Matour, Mariages de 1792 à 1802, 10 messidor an 7 (28 juin 1799) (Vue 98/131)
  20. [PDF]PARENTÉ DE LA BIENHEUREUSE MARGUERITE - MARIE ALACOQUE, seconde édition, Autun, 1879, page 63.
  21. Dictionnaire des Châteaux de France, Bourgogne et Nivernais, p. 140, Françoise Vignier.
  22. Portrait du roi en buste, dans la base arcade du ministère de la culture.
  23. Françoise Wagener Je suis née inconsolable : Louise de Vilmorin (1902-1969) sur Google Livres Chapitre I.
  24. Jacques du CHAYARD, Histoire d'Émeringes, D'après une thèse de Dominique RICHARD (Conseiller culturel au conseil Général de Savoie), consulté le 04/06/2013.
  25. « Notice no 000PE001159 », base Joconde, ministère français de la Culture
  26. « Notice no 28343 », sur la base Atlas du musée du Louvre
  27. Rabbe,Sainte-Preuve, Biographie universelle et portative des contemporains, ou Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusqu'à nos jours sur Google Livres
  28. « Notice no 000PE001154 », base Joconde, ministère français de la Culture
  29. Revue des Romans/Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin sur Wikisource
  30. base léonore sur http://www.culture.gouv.fr, consulté le 21/09/2013.
  31. a et b Étienne Parrocel, Annales de la peinture sur Google Livres, publié en 1832, page 344.
  32. Liste des académiciens - SECTION VI - MEMBRES LIBRES sur www.academie-des-beaux-arts.fr, consulté le 21/09/2013
  33. la-roque-d-antheron-13/centres-de-readaptation-de-convalescence sur www.pagesjaunes.fr consulté le 27/02/2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Fayot, «Comte de Forbin, nécrologie», in "L'artiste", 1841, Tome 7, p. 198-199.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Portefeuille du comte de Forbin disponible sur Gallica Directeur général des musées de France. Auteur : Comte de Marcellus, Éditeur : Challamel (Paris), 1843 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Paul Masson (sous la direction de), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 volumes parus de 1913 à 1937, tome XI, p. 211-212.
  • Louis du Chalard & Antoine Gautier, Les panoramas orientaux du peintre Pierre Prévost (1764 - 1823), in Orients, Bulletin de l'association des anciens élèves et amis des langues orientales, juin 2010, p. 85-108.


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