Cyclotourisme

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Cyclotourisme dans la cordillère del Paine

Le cyclotourisme, c'est d'abord et avant tout le tourisme à bicyclette. On ne peut séparer les deux volets de cette activité qui relève avant tout des loisirs et est très éloignée, à son origine, de toute pratique compétitive.

Celui qui pratique cette activité est un cyclotouriste.

Le cyclotourisme consiste à découvrir des sites, des paysages, des lieux ou aller à la rencontre des populations en utilisant le vélo comme moyen de locomotion. Pourtant, nombre de cyclistes croient faire du cyclotourisme simplement parce qu'ils ne participent pas à une compétition de cyclisme. La recherche d'une performance, quel qu'en soit son niveau, est une pratique simplement sportive, dans laquelle toute notion de tourisme a disparu.

Formes de cyclotourisme[modifier | modifier le code]

Le cyclotourisme peut se décliner, selon la distance couverte, la durée du voyage et le type de matériel embarqué.

La randonnée consiste en un trajet d'une journée ou d'une demi journée (le cyclotouriste pouvant alors aussi être appelé randonneur cycliste, la tendance étant ici plus sportive). Il ne nécessite pas de matériel particulier, à part de quoi réparer une crevaison, de quoi boire et manger.

La longue randonnée permet de faire une boucle de plusieurs centaines de kilomètres avec un équipement de camping (cas du cyclo-campeur) et de réparation plus complet. Des vêtements spéciaux sont aussi à prévoir, pour faire face aux aléas météorologiques. On peut ainsi faire le tour d'un pays au plus près de ses frontières, ou rallier une ville distante en traversant un ou plusieurs pays. On peut aller jusqu'à faire le tour du monde à bicyclette, en prévoyant un matériel important pour pouvoir notamment réparer (presque) tout type d'avarie en toutes circonstances.

Les brevets Audax cyclistes permettent de parcourir de longues distances (à partir de 100 km) en groupe et à une vitesse régulée par des capitaines de route.

En France et en Europe continentale, un réseau de voies réservées, appelées véloroutes ou voies vertes, est en cours de mise en place pour faciliter les liaisons interurbaines à l'intention des cyclotouristes. Ces voies sont spécialement aménagées pour la pratique du vélo à l'écart des grands flux de circulation motorisée, tout en empruntant des itinéraires touristiques et en donnant accès à des équipements dédiés au tourisme : zones de loisirs, campings, commerces…

Les retombées économiques de cette pratique paraissent suffisantes aux collectivités locales pour qu'elles prennent en compte le développement de ce type d'équipements, même si parfois les critiques et les encouragements des associations d'usagers permettent d'accélérer les choses.

Histoire[modifier | modifier le code]

Disciples de Vélocio devant son monument à Pernes-les-Fontaines, sa ville natale

Paul de Vivie dit Vélocio est sans doute un personnage incontournable du cyclotourisme. À la fois théoricien et organisateur, on le voit sur les vélocipèdes des frères Gauthier à Saint-Étienne dès 1881, avant d'être l'un des premiers utilisateurs des vélos dits de sécurité.

En 1896 commencent à se former dans la région des rassemblements des premiers fervents (plutôt des hommes, en général des notables, mais il arrivait qu'une femme puisse y participer). Ces pionniers fondèrent l'École Stéphanoise. Débutent alors les premiers excursions (Lyon-Nice en moins de 24 heures).

Certains recherchent alors une forme d'hygiène de vie, relativement stricte pour l'époque, préconisant certains interdits alimentaires… Ceci est loin d'être partagé par tous les disciples de l'École Stéphanoise, qui cependant suivent dans l'ensemble quelques principes, fruits de la longue expérience du fondateur. Ils sont connus depuis 1930 comme les sept commandements de Vélocio.

C'est ainsi qu'à Saint-Étienne, le vélo fut le sport le plus populaire jusqu'à l'émergence de l'AS Saint-Étienne… bien que chaque année, une course portant son nom, la Montée Vélocio, réunisse un millier de cyclistes, partant de la ville pour monter au col de la République (ou col du Grand Bois).

Équipement[modifier | modifier le code]

Un vélo équipé pour le cyclotourisme

Le vélo en tant que machine est bien sûr au centre des préoccupations matérielles du cyclotouriste. Il doit être robuste pour soutenir le poids des bagages et supporter les aléas du voyage. Il doit aussi être sûr et confortable. La selle et la position corporelle du cycliste sont à soigner tout particulièrement afin d'éviter que les longues heures passées à pédaler ne tournent au calvaire.

Les puristes et les plus conservateurs sont fidèles à un modèle éprouvé appelé « randonneuse ». Avec leurs roues de 650b[1], ces machines sont particulièrement fiables et robustes (cadre tubes acier de très haute qualité[2]), souvent fabriquées sur mesure, avec tout un détail d'équipements destinés à faciliter la vie sur la route, par tous les temps : garde-boue en duralumin, porte-sacoches (porte-bagages) en tubes d'acier légers, moyeux aux roulements très doux, selle en cuir, sacoche de guidon, larges sacoches surbaissées pour le camping… Contrairement aux apparences, de telles bicyclettes peuvent être remarquablement légères : 10 à 11 kg à vide.

De plus en plus de cyclotouristes se tournent vers le vélo couché, qui offre un meilleur rendement, notamment en pleine charge (son aérodynamisme est meilleur, sa stabilité aussi, le centre de gravité étant plus bas). Certains choisissent plutôt le tricycle couché (dit trike) pour son confort et sa stabilité. Ces véhicules bas sur roues ont toutefois du mal à trouver leur place dans la circulation automobile. Ils sont plus populaires dans les pays nordiques, où ils disposent d'un vaste réseau de pistes cyclables.

Le tandem (vélo à deux places et à deux pédaliers) est volontiers associé dans notre imaginaire collectif aux premiers congés payés. Bien que rare aujourd'hui, il a encore de fervents adeptes parmi les cyclotouristes. Symbole du couple uni dans l'effort, il permet d'économiser ses forces contre le vent et les frottements de la route dans une proximité propice à la conversation. Il permet aussi de faire découvrir à une personne plus faible ou moins assurée les joies de la randonnée cycliste.

Remorque pour vélo de marque Aevon

Pour augmenter la charge utile que le cycliste pourra transporter, il peut être fait usage d'une remorque. Il en existe plusieurs types. Les remorques basses à une seule roue sont les plus légères et les plus maniables. Il est par contre fortement déconseillé de porter un sac-à-dos : c'est à la fois inconfortable et déstabilisant.

La discrétion et la faible vitesse du cyclotouriste (20 km/h en moyenne pour les plus entraînés) imposent un effort de signalement à l'attention des automobilistes qui partagent sa route, de jour comme de nuit, et il faut redoubler de vigilance par temps de pluie. Un fanion fluorescent sur le côté gauche (si on roule à droite) et le port de vêtements clairs ou fluorescents (gilet de haute visibilité) permettent d'augmenter la visibilité de l'équipage en journée. Un éclairage règlementaire (phare avant blanc ou jaune, feu arrière rouge), robuste et efficace, est indispensable même s'il n'est pas prévu de circuler de nuit. Il n'est pas rare en effet qu'une étape se prolonge de manière inattendue jusqu'au crépuscule. Les systèmes à « dynamo » (alternateur) entraînée par le pneu sont généralement préférés  : simples et robustes, ils ont sur les lampes à piles le triple avantage d'être économiques, écologiques et toujours opérationnels[3], cependant ils ont quelques inconvénients :

  • augmenter légèrement la puissance de pédalage nécessaire[4],
  • s'éteindre à l'arrêt et parfois aussi par fortes pluies[5].

Il existe aussi des alternateurs intégrés aux moyeux, qui supportent mieux la pluie mais ne sont pas, sauf exceptions, débrayables. La présence de catadioptres est indispensable la nuit, non seulement à l'arrière[6], mais aussi sur les flancs[7]. Des bandes fluorescentes sont également bienvenues sur les sacoches ou les vêtements. Ces systèmes passifs ne sauraient toutefois remplacer un système d'éclairage propre car ils ne sont visibles qu'à courte distance et seulement quand les phares de la voiture sont braqués sur le cycliste.

Le « cyclo-campeur » embarque une tente légère et robuste (canadienne, igloo, hamac de camping). Il lui faut aussi porter un sac de couchage et de quoi cuisiner (réchaud portatif, gamelles et autres petits ustensiles…). Le fait de voyager en groupe permet de partager certaines charges communes irréductibles (réchaud, tente…).

En Amérique du Nord, plus particulièrement au Québec, un vaste réseau de chemin de fer vétuste a fait place à une véritable veine tentaculaire de pistes cyclables. La Route Verte[8] comprend 5000km de pistes cyclables qui relient le Québec d'un bout à l'autre. Mais notons que de rééls efforts sont faits pour favoriser l'expansion de ce sport. Plusieurs publications comme Vélo Québec ou Géopleinair en font la promotion.

En Europe, la Fédération cycliste européenne coordonne un vaste programme de "véloroutes" (70 000 km)[9], très fréquentées.

Cyclotouristes fameux[modifier | modifier le code]

Bronze de Paul de Vivié, dit Velocio, sur sa maison natale à Pernes-les-Fontaines
  • Paul de Vivie, a été l'éditeur pendant 43 ans du journal Le Cycliste, qu'il fonda en 1887. Végétarien, défenseur (entre autres) du moteur humain, de la polymultipliée (le nom du changement de vitesse à l'époque) il était en pleine forme physique lorsqu'il fut renversé par un tramway en sortant de chez lui. Sur sa table fut retrouvé le livre qu'il lisait (en texte original) : Lettres à Lucillius de Sénèque, ouvert sur une page où l'on pouvait lire : « la mort me suit et la vie m'échappe… si je sors : tu peux ne pas rentrer… en tout lieu, l'intervalle est court qui sépare la vie de la mort ».
  • Lionel Brans, récit d'un raid à bicyclette de Paris à Saïgon en 1948-1949.
  • Lucien Péraire, a voyagé grâce à son vélo et à la langue espéranto, de France jusqu'en Asie du Sud-Est en 1928-1932.
  • Heinz Stücke, cyclotouriste allemand connu pour avoir parcouru plus de 550 000 km à vélo depuis 1960.
  • Patrick Plaine, cyclotouriste français, 1942-2012, a parcouru 1 700 000 km, soit 40 000 km par an en moyenne. Il a gravi 3 800 cols différents dont 190 de plus de 2 000 m. Il a effectué 71 diagonales, 20 tours de France (5 000 km ; dont un en 13 jours), 9 Paris-Brest-Paris, 104 flèches de France, 5 pèlerinages à Compostelle. Il était le créateur des Centrionales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diamètre des roues en mm. Par leurs dimensions, ces roues sont comparables, bien qu'incompatibles, aux roues de VTT (vélos tous terrains), et plus petites que celles des VTC (vélos tous chemins), dont les dimensions sont comptées en pouces. Sur les qualités de la roue de 650, voir l'analyse qu'en fait la Confrérie des 650, une association qui œuvre à la réhabilitation de ce format, commun en France jusqu'aux années 1980.
  2. Reynolds, Vitus, Colombus sont les marques les plus répandues.
  3. pas besoin de vérifier qu'on a une pile chargée
  4. à cause de la résistance générée sur le pneu
  5. la roulette de la dynamo glissant sur le pneu
  6. obligatoirement de couleur rouge
  7. fixés aux rayons, de couleur orange
  8. http://www.routeverte.com/rv/
  9. Plan général des voies : http://www.eurovelo.org/routes/

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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