Nichan Iftikhar
| Nichan Iftikhar | |
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| Insigne d'officier du Nichan Iftikhar (France) daté de 1947 et attribuée par Lamine Bey | |
| Décerné par |
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| Type | Distinction à six classes[1] |
| Éligibilité | Militaires ou civils |
| Décerné pour | Long service et mérite |
| Statut | Éteint |
Grand-cordon ou Grand-croix |
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| Rubans de l'ordre du Nichan Iftikhar | |
Le Nichan Iftikhar ou Nichan al Iftikhar (نيشان الافتخار), du turc İftihar Nişanı (Ordre de la Fierté), est un ancien ordre honorifique tunisien souhaité entre 1835 et 1837 par Moustapha Bey et réellement formalisé par Ahmed Ier Bey[2],[3], alors bey de Tunis. Ce premier ordre, par sa date de création, était attribué pour récompenser des services civils et militaires aussi bien aux ressortissants tunisiens qu'étrangers. Elle est décernée jusqu'à l'abolition de la monarchie husseinite en 1957[4].
Sommaire |
[modifier] Historique
Les premiers insignes de l'ordre en usage entre 1837 et 1855 étaient réalisés en or et diamants. Mais devant le coût ruineux de cette fabrication pesant sur la cassette beylicale, un second type d'insigne vit le jour. En usage de 1855 à 1957, ces nouveaux insignes furent réalisés en argent et émail. L'ordre fut réorganisé à plusieurs reprises : 1843, 1855, 1861 (premiers statuts écrits de l'ordre) et finalement en 1898 (sous le protectorat français).
Cet ordre pouvait être décerné à des personnes de nationalité française, des villes comme Verdun ou d'autres personnalités étrangères liées à la Tunisie. Il est remis par le bey de Tunis sur proposition du grand vizir pour les sujets tunisiens et, dans tous les autres cas, sur proposition du résident général de France en Tunisie, qui occupe de facto le poste de ministre des Affaires étrangères de la Tunisie. Bien que le résident général dispose d'un contingent, ce dernier en reste toujours le grand maître. Chacun des beys ayant mis son monogramme sur le centre de la décoration, il est possible de déterminer l'époque de chaque insigne. Le nombre de classes a varié dans le temps pour finalement se calquer sur l'ordre de la Légion d'honneur avec une structure à six classes[5]. Lors de sa création, l'ordre se compose de quatre classes. En 1855, une cinquième classe est ajoutée. Vers la fin du XIXe siècle, l'ordre comporte, finalement, six classes[6].
[modifier] Insignes de l'ordre et leurs ports
Les insignes se composent :
- d'un insigne, une étoile en argent à dix branches à décors de pointes de diamant, avec une étoile superposée à dix branches émaillées et alternées vert et rouge. La bélière est formée par un nœud en argent. Le centre d'émail vert porte le monogramme du bey régnant.
- d'une plaque, qui reprend la forme de l'insigne à vingt branches non émaillées.
- d'un ruban vert aux deux liserés de rouge.
Le port s'effectue de la façon suivante :
- Grand-cordon comprend un cordon passé de l'épaule droite à hanche gauche portant un bijou à l'extrémité, ainsi qu'une plaque portée au côté gauche ;
- Grand officier comprend une plaque portée au côté droit ;
- Commandeur comprend un insigne porté en sautoir ;
- Officier comprend un insigne porté sur la poitrine gauche, avec un ruban à rosette ;
- Chevalier de 1re classe comprend un insigne à branches non émaillées porté sur la poitrine gauche, à un ruban ;
- Chevalier de 2e classe est identique à la précédente mais sans émail au centre.
[modifier] Variété d'insigne
C'est un Français, qui eut l'occasion de suggérer au bey de remplacer l'or et les diamants des premiers modèles par des cabochons d'argent poli nouvellement apparus sur le marché. L'idée fut immédiatement adoptée et, en témoignage de la gratitude beylicale, celui-ci reçut la distinction dans sa nouvelle version. La décoration typique est dès lors réalisée en argent et comporte parfois des rayons verts émeraudes et rouges dépendant de la richesse du récipiendaire ou de celui qui l'offrait. L'envers de la décoration aussi bien que l'anneau et la suspension peuvent comporter le nom du bijoutier, la date et certaines inscriptions.
Ces décorations de troisième modèle ont été remises par Ali III Bey (1882-1902) :
Ces décorations ont été remises par Sadok Bey (1859-1882) et illustrent les différences qui peuvent exister entre les décorations réalisées en Tunisie ou en France :
[modifier] Diplôme
Le document qui en atteste est un diplôme sur lequel figure le texte suivant :
« Louanges à Dieu seul !
De la part du Serviteur de Dieu glorifié, de celui qui met en Dieu sa confiance et lui laisse le soin de ses destinées,
[nom du bey],
Possesseur du Royaume de Tunis
à [nom de la personne décorée]
Sur la proposition de Notre Ministre des Affaires Étrangères, qui nous a fait connaître vos nobles qualités, Nous vous avons conféré cette décoration. Notre nom s'y trouve gravé et elle est de la [numéro de la classe] classe de Notre Ordre du Nichan Iftikhar [nom de la classe]. Portez-la avec joie et bonheur !
Écrit le [date de la décoration]
Contresigné : [nom du grand vizir] »
[modifier] Récipiendaires
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[modifier] Bibliographie
- Anne de Chefdebien (dir.) et Laurence Wodey (dir.) (préf. Général d'armées Jean-Pierre Kelche, grand chancelier de la Légion d'honneur), Honneur & Gloire : Les trésors de la collection Spada, Société des amis du musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, 2008 (1re éd. 2008), 214 x 298, 360 p. (ISBN 2-901644-16-3), p. 296-297 (entrée intitulée « Nichan al-Iftikhar » par Jean-Christophe Palthey)
- Mohamed El Aziz Ben Achour, Honneur & Gloire : Les Décorations tunisiennes à l'époque husseïnite, Sagittaire éditions, 1994 (1re éd. 1994), 218 x 204, 80 p. (ISBN 9973-9738-0-1), p. 14-33 (entrée intitulée « Le Nichan Iftikhar »)
[modifier] Notes et références
- (fr) Ordre de Nichan Iftikhar (genetarn.free.fr)
- Jacques Alexandropoulos et Patrick Cabanel, La Tunisie mosaïque : diasporas, cosmopolitisme, archéologies de l'identité, éd. Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2000, p. 58
- Robert E. Wyllie, Orders, decorations and insignia, military and civil: with the history and romance of their origin and a full description of each, éd. G.P. Putnam's Sons, New York, 1921, p. 134
- Rémy Leveau et Abdellah Hammoudi, Monarchies arabes : transitions et dérives dynastiques, éd. La Documentation française, Paris, 2002, p. 114
- (fr) Jean-Charles Humbert, Mission aérienne au Sahara en 1916 : l'odyssée des aviateurs Le Bœuf et de Chatenay, éd. L'Harmattan, Paris, 2004, p. 15
- (fr) Décorations, ordres coloniaux (genealogie.pialat.com)
- (fr) Biographie d'Eugène Antoine Alexandre Verlant (Annales des Mines)