Isidore Taylor

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Le baron Taylor, par Félix Nadar.
Statue du baron Taylor par Gabriel-Jules Thomas au cimetière du Père-Lachaise.

Isidore Justin Séverin Taylor, baron Taylor, né à Bruxelles le et mort à Paris le , est un dramaturge, précurseur du mouvement romantique, homme d'art et philanthrope français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Hélie Taylor, né en Grande-Bretagne vers 1762 et mort à Paris en 1830, était un professeur naturalisé français. Son frère, le général Taylor, participa à l'expédition d'Irlande en 1796. Sa mère Marie-Jacqueline Walwein, née à Bruges, était la fille de Charles Eugène-Jacques Walwein, conseiller du commerce et échevin de Bruges, gouverneur du cercle de la ville et conseiller de Joseph II et de Jeanne du Chastelet. Charles, devenu commandant de la Garde nationale après s’être remarié avec Antoinette Mabillon, mourut à Marseille en 1794.

Destiné à la carrière militaire, Isidore Taylor prépare l'École polytechnique mais abandonne rapidement ses études. Il voyage beaucoup en Europe et surtout en France. En 1818, il rédige, avec Charles Nodier, une série de volumes sur différentes régions françaises, intitulée Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, qui constitue le premier catalogue sérieux des richesses du patrimoine français.

Dans les années 1820, il écrit ou traduit de nombreuses pièces de théâtre. En 1821, il est un des créateurs du théâtre Panorama-Dramatique dont il obtint le privilège auprès du Roi pour Allaux. Il en fut un des administrateurs pendant les 2 ans que ce théâtre survécut. Il écrit dans les journaux et les revues de critique d'art. Il est commissaire royal au Théâtre-Français de 1825 à 1830 et de 1831 à 1838. À l'occasion de son sacre en 1825, Charles X le fait baron. Romantique convaincu, il prend une part active à la « campagne des Hugolâtres » et profite de ses fonctions pour mettre à la scène Henri III et sa cour d'Alexandre Dumas puis Hernani de Victor Hugo. Lorsque Le Roi s'amuse est interdit en 1832, Hugo intente un procès au Théâtre-Français en espérant garder l'amitié de Taylor.

En 1829, il commence à faire transporter à Paris, place de la Concorde, l'obélisque de Louxor dont il avait proposé l'acquisition en 1828, mais la révolution de 1830 arrête l'opération. En 1838, il est nommé inspecteur général des Beaux-Arts. Il est chargé par Louis-Philippe en 1835 d'acquérir des tableaux en Espagne, qui permettent l'ouverture de la Galerie espagnole du musée du Louvre en 1838.

Il crée dans les années 1840 une série d'associations de secours mutuel pour :

  • les artistes dramatiques (1840)
  • les artistes musiciens (1843)
  • les artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs (1844)
  • les inventeurs et artistes industriels (1845)

Une association pour les membres de l'enseignement est créée en 1859. Il est également l'un des fondateurs de la Société des gens de lettres et une fondation, fille de ces associations porte aujourd'hui son nom, la Fondation Taylor, 1, rue La Bruyère, Paris 9e.

Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1847 et nommé sénateur du Second Empire en 1869. Il est fait grand officier de la Légion d'honneur en 1877.

Il est inhumé sous un grand monument sculpté à son image au cimetière du Père-Lachaise (55e division)[1],[2]. Son buste a été érigé sur une stèle près de la rue qui porte son nom dans le 10e arrondissement de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jouin 1897, p. 209
  2. Moiroux 1908, p. 232

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Paul Léon, La vie du baron Taylor, association des artistes, Fondation Taylor, 27 déc. 1955
  • Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ 1897, p. 103-238 (lire en ligne)
  • Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par Isidore Taylor Suivi par
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Administrateur de la Comédie-Française
1825-1830
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Précédé par Isidore Taylor Suivi par
E.-J.-E. Mazères
Administrateur de la Comédie-Française
1831-1838
A.-F. Jouslin de La Salle