Centre pénitentiaire de Marseille

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Centre pénitentiaire de Marseille
Prison des Baumettes
Image illustrative de l’article Centre pénitentiaire de Marseille
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Marseille
Coordonnées 43° 14′ 00″ nord, 5° 24′ 50″ est
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(Voir situation sur carte : France)
Centre pénitentiaire de Marseille Prison des Baumettes
Géolocalisation sur la carte : Marseille
(Voir situation sur carte : Marseille)
Centre pénitentiaire de Marseille Prison des Baumettes
Installations
Type Centre pénitentiaire
Superficie 30 370 m2
Capacité 1 372 places
Fonctionnement
Opérateur Ministère de la Justice
Effectif (2012) 1 773
Date d'ouverture 1939

Le centre pénitentiaire de Marseille, plus connu sous le nom de prison des Baumettes, est une prison qui se trouve à Marseille, dans le 9e arrondissement. Elle est à la fois un centre de semi-liberté et une maison d'arrêt. Elle comporte quatre bâtiments destinés aux hommes, une Unité hospitalière sécurisée inter-régionale (UHSI) située à l'hôpital nord, une Unité hospitalière spécialement aménagé (UHSA) créé dans le but de recevoir les détenus atteint de troubles psychiatriques en pleine décompensation, ainsi qu'un bâtiment destiné aux femmes dans lequel sont également incarcérées les détenues mineures. Elle est particulièrement réputée pour sa vétusté et son insalubrité.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle fut construite entre 1933 et 1939 au sud de la ville[note 1] et comporte 1 373 places, dont 1 182 réservées aux hommes. Mais la prison est frappée de surpopulation carcérale, avec 1 769 détenus (fin 2012), en majorité des hommes, sur une surface de 30 370 m2[1]. Certaines cellules de 9 m2 comptent jusqu'à trois détenus dont la moitié est d'origine étrangère. La prison contient un quartier maison d'arrêt pour femmes. Les conditions de travail sont tellement sévères qu'un tiers du personnel change tous les deux ans et demi[réf. nécessaire].

La rénovation de la prison des Baumettes à Marseille, qualifiée « d'endroit répugnant » par le Conseil de l'Europe, « ne peut plus attendre », ont conclu deux parlementaires de l'opposition lors d'une visite inopinée pour la journée des droits de l'Homme en décembre 2006. Or cette rénovation est en projet depuis 1999 et devrait prendre une dizaine d'années. Le budget de rénovation accordé est de 152 millions d'euros. La destruction et la reconstruction du bâtiment réservé aux femmes seront la première étape de la rénovation. Il est à noter que le mur d'enceinte de la prison, œuvre de Gaston Castel, est classé et que la rénovation du site impose sa préservation.

Un chantier de rénovation, annoncé en 2012 par le Ministère de la Justice et prévu pour s'étaler de 2013 à 2016, prévoit la construction de deux quartiers d’hébergement pour hommes, d’un quartier d’hébergement pour femmes, d’un quartier d’accueil et d’évaluation, d’un atelier de travail, d’un pôle d’insertion et de prévention de la récidive et d’un équipement sportif[2].

En décembre 2012, un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, constatant l'état alarmant de la prison des Baumettes, déplore une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté[3],[4]. À la suite de ce rapport, le tribunal administratif de Marseille ordonne en décembre 2012 à l’administration pénitentiaire de remettre en état les cellules ainsi que plusieurs équipements, sous un délai de trois mois. La rénovation commence dans la foulée et 848 cellules sont concernées par ces travaux[5].

L'État est condamné en 2020 après le suicide le d'un détenu très fragile psychologiquement[6]. Le , un détenu séquestre la directrice pendant trois heures avant de se rendre dans le calme[7]. En août 2020, le père d'un prévenu en détention provisoire aux Baumettes porte plainte pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger » après que celui-ci, un ancien professeur de mathématiques d’Aubagne, très fragile psychiquement, s'est suicidé dans sa cellule[8],[9],[10]; une enquête interne[11] et une mission d'inspection[12] sont ouvertes; le rapport de la mission est attendu le 1er décembre[12]. La famille porte plainte, et un collectif « vérité et justice pour Luc Viviani » voit le jour pour déterminer et faire connaître les circonstances du suicide[13].

Projet d'extension[modifier | modifier le code]

Le , Christiane Taubira, Garde des Sceaux, pose la première pierre[14] de l'extension du centre pénitentiaire de Marseille, dénommé "Baumettes 2". L'extension sera construite à l'emplacement de l'ancien centre pénitentiaire pour femmes, parti temporairement dans l'ancien quartier des mineurs. Le nouveau bâtiment accueillera le quartier maison d'arrêt pour femmes de 94 places et un quartier maison d'arrêt pour hommes de 479 places. Le nouveau bâtiment est livré en 2017.

La fermeture du bâtiment historique des Baumettes a lieu le [15].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le centre pénitentiaire de Marseille est composé de plusieurs entités spécifiques :

  • la maison d'arrêt des hommes composée de 1 182 places réparties sur 4 bâtiments
  • la maison d'arrêt femmes comprenant 80 places en maison d'arrêt, 3 places en semi-liberté, 1 quartier mineures et 4 cellules doubles pour les jeunes mamans
  • un centre de semi-liberté de 24 cellules doubles.

Travail[modifier | modifier le code]

Les détenus peuvent travailler au façonnage, conditionnement ou à l'atelier automobile (60 places)[16].

Formation[modifier | modifier le code]

Il y a des formations de maçonnerie / béton armé (14 places), électricité (14 places), informatique / utilisation de logiciels (14 places), techniques audiovisuelles (8 places), chantier-école bâtiment (14 places) et des cours de remise à niveau[16].

Peines capitales[modifier | modifier le code]

À compter de la loi du (abolissant les exécutions capitales en public), les Baumettes furent désignées pour accueillir la guillotine dans les Bouches-du-Rhône, à la place de la prison départementale Chave. Le premier supplice y eut lieu le , et dix autres condamnés y furent décapités jusqu'en 1961. En 1952, une modification de la loi désigna Marseille comme unique lieu d'exécution des condamnés dépendant de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, à savoir jugés à Nice, Draguignan et Digne. Il faut également noter que trois des quatre dernières exécutions capitales en France eurent lieu aux Baumettes : Ali Ben Yanès le , Christian Ranucci le et la dernière Hamida Djandoubi le .

Adresse[modifier | modifier le code]

Centre pénitentiaire de Marseille, 239, chemin de Morgiou, Marseille 9e.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À cette époque, la prison était à l'extérieur de la ville entre Mazargues et Morgiou mais elle a été rattrapée par l'expansion de la cité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Rapport 2012 du Contrôleur généraldes lieux de privation de liberté
  2. « Rénovation du centre pénitentiaire de Marseille les Baumettes », sur Agence publique pour l'immobilier de la Justice, (consulté le 3 mai 2013)
  3. « Les Baumettes, une prison passée aux oubliettes » (consulté le 15 décembre 2012)
  4. « L'"inhumaine" prison des Baumettes à Marseille », sur lexpress.fr,
  5. « Opération rénovation à la prison des Baumettes », sur lesinrocks.com,
  6. Denis Trossero, « Prison des Baumettes à Marseille : l'État condamné après le suicide d'un détenu », La Provence,‎ (lire en ligne)
  7. http://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-la-directrice-de-la-prison-des-baumettes-prise-en-otage-par-un-detenu-07-01-2014-3470835.php
  8. « Suicide d’un détenu incarcéré à Marseille pour des pneus crevés : récit des trois derniers mois de sa vie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 août 2020)
  9. « Marseille: un enseignant dépressif se pend aux Baumettes », sur www.lamarseillaise.fr (consulté le 16 août 2020)
  10. Benjamin Grinda, « Suicide aux Baumettes : des dysfonctionnements en question », sur www.lamarseillaise.fr (consulté le 2 septembre 2020)
  11. Amaury Baqué, « Suicide aux Baumettes : une enquête interne va s’ouvrir », sur www.lamarseillaise.fr (consulté le 21 août 2020)
  12. a et b « Éric Dupond-Moretti veut faire la lumière sur le suicide d’un enseignant aux Baumettes », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 23 août 2020)
  13. « Création d'un collectif "vérité et justice" après un suicide aux Baumettes », sur Marsactu (consulté le 9 octobre 2020)
  14. « Taubira pose la première pierre de la prison les Baumettes 2 », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 12 avril 2016).
  15. « Marseille: Le difficile transfert des Baumettes, avant leur destruction », sur https://www.20minutes.fr, (consulté le 21 décembre 2019).
  16. a et b « Marseille Etablissement pénitentiaire - centre pénitentiaire », Ministère de la Justice,
  17. Michelle Lannuzel, Raison présente, no 1985, 1er trimestre 2013 [1]
  18. Manon Botticelli, « "Des hommes" : un documentaire sensible sur les détenus de la prison des Baumettes à Marseille », sur francetvinfo.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]