Léon Meyer

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Léon Meyer, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande, maire du Havre (1924)

Léon Meyer, né le 11 septembre 1868 au Havre et mort le 22 janvier 1948 à Paris, est un député-maire radical-socialiste du Havre et ministre.

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Meyer, issu d’une famille israélite alsacienne, montra son goût pour la vie publique en devenant conjointement président du syndicat des courtiers havrais et membre de nombreuses associations populaires.

Cette place dans la vie active lui permit de faire ses premières armes politiques à l’échelle de la ville. Pour ce faire, en radical convaincu, il fonda la Fédération havraise des œuvres laïques et, comme Jules Le Cesne, dirigea la Démocratie havraise, journal qui lui permit de se faire un nom parmi les ouvriers. Élu Conseiller général en 1907 et Conseiller municipal en 1910, il défendit d’arrache-pied les syndicats, mit à leur disposition la salle Franklin, avant de s’attaquer à la hausse des prix durant la Première Guerre mondiale en mettant en place une organisation de ravitaillement municipal.

Cette ouverture à gauche se traduisit par son élection aux municipales de 1919 : devenu premier magistrat de la ville, il le resta jusqu’en 1936. Et il put aussi rester longtemps maire en s’appuyant sur la collaboration du monde ouvrier, au grand dam des socialistes mais surtout des communistes.

Le Havre s’industrialisant, Léon Meyer adopta une politique urbaine en faveur du logement à loyer modéré et développa, comme durant la guerre, un service municipal fournissant de la nourriture à bon marché. Ces mesures étaient d’autant plus appréciées qu’elles étaient visibles au grand jour et palpables semaine après semaine lorsqu’il s’agissait de nourrir les familles des travailleurs. Qui plus est, sa politique non sectaire lui assura les suffrages d’une partie des entrepreneurs havrais qui lui savaient gré de défendre leurs intérêts à Paris.

Dès 1923, il fut élu député, mandat qu’il conserva jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. À la Chambre des Députés, il milita en faveur du droit des femmes, de l’impôt sur le capital aux côtés de Joseph Caillaux, et de la marine marchande en étant sous-secrétaire d’État à la Marine marchande avant d’être ministre de ce domaine (de 1932 à 1933). Son militantisme de gauche, qui lui valait le soutien de l’Union syndicale havraise et principalement des ouvriers du port autonome, se traduisirent par un projet de réorganisation de la Compagnie générale transatlantique où l’État accroîtrait son rôle.

Cependant, reporté vers le centre par la montée des communistes, il rejeta toute idée d’alliance du Parti radical avec les communistes et les socialistes pendant le Front populaire. Il quitta le Parti radical en 1937. Il vota les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 et fut démis de ses fonctions par le statut des juifs du fait de ses origines.

Il fut déporté au camp de Bergen-Belsen et après à Theresienstadt en 1944 où il dut sa survie à la Libération. Il se présenta aux élections législatives de 1945, mais en vain. La ville du Havre, quant à elle, fut acquise au Parti communiste dirigé par René Cance en 1965 et ce jusqu’en 1995. Un buste à l’effigie de cet homme se trouve aujourd’hui au milieu d’une place du Havre qui porte le nom de Léon Meyer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ardaillou P., [article concernant Léon Meyer, pages 234 à 237], in Chaline J.-P. et Sohn A.-M. (sous la dir. de), Dictionnaire des parlementaires de Haute-Normandie 1871–1940, Rouen : Publications de l’université, 2000, 349 pages.
  • Christian Brassy, Léon Meyer, mémoire de maîtrise soutenu à l’Université de Rouen sous la direction de M. Boivin.

Articles connexes[modifier | modifier le code]