Légion étrangère

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Légion étrangère
Grenade à sept flammes de la Légion étrangère
Grenade à sept flammes de la Légion étrangère

Période 1831 - aujourd'hui
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Couleurs Vert et rouge
Devise Legio Patria Nostra (Notre patrie, c'est la Légion)

Légionnaire d’un jour, légionnaire toujours (maxime)

Marche Le Boudin
Guerres Guerre de Crimée
Expédition du Mexique
Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Campagne du Maroc
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Guerre d'Algérie
Guerre du Golfe
Guerre d'Afghanistan (2001)
Guerre du Mali de 2012-2013
Batailles Camerone
Constantine
Magenta...
Fourragères Par régiment
Décorations Par régiment ou par petites unités
Commandant Général de Saint-Chamas
Commandant historique Général Rollet

La Légion étrangère est un corps de l'armée de terre française.

Formée en 1831 pour permettre l'incorporation de soldats étrangers dans l'armée française[1], une partie de ses unités a fait partie, jusqu'en 1962, fin de la période coloniale, du 19e corps d'armée, noyau de l'Armée d'Afrique[2],[3],[4].

L'engagement à la Légion est réservé aux hommes dont l'âge est compris entre 17 ans et 40 ans (dérogation possible) et a compté depuis sa création et jusqu'en 1963 plus de 600 000 soldats dont une majorité d'Allemands, suivi de 3 fois et demi moins d'Italiens, puis de Belges, mais aussi de Français, d'Espagnols et de Suisses. De nombreuses autres nationalités sont représentées, comme les pays d'Europe de l'Est et les Balkans, majoritaires dans les années 2000. Ce corps d'armée reste, pour la majorité, un moyen d'immigration privilégié afin de changer de vie, d'oublier son passé, de se faire oublier, ou tout simplement de trouver une vie meilleure. Pour quelques autres, le prestige de la Légion et l'amour du pays demeurent la cause de leur volontariat. Les motifs de l'engagement ainsi que le recrutement restent encore aujourd'hui un sujet plus ou moins tabou, même si le sujet est souvent abordé au sein de la Légion lors du processus de recrutement.

Les légionnaires, aussi appelés les Képis blancs, ont acquis leur notoriété lors des combats menés sur les champs de bataille du monde entier, notamment dans le cadre des conquêtes coloniales, des deux guerres mondiales, et les guerres d'Indochine et d'Algérie. Aujourd'hui, les légionnaires sont présents lors des conflits modernes pour des missions d'aide humanitaire, de protection des populations, de maintien de la paix ou parfois de soutien à des gouvernements étrangers, alliés à la France par des accords, dans les crises de leur pays.

Les traditions à la Légion étrangère constituent un ciment pour ce corps qui se traduisent à travers les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et enfin par ses fêtes particulières. L'image qu'elle véhicule sur le public et les artistes est à l'origine de nombreuses œuvres dans tous les domaines : musique, cinéma, peinture, sculpture et littérature. Le code d'honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.

Principalement constituée de régiments d'infanterie à ses débuts, la Légion étrangère comporte maintenant également des unités d'arme blindée et cavalerie, de parachutistes, de génie, où sont intégrés des spécialistes du combat en montagne, de jungle, en milieu désertique de reconnaissance ou encore de renseignement.

Sommaire

Histoire de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Sapeur de la Légion en 1970.

La Légion étrangère est créée par ordonnance du 9 mars 1831 par le roi des Français Louis-Philippe, à l'instigation du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Elle rassemble, à cette date, différents corps étrangers de l'armée française, dont les gardes suisses, issus de la paix perpétuelle signée après la bataille de Marignan, le régiment Hohenlohe. Cette troupe nouvelle est destinée à combattre hors du Royaume (en Algérie). À l'origine, la Légion étrangère ne peut combattre qu'en dehors du territoire continental du Royaume ; la Première Guerre mondiale en sera la première exception.

La loi du 9 mars 1831 autorise la formation d'une légion d'étrangers en France, et de corps militaires composés d'indigènes et d'étrangers, hors du territoire continental[5] :

  1. Il pourra être formé dans l'intérieur du royaume une légion d'étrangers ; mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du Royaume.
  2. Les généraux en chef, commandant les pays occupés par les armées françaises hors du territoire continental, pourront être autorisés à former des corps militaires composés d'indigènes et d'étrangers.

Les premiers cantonnements des dépôts de la Légion sont implantés à Langres, Bar-le-Duc, Agen et Auxerre. Les anciens des gardes suisses et du régiment Hohenlohe sont placés dans le 1er bataillon. Les 2e et 3e reçoivent les Suisses et les Allemands, le 4e est réservé aux Espagnols et Portugais, le 5e aux Sardes et Italiens, le 6e aux Belges et Hollandais et le 7e aux Polonais.[Quand ?]

La Légion constitue un moyen très efficace pour retirer les éléments les plus « indésirables » de la société française du XIXe siècle. Dans ses rangs, une population interlope où se sont trouvés parfois des meurtriers, des évadés, des mendiants, des criminels de droit commun mais surtout des immigrés non désirés, opposants au Régime.

À l'origine le légionnaire est très mal formé, peu ou pas payé, et reçoit le plus sommaire en matière d'équipement, de vêtements et de nourriture. La motivation des hommes est alors au plus bas, car les raisons de rejoindre la Légion sont le plus souvent le désespoir et l'instinct de survie plutôt que le patriotisme. Certains légionnaires tentent très probablement d'échapper à de graves problèmes. Les conditions de vie et de travail sont terribles et les premières campagnes provoquent de lourdes pertes. En conséquence, les désertions posent un problème important à la Légion. Forger une force de combat efficace à partir d'un groupe de soldats peu motivés, représente une entreprise des plus difficiles. Dans ce but, la Légion développe d'emblée une discipline stricte, dépassant celle imposée à l'armée française régulière.

La nouvelle Légion[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 1835[6], après le passage de la Légion étrangère dans les rangs de l'armée espagnole, Louis-Philippe décide de la création d'une nouvelle Légion afin de renforcer les troupes françaises en Algérie. Trois bataillons sont alors créés pour combler le vide laissé par les départs en Espagne. En 1840, deux autres, les 4e et 5e, sont formés à Pau et à Perpignan avec les survivants de l'aventure espagnole, cristinos comme carlistes. Ces bataillons viennent rapidement compléter le dispositif et renforcer les troupes françaises de l'armée d'Afrique.

Campagnes[modifier | modifier le code]

Des débuts à la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Conquête de l'Algérie (1830 - 1847)[modifier | modifier le code]
Drapeaux des 1er et 2e régiments étrangers.

Créée pour combattre « hors du territoire continental du Royaume », la Légion étrangère est stationnée en Algérie, où elle participe à la conquête et à la mise en valeur du territoire [7].

En 1832, la Légion est employée à l'assèchement des marais dans la région d’Alger. Les 1er et 3e bataillons s’emparent d’une redoute à Maison-Carrée, aujourd’hui El Harrach, quartier au sud-est d’Alger, pour sécuriser la zone, 300 légionnaires campent près du marabout de Sidi Mohamed Tittery lorsque la tribu des El Ouffia s’agite. Le 23 mai, une colonne, sous les ordres du commandant Salomon de Mussis, comprenant 27 légionnaires commandés par le lieutenant Châm et 25 chasseurs d’Afrique, patrouille dans la région. Le commandant pousse une reconnaissance avec les chasseurs et laisse les légionnaires au bivouac. Le 17 avril 1832, les légionnaires sont attaqués par 75 cavaliers arabes. Le petit détachement est exterminé. Le lieutenant Châm est le premier officier de Légion mort au combat.

En 1834, les Espagnols du 4e bataillon sont démobilisés et autorisés à rentrer dans leur pays, en proie à la guerre civile. Le 7e bataillon est ramené à Oran et prend alors le numéro 4.

Guerres carlistes (1835 - 1839)[modifier | modifier le code]

La guerre civile déchire l’Espagne. Afin d'aider Isabelle II, Adolphe Thiers, alors ministre de l'Intérieur, réussit à convaincre le gouvernement d'envoyer la Légion étrangère en Espagne, sous les ordres du colonel Bernelle, qui devient maréchal de camp au titre espagnol.

Deux jours plus tard, le 8 juin 1835, Louis-Philippe donne son accord et la Légion étrangère est cédée le 28 du même mois. Par ordonnance royale, la Légion ne fait plus partie de l'armée française.

La "division étrangère" prend part à diverses opérations vers Puente la Reyna, Larranaga et Oteyza. Les 16 et 17 janvier 1836, elle affronte les carlistes, à Arlaban près de Vitoria au Pays basque. Aux applaudissements de l’armée royale, le général Cordova, général en chef, donne la Légion en exemple à ses soldats.

Le colonel Conrad, maréchal de camp au titre espagnol, qui a remplacé le général Bernelle démissionnaire, est tué à la tête de ses troupes au combat de Barbastro.

La solde impayée, les vivres faisant souvent défaut, l’habillement non renouvelé, la dette espagnole pour la solde du personnel, le matériel et l’armement s’élève à 612 727,42 francs. Le 8 décembre 1838, la reine décrète la dissolution de la Légion étrangère. Alors, les 63 officiers, les 159 sous-officiers et militaires du rang survivants traverseront les Pyrénées et arriveront à Pau le 10 janvier 1839, terminant ainsi l’épopée de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’ancienne Légion étrangère ».

La Crimée (1854 - 1856)[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 1854, le Jean-Bart embarque deux bataillons du régiment. Le 3e bataillon et le dépôt du régiment partent quant à eux s'installer en Corse, à Bastia, afin d'y former le dépôt de guerre destiné à alimenter les deux régiments étrangers partis en Crimée.

Les deux régiments de Légion participent, au sein de la « Brigade étrangère », aux batailles de l’Alma, le 20 septembre 1854 et au siège de Sébastopol durant l'hiver 1854-1855. Le manque d'équipement est particulièrement éprouvant et le choléra frappe le corps expéditionnaire. Néanmoins, les ventres de cuir (surnom donné aux légionnaires par les Russes en raison de leur cartouchière sur le ventre), se comportent admirablement.

Le 21 juin 1855, les compagnies d'élite du 3e bataillon et tous les effectifs disponibles laissés en Corse arrivent en Crimée.

Le 8 septembre, c'est l'assaut final et, le 10, le 2e régiment étranger, drapeau et musique en tête, défile dans les rues de Sébastopol.

Campagne d'Italie (1859)[modifier | modifier le code]

Comme l'armée d'Afrique, la Légion participe à la campagne d'Italie. Les deux régiments étrangers, avec le 2e régiment de zouaves, font partie de la 2e brigade de la 2e division du corps de Mac Mahon.

La Légion s'illustre notamment au cours de la bataille de Magenta, le 4 juin 1859 et également le 24 juin, contre les Autrichiens au cours de la bataille de Solférino. Les pertes sont sévères et l'on compte parmi les morts le colonel de Chabrière, chef de corps du 2e régiment étranger.

En remerciement, la ville de Milan décernera en 1909 la médaille de la ville aux 1er et 2e régiment étranger[8].

Expédition du Mexique (1863 - 1867)[modifier | modifier le code]
Monument aux morts à Agde (34), commémoratif de la bataille de Camerone (Mexique)

Initialement, la Légion ne devait pas participer à la campagne, mais une pétition de ses officiers adressée au ministre de la Guerre eût pour effet d'envoyer le régiment étranger au Mexique quoique ces officiers fussent punis par la suite.

Le régiment arrive le 25 mars 1863 et se voit alors confier la tâche ingrate d'escorter des convois entre Veracruz et Puebla. La 3e compagnie s'illustre le 30 avril 1863 au cours du combat de Camerone qui reste dans l'histoire de la Légion comme l'illustration du sacrifice suprême au nom de la parole donnée.

Le régiment, réorganisé en 4 bataillons en 1864 se déplace ensuite vers les Terres chaudes. Parallèlement, le dépôt du régiment quitte temporairement Sidi bel-Abbès pour Aubagne afin de faciliter le recrutement et l'envoi de renforts au Mexique.

De décembre 1864 à février 1865, les unités du régiment participent au siège d'Oaxaca.

Emblème du 4e régiment étranger.

Le 3 juillet 1866, les 3e et 5e compagnies du 4e bataillon livrent un combat comparable à celui de Camerone. Sous les ordres du capitaine Frenet, les (125 légionnaires encerclés dans l'hacienda de l'Incarnacion résistent victorieusement durant 48 heures à plus de (600 Mexicains[réf. nécessaire].

Total des pertes dans l’expédition du Mexique : (22 officiers, (32 sous-officiers et (414 légionnaires.

D'après l'accord passé avec l'empereur Maximilien, la Légion étrangère devait passer au service du Mexique. L'aventure française au Mexique tourne au désastre, la Légion rentre en France.

Guerre franco-prussienne de 1870[modifier | modifier le code]

Le 19 juillet 1870, la guerre franco-prussienne éclate entre la France et la Prusse. Cette guerre se déroule sur le sol de France, où la Légion ne devrait pas intervenir. Par ailleurs, on ne peut pas demander aux légionnaires allemands de se battre contre leur pays. Mais la situation est si critique que le gouvernement fait appel aux troupes d’Afrique.

Deux bataillons sont formés pour servir en métropole. Les légionnaires allemands, le drapeau du régiment et la musique restent, eux, à Sidi bel-Abbès. Pendant ce temps, un 5e bataillon est créé sur le sol national pour incorporer les étrangers qui veulent servir leur patrie d'adoption. Celui-ci se distingue particulièrement pour sa vaillance lors de la bataille d'Orléans le 10 octobre.

Les bataillons arrivés d’Algérie se fondent avec les rescapés des combats d’Orléans mais ils connaissent la défaite avec l’armée de l’Est. Ce qui reste de l'unité participe à la répression de la Commune de Paris en avril et mai 1871. Le 11 juin, le régiment étranger de marche formé pour la circonstance cesse d'exister. Ses éléments reprennent le chemin de l’Algérie.

Tonkin (1883 - 1945)[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 1883, les 600 premiers légionnaires débarquent au Tonkin. Ils participent aux colonnes de l’amiral Courbet qui lutte contre les Pavillons noirs.

Le 16 décembre, les légionnaires accomplissent leur premier fait d'armes en terre asiatique en prenant la citadelle de Son Tay. Renforcés par le 2e bataillon à partir de février 1884, les légionnaires s'emparent de la forteresse de Bac Ninh.

Du 26 janvier au 3 mars 1885, la citadelle de Tuyen Quang, défendue par une majorité de légionnaires sous les ordre du commandant Dominé est assiégée.

Le 1er janvier 1885, les 3e et 4e bataillons du 1er régiment étranger arrivent au Tonkin et sont intégrés au 2e Étranger. Le 3e bataillon tient une place particulière lors de la prise de Lang Son le 4 février. Le 4e bataillon du 2e Étranger, débarqué à Formose en janvier 1885 combat les Chinois sur place jusqu'à l'armistice franco-chinois du 21 juin 1885. Il rejoint ensuite son corps au Tonkin.

Après la conquête, vient la phase de pacification qui, comme en Algérie est une lutte permanente contre les bandes armées.

Dahomey (1892 - 1894)[modifier | modifier le code]

En 1892, le roi Behanzin menace le comptoir de Porto Novo et la France décide d'intervenir. Un bataillon étranger de marche est constitué à partir de deux compagnies du 1er Étranger et de deux autres du 2e Étranger. Il est placé administrativement sous le commandement de ce dernier. Le commandant Faurax en prend la tête.

De Cotonou, les légionnaires doivent s'emparer d’Abomey, la capitale du mutin. Deux mois et demi sont nécessaires pour atteindre la cité au prix de combats répétés contre les soldats, et surtout les amazones du roi. Celui-ci capitule et il est capturé par les légionnaires en janvier 1894.

Soudan français (1892 - 1893)[modifier | modifier le code]

(Actuel Mali) Une compagnie de marche est formée par le 2e Étranger et transportée à Kayes afin de soumettre les sultans Ahmadou et Samory Touré. Une fois sa mission accomplie avec succès, la compagnie est dissoute à son retour à Saïda le 24 juin 1893.

Niger (1894)[modifier | modifier le code]

Un bataillon de marche constitué de deux compagnies des deux régiments étrangers est créé au début de l'année 1894 pour pacifier le Niger. La victoire des légionnaires à la forteresse d'Ouilla et les patrouilles de police dans la région accélèrent la soumission des tribus. Mais 51 légionnaires doivent y être hospitalisés en raison de maladies tropicales notamment la dysenterie.

Bonifacio, monument élevé à la mémoire des légionnaires tombés au service de la France - Campagnes du Sud-oranais (1897-1902).
Madagascar (1895 - 1905)[modifier | modifier le code]

En 1895, un bataillon de marche, formé par les 1er et 2e Étrangers est envoyé à Madagascar afin de participer au corps expéditionnaire qui a pour mission de réduire l'insurrection.

Le bataillon étranger forme alors le fer de lance de la colonne lancée sur Tananarive. Mais si les combats sont de faible intensité, ils laissent 226 des leurs morts sur la Grande Île, dont à peine un dixième pour faits de guerre. Les autres, comme une grande partie du corps expéditionnaire, meurent des conditions climatiques et des maladies tropicales.

Le bataillon rentre en Algérie en décembre 1895. Mais dès 1896, le général Gallieni, appelé à réduire une deuxième insurrection malgache, demande à partir avec (600 légionnaires afin de pouvoir « mourir convenablement » le cas échéant. Un nouveau bataillon de marche est donc formé pour cette expédition. Des renforts suivent car les opérations de pacification durent jusqu'en 1905. Là encore, l'ennemi le plus redoutable est la fièvre.

Première Guerre mondiale (1914 - 1918)[modifier | modifier le code]

Américains dans la Légion étrangère, 1916.

Dès août 1914, des milliers d'étrangers, à l'appel de Canudo, présents en métropole ou dans les colonies, rejoignent les rangs de la Légion, afin de prouver leur attachement et leur reconnaissance à la France. Au total ce sont (42 883 volontaires, représentant pas moins de 52 nationalités, qui forment les 5 régiments de marche, où servent en majorité des Russes, des Italiens, des Suisses, des Belges et des Britanniques. À la suite des nombreuses pertes subies par ces unités et au retour de la plupart de ces premiers engagés dans leurs pays d'origine, le commandement décide, le 11 novembre 1915, la création du RMLE : régiment de marche de la Légion étrangère ; sur le front français, celui-ci est engagé en Artois, dans la Somme et à Verdun. Avec le RICM, le RMLE sera le régiment le plus décoré de France.

La Légion fournit en outre un bataillon qui, avec deux autres bataillons de zouaves et de tirailleurs algériens, constitue le RMA, régiment de marche d'Afrique, qui combat à Gallipoli (1915) et rejoindra l'armée d'Orient sur le front de Salonique (1916-1918). C'est lors de ce conflit que l'adjudant-chef Léon, seul gradé rescapé, prendra le commandement de sa compagnie puis à Salonique sera contraint de commander le bataillon avec le grade de sous-lieutenant[9].

Au total, plus de 6 000 légionnaires trouvent la mort sur les champs de bataille de France ou des Balkans. À titre d'exemple, le RMLE perd à lui seul 115 officiers tués, dont 2 colonels, 12 commandants et 21 capitaines.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Maroc (1903 - 1956)[modifier | modifier le code]

La Légion au Maroc est présente de 1907 à 1956.

La Légion étrangère fait partie intégrante du paysage marocain où elle est présente sans interruption. Son œuvre est immense et son empreinte est encore visible aujourd’hui. C’est le 7 août 1907 que débarque le premier corps expéditionnaire à Casablanca avec dans ses rangs le 6/1er REI. Les premiers combats sont livrés autour de la ville.

Bientôt, deux bataillons du 2e Étranger arrivent en renfort. Pendant ce temps au Maroc oriental, la pacification, commencée depuis 1907, continue dans la région d’Oudjda. En 1908, c’est dans la région du Tafilalet que la Légion intervient. La 24e compagnie montée du 1er Étranger enlève à la baïonnette le piton de Menabha aux harkas nettement supérieures en nombre. Bou Denib est pris à son tour. Le poste qui y est construit deviendra par la suite le centre de rayonnement des compagnies montées. En 1908, le blockhaus principal du poste, tenu par 60 légionnaires, résiste sans tomber aux furieuses attaques de quelques milliers de guerriers de Moulay-Lhassen.

L’année 1909 est relativement calme sur le front occidental et oriental du Maroc. Cette période est mise à profit pour construire et occuper les postes.

En 1911, au Maroc occidental, un bataillon du 2e Étranger et sa compagnie montée font route sur Fès. La compagnie montée ne livre pas moins de 17 combats au cours desquels va s’illustrer le capitaine Rollet. Fez est finalement occupé et un traité reconnaît le protectorat français au Maroc.

À cette nouvelle, les tribus se soulèvent et prêchent la guerre sainte. Les opérations militaires aboutissent finalement, au début de l’année 1914, à la jonction du Maroc oriental et du Maroc occidental. Taza est pacifiée.

En août 1914, lorsque la guerre éclate en Europe, les effectifs de la Légion au Maroc sont dangereusement réduits. Les maigres troupes restantes doivent affronter une dissidence de plus en plus active et motivée. Si l’histoire ne retient que les faits d’armes sur le front français, ceux du Maroc sont pourtant nombreux et meurtriers.

C’est ainsi que la 2e compagnie montée du 2e Étranger se distingue et obtient la Croix de guerre avec 4 palmes. Le prestigieux Régiment de marche de la Légion étrangère de la Grande Guerre, qui a rejoint le Maroc, devient le 3e REI, par un décret de juillet 1920.

Légionnaires au Maroc, 1920

De son côté, le 2e REI, entièrement renouvelé, reprend sa place au combat dans la région de Meknès. Le 4e REI achève sa constitution en 1922. C’est l’âge d’or des compagnies montées qui sillonnent pendant des années les régions des confins et du Maroc.

Enfin, de nombreux engagés russes et des ressortissants d’Europe centrale permettent la création du 1er régiment étranger de cavalerie en 1920. Deux de ses escadrons sont envoyés au Maroc. Les légionnaires participent grandement aux travaux de construction de routes ainsi que des lignes de postes et de bases qui ont pour but de protéger ce qu’on appelle à l’époque le « Maroc utile », barrière orientée face au Rif et au Moyen-Atlas.

Le percement du tunnel de Foum Zabel, en 1927-1928, par la compagnie des pionniers du 3e REI, reste le plus spectaculaire des grands travaux réalisés par la Légion au Maroc. Des opérations militaires visant à réduire une zone de dissidence particulièrement active dans la tache de Taza sont entreprises.

Les difficultés rencontrées dès le début nécessitent de nouveaux renforts et des bataillons formant corps, issus du 1er REI, sont dirigés sur le Maroc. En 1925, au nord du Maroc et en liaison avec les Espagnols, la guerre du Rif menée contre Abd el-Krim débute. La dissidence marocaine s’enflamme dans le Sud. Pour mettre un terme aux incursions répétées des bandes dissidentes, tant au sud du Maroc qu’au sud de l’Algérie, un commandement unique est créé. Le Tafilalet et la région des confins deviennent des zones de rudes combats comme Ksar es Souk, ou Ouarzazate. Les opérations du Grand-Atlas et du Djebel Sagho contre les « Chleuhs » sont les dernières grandes étapes sanglantes de la pacification ; particulièrement les combats du Bou-Gafer en 1933.

Cette fin de pacification voit, petit à petit, la motorisation des légendaires compagnies montées. Les véhicules automobiles remplacent désormais les brêles ; dans le bled c’est toute une époque qui disparaît. Au cours de la pacification du Maroc, la Légion étrangère aura payé un lourd tribut. De 1907 à 1935, 83 officiers, 219 sous-officiers et 1 867 légionnaires sont morts au combat.

Voir aussi : 1914 bataille d'Elhri (1914), guerre du Rif, Maroc précolonial

Syrie (1921 - 1939)[modifier | modifier le code]

Depuis que les barons Francs fondent un grand empire chérifien sur les côtes d’Asie Mineure, dont les vestiges subsistent encore, la France se sent attirée vers la Syrie. Avant la 1re Guerre mondiale, la Syrie est un vaste carrefour entre l’Orient et l’Occident, qui se compose en plus de l’actuelle Syrie, du Liban, de la Palestine et de la Transjordanie. Mosaïque de petits peuples, elle subit la férule des Turcs.

À l’issue de la Grande Guerre, la Syrie est un agrégat de peuples hostiles en heurt perpétuel d’aspirations, soi-disant nationales, de convictions religieuses opposées et exaspérées. L’anarchie chronique passe à l’état aigu. Les Accords Sykes-Picot répartissent les territoires occupés par les Turcs. Le 25 avril 1920, la Société des Nations attribue à la France le protectorat sur la Syrie actuelle et le Liban. La Palestine et la Transjordanie passe sous protectorat britannique.

Les premières difficultés que la France rencontre dans l’exercice de son mandat viennent de l’extérieur. Les Turcs dépossédés de ces régions dont ils étaient les maîtres avant-guerre, brutaux peut-être, mais en tout cas indiscutés, réagissent vigoureusement. Une paix précaire est maintenue malgré les pressions des Italiens, des Américains et les agissements de différents éléments arabisants. Les difficultés aplanies par le traité d’Ankura (Ankara), le calme revient dans la Syrie et les troupes françaises peuvent entreprendre leur œuvre de reconstruction, bornant les opérations militaires à la surveillance et à la répression du brigandage.

Dès 1921, la Légion envoie successivement deux bataillons en Syrie, le 4e bataillon du 4e régiment étranger d'infanterie, en mars, le 5e du 4e REI en août. Elle est employée de diverses façons. Pendant la période de calme, elle met en œuvre ses qualités de création, bâtissant des camps, traçant des pistes tout en ramenant au calme les tribus turbulentes. Dès son arrivée, le 4e bataillon fait partie de la colonne Migniot et exécute quelques opérations de détail aux environs de Lattaquié. Il effectue les liaisons avec les colonnes du général Goubeau et du colonel Clément Grancourt. Le 12 mai, il entre dans la composition de la colonne du général Niéger, dite colonne des Alaouites. Le 23, il occupe le village de Ghender après un coup de main exécuté avec succès sur le village rebelle de Veineh-Reihane. Au mois de juin, le bataillon effectue plusieurs opérations, tournées de police, ravitaillements, travaux divers. Le 13 juillet, la colonne des Alaouites est dissoute. La période des opérations actives est terminée dans la région et de fait le bataillon est employé jusqu’en décembre 1922 à des travaux de construction de pistes.

Le général Billotte, quittant l’État des Alaouites, demande et obtient d’emmener avec lui le bataillon de Légion dans la nouvelle région placée sous son commandement. À Deir ez-Zor, siège du commandement des confins de l’Euphrate, les légionnaires organisent et aménagent le camp, créent la route qui, par Rakka, rejoint Alep et fournissent entre temps des détachements de reconnaissance. En novembre 1924, le bataillon quitte le Levant et rejoint l’Algérie où il devient le 7/1er RE.

Le 5e bataillon, formé en avril 1921, n’est dirigé sur la Syrie qu’au mois d’août de la même année. Il débarque le 3 septembre à Alexandrette et entre dans la composition d’un groupement devant opérer dans la vallée de l’Oronte le 1er octobre. Le mois se passe en colonne. En février 1922, il quitte la région de l’Oronte pour se rendre sur l’Euphrate. Il s’installe à Meskene, tandis que la 17e compagnie devenue compagnie montée pousse jusqu’à Deir ez-Zor. Après avoir organisé le poste de Meskene, le bataillon se porte à Rakka qu’il aménage. Une compagnie détachée sur la rive droite de l’Euphrate assure les corvées de ravitaillement et la traversée du fleuve aux différents détachements. La 17e compagnie montée, à la disposition du colonel commandant la région de Deir ez-Zor, prend part à l’installation du poste d’Assetché et à diverses opérations de reconnaissances, de tournées de police et de poursuites des rezzous vers la frontière turque.

En novembre 1924, le bataillon, à l'exception d'une compagnie maintenue à Rakka, relève à Deir ez-Zor, le 4e bataillon rapatrié. Quand la crise éclate, les unités de Légion, bataillons et escadrons se retrouvent dans leur véritable élément. Les troupes sont commandées par le général Gamelin. Messifré, Rachaya, Soueïda, comptent parmi les plus beaux exploits dont la Légion puisse s’enorgueillir. La révolte druze surprend le pays en pleine période de réorganisation. Des renforts sont demandés à la métropole. La Légion, dont tous les bataillons disponibles opèrent au Maroc, ne peut fournir qu’une compagnie de marche. La 29e compagnie débarque le 31 août à Beyrouth. Le 1er sept., elle rejoint le 5e bataillon à Ghazalé. Sous les ordres du commandant Kratzert, le bataillon renforcé par la 29e compagnie se signale dès le début des opérations au combat de Messifré. Après cette brillante affaire qui lui vaut une citation à l’ordre de l’armée, le bataillon se porte avec le groupe mobile sur Tell-i-Hadid, qu’il atteint après un léger combat, le 23 septembre. Le lendemain, il est à Soueïda et entre le 27 à Ghazalé. Le bataillon fait à nouveau colonne dans le djebel Druze et se distingue particulièrement le 7 octobre au combat de Ressas, qui lui coûte 55 tués et blessés dont 3 officiers. Après avoir installé un poste à Basra avec le groupe mobile, du colonel Andrea, le bataillon est rappelé d’urgence à Ghazalé. Il y arrive le 21 octobre et embarque en chemin de fer pour Damas, où des événements graves viennent de se produire.

La révolte gronde dans Damas dont les rues sont barricadées. Les bandes rebelles tiennent la campagne aux alentours. Du 22 octobre au 2 novembre, le 5e bataillon participe aux opérations de la colonne du colonel Massiet. Il rentre à Damas le 3 novembre. Au mois de décembre, le bataillon, à l’exception de la 29e compagnie maintenue à Kumeïtra, entre dans la composition du groupement Martin, destiné à opérer dans le Grand Liban. Il se distingue à nouveau le 2, au combat de Messadi (Hermon), malgré une vive résistance ennemie. Le lendemain, il est à nouveau engagé à Medjel el-Chems (Grand Liban, versant sud de l’Hermon). Le mois de décembre se passe ensuite en colonnes et opérations diverses ainsi qu’en travaux de défense dans la région de Damas.

En 1925, les événements qui se produisent au Maroc ont leur répercussion en Syrie où les mécontentements plus ou moins justifiés sont exaspérés par les intrigues étrangères et encouragés par le succès d’Abd el-Krim. Au mois d’août, la révolte éclate brusquement dans le djebel Druze, surprenant les troupes dont les effectifs sont réduits en raison de la tranquillité qui règne jusqu’alors. La révolte gagne tout le pays et il faut deux ans de dures opérations pour en venir à bout.

Les opérations de 1925 permettent de rétablir la situation, mais la dissidence n’en subsiste pas moins. Le bataillon de Légion est appelé en 1926 à opérer au cœur même du djebel. L’objectif fixé au groupe mobile est la citadelle de Soueïda dont les abords sont défendus par des forces ennemies considérables. Les Druzes combatifs se replient petit à petit, subissant de fortes pertes et ne parvenant pas, malgré tous leurs efforts à enrayer la progression du bataillon qui atteint ses objectifs et s’y établit solidement. Lors de la prise de Soueïda, 13 citations à l’ordre de l’Armée, 10 à l’ordre du corps d’armée, 19 à l’ordre de la division, 52 à l’ordre de la brigade et 16 à l’ordre du régiment sont gagnées par les légionnaires.

Employé aux travaux de reconstruction de la citadelle de Soueïda, le bataillon se trouve encore dans cette place, lorsque le 1er juillet, il devient 8e bataillon du 1er Étranger. La 32e compagnie est désignée peu après pour faire partie d’un bataillon de marche allant participer aux opérations de la vallée de l’Ouadi-Lièna au nord du djebel Druze. Renforcée par des éléments prélevés sur les autres unités du 8e bataillon, elle quitte Soueïda avec le bataillon de marche le 8 août 1926. Après une série d’opérations dans l’est du djebel Druze, le bataillon de marche est dissous le 17 septembre et la 32e compagnie rejoint le 21 septembre. le 8/1er Étranger est toujours occupé aux travaux de la citadelle de Soueïda.

Le 23 décembre, le bataillon est cruellement éprouvé par la mort du lieutenant Sicre, de la 31e compagnie. Cet officier commande un escadron druze de nouvelle formation. Au cours du combat de Keissa, son escadron décimé, il avait presque seul et déjà grièvement blessé, tenu tête revolver au poing, à la horde des dissidents. Atteint à nouveau d’une balle à la gorge, il est tombé vivant entre les mains de ses agresseurs. Encore mal remis de ses blessures, il réussit à s’évader grâce à des prodiges d’énergie et mettant à profit un orage d’une violence inouïe. Recueilli par une patrouilles, à bout de forces, il ne survit que quelques jours aux fatigues et aux souffrances surhumaines endurées pendant sa captivité.

Les travaux de reconstruction et de défense de la citadelle étant pratiquement achevés, le 8e bataillon se prépare à quitter Soueïda en vue des opérations de nettoyage du plateau de Leja, région volcanique au nord-ouest du djebel Druze. Le 30 mars 1927, le bataillon rejoint la colonne après plusieurs étapes pénibles. Le lendemain les troupes franchissent l’Ouadi-Liena, traversent le village de Lahète et pénètrent dans le Leja en direction de l’Ouest. Dès la sortie du village, le combat s’engage, appuyé par l’artillerie et les mitrailleuses qui aident au débouché. La progression s’opère sur un terrain rocheux et bouleversé, coupé de failles de deux à cinq mètres de profondeur, franchissables par la troupe, mais impraticables aux animaux. L’ennemi débordé par les colonnes se replie vers l’Ouest et le Nord-Est. Après quelques opérations de nettoyage, la colonne dont fait partie la Légion est dissoute et le bataillon est dirigé sur Deir ez-Zor.

En 1928, le 8/1er étranger est stationné à Baalbek où il effectue des travaux importants et de nombreuses sorties et reconnaissances. À signaler en particulier la 30e compagnie qui, par une marche extrêmement pénible de 135 km en six étapes, démontre qu’il est désormais possible de circuler dans la chaîne du Liban. Au cours de 1929, les unités du bataillon prennent part à deux reprises aux opérations contre les Dendaches, contribuant pour une large part à la soumission de cette tribu.

Au printemps de l’année 1930, le bataillon participe à la construction de la route Lattaquié - Antioche et effectue de nombreux travaux dans la région des sources de Casse, près d’El-Mouaf. Le 4/4e REI, devenu 8/1er REI, reçoit à son tour la fourragère des TOE. Les quatre bataillons : 4/1er REI, 1/1er REI - 2/2e REI - 6/1er REI, composant le groupement de Légion au Levant vont former le 1er octobre 1939 à Homs, le 6e régiment étranger d'infanterie, aux ordres du lieutenant-colonel Barre. Le « 6 » va rapidement devenir le régiment du Levant. Le 8/1er Étranger est désormais regroupé à Homs, à l’exception de la 29e compagnie montée détachée à Palmyre.

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)[modifier | modifier le code]

Avant cette guerre, plusieurs volontaires nazis sont infiltrés dans la Légion pour la subvertir[10].

La déclaration de guerre du 3 septembre 1939 provoque un changement sensible au sein des effectifs légionnaires. Ainsi, les Espagnols, en grande majorité des rescapés républicains de la guerre civile, représentent jusqu'à 28 % du total ; les opposants politiques européens, réfugiés ou expulsés de leur pays d'origine (Italiens, Allemands et Autrichiens) atteignent près de 17 %.
Cette vague de nouveaux engagés permet de porter le nombre de légionnaires à 48 924 inscrits sur les rôles au 9 mai 1940. Ce chiffre ne sera jamais dépassé, pas même lors de la guerre d'Indochine. L'afflux des volontaires entraîne la création de nouvelles unités :

De 1944-1945, le RMLE, le 1er REC et la 13e DBLE participent aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne.

Voir aussi :

Décolonisation[modifier | modifier le code]

Guerre d’Indochine (1946 - 1954)[modifier | modifier le code]
Emblème du 2e REP.

Au total, de 1946 à 1954, ce ne sont pas moins de 72 833 légionnaires qui servent en Indochine. Avec plus de 10 000 morts, la Légion enregistre le taux le plus élevé en pertes humaines : près de 12 % pour les képis blancs contre moins de 7 % pour l'ensemble du corps expéditionnaire français d'Extrême-Orient.

Le total des pertes est de 10 283[11] « tués au combat » dont :

  • 309 officiers,
  • 1 082 sous-officiers,
  • 9 092 légionnaires.

La légion participe à la bataille de Điện Biên Phủ.

Guerre d'Algérie (1954 - 1962)[modifier | modifier le code]

Pour s'être rallié au putsch des généraux d'avril 1961, le 1er REP est dissous le 30 avril 1961 à Zeralda. Son commandant par intérim, Hélie Denoix de Saint Marc, est condamné à 10 ans de détention criminelle. Il sera gracié.

L'indépendance de l'Algérie en 1962 est un traumatisme pour la légion car elle la contraint à quitter Sidi bel-Abbès, l'un de ses centres de commandement, fondé en 1842. En partant, elle brûle le pavillon chinois qui, pris en 1884 à Tuyen Quang, ne devait pas quitter Sidi bel-Abbès, emporte la main de bois du capitaine Danjou, les reliques du musée du Souvenir et exhume les cercueils du général Rollet (Père de la Légion), du prince Aage de Danemark et, symboliquement, du légionnaire Heinz Zimmermann, dernier tué d'Algérie, qui seront transférés à Puyloubier, près de Marseille

Depuis 1962[modifier | modifier le code]

Parachutistes de la Légion, entre 1950 et 1970
Mortier du 2e régiment étranger de parachutistes en action durant la bataille de Kolwezi, 1978

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

1863 Bataille de Camerone[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Camerone.

Le 30 avril 1863 au Mexique. La Légion considère que c'est une victoire, invoquant le fait que la mission de la compagnie a été remplie. Elle est commémorée avec ferveur par les légionnaires ainsi que par les Mexicains, qui reconnaissent le courage des légionnaires (ceux-ci ne se rendirent que lorsqu'il ne resta que trois combattants valides).

1885 Siège de Tuyên Quang[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Tuyên Quang.

En 1885 au Tonkin, sous les ordres du commandant Dominé, deux compagnies de Légion, soit 390 hommes dont 8 officiers, commandés par le capitaine Cattelain, une compagnie de tirailleurs tonkinois avec 162 hommes commandés par deux officiers, une section de 31 artilleurs de marine avec deux canons de 80 mm, deux de « 4 » de montagne, deux mitrailleuses Hotchkiss, le sergent Bobillot et 7 sapeurs du génie, un médecin, un pasteur protestant, 3 infirmiers, 3 boulangers, monsieur Gauthier de Rougemont, un civil préposé aux vivres et les marins de la canonnière « La Mitrailleuse », soit 598 hommes résistent aux assauts des Pavillons Noirs.

1948 Bataille de Phu Tong Hoa Indochine[modifier | modifier le code]

En juillet 1948, le poste de Phu Tong Hoa, tenu par la 2e compagnie du 3e REI avec un effectif de 107 hommes est attaqué par près de 3 000 Việt Minh.

Après plusieurs heures d'un combat acharné, la garnison sort victorieuse de l'affrontement et c'est devant un piquet d'honneur en tenue de parade que le colonel Simon, chef de corps du régiment et à la tête de la colonne de secours, pénètre dans le camp le 28 juillet.

1940 Bataille de Narvik[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Narvik.

En 1940 en Norvège. L’opération terrestre commence le 13 mai par un bombardement naval effectué par le cuirassé Resolution, deux croiseurs et cinq destroyers, contre les défenses allemandes. Les moyens de débarquement sont modestes avec 4 ALC, 1 LCM, et 2 MLC qui sont mis à l’eau à la dernière minute et des « trains » d’embarcations fournis par les bâtiments (une embarcation à moteur en remorquant 2 ou 3 autres). Trois chars français de 13 tonnes sont embarqués dans les MLC et LCM. L’ensemble se dirige sur la plage de Bjerkvik. Les chars, débarqués les premiers au milieu de positions allemandes, ouvrent la voie au 1er bataillon de la Légion qui se déploie en éventail depuis l’Ouest jusqu’au Nord-est. Dès le lendemain 14 mai, la jonction est réalisée avec les Polonais de la Brigade autonome de chasseurs de Podhale venus de l’Ouest, les chasseurs alpins des 5e et 27e demi-brigades venus du Nord-Ouest et les Norvégiens qui tiennent le Nord. Deux heures après la plage de Bjerkvik, celle de Meby voit débarquer des engins similaires avec les deux derniers chars et le 2e bataillon de la Légion. Après avoir été chassés de la plage, les Allemands doivent reculer vers l’Est, jusqu’à Storebalak. Un peloton de cinquante motocyclistes prend la route longeant la rive est de l’Herjangsfjord, soutenu depuis la mer par le destroyer Havelock, où se trouve le général Béthouart. Il atteint Oijord sans encombre. Il reste à franchir le RombaksfJord (en). Il faut d’abord nettoyer la rive nord de ce fjord, et surtout, réceptionner sur l’aérodrome de Bardufoss des chasseurs de la RAF. Le 27 mai, les engins de débarquement et les puffers transportent chars et troupes, sous la protection des bateaux et des forces installées sur la rive nord, jusqu’à la rive sud du Rombaksfjord. L’opération réussit, malgré une vive résistance et une contre-attaque en règle. De leur côté, Polonais et chasseurs alpins ont fort à faire à Ankenes et le long du Beisfjord. Le 28 mai, les Allemands font retraite vers l’est. Les troupes, Norvégiens en tête, entrent enfin à Narvik. Depuis deux jours, Lord Cork a reçu de Londres l’ordre d’évacuation totale, en raison de la situation alarmante du front français. L’amiral a montré le message à Béthouart et, d’un commun accord, les Alliés sont convenus de mener à bien l’opération finale avant d’obtempérer. L’évacuation est terminée le 6 juin, deux jours après celle de Dunkerque. À la suite de cette action, le drapeau est décoré de Croix de guerre (Norvège).

1942 Bataille de Bir Hakeim[modifier | modifier le code]

Légionnaires des Forces Françaises Libres se lançant vers l'ennemi, Bir-Hakeim, 12 juin 1942
Article détaillé : Bataille de Bir Hakeim.

1953 1954 Bataille de Diên Biên Phu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Diên Biên Phu.

1957 Bataille d'Alger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Alger.

1976 Prise d'otages de Loyada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prise d'otages de Loyada.

Le 3 février 1976, un car militaire effectuant le ramassage scolaire des enfants de la Base aérienne 188 Djibouti est détourné par des militants indépendantistes du territoire et bloqué sur la frontière avec la Somalie. Le lendemain, la Légion et le GIGN prennent le bus d'assaut.

Finalement, deux enfants sont tués, ainsi que sept preneurs d'otages et un nombre indéterminé de soldats somaliens.

1978 Bataille de Kolwezi[modifier | modifier le code]

Légionnaires de la division Daguet durant la guerre du Golfe de 1991.
Article détaillé : Bataille de Kolwezi.

Les parachutistes de la Légion étrangère, à plusieurs milliers de kilomètres de leur base, interviennent à Kolwezi, au Zaïre, pour délivrer des Européens retenus en otage par des rebelles.

Traditions de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Les traditions au sein de la Légion étrangère sont nombreuses et issues directement de son histoire : du « vert et rouge », au pas lent de ses unités, en passant par les pionniers et Le Boudin (chant de marche de la Légion).

Mais contrairement à une idée reçue, ces traditions ne sont pas immuables et vivent avec l'institution. Elles sont officiellement regroupées au sein d'un Recueil des traditions de la Légion étrangère édité par le comité des traditions de la Légion étrangère.

Enfin, ces traditions doivent être distinguées des légendes qui courent sur les légionnaires, comme le fait de graver leur nom sur la cartouche qu'ils se destinent en cas de coup dur.

Insignes[modifier | modifier le code]

Insignes de la légion étrangère.pdf

Les insignes militaires sont une survivance des blasons d'autrefois qui rassemblaient autour d'une même symbolique les soldats d'un même corps. La légion étrangère n'échappe pas à cette règle et les premiers modèles apparaissent dès la fin de la Première Guerre mondiale[13]. Il est à noter que la majorité des insignes des unités de la Légion étrangère, quelle que soit leur spécialité, reprennent les traditions de celle-ci : la grenade à 7 flammes et les couleurs vert et rouge.

Chants et musiques[modifier | modifier le code]

La Musique de la Légion étrangère après avoir été une musique principale à 141 musiciens, compte aujourd'hui une soixantaine d'exécutants. Sa réputation dépasse largement les frontières françaises et elle se produit en moyenne quatre à cinq fois par an dans des tournées à l'étranger.

En dehors des cérémonies militaires classiques, elle donne des concerts en salle. En formation de défilé, elle se distingue des autres musiques de l'armée française par ses fifres, son chapeau chinois (instrument à percussions d'origine turque), par un port du tambour particulier (cercle inférieur au niveau du genou) et par une cadence puissante et majestueuse, de 88 pas à la minute (contre 116 pas à la minute pour les autres régiments), ce qui a un impact sur les chants et musiques du « carnet » (bible des chants de la Légion), plus mélancoliques[14]. Les recettes des disques et concerts de la Légion étrangère sont reversés à l'association Terre Fraternité qui apporte aides et soutien aux soldats blessés au combat et à leur familles[15].

Le Boudin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Boudin (marche de la Légion).

Le Boudin est la marche officielle de la légion étrangère. Elle est caractérisée par sa lenteur (88 pas à la minute).

Liste des chants[modifier | modifier le code]

  • Anne Marie du 3e REI
  • Adieu, adieu
  • Aux légionnaires
  • Anne Marie du 2e REI
  • Adieu vieille Europe
  • Chant du quatrième escadron
  • Chez nous au 3e
  • C'est le 4
  • Connaissez-vous ces hommes
  • Contre les Viêts (chant de la 13e DBLE après avoir été celui du 1er REP)
  • Cravate verte et Képi blanc
  • Dans la brume, la rocaille
  • Défilé du 3e REI
  • C'était un Edelweiss
  • Écho
  • En Afrique
  • En Algérie
  • Es steht eine Mühle
  • Eugénie
  • Les Képis Blancs
  • Honneur, Fidélité
  • Ich hatt' einen Kameraden
  • Il est un moulin
  • J'avais un camarade
  • Kameraden
  • La colonne (chant du 1re REC)
  • La Légion marche (Chant du 2e REP)
  • La lune est claire
  • Le boudin
  • Le Caïd
  • Il y a des cailloux sur toutes les routes
  • Le fanion de la Légion
  • Le Soleil brille
  • Le front haut et l'âme fière (Chant du 5e RE)
  • Légionnaire de l'Afrique
  • Massari Marie
  • Monica
  • Nos Képis Blancs (Sous le Soleil brûlant d'Afrique) (marche officielle de la 13e D.B.L.E.)
  • Nous sommes tous des volontaires
  • Nous sommes de la Légion
  • La petite piste
  • Pour faire un vrai légionnaire
  • Premier chant du 1er REC
  • Quand on a une fille dans l'cuir
  • Rien n'empêche 2e REG
  • Sapeur, mineurs et bâtisseurs (ex 6e REG)
  • Soldats de la Légion étrangère
  • Souvenirs qui passe
  • Suzanna
  • The Windmill
  • Venu volontaire
  • Véronica


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Uniforme[modifier | modifier le code]

Légionnaires en uniforme. Épaulettes rouges à parement vert, ceinture bleue et képi blanc distinctif. Ils portent le fusil d'assaut FA-MAS.

L'uniforme de la Légion étrangère se distingue des autres. Il est composé des rangers réglementaires communes, d'un pantalon beige, de la ceinture réglementaire (Cummerbund), d'une chemise beige clair, d'épaulettes vertes et rouges, ainsi que du célèbre képi blanc, qui fait partie intégrante de la gloire de ce corps. En effet, à l'origine, celui-ci était bleu marine comme tous les régiments de l'infanterie, mais à la suite des longues expositions des soleils orientaux les légionnaires recouvrirent leurs képi d'un manchon beige, et donc, à la suite des lavages répétés, des pluies tropicales et des effets du soleil, celui-ci blanchit année après année.

Les pionniers sont vêtus de la même tenue que les autres légionnaires complété d'une hache sur l'épaule droite et un tablier en peau de buffle, soit fauve soit blanc. Les légionnaires appartenant aux unités de sapeurs pionniers portent tous la barbe. Et lors des différents défilés accompagnés d'un mouton.

Code d'honneur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Code d'honneur du Légionnaire.

Depuis les années 1980, la légion étrangère s'est dotée d'un code d'honneur de sept articles, destiné à constituer une référence morale pour tous les engagés volontaires. Chaque légionnaire se voit remettre un exemplaire rédigé dans sa langue maternelle lors de son arrivée et doit apprendre par cœur la version française lors de son instruction.

Culture de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Légion étrangère.

La Légion étrangère a, depuis de nombreuses décennies, inspiré des œuvres de tous types : livres, films, chansons, etc. Elles présentent souvent l'Institution sous son aspect romantique, mais parfois aussi sous un angle plus à même d'entretenir le mythe du « légionnaire-mystérieux ».

La Légion aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Composition actuelle[modifier | modifier le code]

Ayant eu au maximum de son déploiement dans les années 1950 un effectif de 60 000 hommes, la Légion étrangère compte de nos jours 7 700 hommes (400 officiers, 1 700 sous-officiers et 5 600 légionnaires de 146 nationalités différentes, répartis dans 12 unités[16].

Recrutement[modifier | modifier le code]

Rang Nationalité Effectifs (1963)
1 Drapeau de l'Allemagne Allemands 210 000
2 Drapeau de l'Italie Italiens 60 000
3 Drapeau de la Belgique Belges 50 000
3 Drapeau de la France Français 50 000
5 Drapeau de l'Espagne Espagnols 40 000
6 Drapeau de la Suisse Suisses 30 000
7 Drapeau de la Pologne Polonais 10 000
8 Drapeau de la Russie Russes 6 000
9 Drapeau de l'Autriche Autrichiens 5 000
10 Drapeau de la Hongrie Hongrois 4 000
10 Drapeau de la Grèce Grecs 4 000
10 Drapeau de la République tchèque Tchèques 4 000
13 Drapeau des Pays-Bas Néerlandais 3 000
13 Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslaves 3 000
15 Drapeau du Luxembourg Luxembourgeois 2 300
16 Drapeau du Royaume-Uni Britanniques 1 500
16 Drapeau : Roumanie Roumains 1 500
18 Drapeau du Portugal Portugais 1 300
19 Drapeau du Danemark Danois 1 000
19 Drapeau de la Turquie Turcs 1 000
21 Drapeau des États-Unis Américains 700
22 Drapeau de la Bulgarie Bulgares 500
22 Drapeau de la Finlande Finlandais 500
22 Drapeau de la Suède Suédois 500
22 Drapeau de l'Algérie Algériens 500
26 Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnamiens 200
26 Drapeau du Maroc Marocains 200
26 Drapeau de la Tunisie Tunisiens 200
26 Drapeau de la Lettonie Lettons 200 [17]
30 Drapeau de l’Argentine Argentins 100
30 Drapeau du Brésil Brésiliens 100
30 Drapeau du Japon Japonais 100
30 Drapeau du Canada Canadiens 100
30 Drapeau de la Lituanie Lituaniens 100
30 Drapeau de la Norvège Norvégiens 100
30 Drapeau de l'Égypte Égyptiens 100

La Légion étrangère, contrairement à d'autres corps de l’armée française au recrutement exclusivement masculin (gardes mobiles)[18], ne bénéficie d'aucune disposition statutaire interdisant le recrutement des femmes. Néanmoins, et compte tenu du fort taux de sélection à l'engagement (les recrues sont sélectionnées après trois semaines de tests et environ un candidat sur six a été engagé en 2006, un sur dix en 2012), celle-ci ne recrute, comme légionnaire, que des hommes. En revanche, un nombre variable d'officiers et de sous-officiers féminins servent en son sein, en tant que « cadres du régime général affectés à la Légion ». Si ces femmes portent le béret de l'Institution, elle n'en portent pas les attributs de tradition (képi blanc, épaulettes rouges et vertes et ceinture bleue), au même titre d'ailleurs que leurs homologues masculins du régime général, plus nombreux, qui servent dans les rangs de la Légion étrangère.

Le statut des militaires servant à titre étranger est régi par le décret du 12 septembre 2008[19]. Ce dernier vient abroger le précédent décret (no 77-789 du 1er juillet 1977).

Depuis la création de la Légion étrangère en 1831, les recrues pouvaient être engagées sous « identité déclarée », identité d'emprunt leur garantissant l'anonymat. Cette mesure, qui « permettait de recruter les personnes rapidement sans avoir à vérifier leur identité et accordait ainsi à certains une seconde chance », était devenue systématique dans les années 2000, ce qui privait les légionnaires de nombreux droits (souscription d'un emprunt, droit de vote, de reconnaissance d'un mariage, d'un enfant, droit d'héritage). Depuis septembre 2010, cette disposition n'est plus obligatoire mais optionnelle, la majorité des recrues étant désormais engagées sous identité réelle[20].

À droite figure un tableau des effectifs de la Légion réalisé en 1963 et établissant l'origine nationale de plus de 600 000 légionnaires ayant servi de 1831 à 1961. À un moment donné, les principales nationalités d'origine de la légion étrangère sont en étroite corrélation avec les événements en cours à ce moment, la légion permettant d'échapper à pas mal de tracas pour les laissés pour compte d'une guerre ou d'un régime en difficulté. C'est pourquoi on voit sur ce tableau une très forte majorité d'Allemands (large recrutement après les deux guerres mondiales), avec une évolution ces dernières années : environ 1 000 recrues sont engagées par an, un quart du recrutement s'effectuant dans l'Europe de l'Est, les Français ne représentant que 10 % à 15 % et les Francophones entre 20 et 25 % (des Français sont engagés sous une autre nationalité francophone, ce qui accroît les chiffres pour la Belgique et la Suisse dans le tableau)[21].

L'engagement initial d'un légionnaire est un contrat de cinq ans : obligatoirement sous statut de « célibataire », il ne peut prétendre à disposer d'un véhicule personnel ni à louer un appartement en son nom propre[22].

Un site officiel de recrutement[23] a été mis en place et précise les conditions de recrutement au sein de la Légion étrangère. En ce qui concerne les limites d'âge, elles vont de 17 ans 1/2 (avec autorisation parentale) à 40 ans. Un candidat français peut postuler à la Légion étrangère en se déclarant d'une nationalité étrangère lors de son engagement[24].

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erwan Bergot, La Légion au combat : de la Grande guerre à nos jours, Paris, Librairie générale française,‎ 1995 (ISBN 978-2-253-13726-9).
  • Georges Blond : La Légion étrangère, Stock, 1964.
  • Paul Bonnecarrère, Par le sang versé : la Légion étrangère en Indochine, Paris, Perrin, coll. « Académique »,‎ 2007 (ISBN 978-2-262-02609-7).
  • E.Boullez: le 2 l' aventure ou rien - 2005 - 700 p
  • Philippe Cart-Tanneur et Tibor Szecsko, Le Deuxième Etranger, S.l, Branding Iron Productions,‎ 1987 (ISBN 2-905-39302-5).
  • Jean Brunon et Georges Manue, Le Livre d’or de la Légion étrangère (1831-1955), éditions Charles Lavauzelle et Cie, 1958.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R.G. Grant, Soldats, de l'Antiquité à nos jours (p. 313)
  2. Anthony Clayton, Histoire de l'armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p. 274-299
  3. Robert Huré, L'armée d'Afrique : 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977
  4. L’armée d'Afrique, Léon Rodier, Institut de stratégie comparée, commission française d'histoire militaire, Institut d'histoire des conflits contemporains
  5. (en) « Jean Maximilien Lamarque, Francois Nicolas Fririon. Les spectateur militaire: Recueil de science, d'art et d'histoire militaires, Volume II, p. 87. », Bureau de spectateur militaire, 1831 (consulté le 2010-01-03)
  6. Chronologie. 13 juillet 2001 -Les Échos
  7. In Le Livre d'or de la Légion étrangère, pages 41 et 42.
  8. In Le livre d'or de la Légion étrangère, page 66.
  9. ESS de l'intéressé - Répertoire des titulaires de la Légion d'honneur (site Légion d'honneur)
  10. Alexis Neviaski, Képi Blanc, casque d'acier et croix gammée - Subversion et contre-espionnage au coeur de la Légion étrangère, Fayard,‎ 2012, 380 p.
  11. In, La Légion en Indochine, page 190.
  12. « Les légionnaires », sur franceinter.fr,‎ 23 avril 2013 (consulté le 23 avril 2013)
  13. In Le Grand Livre des insignes de la légion étrangère, page 9.
  14. « La Légion étrangère attaque les charts », sur 20minutes.fr,‎ 26 avril 2013
  15. « http://www.terrefraternite.org/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-29
  16. In Régiments et unités composant la Légion étrangère sur le site officiel de la Légion étrangère
  17. (lv) [1]
  18. Féminisation des armées en 2004
  19. Décret du 12 septembre 2008
  20. Marion Sauveur, « La Légion étrangère moins anonyme », sur Europe 1,‎ 10 mars 2010
  21. Jean-Dominique Merchet, « "La Légion va très bien !" », sur marianne.net,‎ 28 avril 2012
  22. [PDF] [La Légion étrangère, corps d'élite, au XXIe siècle]
  23. Site officiel de recrutement
  24. Foire aux questions du site officiel de la Légion étrangère

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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