Musée Anne-de-Beaujeu

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Musée Anne-de-Beaujeu
Illustration.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Moulins
Adresse Place du Colonel-Laussedat
03000 Moulins
Coordonnées 46° 34′ 02″ N 3° 19′ 48″ E / 46.56722901, 3.33000501 ()46° 34′ 02″ Nord 3° 19′ 48″ Est / 46.56722901, 3.33000501 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 5 juin 1910
Superficie 920 m²
Informations visiteurs
Site web www.mab.allier.fr

Géolocalisation sur la carte : Allier

(Voir situation sur carte : Allier)
Musée Anne-de-Beaujeu

Le musée Anne-de-Beaujeu est un musée d’art et d’histoire, installé depuis 1910 dans le pavillon Renaissance du palais des ducs de Bourbon à Moulins dans l’Allier, en région Auvergne. La visite du musée est complétée par la Maison Mantin, maison de collectionneur de la fin du XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le musée Anne-de-Beaujeu, patrimoine du conseil général de l'Allier, est le fruit de plusieurs héritages : celui des ducs de Bourbon d’abord, des dernières volontés d’un Moulinois de naissance, Louis Mantin, de la passion des membres d’une société savante locale, la Société d'émulation du Bourbonnais, mais aussi de la pratique philanthropique du don d’œuvres d’art, d’une politique d’acquisition soutenue et surtout de la volonté des pouvoirs publics.

Un lieu historique : le château des ducs de Bourbon[modifier | modifier le code]

Le musée qui doit son nom à la fille de Louis XI, Anne de France devenue Anne de Beaujeu en épousant le duc de Bourbon Pierre de Beaujeu[1], est installé sur le site du château des ducs de Bourbon. Lorsqu’en 1910 le musée prend place dans le pavillon dit « Anne de Beaujeu » du château, son histoire rejoint la grande histoire. L’art jouait déjà un rôle de premier plan à l’époque des ducs. Anne de Beaujeu (1461-1522) s’était en effet entourée de sculpteurs, de peintres et d’architectes pour faire de Moulins une ville digne d’accueillir la cour de France[2]. La pavillon, construit vers 1500 pour fermer la grande cour du château médiéval élevé par Louis II de Bourbon, est un exemple précoce de l’architecture Renaissance en France.

Après la Révolution : les prémices d’un musée[modifier | modifier le code]

Avant la création du musée d’art et d’archéologie dans sa configuration actuelle, Moulins a connu plusieurs expériences de collections publiques. Le premier musée de Moulins, comme dans de nombreuses villes, voit le jour lors de la Révolution française. Face au vandalisme exercé contre les biens de l’aristocratie et du clergé, l’État demande aux municipalités de lutter contre le pillage des demeures et églises et de rassembler les objets sauvés. Le district de Moulins nomme donc en 1795 un conservateur, Claude-Henri Dufour, qui regroupe ces collections dans la chapelle du couvent de la Visitation. Mais quelques années plus tard, elles seront rapidement dispersées dans divers lieux : églises, lycée… et ce premier musée ferme ses portes.

Un musée municipal et…[modifier | modifier le code]

Grande salle supérieure du musée – salle du palais de justice

Le 7 mai 1842, le musée de la Ville est créé par délibération du conseil municipal. Quelques toiles appartenant à la Ville au moment de la Révolution ainsi que des dons et des achats forment l’embryon de cette collection. Peu à peu, le musée se déploie dans toutes les salles de l’Hôtel de ville. Les collections sont alors essentiellement composées de peintures et de médailles.

… un musée départemental[modifier | modifier le code]

Fondée en 1845, la Société d'émulation du Bourbonnais[3] se donne pour mission « de s’occuper activement de former une collection d’objets d’art [en donnant] avant tout la préférence à ceux qui auraient été découverts dans le département de l’Allier ». Cette collection débute effectivement en 1851, à l’occasion de fouilles archéologiques sur la commune voisine, Yzeure. Devant l’importance des collections acquises, la Société sollicite les pouvoirs publics pour gérer ce patrimoine. C’est ainsi qu’en 1861, le département dégage les fonds nécessaires à la création d’un musée départemental à la condition que la Société y mette en dépôt l’ensemble de ses collections. Un second musée est donc inauguré à Moulins le 15 août 1863 dans les bâtiments du palais de justice.

Vue panoramique de la façade du musée Anne-de-Beaujeu et de la Maison Mantin
Salle des tableaux, d'après une carte postale ancienne

Le testament décisif de Louis Mantin[4][modifier | modifier le code]

L’idée de regrouper les deux collections était en germe dès les années 1860 mais aucun des projets n’avait pu aboutir. Le musée Anne-de-Beaujeu dans sa configuration actuelle doit beaucoup à Louis Mantin. D'une part, ses grands-parents avaient fait construire leur demeure sur les ruines du corps de logis du château situé entre le donjon et le pavillon Anne-de-Beaujeu. Cet ancien sous-préfet y adosse sa spectaculaire villa en 1896. D’autre part, Louis Mantin était investi dans la vie culturelle locale et fut vice-président de la Société d'émulation du Bourbonnais de 1902 à 1904. Comme il était lui-même collectionneur et amateur d’art, la création du musée lui tenait particulièrement à cœur. Aussi rédigea-t-il un testament qui scella définitivement l’avenir du musée. Il légua sa maison, ses collections et une somme d’argent aux pouvoirs publics pour la création d’un musée rassemblant les deux collections, dans le pavillon Anne-de-Beaujeu et ouvert dans  es cinq ans après sa mort. C’est grâce à « ce coup de pouce » que le nouveau musée ouvrit ses portes le 5 juin 1910.

Un musée départemental [modifier | modifier le code]

Depuis 2004, le musée Anne-de-Beaujeu est géré par le Conseil général de l'Allier[5]. Il travaille main dans la main avec le Musée de l'illustration jeunesse[6], également musée départemental.

Les collections[modifier | modifier le code]

Constituées de dons, d’achats et de dépôts de l’État, les collections du musée regroupent quelques 20 000 œuvres, objets d’art, trouvailles archéologique, pièces de monnaie et médailles, éléments d’éperonnerie, armes et un fonds d’histoire naturelle. Une partie seulement est présentée dans les salles d’exposition permanentes. 

Le parcours de visite s’articule autour de cinq grandes thématiques :

L’archéologie[modifier | modifier le code]

Le fonds archéologique représente plus de 60% des collections du musée. Il est essentiellement issu de découvertes régionales du XIXe siècle. Constitué d’objets datant du paléolithique à l’époque gallo-romaine, la collection comporte des pièces remarquables :

Les Bourbons[modifier | modifier le code]

Les ducs de Bourbon, notamment Pierre et Anne de Beaujeu, ont été de grands mécènes. Ils se sont entourés des meilleurs artistes de leur temps pour donner au duché des bâtiments dignes de son rang. Les grands chantiers qu’ils entreprirent sur l’ensemble de leur territoire attirèrent architectes, peintres, sculpteurs, vitraillistes. Un espace est donc consacré à cet art de la cour bourbonnaise. Il présente notamment :

  • une tête de Vierge sous les traits de Suzanne de Bourbon du célèbre sculpteur Jean Guilhomet plus connu sous le nom de Jean de Chartres (début XVIe siècle) ;
  • un panneau héraldique aux armes de Pierre et Anne de Beaujeu en bois polychrome (fin du XVe siècle) ;
  • des fragments du tombeau de Louis II de Bourbon en marbre attribué à Jean de Cambrai (début du XVe siècle). Une galerie présente un ensemble de sculptures et peintures murales issues d’édifices religieux ou civils du Bourbonnais. Les plus anciennes statues présentées datent du XIIe siècle (Vierges à l’enfant en bois polychrome) et les plus récentes sont du début du XVIe siècle (essentiellement des représentations de saints).

Peintures germaniques et flamandes des XVe et XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Le musée possède une importante collection de peintures germanique et flamande : panneaux de retables, portraits, scènes bibliques.

  • Retable de Saint-Étienne, Maître d’Uttenheim (vers1465-1475) ;
  • Femme à l’œillet, école de Lucas Cranach, huile sur bois (vers 1530) ;
  • Retable de l’Adoration des mages, du Maître de Francfort, huile sur bois (début du XVe siècle).

Les arts décoratifs à Moulins au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Moulins fut un centre faïencier de premier ordre au XVIIIe siècle[7]. Les pièces exposées présentent les différents style qui jalonnèrent cette production : décors populaires inspirés de la faïence de Nevers, style rocaille, chinoiseries. La coutellerie ne relevait pas à Moulins d’une industrie utilitaire mais d’un artisanat de luxe. Au XVIIIe siècle, Moulins comptait une cinquantaine de couteliers soumis aux règles des orfèvres. Ces couteaux précieux, en or, nacre et argent, sont présentés dans des étuis en galuchat ou en bois marqueté.

Peinture et sculpture du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Parmi la riche collection d’art de la seconde moitié du XIXe siècle du musée, de grands noms se distinguent : Jean-Léon Gérôme, Jean-Paul Laurens, Ernest Meissonier, Alexandre Cabanel, Georges-Antoine Rochegrosse, Jean-Jacques Henner. Acquises par le musée à une époque où l’art académique était décrié, les œuvres exposées permettent d’explorer tout un chapitre de l’histoire de l’art en abordant différents genres : la peinture d’histoire, le portrait, le paysage…

  • La Vérité, Jean-Léon Gérôme, huile sur toile (1896) ;
  • Le Matin de Castiglione, Ernest Meissonier, huile sur toile (1891) ;
  • Les Hommes du Saint-Office, Jean-Paul Laurens, huile sur toile (1889) ;
  • Salammbô, Georges-Antoine Rochegrosse, huile sur toile (1886).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la maison de Bourbon par Joseph-Louis Ripault Desormeaux
  2. Retrouvez l'histoire des grands ducs de Bourbon sur http://archives.allier.fr/922-les-grands-ducs-de-bourbon.htm
  3. Histoire de la S.E.B. http://www.societedemulationdubourbonnais.com/crbst_4.html
  4. http://www.mab.allier.fr/2050-louis-mantin.htm
  5. Précédemment géré par un syndicat mixte comprenant la ville de Moulins, le Conseil général de l'Allier et une association moulinoise
  6. Ouvert en 2005 après cinq années de travaux financés par le Conseil général de l'Allier
  7. La Faïence de Moulins – Un tempérament de feu, Musée Anne-de-Beaujeu, éditions Bleu autour

Lien externe[modifier | modifier le code]