Gaspard de Chabrol

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Gaspard de Chabrol

Description de cette image, également commentée ci-après

Armes du baron de Chabrol de Volvic et de l'Empire (1810)

Alias
« Chabrol de Volvic »
Naissance 25 septembre 1773
Riom (Puy-de-Dôme)
Décès 30 avril 1843 (à 69 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Ingénieur des ponts et chaussées
Haut fonctionnaire
Député
Autres activités
Formation
Distinctions
Conjoint
Famille

Compléments

  • En tant que préfet de la Seine, il construisit les canaux Saint-Martin et Saint-Denis, la Halle-aux-vins, les battoirs, le séminaire Saint-Sulpice, les collèges Stanislas et Rollin

Gilbert Joseph Gaspard, comte de Chabrol de Volvic, né le 25 septembre 1773 à Riom (Puy-de-Dôme) et mort le 30 avril 1843 à Paris, est un haut fonctionnaire français, nommé par Napoléon Ier, préfet de la Seine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Destiné au génie militaire, il fut obligé, au début de la Révolution française, de faire campagne comme simple soldat.

Revenu dans sa famille, il fut emprisonné avec celle-ci sous la Terreur[1]. Rendu à la liberté en 1795, il entra à l'École polytechnique (promotion 1794) avec le numéro 1, et en sortit premier deux ans après.

En Égypte[modifier | modifier le code]

Nommé ingénieur des ponts et chaussées le 28 germinal an IV (17 avril 1796), il est, le lendemain, désigné dans la Commission des Sciences et des Arts appelée à suivre la campagne d'Égypte. Il est à la même époque reçu membre de l'Académie de Gênes.

Se ménageant peu en Égypte, le bruit de sa mort courut même à Paris : à son arrivée, il s'occupe, avec Faye et Bodard, du rétablissement du canal d'Alexandrie au Nil[2]. Les trois hommes consacrent à ce canal une grande partie de l'année 1799. Leur étude sera présentée à l'Institut d'Égypte le 22 décembre[3]. Chabrol de Volvic fait partie de la commission Fourier qui se rend en Haute-Égypte du 20 août au 6 novembre 1799[4]. Il part le 14 novembre 1799, sous la direction de Le Père, pour la 3e campagne de nivellement[5]. Il effectue d'importantes réparations au Nilomètre de Roudah, sous l'autorité de Le Père[6].

Il fait un dernier voyage du Caire à Suez avec Le Père et Villiers du Terrage, du 18 au 30 novembre 1800[6].

L'Empire[modifier | modifier le code]

À son retour en France, il collabora au grand ouvrage qui fut publié par les soins de la commission et fit paraître en outre un ouvrage Sur les mœurs et les usages des Égyptiens modernes.

Napoléon l'envoya comme sous-préfet de Pontivy en 1803, où il dirigea les plans et l'exécution des monuments publics dont l'Empereur voulait doter la ville nouvelle qu'il avait en vue.

De là, Chabrol fut appelé à la préfecture du département de Montenotte (31 janvier 1806) où l'Empereur projetait aussi de grands travaux et où le nouveau préfet traça et commença la belle route de la Corniche. Ce fut à sa présence dans ce département que fut due en grande partie la décision de l'Empereur de fixer à Savone la résidence du Pape (1809-1810). M. de Chabrol sut en effet entrenir avec le Souverain pontife les relations les plus courtoises, sans se départir des rigueurs administratives qui lui était imposées.

C'est en poste à Savone que Chabrol fut créé baron de l'Empire en 1810[7].

En congé à Paris, il publia une Statistique de son département qui fut considérée comme un modèle du genre.

Préfet de la Seine[modifier | modifier le code]

Au retour de la campagne de Russie (1812), l'Empereur, mécontent du préfet de la Seine, Frochot, appela M. de Chabrol à le remplacer (23 décembre 1812).

La première Restauration le trouva à ce poste et l'y maintint malgré les détracteurs auxquels Louis XVIII répondit un jour : « Chabrol a épousé la ville de Paris, et j'ai aboli le divorce ». Le roi le nomma en 1814 Conseiller d'État et Officier de la Légion d'honneur. Le préfet se retira pendant les Cent-Jours mais retrouva sa préfecture qu'il conserva jusqu'à la révolution de 1830. Le 8 juillet 1815, c'est lui qui dit à Louis XVIII cette phrase célèbre : « Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où Votre Majesté, forcée de s’arracher aux affections les plus chères, quitta la capitale au milieu des larmes et de la consternation publique »[8].

Son administration ne fut pas sans éclats : on lui doit notamment le pavage de nombreuses rues et boulevards, l'usage des trottoirs, la généralisation progressive de l'éclairage public au gaz... Pour effectuer ces travaux (bordure de trottoir), il utilisa la pierre d'origine volcanique de Volvic donnant à la ville dont il porte le nom un nouvel essor.

Il acheva le canal de l'Ourcq, construisit le canal Saint-Martin, le canal Saint-Denis, la Halle aux vins, les abattoirs, des ponts, la Bourse, et commença le réseau des égouts[9].

Il est à l'origine de plusieurs lotissements : Batignolles (1821), quartier Saint-Georges et François-Ier (1823), Beaugrenelle (1824), le quartier de l'Europe (1826). Au cours de ces années, une soixantaine de rues nouvelles sont créées[10].

Pour l'éducation, il restaura la Sorbonne et ouvrit un très grand nombre d'écoles primaires. Il créa et finança l'école d'architecture et de sculpture de Volvic (actuellement École départementale d'architecture de Volvic). Entre 1820 et 1821, il crée les deux premiers cours pour adultes à Paris (préfiguration de l'éducation permanente). Ces cours sont dirigés par Monsieur Delahaye.

Il inventa la peinture émaillée sur lave[9].

Créé, comme son père et ses frères, comte de Chabrol par lettres patentes du 27 janvier 1816, il fut également fait Grand-croix de la Légion d'honneur. Il était également membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1817.

« Cumulard », il avait été élu député le , puis en 1817, par le collège électoral du département de la Seine, il fut renvoyé à la Chambre des députés par les électeurs du département du Puy-de-Dôme (Riom) les 25 février 1824, 24 novembre 1827[11] et 8 juillet 1830.

À l'avènement de la Monarchie de Juillet, il dut démissionner de ses fonctions de préfet de la Seine et député du Puy-de-Dôme le 11 août 1830. Néanmoins, il fut réélu député du Puy-de-Dôme le 2 mars 1839 et 9 juillet 1842. Il avait été mis à la retraite comme préfet de la Seine le 4 octobre 1836.

Il épousa Dorothée Le Brun de Plaisance, fille de Charles-François Lebrun, sans postérité.

Il donna son nom à la rue de Chabrol en 1822, date à laquelle elle fut ouverte suite à une ordonnance royale du 22 mai 1822[12] pour relier la rue du Faubourg-Saint-Denis et la rue du Faubourg-Poissonnière sur les anciens jardins des lazaristes dans le Clos Saint-Lazare dont il était propriétaire de la partie méridionale. Il donna aussi son nom à la cité de Chabrol qui relie la cour de la Ferme-Saint-Lazare à la rue de Chabrol.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mémoire sur le canal d'Alexandrie, Par MM. Lancret et Chabrol, dans Description de l'Égypte, État moderne, Tome second, 1812, p. 185 à 194.
  • Essai sur les mœurs des habitants modernes de l'Égypte, dans Description de l'Égypte, État moderne. Tome second, 2e partie, Paris, 1822, p. 361-529.
  • Notice Topographique sur la partie de l'Égypte comprise entre Ramânyeh et Alexandrie et les environs du lac Mareotis, Par MM. Chabrol et feu Lancret, dans Description de l'Égypte, État moderne. Tome second, 1812, p. 483-490.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

« Armes de Baron de l'Empire : Écartelé : aux I et IV, d'azur au chevron d'or accompagné de trois molettes du même (Chabrol) ; au II du quartier des Barons Préfets ; au III, d'azur, au pal d'or, ch. d'un lion de gueules et accosté de six besants d'or (Basmaison).[14],[15] »

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Bourloton, 1891
  2. Yves Laissus, L'Égypte, une aventure savante 1798-1801, Paris, Fayard, 1998, p. 84
  3. Yves Laissus, op. cit., p. 207
  4. Yves Laissus, op. cit., p. 289
  5. Yves Laissus, op. cit., p. 322
  6. a et b Yves Laissus, op. cit., p. 363
  7. Vte A. Révérend, Armorial du Premier Empire, Paris, Annuaire de la noblesse de France, 1897
  8. Emmanuel de Waresquiel, Cent Jours. La tentation de l’impossible, mars-juillet 1815, Paris, Fayard, 2008
  9. a et b Robert et Cougny, op. cit.
  10. Yvan Combeau, Histoire de Paris, Paris, PUF, Que-sais-je ? no 34, 3e édition, 2001, p. 62-63
  11. Il avait échoué le 17 novembre précédent dans le 1er arrondissement du Puy-de-Dôme (Clermont-Ferrand) contre l'abbé de Pradt par 157 voix contre 190 (355 votants, 398 inscrits) à l'élu.
  12. Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments par Félix Lazare,... et Louis Lazare,... 1844-1849 (p. 115).
  13. « Notice no LH/467/20 », base Léonore, ministère français de la Culture
  14. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  15. Source : www.heraldique-europeenne.org