André Honnorat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Honnorat.
André Honnorat
Image illustrative de l'article André Honnorat
Fonctions
Parlementaire français
Député 1910-1921
Sénateur 1921-1940
1910 – 1940
Gouvernement IIIe République
Groupe politique GR (1910-1919)
GRD (1919-1921)
UR (1921-1940)
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 81 ans)
Résidence Basses-Alpes

André Honnorat, né le à Paris 9e et mort le dans la même ville (14e arrondissement)[1], est un homme politique français,

Biographie[modifier | modifier le code]

Les origines et la jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'un négociant et d'une pigiste, André Honnorat entame à Lyon des études secondaires qu'il est contraint d'abandonner à cause des difficultés financières que connaît sa famille.

La carrière politique[modifier | modifier le code]

Il entame néanmoins une carrière de journaliste avant d'entrer dans la haute administration. Il est tour à tour directeur de cabinet de plusieurs ministres de la Troisième République. En 1896, il crée, avec Émile Javal, Charles Richet et Jacques Bertillon, l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population. Ensemble, ils tentent de convaincre les pouvoirs publics d'instituer des mesures d'intérêt démographique et d'assimilation des immigrés.

En 1907, il est élu conseiller général du canton de Lauzet, dans les Basses-Alpes. Il le demeurera jusqu'à sa mort, en 1950. Puis, en 1910, il est élu député des Basses-Alpes sur les listes de la Gauche radicale démocratique. Il propose plusieurs amendements (22 janvier 1914) sur l'hygiène et les soins apportés aux jeunes hommes effectuant leur service militaire, notamment l'interdiction de renvoyer un soldat dans son foyer sans qu'il n'ait été traité contre la tuberculose. La Chambre des députés ratifie cet amendement quelques mois plus tard, le 15 avril 1915, en votant des crédits qui permettront des installations sanitaires où les poilus seront curés contre la tuberculose. Il fonde, en 1916, le Comité d'assistance aux anciens militaires tuberculeux. La même année, afin d'économiser l'énergie du pays en guerre, il propose l'adoption de l'heure d'été.

Entre 1917 et 1920, il multiplie les fondations et les amendements à but humanitaire ; Comité de protection et d'éducation des orphelins de guerre et des fils de Français résidant à l'étranger (1918), loi dite « loi Honnorat » qui institue des sanatoriums pour les tuberculeux, cité internationale universitaire de Paris (1919) construite à partir de 1923 avec la collaboration de la Suède, de la Norvège et celle de David Weill, Jean Branet et Paul Appel.

En 1920, il participe à la fondation de l'Union internationale contre la tuberculose et il est nommé, la même année, ministre de l'Instruction publique.

En 1921, il est élu sénateur des Basses-Alpes et devient membre des commissions des Affaires étrangères, de l'Éducation nationale et de la Santé publique.

En 1925, il est fait président du Comité national de défense contre la tuberculose (CNDT) avant de devenir membre de l'Institut Pasteur de 1932 à 1934, date à laquelle il crée la Fondation Roux qui attribue des bourses aux jeunes scientifiques étudiant à l'Institut Pasteur.

En 1930, il participe au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Après l'invasion allemande et la défaite française en 1940, André Honnorat compte parmi les parlementaires qui s'abstiennent lors du vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Pendant toute la durée de l'occupation allemande, et avec le concours de ses propres réalisations (CNDT), il aide les tuberculeux à rejoindre les sanatoriums de la zone libre. Il est choisi en 1944, par Charles de Gaulle, pour intégrer l'Assemblée consultative provisoire, quelques mois avant son élection au Conseil de l'université de université de Paris et son élection à l'Académie des sciences morales et politiques, le 24 février 1947.

André Honnorat s'éteint le 24 juillet 1950, à 82 ans, dans la Cité internationale universitaire de Paris, une résidence pour les étudiants du monde entier à laquelle il aura consacré trente ans de sa vie.

Les papiers personnels d'André Honnorat sont conservés aux Archives nationales sous la cote 50AP[2].

L'inventeur de l'heure d'été[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Heure d'été.

L'idée de l'heure d'été ne vient pas d'André Honnorat. C'est Benjamin Franklin qui émet pour la première fois cette proposition en avril 1784. Cependant, elle demeure presque totalement ignorée, exception faite de l'Australie, où elle a déjà été mise en œuvre. Il faut attendre la Première Guerre mondiale, qui sollicite fortement les moyens de productions et d'échanges, extrêmement gourmands en énergies de toutes sortes (électricité, gaz, pétrole) pour qu'André Honnorat propose à la Chambre des députés le système de changement d'heure. Malgré un accueil rétif des parlementaires, plusieurs lettres d'injures et même de menaces de mort, le Parlement finit par adopter cette loi le 19 mars 1917, par 291 voix contre 177[3].

Après la guerre, il déclare : « La victoire ne dépendait pas uniquement de l'héroïsme de nos soldats mais elle était également tributaire des moyens de production de nos belligérants. ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 9/2082/1868, avec mention marginale du décès (à l'époque, Xbre correspondait au mois de décembre - et non à octobre comme actuellement) consulté le 26 mars 2012.
  2. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y13upcq--2ak55d38hdik&pogId=FRAN_POG_06&search=
  3. Gilles Krugler, « Allemagne, décembre 1918. Les premières heures de l’Occupation », Revue historique des armées, no 254, 2009, p. 76-81, mis en ligne le 6 février 2009, sur le site rha.revues.org, consulté le 22 juin 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • André Honnorat. Sur les traces d'un bâtisseur, film de Nathalie Kaufmann et Guillaume Tronchet, réalisé par Jean-Michel Fouque, produit par Transkom en coproduction avec la Cité internationale universitaire de Paris, avec le soutien du CNC et la participation de TV5MONDE, 26 min, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]