Henry Bérenger

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Henry Bérenger, sénateur, ambassadeur aux États-Unis (1925)

Henry Bérenger, né le à Rugles (Eure) et décédé le 18 mai 1952 à Saint-Raphaël (Var), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après de brillantes études de lettres et de philosophie (il fut lauréat du concours général dans cette discipline), Henry Bérenger se fait connaître comme un intellectuel spécialiste de littérature, et proche de la mouvance spiritualiste. Entre 1891 et 1911, il publie essentiellement des ouvrages critiques (notamment sur Victor Hugo), ainsi que des uvres littéraires (poèmes et même un roman, La Proie, publié en 1897). Chef de file du groupe littéraire et intellectuel "L'Art et la Vie", son ouvrage sur L'Aristocratie intellectuelle (1895) obtient à l'époque un certain retentissement. Au tournant du siècle, il se consacre au journalisme, contribuant d'abord à la Dépêche de Toulouse avant de fonder en 1903 le journal L'Action, puis de devenir directeur du Siècle (1908) et de Paris-Midi (1911). Cette réorientation de sa réflexion le conduit à se présenter aux élections sénatoriales de 1912. Il choisit la Guadeloupe, terre où il a acquis une certaine notoriété au travers des chroniques coloniales de son journal L'Action. Facilement élu sous l'étiquette radicale-socialiste, il siège dans le groupe de la Gauche démocratique.

Au Sénat, il fait partie des opposants au projet d'impôt sur les revenus défendus par Joseph Caillaux. Son activité sénatoriale assez clairement belliciste et centrée sur les questions des moyens matériels de la Première Guerre mondiale font qu'il est appelé par Georges Clemenceau comme Commissaire général aux Essences et Combustibles, avec rang de ministre. Il occupe ce poste d'août 1918 à février 1920. Il publie ensuite Le Pétrole et la France, ouvrage dans lequel il fait preuve d'un sens certain de l'anticipation quant à l'importance de cette matière première dans les décennies à venir.

Réélu sénateur en 1921, il devient rapporteur général du budget (1922-26), défend la loi sur les dépenses engagées et, à ce poste, se fait le pourfendeur de toute dépense "inutile" et s'intéresse de près à la question des réparations de guerre.

En août 1925, il fait partie de la délégation parlementaire qui se rend aux Etats-Unis pour débattre de la question des dettes interalliées. Nommé Ambassadeur de France à Washington l'année suivante, il finit par régler le problème des dettes par le biais d'un accord dit "accord Mellon-Bérenger".

De retour en France en 1928, il est réélu pour un troisième mandat de sénateur l'année suivante, et, tout en poursuivant une carrière d'auteur (il publie, en 1930, une biographie de Chateaubriand qui fera longtemps référence), il s'intéresse aux questions internationales. Il est ainsi élu Président de la Commission des affaires étrangères du Sénat en 1931, et le reste pendant huit années.

Il devient aussi, en 1932, délégué représentant la France à la Société des Nations.

L'année suivante, il entre au conseil d'administration de la compagnie des Chargeurs réunis.

Antifasciste, il semble convertit au pacifisme et prône la non-intervention dans la guerre d'Espagne, mais se préoccupa de plus en plus de la monté des agressions internationales commises par les régimes nazi et fasciste. Il conduit la délégation française à la conférence d'Évian en juillet 1938, censée résoudre le problème de l'accueil et du statut des réfugiés juifs fuyant l'Allemagne et l'Autriche annexée.

Munichois, convaincu de la possibilité d'éviter, par la discussion, le déclenchement de la guerre, il intervint à de nombreuses reprises à ce sujet tant dans la presse qu'auprès du ministre des affaires étrangères.

En 1940, il ne se rendit pas à la convocation de l'Assemblée nationale qui, à Vichy, vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

Après cette date, il se retire de la vie publique et vit chez sa sœur, à Saint-Raphaël dans le Var, jusqu'à sa mort en 1952.

Deux seules exceptions à cette ligne de conduite : une conférence prononcée en 1949 à l'American Club de Paris, sur le rôle de la France en Méditerranée, et la publication, cette même année, d'un recueil de "poésies philosophiques", intitulé Des Relativités aux métamorphoses.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]