Paul-Louis Weiller

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Paul-Louis Weiller et Aliki Diplarakou lors de leur mariage à Paris en 1932

Paul-Louis Weiller, né à Paris le 29 septembre 1893 et mort centenaire à Genève le 6 décembre 1993, est un chef d’entreprise et mécène français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine juive alsacienne, il est le fils de l'industriel et homme politique Lazare Weiller (1858-1928) et d'Alice Javal ( - 1944), issue de la famille Javal grande famille du XIXe siècle qui s'est illustrée dans l'industrie, la finance et la politique.

Ingénieur de l'École centrale, diplômé en 1914[1], il est un héros de l'aviation pendant la Première Guerre mondiale[1]. Imposant l'utilisation de la photographie aérienne lors des vols de reconnaissance[1], il est plusieurs fois abattu avec son avion et blessé. Douze fois cité à l’ordre de l’armée, fait officier de la Légion d'honneur à vingt-cinq ans (le plus jeune officier de la Légion d’honneur pour faits militaires de l’histoire après Guynemer et Fonck), il termine la guerre auprès du maréchal Foch et assiste à la signature du traité de Versailles comme aide de camp du chef des armées alliées.

Patron d’industrie dès l’âge de vingt-neuf ans, de 1922 à 1940, Paul-Louis Weiller développe la plus importante entreprise de construction de moteurs d’avion d’Europe, Gnome et Rhône, qui deviendra la Snecma après sa nationalisation en 1945. À partir de 1925, il achète progressivement le capital de la compagnie aérienne CIDNA. Il participe à la création d’autres lignes aériennes vers l’Afrique. Elles seront toutes nationalisées en 1933 pour devenir Air France, dont il sera un des premiers administrateurs (il se voit offrir en 1933 par Pierre Cot, ministre de l’Air, la présidence d’Air France, mais il refuse).

Durant les années qui précèdent la guerre, il prend la tête du lobby des motoristes français, qui cherchent à garder le monopole intérieur (Gnome et Rhône détient 60 % du marché Français) : il tente faire échouer les négociations avec les États Unis pour l’achat de moteurs plus performants. Il avait en effet refusé, dans un premier temps, d'investir dans l’achat de machines-outils, cherchant par là à étaler les commandes pour éviter les investissements. Cette décision explique en partie la pénurie de moteurs constatée début 1940[2].

Arrêté le 6 octobre 1940 à Royat, déchu de la nationalité française quelques semaines plus tard le 29 octobre par le gouvernement de Vichy il est placé en résidence surveillée à Marseille. Il s’enfuit en janvier 1942 en passant par le Maroc, d’abord à Cuba puis au Canada où il contribue à l’action de la France libre (dont il aura le passeport numéro 1). Sa mère sera déportée et mourra en 1944 à Auschwitz.

De retour en Europe après la guerre, il concentre d’abord son activité sur l’énergie (pétrole au Venezuela et dans le golfe du Mexique, gaz naturel au Texas, compagnie d’électricité au Japon…), puis dans la finance internationale. Il devient par la suite un des grands mécènes des arts, soutenant financièrement et par son influence la rénovation du château de Versailles, crée une compagnie de ballets, aide de nombreux artistes (Robert Hossein, Roger Vadim, Maurice Béjart, Michèle Mercier, Brigitte Bardot, Alain Delon…). Son objectif est de refaire de Paris la capitale de la culture, action qui est couronnée en 1965 par son entrée à l’Académie des beaux-arts.

Paul-Louis Weiller mène une intense vie mondaine entre les familles royales d’Europe, les grands hommes d’affaires et politiques (Aristote Onassis, Henry Ford II, Jean Paul Getty, Richard Nixon, Georges Pompidou… avec qui il a parfois travaillé ou qui ont parfois travaillé pour lui), les personnalités des arts des lettres et du spectacle, qu’il rassemble dans le dernier des salons parisiens dans la tradition de ceux décrits par Marcel Proust. Il finance aussi de nombreuses œuvres caritatives.

Il s’était marié le 29 août 1922 à Paris, avec la princesse Alexandra Ghica avec qui il eut une fille, Marie-Élisabeth (épouse Irisarri, morte en 2006), et dont il avait divorcé le 25 mars 1931 pour épouser le 31 octobre 1932 Aliki Diplarakou (en), Miss Europe 1930, dont il divorça aussi. Ils eurent un fils, Paul-Annik (1933-1998), dont Sibilla Weiller qui épousa en 1994 Guillaume, prince de Luxembourg (1963), fils cadet du Grand-duc Jean, dont postérité.

La ville de Sélestat (Bas-Rhin), dont il est citoyen d'honneur, a donné son nom à un petit parc situé dans la cité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Bal du siècle, VHS, 2008, France 5

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]