Pierre Cot

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Pierre Cot
Pierre Cot (1928)
Pierre Cot (1928)
Fonctions
Député de la 13e circonscription de Paris
12 mars 196730 mai 1968
Législature 3e (Ve République)
Groupe politique Apparenté COM
Prédécesseur René Sanson
Successeur Henri Modiano
Conseiller général du canton de Chamoux-sur-Gelon
24 avril 195523 septembre 1973
Prédécesseur Michel Jeandet
Successeur Jean-Pierre Cot
Député du Rhône
17 juin 19518 décembre 1958
Législature 2e et 3e (IVe République)
Groupe politique URP
Député de la Savoie
21 octobre 19454 juillet 1951
Législature 1re et 2e Assemblée constituante, 1re législature (IVe République)
Groupe politique RRRS
Conseiller général du canton de Montmélian
17 novembre 19291940
Prédécesseur Jean-Claude Girard-Madoux
septembre 1945mars 1976
Successeur Albert Serraz
Ministre du Commerce
18 janvier 19388 avril 1938
Gouvernement Chautemps III
Léon Blum II
Prédécesseur Fernand Chapsal
Successeur Fernand Gentin
Ministre de l'Air
31 janvier 19337 février 1934
Gouvernement Daladier I
Sarraut I
Chautemps II
Daladier II
Prédécesseur Paul Painlevé
Successeur Victor Denain
4 juin 193614 janvier 1938
Gouvernement Léon Blum I
Chautemps III
Prédécesseur Marcel Déat
Successeur Guy La Chambre
Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères
18 décembre 193228 janvier 1933
Gouvernement Paul-Boncour
Prédécesseur Joseph Paganon
Maire de Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier (Savoie)
12 mai 192914 mars 1971
Prédécesseur Léon Cot
Successeur Jean-Pierre Cot
Député de la 2e circonscription de Savoie
22 avril 192831 mai 1942
Législature XIVe, XVe et XVIe (IIIe République)
Groupe politique RRRS
Biographie
Nom de naissance Pierre Jules Cot
Date de naissance 20 novembre 1895
Lieu de naissance Grenoble (Isère)
Date de décès 21 août 1977 (à 81 ans)
Lieu de décès Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier (Savoie)
Profession Professeur agrégé de droit

Pierre Cot, né le 20 novembre 1895 à Grenoble (Isère) et mort le 21 août 1977 à Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier (Savoie), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est remarqué par Raymond Poincaré qui lui offre sa première expérience politique aux élections législatives de 1924, comme candidat des Républicains de gauche dans les Hautes-Alpes. Vaincu, il amorce alors une évolution politique vers la gauche qui s'accentue avec le temps : s'il est élu, en 1928, député de Savoie sous l'étiquette radicale après avoir un temps rejoint le Parti républicain-socialiste, c'est sur une liste communiste qu'il se présente dans le Rhône en 1931.

Pierre Cot, ministre de l'Air (1933).

Pierre Cot est très actif dans le mouvement « Jeune Turc » au sein du parti radical, dès la fin des années 1920. Sa carrière ministérielle commence, quant à elle, en décembre 1932 lorsqu'il devient sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans le gouvernement Paul-Boncour. En janvier 1933, Daladier lui confie le portefeuille de l'Air, nouveau ministère promis à un riche avenir. Passant son brevet, il pilote régulièrement lui-même son avion officiel[1]. Il se lance également avec fougue dans la promotion de l'aviation et réorganise l'aéronautique civile en créant la compagnie nationale Air France. Forcé d'abandonner ce portefeuille après les émeutes du 6 février 1934, il le retrouve en 1936 dans le gouvernement de Léon Blum. Membre du comité d'honneur de l'Association juridique internationale, il se consacre alors principalement à la nationalisation des industries aéronautiques.

Cot, hostile à la neutralité de la France, organise une aide clandestine aux républicains espagnols pendant la guerre civile. Jean Moulin fait alors partie de son équipe[2].

Il est l'un des rares politiques hostile aux accords de Munich. Puis éclate la guerre de 1939 et survient la défaite française de juin 1940. Anti-munichois, Pierre Cot ne s’incline pas devant l’armistice et ne prend pas part au vote du 10 juillet 1940, à Vichy, de la loi constitutionnelle sur les pouvoirs constituants demandés par le maréchal Pétain : il est déjà en Angleterre.

Il avait en effet quitté la France, en juin 1940, pour l’Angleterre, mais mal reçu par de Gaulle le 17 juin 1940 — celui-ci le trouve trop à gauche —, il rejoint les États-Unis où, pendant son séjour, il sera reçu par le président Roosevelt.

Il est déchu de la nationalité française le 6 octobre 1940, et ses biens sont confisqués par le régime de Vichy.

Après l’entrée dans la guerre de l’Afrique française en 1942 et la formation du gouvernement provisoire d’Alger, Pierre Cot entre à l’Assemblée consultative provisoire où il est admis le 25 novembre 1943 au titre de parlementaire. Il sera également membre de celle de Paris à partir du 8 novembre 1944 au titre du parti radical-socialiste.

En cette qualité, il s’intéresse : à l’organisation des pouvoirs publics en France (1944), au traité d’alliance et d’assistance mutuelle franco-soviétique de Moscou (1944), à la nullité des actes de spoliation accomplis par l’ennemi ou sous son contrôle (1945), à tous les débats financiers (1945), à l’éducation, au recrutement et au statut de certaines catégories de fonctionnaires (1945), à l’âge de l’électorat et de l’éligibilité (1945).

Profondément touché par la défaite française de 1940, il essaie durant sa vie entière d'en comprendre les raisons et de prouver que l'aviation n'est pas le principal responsable de cette défaite. Selon lui, la défaite a surtout été due aux manques de moyens financiers allouées à l'armée ; il explique cela dans un ouvrage La Guerre économique paru en 1973.

Ministre de l'Air sous le Front populaire, il devient un compagnon de route du Parti communiste après la guerre, tentant ainsi un retour politique. Sous la Quatrième République, il est une des têtes de file de l'Union progressiste, agglomérat de petits partis issus de la Résistance et proches du PCF.

Fondateur en 1936 du Rassemblement universel pour la paix, il est également, après-guerre, membre du bureau directeur du Mouvement de la paix, où il milite pour un « neutralisme actif » dans le contexte de Guerre froide. Il obtient le Prix Staline international pour la paix en 1953.

Si Mai 68 marque un coup d'arrêt à une carrière politique nationale, Pierre Cot continue d'assumer des responsabilités locales en Savoie jusqu'en 1973.

Il est le père de Jean-Pierre Cot et d'Annie L. Cot, professeur des universités en sciences économiques à Paris I - Panthéon Sorbonne.

Controverse relative à la trahison[modifier | modifier le code]

Les documents Venona rendus publics par les services secrets américains à la fin des années 1990 ont confirmé que Pierre Cot était, depuis les États-Unis où il s'était réfugié, en rapport direct avec les services soviétiques, allant jusqu'à leur offrir de travailler pour eux, comme l'a montré Thierry Wolton en publiant une partie de ces documents dans L'Histoire interdite (Lattès, 1998). Il aurait été recruté par le NKVD à New York sous le pseudonyme de Daedalus et serait resté en fonction auprès de De Gaulle sur recommandation des services soviétiques.

Selon Sabine Jansen, au terme d'un examen des archives de l'ex-URSS, il est impossible de prouver la thèse d'une inféodation de Pierre Cot aux services soviétiques. Elle décrit celui-ci comme un "compagnon de route", professant un pacifisme radical et un internationalisme intégral, faisant « sans faillir de l'URSS une apologie que bien des kominterniens de stricte obédience n'auraient pas osé pousser aussi loin »[3], et conservant, en dépit de sa non-adhésion au Parti communiste, un alignement strict avec la politique de Staline et de ses successeurs.

Ce jugement est à relativiser compte tenu du minage systématique des archives soviétiques, qui rendent les recherches particulièrement ardues.

Pierre Cot fut accusé en 1936 d'avoir livré aux Soviets des armements perfectionnés mis au point par la France, sans aucune contrepartie soviétique. Il tint également un grand rôle dans le Rassemblement universel pour la paix (RUP), dont il fut le co-président, financé par une banque suédoise aux service des Soviétiques. Il favorisa la naturalisation de Dolivet, agent du Komintern dont il n'ignorait pas les activités. En 1938, Walter Krivitski, officier de la Guépéou passait à l'ouest et désignait aussitôt Pierre Cot comme agent soviétique. A la même époque, André Labarthe, membre du cabinet de Pierre Cot avait été recruté par Moscou, ce qu'il avouera lui-même aux services secrets français en 1965. Pierre Cot partit pour les USA en août 1940. Fin novembre, il se mit en rapport avec l'URSS par l'intemédiaire du Secrétaire général du PC américain, Browder, cadre important de la III° Internationale. L'offre de service est d'abord arrivée à Béria, chef du NKVD, puis Dimitrov signale les offres de service de Pierre Cot à Molotov. Staline lui-même fut avisé de cette étonnante démarche. Cot envoya donc des rapports sur les personnalités politiques françaises qui passaient par Zaroubine, chef du NKVD à New-York, et que les Américains ont étudié soigneusement. Aprés guerre Pierre Cot rentré en France, devint un informateur régulier de l'ambassade d'URSS, comme en témoignent les archives du ministère des affaires étrangères de l'Union soviétique, que Thierry Wolton cite dans son livre.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le procès de la République, New York, emf (Editions de la Maison Française), 2 tomes 750 p., 1944

Source bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Sabine Jansen, Pierre Cot, un antifasciste radical, Fayard, 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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