Jean Prouvost

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Jean Prouvost
Fonctions
Haut-commissaire à la Propagande
19 juin
Ministre de l'Information
5
Gouvernement Reynaud
Prédécesseur Ludovic-Oscar Frossard
Successeur Paul Baudouin
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Roubaix, France
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Yvoy-le-Marron, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Industriel, patron de presse

Jean Prouvost, né le à Roubaix et mort le à Yvoy-le-Marron, est un industriel, patron de presse et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d’industriels du Nord, fils d'Albert-Félix Prouvost, président du tribunal de commerce de Roubaix, et de Marthe Devémy, Jean Prouvost n'étant pas le fils aîné ne reprend pas l’entreprise familiale Peignage Amédée Prouvost. Il crée donc seul avec un emprunt d'un million de francs, l'entreprise de filature La Lainière de Roubaix, qui se situe rapidement au premier rang de l’industrie textile européenne.

Après la Première Guerre mondiale, Jean Prouvost s’intéresse aux entreprises de presse. En 1924 il achète Paris-Midi, qui tire alors à 4 000 exemplaires. Six ans plus tard, grâce à une politique commerciale et rédactionnelle audacieuse, le tirage atteint les 100 000. En 1930, il rachète Paris-Soir, où il introduit des méthodes qui ont fait leurs preuves aux États-Unis : mise en valeur de gros titres à la une, photos spectaculaires, qualité du papier, et surtout transformation du contenu du journal. Il recrute les meilleurs journalistes (dont Pierre Lazareff, Paul Gordeaux et Hervé Mille) et s’assure la collaboration occasionnelle de grands noms de la littérature : Colette couvre les faits divers ; Jean Cocteau fait le tour du monde pour le journal ; Georges Simenon enquête sur des affaires criminelles retentissantes. Il utilise comme correspondants de guerre Blaise Cendrars, Joseph Kessel, Antoine de Saint-Exupéry, Paul Gordeaux. À l’occasion les envoyés spéciaux sont Maurice Dekobra, Pierre Mac-Orlan, Pierre Daninos. De 70 000 exemplaires en 1930, le tirage de Paris-Soir atteint le chiffre considérable de 1 700 000 en 1936. Jean Prouvost constitue bientôt un véritable empire comprenant Marie-Claire, magazine féminin racheté en mars 1937, et le journal sportif Match l'année suivante. Vers 1934, il fait décorer son bureau personnel qu'il possède rue Laffitte par Louis Süe, architecte décorateur en vogue.

Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la France est largement envahie et à la veille de déposer les armes, Jean Prouvost devient, le 6 juin 1940, ministre de l’Information dans le gouvernement Paul Reynaud, puis le 19 juin haut-commissaire à l’Information dans le gouvernement Pétain, poste dont il démissionne le , alors que Pétain reçoit les pleins pouvoirs.

Pendant l’Occupation, deux Paris-Soir coexistent : celui de Paris, désavoué par Jean Prouvost et ses collaborateurs, soutient la collaboration, tandis qu’un autre paraît à Lyon. Durant cette période, Jean Prouvost se fait détester aussi bien par le régime de Vichy que par la Résistance. À la Libération il est frappé d’indignité nationale, mais la Haute Cour de justice lui accorde un non-lieu en 1947.

Après cette date, Jean Prouvost entreprend la reconstruction de son empire démantelé à la Libération (Paris-Soir, devenu France-Soir, ne lui appartient plus) racheté par Hachette, dirigé par Pierre Lazareff. Match renaît sous la plume de Paul Gordeaux son premier rédacteur en chef au nom de Paris Match avec en couverture de Paris Match du 25 mars 1949 le premier ministre anglais Winston Churchill, puis appelé par Pierre Lazareff à France-Soir, il confie sa place à Hervé Mille. En 1950 Roger Thérond devient le rédacteur en chef sous la direction d'Hervé Mille. Marie-Claire reparaît en 1954. En 1950, le groupe Prouvost-Béghin rachète la moitié des actions du journal Le Figaro, et il devient le maire d'un petit village du Loir-et-Cher, Yvoy-le-Marron. En 1960, Jean Prouvost achète Télé 60 dont il fait Télé 7 jours, journal de télévision qui connait un énorme succès (3 millions d’exemplaires en 1978), tandis que décline Paris Match, magazine illustré concurrencé par l’audiovisuel.

En 1966, Jean Prouvost s’intéresse à la radio et entre pour une part importante dans le capital de Radio-Télé-Luxembourg.

À partir de 1970, l’empire Prouvost entre dans une période de difficultés. En juillet 1975, Le Figaro est vendu à Robert Hersant, tandis qu’en juin 1976, Télé 7 jours passe au groupe Hachette, Paris Match est repris par le groupe Filipacchi sous la direction de Roger Thérond de 62 à 68 il quittera Paris Match en 1999 et France-Soir par Opera Mundi, Paul Winkler. À la mort de Jean Prouvost, survenue en octobre 1978, seules les publications féminines restent dans sa famille.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il avait épousé Germaine Lefebvre, fille d'Edmond Henri Lefebvre, industriel à Roubaix, et de Julie Marie Grimonprez.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par Jean Prouvost Suivi par
Ludovic-Oscar Frossard
Ministre de l'Information
1940
Paul Baudouin
-
Haut-commissaire à la Propagande
1940
-