Marches de la mort (Shoah)

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Civils défilants devant des corps
Civils allemands le à Volary, contraints de marcher à côté des cadavres de 30 femmes juives.
Photo du cimetière
Le cimetière de Volary actuel, où sont re-enterrées les victimes.
Le , des civils allemands de Wallern/Volary, (région des Sudètes) sont contraints de marcher à côté des cadavres de femmes juives mortes d'épuisement lors d'une marche de 500 km à travers la Tchécoslovaquie. Enterrés dans des fosses communes, les corps ont été exhumés par des civils allemands sous la direction de médecins de la 5e division d'infanterie américaine. Les corps ont été placés dans des cercueils et ré-enterrés dans le cimetière de Volary.

Les marches de la mort eurent lieu à la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque les Alliés se rapprochaient des camps de concentration et d'extermination allemands. Les SS firent évacuer les occupants, en majorité juifs, de ces camps, dont Neuengamme et Auschwitz, afin de poursuivre le processus de concentration en Allemagne et le dissimuler aux yeux des Alliés. Les prisonniers, juifs ou non, déjà affaiblis par le travail, les privations ou les maladies risquaient la mort au cours de ces marches de transfert d'un camp vers un autre. Le camp de Mauthausen avec ses camps annexes, couvrant toute l'Autriche, a organisé ces marches, visant particulièrement les Juifs hongrois.

Auschwitz vers Loslau (Wodzisław Śląski)[modifier | modifier le code]

En 1944, à la suite des victoires remportées par l'Armée Rouge, les autorités SS du camp d'Auschwitz évacuent environ 65 000 prisonniers vers l'Allemagne le 18 janvier 1945. Les soldats SS brûlent les documents, comblent les fosses contenant les cendres de leurs victimes avec de la terre. Cependant, ils ne parviennent pas à tout effacer avant de s'échapper. Plusieurs dizaines de milliers de déportés moururent dans la marche de la mort d'Auschwitz à Loslau soit 56 kilomètres, endurée par des détenus épuisés, affamés, dans un froid glacial.

Monowitz-Buna vers Buchenwald[modifier | modifier le code]

Buna est liquidé le à l'approche de l'Armée rouge. À 18h00 la cloche sonne et l'ensemble du camp est disposé en rangs par blocs et seuls les internés du Krankenbau (K.B. ou infirmerie) sont exemptés. Ils resteront aux camps jusqu'à sa libération 9 jours plus tard le [1],[2]. Les blocs se mettent en marche l'un à la suite de l'autre puis, sous les vents d'hiver, la cadence augmente jusqu'à atteindre l'allure d'une course. Grandement affaiblis par les conditions de vie, la famine et les maladies beaucoup de détenus ne parviennent pas à suivre le rythme et sont exécutés immédiatement à bout portant par les gardes SS. Ils parcourent ainsi 70km avant le premier arrêt pour rejoindre ensuite le camp de Gleiwitz[2]. Trois jours s'écoulent avant que les prisonniers soient déportés par train vers Buchenwald dans des wagons à bestiaux sans toit et sans nourriture en plein hiver. Le convoi est particulièrement meurtrier et Elie Wiesel estime que son wagon comptait environ 100 personnes au départ pour seulement 12 survivants à l’arrivée. Lors de leur passage dans les villages, certains Allemands s'amusent à jeter du pain au convoi pour assister à la compétition féroce entre prisonniers pour la nourriture[2]. Plusieurs meurent ainsi. Arrivés au camp ils y restent jusqu'à la fuite des SS le et sa libération quelques heures plus tard par l'armée américaine.

Chelm et Hrubieszow vers Sokal et Belz[modifier | modifier le code]

Lublin vers Biala Podlaska et Parczew[modifier | modifier le code]

Belz vers Hrubieszow[modifier | modifier le code]

Stutthof vers Lauenburg[modifier | modifier le code]

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes survivantes furent emmenées dans une marche de la mort vers Sachsenhausen-Oranienburg[3].

Dachau vers la frontière autrichienne[modifier | modifier le code]

Mauthausen vers Gunskirchen[modifier | modifier le code]

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Primo Levi, Si c'est un homme
  2. a b et c Elie Wiesel, La Nuit
  3. Damian Karaszewski (2013), Obóz Bromberg-Ost (Aussenarbeitslager Bromberg-Ost). Firtel bydgoski.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Blatman, Les Marches de la mort. La dernière étape du Génocide nazi, été 1944-printemps 1945, traduit par Nicolas Weill, publié avec le concours de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Fayard, Paris, 2009, (ISBN 221363551X)
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination. L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Seuil, collection L'Univers Historique, Paris, 2008, (ISBN 978-2-02-020282-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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