Jean Héroard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean Héroard.

Jean Héroard est un médecin et anatomiste français, né le 22 juillet 1551 à Hauteville-la-Guichard et mort en février 1628 devant La Rochelle durant le siège de la ville, ou à Paris. Il est né dans une famille de médecins : son père est un chirurgien réputé, passé à la Réforme et qui a rencontré Calvin à Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant d'être reçu docteur à Montpellier en 1575, il quitte cette ville pour monter à Paris chez son oncle Guillaume, financier, grâce à l'aide de Jacques Guillemeau chirurgien du roi. Il participe à la bataille de Moncontour en 1569 et entre au service de Charles IX comme hippiatre (médecin spécialisé dans les soins aux chevaux) : à sa demande, il commence des études vétérinaires et fait paraître à Paris, en 1599, Hippostéologie, c'est-à-dire « discours au sujet des os du cheval ». Il quitte la cour en 1571 pour étudier enfin à l'université de médecine de Montpellier, puis devient médecin par quartier du roi. En 1587, il participe à la bataille de Coutras. Présent à Blois lors des évènements de 1588, il rédige le récit de la mort des duc et cardinal de Guise. Il conserve la confiance d'Henri IV devenu roi.

Jean Héroard fut le médecin de Charles IX et Henri III dont il réalise l'autopsie. Il devient le premier médecin de Louis XIII et le restera jusqu'à sa mort en 1628[1],[2]. Son journal, qu'il tient durant vingt-sept années, l’a rendu célèbre : il y consigne très précisément tous les faits relatifs à la santé du dauphin devenu roi sous le nom de Louis XIII.

Ce journal a fait l'objet d'une réédition récente en 1989, avec un important travail d'analyse et de commentaires, sous la direction de Madeleine Foisil.

Jean Héroard, médecin humaniste et écrivain, fut seigneur de Vaugrigneuse (91), à partir du XVIIe siècle, dont il fut le propriétaire du château.

Jean Héroard est mort au camp de la Rochelle le 8 février 1628 dans sa soixante-dix-huitième année, au service du roi, son maître, « à la santé duquel il s'était entièrement dédié, moins curieux de richesse que de gloire et d'une incomparable affection et fidélité ». Pierre Larousse dans Le Grand Larousse du XIXe siècle conteste ce lieu de décès et le dit mort à Paris.

Son corps repose dans l’église de Vaugrigneuse, dans la chapelle de la Vierge qu’il avait fait édifier.

Le journal de Jean Héroard[modifier | modifier le code]

Six volumes autographes nous conservent cet exceptionnel témoignage sur la vie intime du premier prince du royaume, car le Journal d'Héroard se veut, fondamentalement, registre d'hygiène, et ne sert de chronique du Grand Siècle que par accident. Les prescriptions à suivre pour garder la santé du dauphin entraînent la notation quotidienne des heures du lever et du coucher, de celles des repas avec leur composition détaillée, et l'observation méticuleuse des fonctions physiologiques. Ce « procès-verbal d'expérience », selon l'expression de Madeleine Foisil, n'omet pas toutefois de mentionner les événements de la vie publique ainsi que les gestes, mots et attitudes signifiants du prince. Il nous est donc donné de lire un fascinant recueil d'anecdotes révélant l'éducation, l'entourage et les traits de caractères du futur Louis XIII, appelé au dur métier du roi dès le 15 mai 1610, au lendemain de l'assassinat d'Henri IV. Héroard n'oublia pas de relever dans son Journal les larmes de l'enfant qui venait de perdre son père[3].

Le premier Français à détenir la charge de "vétérinaire"[modifier | modifier le code]

Jean Héroard obtint la charge de « médecin en l’art vétérinaire » de Charles IX. Cette nomination, dont on ne connaît pas la date exacte, a dû avoir lieu au début de 1574. C'est, à ce jour, la plus ancienne mention française du terme « vétérinaire » que l'on ait trouvée. Cette fonction devait être assez peu valorisante car la médecine des animaux était normalement réservée à des empiriques peu savants. Il est probable que le titre octroyé à Jean Héroard par Charles IX devait tout à la passion du souverain pour la chasse et pour l’équitation, comme le dit lui-même l’intéressé dans l’introduction de son Hippostologie. Le roi, dit-il, prenait « un singulier plaisir à ce qui est de l’art Vétérinaire, duquel le subject principal est le corps du Cheval. »

L'hippostologie[modifier | modifier le code]

Le squelette du cheval par Héroard.

Il fit paraître en 1599 un superbe traité d'ostéologie du cheval, en français, intitulé Hippostologie. Cet ouvrage très technique décrit les os du cheval avec une grande rigueur. On y reconnaît parfaitement les reliefs des os, même les sutures du crâne abondamment décrites. Les dénominations utilisées se fondent sur l'analogie de forme avec des objets de l'époque. Cette œuvre complétait celle de Carlo Ruini, l'Anatomia del cavallo publiée un an auparavant. L'étude était cependant plus ancienne car la publication fut précédée d'une version manuscrite datée de 1579, sans doute un travail préparatoire, aujourd'hui conservé à la bibliothèque du Château de Chantilly.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Journal de Jean Héroard, médecin du dauphin, puis roi de France, Louis XIII
  2. Georges Bordonove. Les rois qui ont fait la France : Louis XIII
  3. Le Journal de Jean Héroard, médecin du dauphin, puis roi de France, Louis XIII, de la BNF.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Foisil, Madeleine (Ed.) 1989. Journal de Jean Héroard. Publication du centre de recherche sur la civilisation de l’Europe moderne, 2 volumes, Paris, Fayard (Vol 1, 1601-1608 ; vol 2, 1609-1628)
  • Le Journal de Jean Héroard sur BNF
  • Segni d’infanzia : crescere come re nel Seicento, dir. Egle Becchi, Milan, 1991 [l'éducation de Louis XIII analysée à travers le journal d'Héroard].
  • Smith (Marc H.), "La biblioteca di Héroard", dans Segni d’infanzia, op. cit., p. 18-31 [édition commentée de l'inventaire après décès des livres d'Héroard].
  • Jeandel, A. et Degueurce, C. « Jean Héroard, premier “vétérinaire” français et rédacteur du traité d'hippostologie » Bulletin de la Société Française d'Histoire de la Médecine et des Sciences Vétérinaires 2009;9:89-101.
  • L'hippostologie de Jean Héroard sur BIUM
  • Jeandel, Aurélien, Jean Héroard (1551-1628), médecin en l'art vétérinaire de la renaissance, témoin des relations entre l'Homme et l'animal à la cour des rois Henri IV et Louis XIII, thèse de doctorat vétérinaire, ENVA, 2010.