Castelsarrasin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Castel-Sarrazin.
Castelsarrasin
Place de la Liberté.
Place de la Liberté.
Blason de Castelsarrasin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn-et-Garonne
(sous-préfecture)
Arrondissement Castelsarrasin
(chef-lieu)
Canton chef-lieu de Castelsarrasin-1 et Castelsarrasin-2
Intercommunalité Communauté de communes Castelsarrasin Moissac
Maire
Mandat
Jean-Philippe Bésiers
2014-2020
Code postal 82100
Code commune 82033
Démographie
Gentilé Castelsarrasinois
Population
municipale
13 054 hab. (2011)
Densité 170 hab./km2
Population
aire urbaine
25 419 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 44° 02′ 27″ N 1° 06′ 28″ E / 44.0408333333, 1.10777777778 ()44° 02′ 27″ Nord 1° 06′ 28″ Est / 44.0408333333, 1.10777777778 ()  
Altitude Min. 61 m – Max. 97 m
Superficie 76,77 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Tarn-et-Garonne

Voir sur la carte administrative du Tarn-et-Garonne
City locator 14.svg
Castelsarrasin

Géolocalisation sur la carte : Tarn-et-Garonne

Voir sur la carte topographique du Tarn-et-Garonne
City locator 14.svg
Castelsarrasin

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Castelsarrasin

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Castelsarrasin
Liens
Site web http://www.ville-castelsarrasin.fr/

Castelsarrasin est une commune française, située dans le département de Tarn-et-Garonne dont elle est la sous-préfecture et le chef-lieu de l'arrondissement de Castelsarrasin, en région Midi-Pyrénées. La ville est également le siège de la Communauté de communes Castelsarrasin Moissac. Enfin, dénombrant 13 054 habitants au dernier recensement de 2011, Castelsarrasin est la deuxième ville du département en termes de population, après Montauban.

L'aire urbaine de Castelsarrasin comptait 25 419 habitants en 2011, ce qui en faisait la huitième aire urbaine de la région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Castelsarrasinoises et les Castelsarrasinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Castelsarrasin se situe sur la Garonne, qui passe au sud-ouest de la commune, à 21 km à l'ouest de Montauban sur les voies de communications que sont la ligne Bordeaux - Sète et la route nationale 113

Accès par l'autoroute A62 sortie sortie 09 et par la Gare de Castelsarrasin.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Les communes limitrophes de Castelsarrasin sont, au nord-ouest Saint-Nicolas-de-la-Grave, au nord Moissac, au nord-est Les Barthes, à l'ouest Castelmayran, à l'est La Ville-Dieu-du-Temple, au sud-ouest Saint-Aignan et Castelferrus, au sud Cordes-Tolosannes, et au sud-est Saint-Porquier.

Climat[modifier | modifier le code]

La ville connait un climat océanique dégradé (climat océanique avec influences continentales).

Climat à Castelsarrasin
Castelsarrasin Moyenne nationale
Ensoleillement 2029 h/an 1973 h/an
Pluie 600 mm/an 770 mm/an
Neige 6 j/an 14 j/an
Orages 26 j/an 22 j/an
Brouillard 56 j/an 40 j/an

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Il y a quelques années, la municipalité a mis en place le service de transport en commun municipal par bus dénommé "la Tulipe".

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première trace certaine de l’existence de Castelsarrasin remonte à l’an 961 où le nom Castel Sarracenum, indiquerait « le château construit à la manière des Sarrasins ». Le nom remonte certainement au temps de la présence des sarrasins dans la Narbonnaise. Cette année-là, Raymond II, comte de Rouergue, donne par testament à l’abbaye de Moissac, l’église Saint-Sauveur (nom toujours actuel de l’église de la ville - voir photo) et ses terres.

Pendant la Révolution française la ville fut appelée Mont-Sarrazin.

Le nom de la commune est parfois orthographié Castelsarrazin. En occitan, le nom est Los Sarrasins.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le début de l’histoire de la ville est marqué par les guerres : contre les Anglais jusqu’à la fin du XIIe siècle, puis Croisade des Albigeois pendant la première moitié du XIIIe siècle. À cette époque, la ville est administrée par des consuls et reçoit ses premières coutumes (textes de droit régissant la ville) en 1230.

Au XIVe siècle, la folie religieuse fait encore des ravages, et en 1320, lors de la Deuxième Croisade des Pastoureaux des milliers de Juifs seront tués dans la région, dont 160 rien qu'à Castelsarrasin.

Dès 1337, on avait clos d'un mur la porte de Garonne et enduit la tour de l'avenue de Moissac[1].

Au cours des XIVe siècle et XVe siècle, les inondations, la peste, et surtout la guerre de Cent Ans vont ravager le pays qui ne connaîtra que quelques dizaines d’années d’accalmie au début du XVIe.

Car, dès 1560, débutent les guerres de religion durant lesquelles, Castelsarrasin la catholique, est aux prises avec le reste de la région, plutôt protestant. L’église Saint-Sauveur est d’ailleurs une des rares qui ait échappé à la destruction dans le secteur.

À la fin du XVIIe siècle, Antoine Laumet, dit Lamothe Cadillac naquit à Saint-Nicolas-de-la-Grave, non loin de Castelsarrasin. Envoyé par le Roi de France aux Amériques, il y fonda la ville de Détroit, puis fut nommé gouverneur de Louisiane en 1710. En signe de reconnaissance, Détroit donna son nom à la célèbre marque d’automobiles et des « Rencontres Cadillac » sont célébrées tous les deux ans à Castelsarrasin.

Revenu en France, il devint gouverneur de Castelsarrasin le 11 février 1723 et y meurt quelques années plus tard, en octobre 1730.

Les siècles suivants, jusqu’à la Révolution de 1789, seront plus calmes. À Castelsarrasin, comme partout en France, la fin du XVIIIe siècle sera agitée, avec la mise en place de la République, puis du 1er empire.

De 1790 à 1795, Castelsarrasin était le chef-lieu du District de Castelsarrasin, anciennement établie en Haute Garonne.

À partir de 1850, la ville qui compte 7000 habitants commence à se développer et à s’étendre, en particulier grâce à l’arrivée du chemin de fer, puis de « l’Usine ». De même, en 1875, une caserne est construite ; la ville a encore aujourd’hui son régiment qui contribue largement à son dynamisme.

Au printemps 1944, une partie du 4e régiment SS « Der Führer » de la division « Das Reich » y est cantonné, avant d’être appelé en Normandie et de commettre de nombreuses exactions et massacres en route, dont celui d’Oradour-sur-Glane[2].

Au XXe siècle, malgré les terribles saignées des deux guerres, la ville poursuit son expansion jusqu’à nos jours où elle s’affirme comme le deuxième site économique du Tarn-et-Garonne.

En mai 1968, la sous-préfecture de Tarn-et-Garonne est après Montauban, la deuxième ville où le mouvement de grève s'étend. « Au contraire de ce que l'on aurait pu penser, l'usine Cégédur-Péchiney, avec son millier d'ouvriers métallos, ne sera pas le fer de lance des manifestations de ce mai 68 castelsarrasinois, et c'est encore moins la CGT, le syndicat le plus puissant au sein de l'usine, qui en a été l'instigateur. »[3] Ce sont bien les lycéens, aidés par leurs surveillants, dont beaucoup étaient encartés au PSU, qui ont lancé le mouvement[3]. Dans ce département, qui était à l'époque essentiellement agricole, les paysans ne seront pas en reste. Le leader syndicaliste communiste, Paul Ardouin qui a fait ses classes auprès de Renaud Jean parvient à mobiliser plusieurs centaines de petits exploitants agricoles[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Instances administratives et judiciaires[modifier | modifier le code]

Castelsarrasin étant la sous-préfecture du Tarn et Garonne, un bâtiment, situé au 44 rue de la Fraternité, abrite à ce titre les attributions qui lui sont données par l'administration. Le sous-préfet actuel est Myriam Garcia. C'est le premier sous-préfet d'arrondissement féminin de l'histoire de la république française.

La ville est le siège du Tribunal d'instance et du Tribunal de police, dont les ressorts correspondent à l'Arrondissement de Castelsarrasin.

Un commissariat de la Police nationale, une brigade de la Gendarmerie nationale et une section d'Agents de Surveillance de la Voie Publique couvrent Castelsarrasin et sa périphérie.

Enfin, depuis 1971 la ville est le siège du 31e régiment du génie (RG) de l'Armée de Terre. Antérieurement et depuis 1949, stationnait à la Caserne Banel le 17e régiment du génie aéroporté (RGAP), aujourd'hui à Montauban sous l'appellation 17e régiment du génie parachutiste (RGP).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 13 054 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6 500 6 104 6 487 6 946 7 092 7 408 7 008 7 250 7 208
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 894 6 838 6 835 6 514 6 906 7 245 7 590 7 772 7 871
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
7 858 7 496 6 996 6 707 7 546 8 040 7 768 8 360 10 098
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
10 388 11 318 10 752 10 924 11 317 11 352 12 740 13 054 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

L'éducation occupe une large place au sein de la ville. En effet, il y a un lycée (lycée Jean-de-Prades), avec possibilités d'études supérieures, deux collèges (Pierre-Flamens et Jean-de-Prades), et une douzaine de groupes scolaires. La caserne Banel, qui est un ancien site militaire, fait l'objet de projets visant à terme à y accueillir une antenne universitaire.

Santé[modifier | modifier le code]

La commune dispose de l’hôpital intercommunal Castelsarrasin-Moissac, pour les longs séjours, et les soins palliatifs. Le service des urgences de ce même hôpital se situe dans la commune voisine, Moissac.

Sports[modifier | modifier le code]

Le Cercle Athlétique Castelsarrasinois, club de Rugby à XV évolue dans le championnat de France de 2e division fédérale, ils jouent en rouge et blanc. La ville a accueilli les entrainements de l'équipe des Fidji durant la coupe du monde de rugby à XV 2007. Le club joue ses matchs au stade Adrien Alary.

Pour le football, deux clubs, le Gandalou Football Club (GFC) (situé dans le quartier de Gandalou), évoluant en première division de district et l'Entente Football Castel-Moissac qui évolue en promotion d'honneur.

La ville a accueilli la 17e étape du Tour de France 2007 ainsi que deux départs d'étapes du Tour de France en 2001 et 2004 et un passage le 20 juillet 2012. Un développement du cyclisme local qui est dû au travail du CAC cyclisme, club centenaire qui compte parmi les plus importants clubs de cyclisme de France[7].

La ville est équipée d'un aérodrome dans le quartier de Gandalou. De l'aéronautisme amateur y est pratiqué. Par ailleurs, cet aérodrome a, dans le futur, vocation à devenir un aéroport commercial pour vols moyen courrier low cost.

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

L'usine de Castelsarrasin a été un atelier monétaire en 1914 et de 1943 à 1946[8]. Les monnaies qui y furent frappées sont marquées d'un « C » au-dessus de la date. En 1914, il avait été créé un atelier de fortune dans le sud de la France, en prévision d'un éventuel siège de Paris. Usine française des métaux, l'entreprise est rachetée par le groupe Cégédur, puis Péchiney. À cette date, au début des années 1970, l’entreprise perd au début de la crise de métallurgie française, la majorité de ses effectifs. À la fin des années 1990, l’unité castelsarrasinoise est rachetée par la multinationale Alcan, et en 2005, par le groupe Rio Tinto[9]. Une autre partie de l'usine a été reprise par le groupe Alcoa[10].

L'usine de lave et de quartz émaillé (Pyrolave) qui emploie plus d'une centaine de salariés, est leader mondial de l'utilisation de la lave, et 2e dans l'exploitation du quartz. Au départ familiale, l'entreprise a été rachetée, en juin 2008, par le groupe Finalp qui détient Mobalpa tout en demeurant sur le site de Castelsarrasin[11].

La commune possède aux deux extrémités de son périmètre, deux sites classés « Seveso 2 seuil haut », le plus haut niveau depuis l’accident d’AZF de Toulouse. À la sortie nord de Castelsarrasin, direction Moissac, le site de l'entreprise de dépôt de gaz Butagaz, sur la zone de Barrès 2, suscite de nombreux questionnements avec la future application du dispositif du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT), qui risque de réduire le développement économique de cette ZAC[12]. La zone intercommunale est d'ailleurs depuis septembre 2009, au cœur d'un imbroglio judiciaire lancé par le sous-préfet Patrick Cousinard qui dénonce les permis de construire de l'entreprise Delrieu[13]. Dans le même temps, il provoque le fort mécontentement des riverains du site qui doivent engager d’importants travaux de mise en sécurité de leur habitation[14].

De l’autre côté de la ville, c'est le site de ravitaillement et de stockage du service des essences de l'Armée qui est aussi concerné par la même dangerosité.

Depuis le début du XXIe siècle, l'extrémité nord de la ville ne cesse ne se développer. Le maire de la ville, Bernard Dagen, a plusieurs fois exprimé son grand désir de voir se développer « un quartier d'affaire castelsarrasinois » selon ses mots. Après l'implantation relativement massive de grandes enseignes commerciales, cette zone s'apprête à accueillir la construction d'un grand cinéma multiplexe, dans le quartier Terre Blanche. Cela donnera lieu à des expropriations.

Sur le plan ferroviaire, la ville possède une liaison de fret avec Beaumont-de-Lomagne, par le biais de la ligne de Castelsarrasin à Beaumont-de-Lomagne. Autrefois utilisée pour le transport de voyageurs, la ligne n'est désormais utilisée que pour du transport de céréales, et d'essence pour la zone militaire de ravitaillement et de stockage du service des essences de l'Armée.

La Gare de Castelsarrasin, rénovée en 2011, accueille un nombre régulier de trains et de voyageurs.
La ligne LGV Bordeaux-Toulouse, traversera l’extrémité sud de Castelsarrasin, en zone périphérique résidentielle.

Zones d'activités économiques et commerciales[modifier | modifier le code]

Ces quinze dernières années, la ville a connu un développement particulièrement important de ses activités économiques et commerciales, en raison de l'éclosion soudaine dans les années 1990 de zones d'activité commerciales, tout particulièrement au nord de la commune. La ZAC du Barraouet, de l'Artel, de Fleury, et dernièrement de Terre Blanche en sont des exemples emblématiques. A ce jour, la tendance est à une accélération exponentielle de ce développement, notamment avec les ambitieux projets concernant la ZAC de Terre Blanche. Comme c'est le cas dans la grande majorité des communes qui connaissent ce type de développement économique "périphérique", Castelsarrasin connait ces dernières années un coup de mou commercial dans son hyper-centre ville.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le marché au gras de Castelsarrasin demeure l'un des plus réputés de la région Midi-Pyrénées, après ceux du Gers voisins. C'est sous la halle occitane aujourd'hui que se déroule de novembre à avril, ce marché hebdomadaire où les producteurs et éleveurs de tout le département viennent écouler leurs canards, oies, dindons et autres volailles grasses. Malgré les gros efforts de la commune pour maintenir la tradition des concours au gras et des marchés, cette production qui « pourtant ne connaît pas la crise »[15], est en voie de disparition.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

La ville possède un aérodrome dans le quartier de Gandalou (aérodrome de Castelsarrasin - Moissac) depuis le 22 juin 1935. « Cet aérodrome est au centre d'un projet d'étude visant à en faire à moyen terme un aéroport qui pourrait accueillir des vols low cost et des avions d’affaire. »[16] Un projet qui nécessitera de lourds investissements sur près d'une décennie. En attendant, l’étude diligentée par la communauté de communes de Castelsarrasin-Moissac préconise la reprise en main du site par l'intercommunalité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le 31e régiment du génie, installé depuis 1971, compte environ 1 200 hommes. « Le régiment castelsarrasinois sera l'un des grands gagnants de la réforme du livre blanc puisqu'il bénéficiera de deux nouvelles unités de combats d'ici 2010. »[17]

La Communauté de communes Castelsarrasin Moissac est un acteur essentiel du développement économique de la ville. En effet, celle-ci lui a permis d'acquérir une plus grande influence sur les zones environnantes, fort de presque 30 000 habitants sur l'ensemble de l'intercommunalité. Cette dernière semble cependant être en déclin depuis 2009 en raison de tensions entre les administrations de Castelsarrasin et Moissac, Moissac refusant désormais tout dialogue avec l'administration castelsarrasinoise[réf. nécessaire].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

Elle se situe place de la Raison. Inscrite sur la liste supplémentaire de l’inventaire général des Monuments historiques[18].

Église Saint-Sauveur

Mentionnée dès 961, l’église Saint-Sauveur fut reconstruite en 1254, « d’une manière somptueuse ». Elle assura jusqu’en 1626 des fonctions conventuelles (prieuré de l’abbaye de Moissac) et demeura jusqu’à la Révolution de 1789 la plus importante des églises du diocèse Bas-Montauban.

Elle est entièrement bâtie en briques, type même d’architecture du premier gothique avec nef et transept voûtés d’ogives et collatéraux couverts d’un berceau brisé roman.

Elle présente les caractéristiques suivantes :

  • clocher-tour de forme octogonale, à 2 étages séparés par un cordon extérieur. 32 fenêtres géminées et à plein cintre ;
  • mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles classé Monument historique. Il se compose de splendides boiseries provenant pour la plupart de l’ancienne abbaye de Belleperche acquises en janvier 1799 et d’autels et anges de marbre ;
  • vitraux signés et datés de Joseph Villiet, Louis Gesta et Henri Feur ;
  • vitrine présentant divers objets de culte derrière le maître-autel. L’église abrite les reliques du patron de la ville, saint Alpinien, compagnon de saint Martial, évangélisateurs de la province gauloise appelée Aquitaine (XIIIe siècle) ;
  • boiseries provenant de l’abbaye de Belleperche, acquises en janvier 1799, à savoir :
    • un buffet d’orgue (XVIIIe siècle) dont le thème est l’enseignement musical classé en tant qu'objet comme monument historique[19];
    • des stalles du XVIIe siècle. Le chœur n’en abrite que 39 sur les 80 d’origine ;
    • une porte (XVIIIe siècle) représentant certainement des membres de la famille d’Arcombald, fondatrice et bienfaitrice de l’abbaye de Belleperche ;
    • la chaire (XVIIe et XVIIIe siècles) ;
    • les prie-Dieu (XVIIIe siècle) ;
    • la porte (XVIIe siècle) de la sacristie représentant les apôtres Pierre et Paul sculptés en relief de façon tout à fait magistrale.
  • marbres :
    • le maître-autel (XVIIIe siècle) tout en marbres polychromes ;
    • les anges adorateurs (XVIIIe siècle) taillés dans un marbre blanc très pur ;
    • l’autel de la chapelle Saint-Alpinien (XVIIIe siècle) composé de marbres polychromes ;
    • les bénitiers (XVIIe et XVIIIe siècles) proviennent certainement de Belleperche.
  • autre mobilier :
    • une statue de la Vierge à l’Enfant en bois sculpté fin XVe - début XVIe siècle ;
    • une statue de bois polychrome (XVIIIe siècle) ;
    • une châsse en bois doré (XIXe siècle) contenant les reliques de saint Alpinien ;
    • un pavillon en bois doré (XVIIIe siècle).

Église Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Elle se situe à l'extrémité nord de la rue Paul-Descazeaux.

Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem sont présents dans la campagne environnante dès le XIIe siècle (église Saint-Jean des Vignes). Mentionnée dès 1216 en ville, l’église est reconstruite partiellement en 1515.

  • Bâtie de brique, architecture lourde, voûtes d’ogives basses.
  • Clocher-tour à 2 étages, chacune de ses faces ajourée de deux fenêtres, à plein cintre, deuxième étage surmonté d’une flèche hexagonale à arêtes aux faces ajourées de petites ouvertures en forme de croix de Malte.
  • Vitraux de L. V. Gesta de Toulouse
  • Décoration intérieure réalisée en 1924 par le peintre tarn-et-garonnais Gaillard-Lala. Intéressantes armoiries de personnages locaux.

Chapelle Notre-Dame d’Alem[modifier | modifier le code]

Le premier titre attestant l’existence de cette chapelle date du 7 juin 1210. De tout temps la renommée de Notre Dame d’Alem fut grande. La chapelle a longtemps détourné vers elle les Jacobites passant par Toulouse et Moissac. Détruite à trois reprises (Guerre de Cent Ans, Guerres de Religion et Révolution de 1789), elle est encore aujourd’hui debout.

Elle doit deux de ses résurrections à deux « miracles » :

  • le vœu de Sancerre lors de la Guerre de Cent Ans. Le maréchal Louis de Sancerre, réfugié dans les ruines de la chapelle, implore la Vierge et promet de rebâtir celle-ci s’il remporte la victoire ;
  • le vœu de Galatoire d’Espagne pendant la Révolution. Emprisonné dans le couvent de la Visitation, ce noble, parent d’émigrés promet de rebâtir la chapelle, s’il échappe à la guillotine.

Les anciens établissements religieux de la ville[modifier | modifier le code]

Castelsarrasin comptait cinq établissements religieux. Deux d’entre eux ont été ruinés à la Révolution française :

  • le couvent des Dominicaines (1602-1792) à l'emplacement de l’école de musique et de la médiathèque actuelles dont il ne subsiste aucun vestige ;
  • le monastère des Capucins (1602-1793) dont il ne subsiste aucun vestige ;
  • le monastère des Carmes (1282-1794) à l'emplacement de l’hôtel de ville actuel, de l’ancien tribunal et de l’ancienne gendarmerie.
Vestiges :
Clocher XVIe siècle, en briques, hexagonal à sa base et heptagonal dans ses deux étages supérieurs.
Portail de l’église de la fin XIIIe siècle en plein cintre, encadrée par un long arceau en ogives à trois boudins ;
  • le couvent des Ursulines (1642-1792) à l'emplacement de la sous-préfecture actuelle.
Vestiges :
Intérieurs : Une galerie du cloître, salles voûtées
Extérieurs : une tour d’angle ;
  • le prieuré de Saint-Jean (1282-1789) à l'emplacement du couvent et de la chapelle des sœurs de la Compassion.

L’hôtel de ville[modifier | modifier le code]

l'horloge de Lepaut au fronton de la mairie avec les statues de Minerve et Cérès

Il se situe place de la Liberté. Il a été construit par l’architecte Rivet en 1827 et possède une horloge éclairante fabriquée par le plus grand horloger de l'époque, le parisien Lepaut, en 1847 ; cette horloge étant encadrée des statues de Minerve (commerce) et Cérès (agriculture), œuvre du sculpteur toulousain Palat.

Curiosités[modifier | modifier le code]

Plusieurs édifices ou rues méritent la visite.

Construite fin XVe début XVIe siècle. Classée monument historique. Fenêtres Renaissance. Sculptures des culots et supports de fenêtres : animal et feuillage.

  • Maison italienne ou maison d'Espagne, construite pour la famille d'Espagne au 17e siècle et inscrite au titre des monuments historiques. Longtemps laissée à l'abandon[20] et sa tour détruite en 1958, elle a vu sa façade restaurée et sa tour reconstruite en 2010-2011[21].
  • Hôtel Lamothe-Cadillac (no 6 place Lamothe-Cadillac) Privé.
    Dite « maison des gouverneurs », Antoine de Lamothe-Cadillac, fondateur de Détroit, y vécut de 1723 à 1730. Façade XVIIIe siècle, cour intérieure XVIIe siècle. Plaque commémorative.
  • Maison de l’abbé de Prades (9, rue du commandant Châtinières, privée). Maison natale de l’abbé Jean-Martin de Prades, collaborateur à l’Encyclopédie. Construction XVIIIe siècle. Sculptures du portail : masque et guirlandes. Plaque commémorative.
    Maison à colombages
  • Maison à colombage (49, rue de la Révolution, privée). Construction XVIe siècle. Façade en pans de bois.
  • Rue de la Discrétion. Typique du Moyen Âge. Fenêtres à meneaux début XVIe siècle.
  • Rue de la Solitude. Typique du Moyen Âge.
Monument aux morts
Port Jacques-Yves Cousteau

Castelsarrasin et le cinéma[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille d'Espagne : Dans un dénombrement du 2 mai 1235, par les nobles habitants de Castelsarrasin, rendu aux comtes de Toulouse, on note des membres des familles de Durfort, de Grimoard, des Seigneurs de Vilemode, de Bredfols, et d'Espagne[23]. Dans le serment de fidélité que rendirent au Roi Philippe III les nobles et les habitants de la Ville de Castelsarrasin, en novembre 1271, lors de la réunion du comté de Toulouse à la Couronne, on trouve Jean D'Espagne, Joannes de Hispaniâ. Cette famille a donné au Parlement de Toulouse plusieurs conseillers, et des capitouls à cette ville[24] :
    • Pierre d'Espagne, premier du nom, fit le 26 août 1533 une fondation dans l'église Saint-Sauveur de Castelsarrasin dans la chapelle Saint-Antoine qui servait de lieu de sépulture à ses ancêtres.
    • Nicolas d'Espagne, fils du précédent, capitoul de Toulouse en 1564 et 1568.
    • Bernard d'Espagne, demi-frère du précédent, capitoul de Toulouse en 1580.
    • Pierre d'Espagne, second du nom, fils de Pierre d'Espagne.
    • Pierre d'Espagne, troisième du nom, fils du précédent, capitoul de Toulouse en 1627 et 1643.
    • Bernard d'Espagne, fils du précédent, écuyer, consul en 1651, capitoul de Toulouse en 1652. Il a bâti la maison d'Espagne appelée aussi maison italienne de Castelsarrasin, située rue du Collège.
    • Jean d'Espagne, son fils, a été le premier maire de Castelsarrasin en 1692 et a fait son testament le 2 septembre 1702.
    • Jean-François-Ignace d'Espagne, fils du précédent, maire de Castelsarrasin. Il fait son testament le 12 novembre 1738.
  • Bernard Dagen : maire de Castelsarrasin pendant 27 ans.
  • Antoine de Lamothe-Cadillac, fondateur de la ville de Détroit (Michigan) aux États-Unis
  • Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme du gouvernement Jean-Marc Ayrault puis ministre du Logement et de l’Égalité des territoires du gouvernement Manuel Valls
  • Louis de Guiringaud (1911-1982), ministre des Affaires Étrangères, ambassadeur de France et conseiller municipal de Castelsarrasin
  • Pierre Perret (né en 1934), célèbre auteur-compositeur-interprète
  • Abbé François de Prades, mainteneur des Jeux Floraux de Toulouse, curé de l'église Saint-Sauveur
  • Abbé Jean-Martin de Prades (né en 1720 à Castelsarrasin-1782), philosophe, collaborateur de l’Encyclopédie
  • Alexandre Dezos de la Roquette (1784-1868), géographe
  • François Étienne Rieunier (1794-1867), principal du collège de Castelsarrasin de 1828 à 1841
  • Adrien Alary, homme politique français
  • Gaston Bénac (1881-1968), journaliste sportif, créateur du « Grand Prix des Nations »
  • Louis de Guiringaud (1911-1982), ambassadeur de France, ministre des Affaires Étrangères, conseiller municipal de Castelsarrasin
  • Jean Antonin Delzers (1873-1943), maître-graveur, Grand prix de Rome (1900), médaille d’honneur de la gravure du Salon des artistes français (1926)
  • Charles de Mazade-Percin (1820-1893), historien, journaliste politique et académicien
  • Frédéric Cayrou (1879-1958), félibre et sénateur
  • Marcelle Duba (1899-1981), poétesse
  • Antoine Laumet (1658-1730), dit Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, aventurier, gouverneur de Castelsarrasin, fondateur de Détroit, gouverneur de la Louisiane
  • Marcel Pérès (1898-1974), comédien
  • Henri Pottevin (1865-1928), chef de laboratoire à l’Institut Pasteur, maire de Castelsarrasin, député et sénateur
  • François Étienne Rieunier (1794-1867), principal du collège communal de Castelsarrasin de 1820 à 1840
  • Amiral Henri Rieunier (1833-1918), grand-croix de la Légion d’honneur, médaillé militaire, ministre de la Marine (1893), député de Rochefort-sur-Mer (1898-1902), pionnier du Japon Meiji et de l’Extrême-Orient, préfet maritime de Rochefort, puis de Toulon, commandant en chef l'escadre de la Méditerranée occidentale et du Levant et de la 1re armée navale.
  • Charles de Mazade (1820-1893), écrivain né à Castelsarrasin, membre de l'Académie française.
  • Gil Galasso, Maître d'hôtel et professeur de restauration, champion du monde des maîtres d'hôtels, Meilleur ouvrier de France né en 1967.
  • Paul Chatinières (1884-1928) Médecin humaniste ayant participé de 1912 à 1916 aux côtés du Maréchal Lyautey à la conquête pacifique du Maroc comme pionnier, auteur du livre dans le Grand Atlas Marocain, mort pour le Maroc et pour la France en soignant une épidémie de typhus en 1928 à Taroudan. En 2008 le musée Paul-Chatinières, Musée de la médecine et de la santé, a été inauguré à Taroudant [25]
  • Mazade-Percin (Julien-Bernard-Dorothée), Conventionnel
  • Caroline Costa, chanteuse découverte par l'émission Incroyable Talent en 2008.
  • Marcel Maurières, auteur et instituteur, né en 1924

Héraldique[modifier | modifier le code]

Castelsarrasin

Son blasonnement est : D'azur au château donjonné de trois tours d'argent, maçonné de sable, surmonté d'une tête de maure cousue de sable liée d'argent, au chef cousu de gueules chargé d'une croisette cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'or.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Désastres causés par la guerre de Cent ans au pays de Verdun-sur-Garonne à la fin du XIVe siècle par Firmin Galabert
  2. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p. 43
  3. a, b et c Max Lagarrigue, Castelsarrasin-Moissac : « Ce sont les lycéens qui ont lancé 68 », in La Dépêche du Midi, 20/05/2008.
  4. FranceGenWeb : Liste des maires de Castelsarrasin
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  7. Max Lagarrigue, Le CAC cyclisme se classe parmi les 10 meilleurs club de France, in La Dépêche du Midi, 25/08/2008.
  8. P. Garesio, 1914, une grève castelsarrasinoise, Montauban, revue Arkheia, no 7-8-9, 2003.
  9. Max Lagarrigue, « Pas d'OPA pour l'usine Rio Tinto », in La Dépêche du Midi, 30 novembre 2008.
  10. Max Lagarrigue, Alcoa : six licenciements d'ici la fin de l'année, La Dépêche du Midi, 21/10/2009.
  11. Max Lagarrigue, « Ce rachat va nous permettre de résister », La Dépêche du Midi, 17/07/2008, et Ils transforment le quartz en or, La Dépêche du Midi, 09/02/2008, et La zone de Barrès au cœur des préoccupations, La Dépêche du Midi, 27/09/2008.
  12. Max Lagarrigue, Exercice grandeur nature autour de Butagaz, La Dépêche du Midi, 19/12/2007.
  13. Max Lagarrigue, L'État débouté, la mairie confortée, La Dépêche du Midi, 20/12/2009 et Le maire se pourvoit devant le Conseil d'État, La Dépêche du Midi, 18/03/2010
  14. Les riverains de l'usine devront payer pour leur sécurité, La Dépêche du Midi, 16/03/2010.
  15. Max Lagarrigue, Le gras fait toujours recette, La Dépêche du Midi, 19/12/2008.
  16. Max Lagarrigue, Une compagnie low cost à l'aérodrome ?, in La Dépêche du Midi, 8/10/2008 et Que faire de l’aérodrome de Gandalou ?, La Dépêche du Midi, 27/03/2010.
  17. Max Lagarrigue, La caserne Marescot va devoir s'agrandir, in La Dépêche du Midi, 06/09/2008 et La caserne Marescot pousse ses murs, La Dépêche du Midi, 01/04/2010.
  18. « Église Saint-Sauveur », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Orgue de tribune : buffet d'orgue », base Palissy, ministère français de la Culture
  20. La dépêche : Chantier. La rénovation de la maison italienne, la plus ancienne bâtisse de la cité, devrait servir à élargir l'offre culturelle…
  21. La dépêche : Castelsarrasin. La maison d'Espagne retrouve son lustre
  22. Max Lagarrigue, Wackers va encore frapper les esprits, in La Dépêche du Midi, 21/12/2008.
  23. Gallica : famille d'Espagne
  24. François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois Badier: Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, tome VIII, p. 696-697, Paris, 1774
  25. Musée Paul Châtinières