Georges Monnet

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Georges Monnet
Georges Monnet (1932)
Georges Monnet (1932)
Fonctions
Parlementaire français
Député
19281942
Gouvernement IIIe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance 12 août 1898
Date de décès 9 décembre 1980
Résidence Aisne

Georges Monnet est un homme politique français, né le 12 août 1898 à Aurillac (Cantal) et mort le 9 décembre 1980 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

L'ascension d'un socialiste rural[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, où il a combattu comme engagé volontaire, Georges Monnet prend la tête d'une grande exploitation agricole de Picardie ravagée par le conflit. S'il possède dès lors 200 ha dans une région riche, les premières années sont difficiles, tant l'état des terres est mauvais : il loge dans une simple baraque.

Il devient maire indépendant de Celles-sur-Aisne en 1925. Trois ans plus tard, il adhère à la SFIO, qui a sollicité sa candidature aux élections législatives. Monnet est élu député en 1928, réélu en 1932 et 1936 dès le premier tour. En décembre 1930, il acquiert une stature nationale en contribuant, par son discours très critique, à la chute d'André Tardieu, dont un ministre était impliqué dans l'affaire Oustric. Quelques mois plus tard, il renforce son assise locale en devenant conseiller général. Jusqu'en 1940, c'est un des plus proches de Léon Blum, en même temps qu'un de ses amis intimes, avec sa femme Germaine Monnet. Le 13 février 1936, Georges Monnet conduit la voiture dans laquelle se trouve Léon Blum et qui est attaquée par des Camelots du roi. Avec sa femme, deux agents de police et des ouvriers du bâtiment, il sauve le chef socialiste du lynchage par les jeunes maurrassiens déchaînés.

En 1933, il entre à la commission administrative permanente et devient l'expert de la SFIO pour les questions agricoles, Adéodat Compère-Morel ayant quitté le parti. Il modernise la doctrine socialiste en l'axant vers l'objectif de réformes concrètes et immédiates pour aider les petites et moyennes exploitations, terminant définitivement le débat sur le maintien ou non de ces propriétés privées dans une économie socialisée. Georges Monnet estime aussi que l'agriculture française doit non seulement nourrir la population, mais également devenir un secteur d'exportation.

Ministre de l'Agriculture dans le premier gouvernement Blum et dans le premier gouvernement Chautemps, il consacre l'essentiel de sa politique agraire à la défense des petits exploitants, à travers la maîtrise des prix agricoles. Il met cette politique en œuvre par le biais de l'Office du blé ; mais l'opposition intraitable du Sénat l'empêche d'étendre ce système aux autres productions. Il a cependant construit un modèle suivi après la Libération par les gouvernements de la IVe République, et même par la Communauté économique européenne, avec la Politique agricole commune. Le Sénat bloque également sa réforme du statut du fermage. Monnet obtient en revanche l'extension des droits sociaux aux ouvriers agricoles, encore soumis à des conditions de travail archaïques. Pour appliquer sa politique, il s'appuie particulièrement sur les directeurs départementaux des administrations publiques, qu'il a réussi à convaincre.

De la tourmente à l'Afrique[modifier | modifier le code]

Il s'oppose aux accords de Munich en 1938 et dirige un journal, Agir pour la paix, pour le socialisme défendant une ligne de fermeté face à Hitler. Daniel Mayer, Pierre Brossolette et Jean Bouhey, notamment, y écrivent. Ministre du Blocus dans le gouvernement de Paul Reynaud, Georges Monnet fait savoir sa désapprobation d'un armistice et tente en vain de gagner l'Afrique du nord. Le 10 juillet 1940, après avoir été tenté par le non, il s'abstient sur le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Sous l'Occupation, il reste en retrait, refusant de se compromettre avec Vichy, mais aussi de s'engager activement dans la Résistance. Il s'en est expliqué dans un entretien avec Marc Sadoun : « J'étais réservé sur l'efficacité d'action des socialistes et ne me sentais pas destiné à mener une action clandestine. » Cette attitude lui est reprochée en 1944, au point que Georges Monnet est victime des excès de l'épuration interne conduite par Daniel Mayer : il est exclu, sa carrière est brisée — alors que René Coty, qui a voté les pleins pouvoirs et ne s'est jamais engagé dans la Résistance, devient président de la République en 1954.

Georges Monnet, passé au RGR, doit partir en Afrique pour continuer à jouer un rôle politique. Conseiller de l'Union française de 1947 à 1958, il est ministre de l'Agriculture de Félix Houphouët-Boigny de 1959 à 1961, puis conseiller personnel du président ivoirien de 1961 à 1964. Quelques années plus tard, il rentre en France et devient président du Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA).

Décorations[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Monnet (Georges) », Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier
  • Pierre Barral, Les Agrariens français, de Méline à Pisani, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1968
  • Édouard Lynch, Moissons rouges. Les socialistes français et la société paysanne pendant l'entre-deux-guerres, Presses universitaires du Septentrion, 2002
  • Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982

Liens externes[modifier | modifier le code]