Charles Othon Frédéric Jean-Baptiste de Clarac

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Le comte Charles Othon Frédéric Jean Baptiste de Clarac né à Paris en 1777 et mort à Paris en 1847, dessinateur, un savant et un archéologue français, conservateur des Antiquités et de la Sculpture moderne du Musée du Louvre de 1818 à sa mort.

Il émigra, rentra en France sous le Consulat, après s'être formé par les voyages, et par ses propre forces en archéologie, en dessin, en chimie, en plusieurs langues étrangères, dont le Grec ancien. Il vécut d'abord petitement à Paris de travaux de journalisme. Suivant les classes d'histoire et de littérature ancienne de l'institut, il s'y fit remarquer et devint précepteur des enfants du roi de Naples, Joachim Murat en 1808. Il fut chargé par ce prince de diriger les fouilles de Pompéi.

Rentré en France à la Restauration des Bourbons, il obtint la permission d'accompagner l'ambassade du duc de Luxembourg au Brésil en 1816. Il en revint en s'arrêtant en Guyane et aux Antilles. Nommé en 1818 conservateur des antiques au musée du Louvre, il en publia en 1820 une description sur le plan défini par son prédécesseur Ennius Quirinus Visconti. C'est alors qu'il exerçait ces fonctions que le musée acquit la Vénus de Milo dont il fit une notice spéciale en 1821. En 1830 parut l'édition définitive de sa Description du musée du Louvre. Il fut admis en 1838 à l'Académie des beaux-arts comme membre libre. Selon son biographe Alfred Maury « Simple dans ses goûts, d'une modestie qui n'avait rien d'affecté, nullement infatué des idées nobiliaires dans lesquelles il avait été élevé, il aimait l'archéologie et les arts pour eux-mêmes : c'était un amateur dans la véritable acception du mot. »

La Forêt vierge du Brésil[modifier | modifier le code]

La forêt vierge du Brésil du comte de Clarac.

Il avait accompagné en 1816, avec d'autres savants comme le naturaliste Auguste de Saint-Hilaire, la mission diplomatique du Duc de Luxembourg, que le roi Louis XVIII de France avait envoyé comme ambassadeur extraordinaire auprès du roi de Portugal, qui résidait dans la colonie brésilienne depuis 1809, ayant fui l'invasion française. Arrivée le 31 mai à Rio de Janeiro, le duc était de retour en France avant la fin de l'année. (Michaud 1819, p. 266).

Le comte de Clarac dessina au Brésil de nombreux croquis dans le but de réaliser une grande aquarelle montrant l'intérieur de la forêt primitive brésilienne. Achevée en Europe, après une étude minutieuse des plantes tropicales cultivées dans les serres du parc du château du prince Maximilian zu Wied-Neuwied, son ouvrage, la forêt vierge du Brésil, fut présenté au salon de 1819 et gravée en 70 x 42 cm par Fortier en 1822 (Gabet 1831, « Fortier »). Le naturaliste Alexandre de Humboldt, qui dans son Essai sur la géographie des plantes demandait aux artistes d'aller peindre sur place la prodigieuse richesse de la végétation du Nouveau Monde, loua le chef-d'œuvre de Charles de Clarac en raison de « son sens organique du détail immanent à la totalité de la nature ». Cette œuvre a été acquise en 2004 par le département des Arts graphiques du Musée du Louvre.

La Forêt vierge du Brésil est la seule incursion du comte de Clarac dans le domaine artistique. Pour ses ouvrages imprimés, il fit toujours appel à des dessinateurs rémunérés. Bien que selon Alfred Maury, il était très éloigné des préjugés nobiliaires, les règles écartant les nobles du travail manuel purent le dissuader de poursuivre dans cette voie. Aussi bien, la Forêt vierge du Brésil en appelle autant à la science, comme le montre le commentaire de Humboldt, qu'à l'art.

Publications[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Catalogue du musée du Louvre (1820, révisé en 1830), incluant la Description des ouvrages de la sculpture française
  • Description des ouvrages de la sculpture française, 1824
  • Manuel de l'histoire de l'art, 1847, 3 volumes in-12
  • Musée de sculpture antique et moderne, 1826-1855, 6 tomes en 7 volumes in-8°, avec planches in-4°, dont la publication fut terminée, d'après ses notes, par Alfred Maury et Victor Texier.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Charles Othon Frédéric Jean-Baptiste de Clarac » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Catalogue des antiquités et objets d'art composant le cabinet de feu M. le comte de Clarac,... Vente 19 avril 1847... / [expert] Roussel -impr. et lithogr. de Maulde et Renou (Paris) [avec nécrologie extraite du Moniteur Universel du 30 janvier 1847]
  • Alfred Maury, « Notice biographique sur le comte de Clarac », dans C.te de Clarac, Description historique et graphique du Louvre et des Tuileries, Paris, Impr. impériale,‎ 1853
  • notice Musée du Louvre
  • Louis Gabriel Michaud, Biographie des hommes vivants: ou, Histoire par orde alphabétique ...,, vol. 4,‎ 1819, p. 266
  • Ch. Gabet, Dictionnaire des artistes de l'École française au XIX.e siècle,‎ 1831

Références[modifier | modifier le code]